CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
noirci par le sulfure de bismuth ou le nitrate d’argent, additionné d’une goutte d’acide nitrique, reprend sa couleur claire primitive, de la périphérie au centre, avec formation de nombreuses bulles de gaz qui restent adhérentes au bord de la tige. Ce phénomène ne se produit pas avec un cheveu de couleur naturelle, si foncé qu’il soit, quand on se sert d’acide nitrique pour le rendre plus clair. (OEsterlen, cité par Johannet, p. 95.)
Si, au contraire, la teinture n’a pas été réussie, la teinte du cheveu n’est pas uniforme, il y a des places où la coloration naturelle reparaît avec ses caractères ordinaires. A peu de distance, il y a des différences de teinte très appréciables, tandis que sur un cheveu naturel le passage d’une teinte à une autre se fait d’une façon insensible.
Les procédés de teinture se perfectionnent chaque jour, et les teintes que l’on peut obtenir sont assez variées. Celle que l’on recherche surtout est la couleur noire. Dans ces derniers temps, on a obtenu par différentes préparations, dont la composition n’est pas connue, et en particulier par l’emploi de l’eau oxygénée, une série de teintes variant depuis le blond jaunâtre jusqu’au blond vénitien.
Nous avons eu l’occasion d’observer chez une femme qui se décolorait les cheveux et qui avait été arrêtée et mise en prison, pendant un certain nombre de jours, que ses cheveux repoussaient noirs par la racine. Cette femme s’était servie d’eau oxygénée.
Au microscope on suivait très facilement la décoloration croissante du cheveu. A la base de celui-ci le pigment est uniformément réparti, avec sa coloration naturelle, tandis qu’au fur et à mesure que l’on s’approche de la partie décolorée par l’eau oxygénée, le cheveu devient uniformément transparent. Le pigment n’est pas détruit, il est seulement décoloré, et les caractères anatomiques du cheveu ne paraissent pas être profondément modifiés.
Méthodes le plus communément employées pour la teinture des cheveux en noir. Procédés à l'aide desquels on peut reconnaître la substance employée .
\° Pommade au charbon. — On peut employer l’éther, qui
GUIDE DE MICROGROPHIE.
dissout la graisse et laisse déposer le charbon que l’on reconnaîtra à ses caractères précédemment indiqués (1).
2° Nitrate de bismuth et acide sulfhydidque . — L’eau chlorée donne un précipité blanc.
3° Acétate de plomb et acide sulfhydrique. — Emploi du chlore.
4° Mélange d'oxyde de plomb , de carbonate de chaux et de chaux vive (mixture employée pour les cheveux blancs, coloration brun clair, devenant noire par l’action répétée du réactif). Le réactif employé pour décolorer les cheveux est l’acide nitrique.
5° Nitrate d'argent (pour cheveux brun-rouge). Coloration d’abord d’un beau violet, puis noircissant à la lumière. L’agent décolorant est le chlore.
Dans les cheveux teints avec le nitrate d’argent, ceux dont l’imprégnation est complète sont tout à fait opaques. Ceux qui sont en voie de décoloration sont les uns jaune violacé, les autres gris noirâtre, régulièrement piquetés d’une matière colorante, couleur encre de Chine, uniformément distribuée dans le tissu du cheveu tout entier, sans localisation dans telle ou telle partie.
On ne perçoit plus les écailles épidermiques du poil, au moins dans la majorité des cas.
On a longtemps employé l’eau de chlore pour enlever aux cheveux leur coloration noire. Nous pensons que ce procédé n’est plus guère employé aujourd’hui. Il fallait faire plusieurs lavages à l’eau de chlore et l’on obtenait après l’opération une teinte de plus en plus claire. Les cheveux décolorés par ce procédé, garderaient une odeur de chlore très prononcée malgré de nombreux lavages. Nous pensons qu’actuellement^ c’est l’eau oxygénée qui est le plus employée.
Cheveux postiches. — Le commerce des cheveux a pris de nos jours une très grande importance. Ces cheveux, lorsqu’ils n’ont pas été teints, présentent presque absolument les caractères de ceux que l’on rencontre sur le cadavre. Si, au contraire, ils sont teints, ils rentreront dans la catégorie des cheveux
(1) Ce procédé est complètement délaissé, au moins à Paris et dans les randes villes de France.