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Fig. 547. — Poils de lapin, (a, petit poil; b, poil moyen.)
Les poils de lapins sont formés d’une couche mince de substance pileuse à canal médullaire cloisonné. Sur beaucoup de rongeurs, comme les rats, les souris, les poils sont constitués d’après le même type (Robin).
Nous donnons ci-après la copie d’un rapport du docteur Ducastel, qui démontre l’importance que peut jouer la détermination d’un poil en médecine légale. Un homme âgé qui avait des habitudes d’ivresse, fut trouvé pendu et le corps couvert de plaies. On accusa de ce crime deux individus qui étaient en de mauvais termes avec la victime. Sur la blouse de l’un des inculpés, on avait trouvé des taches rouges que l’on avait considérées comme ayant été faites par du sang (celui de la victime) et des poils blancs, que l’on supposait avoir appartenu également à la victime.
Après le rapport de M. le docteur Ducastel, les deux inculpés
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
furent mis en liberté. Celui sur lequel pesaient les charges les plus graves, se souvint qu’il avait porté dans sa blouse de l’herbe qu’il avait recueillie pour ses lapins ; les taches avaient presque toutes été produites par un suc laticifère coloré ; les poils étaient des poils de lapins, etc. On supposa que la victime en état d’ivresse, après être tombée sur une herse en fer, s’était pendue volontairement.
Rapport du docteur Ducastel.
Je soussigné, docteur, etc.
Déclarer : 1° Si du sang trouvé sur des briques était du sang humain, ou s’il pouvait provenir d’un lapin ;
2° Si des taches brunâtres qui se trouvaient sur un tablier, étaient des taches végétales;
3° Si des taches de- sang trouvées sur une blouse étaient des taches de sang humain, et si elles pouvaient être anciennes de trois mois.
Serment préalablement prêté, etc.
Sur les briques étaient de petites taches formant croûte et présentant à la lumière réfléchie un aspect brillant et une coloration rouge brune. Après avoir détaché de ces croûtes et en avoir placé des fragments, les uns dans le liquide D de M. Bourgogne, les autres dans le sérum artificiel du docteur Malassez (Vov. sang), voici ce que j’ai pu observer :
Peu après que les fragments étaient placés dans le liquide, il se formait à leur pourtour une zone de diffusion blanchâtre dont la largeur variait avec le volume du fragment.
A l’examen microscopique, la zone de diffusion paraissait formée de granulations fines et brillantes ; la masse principale présentait une coloration intense ; dans son épaisseur se détachaient des corpuscules sphériques, granuleux, de huit à dix millièmes de millimètres de diamètre présentant tous les caractères des globules blancs du sang. En employant un fort grossissement, on constatait que la masse principale était formée par la réunion de corpuscules arrondis, ayant une dimension de 5 à 7 y. ; nettement limités par des lignes droites, ces corpuscules n’étaient autres que les globules rouges du sang, mais ils se détruisaient rapidement ; il fut impossible de les dissocier et de les obtenir isolés quelqu’ait été le procédé employé pour les fixer.
Quand l’action du liquide s’était prolongée quelque temps, la coloration rouge du caillot disparaissait, les lignes délimitant les corpuscules arrondis s’effaçaient, et la masse totale présentait un aspect