CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
granuleux ; mais au milieu d’elle, on pouvait encore distinguer les globules blancs.
Pour constater que nous avions affaire à du sang, j’ai aussi employé le speciroscope. Ayant placé dans de l’eau distillée quelquesunes des croûtes recueillies sur les briques, j’ai obtenu une solulution rouge transparente qui, examinée au microspectroscope, donna la double raie d’absorption de l’hémoglobine : la solution, traitée par le sulfhydrate d’ammoniaque, ne donna plus que la raie unique de l’hémoglobine oxygénée.
Sur le tablier existaient un grand nombre de taches de coloration jaunâtre, la plupart mates à la lumière réfléchie, quelques-unes légèrement brillantes et formant par places de minces croûtes. Leur ayant fait subir les mômes préparations qu’à celles recueillies sur les briques, j’ai observé des phénomènes tout différents : après que les fragments avaient été placés dans les liquides de Bourgogne et de Malassez, il ne se formait pas à leur pourtour de zone de diffusion, et ces masses offraient une coloration rousse toute différente de la coloration rouge des caillots sanguins ; on n’v rencontrait aucun des éléments du sang ; les principaux éléments qu’on obtenait par la dissociation, étaient des grains calcaires, des cellules végétales.
Ayant placé des fragments du tablier dans de l’eau distillée, j’ai obtenu une solution roussâtre, trouble, qui, examinée au microspectroscope, ne donna aucune raie d’absorption.
A la partie antérieure de la blouse était une croûte brunâtre, arrondie, à surface brillante, présentant l’aspect extérieur du sang. En ayant recueilli quelquesfragments, et les ayant placés dans le liquide D de M. Bourgogne et dans le sérum artificiel du docteur Malassez, j’ai vu se produire à leur pourtour une zone de diffusion comme pour les croûtes des briques ; à l’examen microscopique, j’ai pu reconnaître l’existence de globules rouges ovalaires de huit millièmes de millimètres de longueur, sur deux millièmes d’épaisseur, globules qui ne peuvent appartenir au sang de l’homme, mais à celui des oiseaux. Sur la partie postérieure de la blouse, on voyait des taches brunâtres, mates, qui n’ont présenté à l’examen microscopique aucun des caractères du sang.
Des différents faits que je viens d’exposer, je crois pouvoir conclure :
1° Les taches qui existent sur les briques sont des taches de sang, mais l’examen comparatif de ce sang, de sang humain et de sang de lapin desséchés, n’a pas fourni de résultats assez positifs pour qu’il soit permis d’affirmer qu’il s’agit de sang humain ou de sang de lapin.
Cependant je crois devoir signaler ici un fait qui peut être de quelque intérêt : en même temps que je détachais les croûtes des briques. j’ai pu recueillir quelques poils blanchâtres de douze à vingt millimètres de longueur ;
GUIDE DE MICROGRAPDIE.
Ces poils examinés au microscope ont présenté une striation transversale à la pointe, une striation à la fois transversale et longitudinale vers la base ; cette striation ne s’observe pas dans les poils de l’homme, mais nous l’avons retrouvée dans des poils de lapin pris pour terme de comparaison. Au milieu des poils que nous avons recueillis, s’en trouvait un blanc de vingt millimètres de longueur neviron, présentant les caractères des poils de l’homme;
2° Les différentes taches du tablier, que nous avons examinées, n’ont point présenté les caractères de taches de sang ; elles renferment des cellules végétales ; il semble donc admissible qu’elles sont de nature végétale ;
5° Les taches de la partie antérieure de la blouse ont présenté les caractères du sang; mais ce n’étaient pas ceux du sang humain, mais bien ceux du sang des oiseaux. Cette tache pourrait remonter à trois mois.
Certifié le présent rapport sincère et véritable.
Paris, le 82 juin 1875.
R. Dücastel.
Poils du chat. — La peau du chat domestique est très employée dans le commerce des fourrures, mais elle est
Fig. 548. — Poils de chat. — a, de grosseur moyenne. — b, poil mince. — c, extrémité libre.
moins estimée que celle du chat angora, qui n’est qu’une variété du premier. Cette dernière dit M. Pennetier rem-