FAISCEAUX FERMÉS
A rorigine, les faisceaux consistent en un méristëme homogène formé de cellules allongées ou cubiques. Il n*y a encore aucune différenciation apparente dans ces cellules. Mais bientôt ce méristème primitif (/TrooAmAit/m) commence à engendrer des éléments qui, dès leur apparition, donnent au faisceau naissant ses caractères essentiels de structure. Ce procambium, en effet, engendre tout d*abord à sa périphérie du prosenchyme libérien ou plus souvent encore des cellules grillagées et des tubes cribreux. D*autre part, à sa face interne apparaissent des trachées et des vaisseaux annelés. Djès lors les deux parties libérienne et ligneuse du faisceau sont différenciées.
Entre ces deux portions se trouve le cambium non transformé,' actif et prêt à engendrer de nouveaux éléments.
CTest alors que va se produire dans Torganisation intime du faisceau un phénomène important. En effet, dans un grand nombre de cas, et particulièrement chez les Monocotylédonées (1) (fîg. 89), les Cryptogames et un certain nombre de Dicotylédonées à tige herbacée {Cucurbita maxima^ par exemple) (fig. 88), tout le procambium du faisceau se transforme successivement en éléments libériens et ligneux. De sorte que finalement le méristème disparaît complètement. Ces fais- «eaux sont dits fermés (Schleiden). Ils sont en effet fermés à tout accroissement diamétral ultérieur, puisque la zone génératrice de leurs éléments n'existe plus.
Chez le plus grand nombre des Dicotylédonées au contraire,. une portion du procambium persiste toujours entre les parties libérienne et ligneuse des faisceaux. Ce méristème définitif prend alors le nom de cambium. Il produit constamment à sa face interne de nouveaux éléments de bois qui forment le ^^2> secondaire du faisceau par opposition au bois primaire engendré par le procambium. Ce bois secondaire comprend des
\) Toatefois, d'aprè« M. Van Thiegem (loc, cit.), le groupe des Aroïdées \T^"i^nte quelques exceptions à cette règle. La zone génératrice persiste en *-ff^c aa fKMÎDs sur une portion delà périphérie de la tige, chez les Monstér,oéeB, et sur toute la périphérie dans VAcorus,
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vaisseaux réticulés, rayés et ponctués, des fibres et des cellules ligneuses. D*autre part le cambium produit sur son borà externe lès éléments du liber secondaire (fibres, tubes cribreux, cellules cambiformes, etc.)-
Ces faisceaux à cambium définitif sont dits faisceaux owtrU (Schleiden). En efiet, par suite de l'existence de cette zone génératrice permanente, ils continueront indéfiniment à se développer en épaisseur. Chez les Conifères, le bois secondaire n'est composé que de fibres aréolées, sans vaisseaux.
Éivde. — On suivra très facilement le développement àes faisceaux vasculaires dans une plante en germination, en étudiant, à Taide de coupes transversales et longitudinales, Vembryon avant la période de germination, et ensuite à différents degrés de cette période. On peut constater ainsi facilement Tapparition successive des diverses parties des faisceaux.
On peut encore étudier le développement des faisceaux dan> les jeunes pousses, en ayant soin de commencer l'étude du bourgeon qui les renferme avant son épanouissement, et de continuer cette étude jusqu'à Tachèvement complet de Taccroissement en longueur du jeune entre-nœud. — Ceci est nécessaire si Ton veut assister au développement successif de tous les éléments. Sur le Hêtre par exemple, au moment où la jeune branche sort de son bourgeon, on ne trouve dans le> faisceaux vasculaires que des vaisseaux spirales et annelés à spirales et anneaux très espacés ; plus tard on voit naître de^ vaisseaux à spirales plus serrées, et c*est seulement lorsque rallongement de la pousse est terminé qu'apparaissent les vaisseaux réticulés ou ponctués et les cellules ligneuses Lgniflées.
Art. 5.
Tissu fondamental
M. Sachs, qui a introduit récemment Texpression de ^« fondamental, définit ce tissu de la manière suivante : « Le U^>' fondamental est toute la masse du tissu d'une plante et à'n
CHAPITRB IV. — TISSUS. 223
8 orgace qui, après la formation et rachèvement du tissu
« tégumentaire et des faisceaux yasculaires, subsiste entre
« eux. »
A Trai dire, cette distinction d*un tissu fondamental n'a d'importance que dans les plantes à système vasculaire bien déreloppé; car dans les Cryptogames cellulaires, par exemple, où il n'y a point de vaisseaux, et dans lesquelles Tépiderme loi-même est à peine différencié, les tissus parenchymateux qui seuls concourent à la structure des organes n*ont pas besoin d*ane détermination spéciale.
D'après la définition du tissu fondamental que nous reproduisons pliis haut, celui-ci comprend les tissus que dans beaucoup de Phanérogames et de Cryptogames vasculaires, on désigne généralement sous les noms de moelle, de parenchyme cortical et de rayons médullaires. Ces tissus forment en effet dans les organes où ils existent un ensemble de même nature qoMi est bon de pouvoir désigner d'un nom commun. Il suit également de là que le tissu dans lequel sont répartis les faisceaux dans les tiges des Monocotylédonées, aussi bien que celui qui constitue le mésophylle des feuilles, doivent tous se grouper dans la même catégorie.
Éiéateato d« tinra fondameatai. — Il ne faudrait pas croire toutefois que le tissu fondamental ne comporte que des parenchymes. Comme dans les systèmes de tissus précédents 'U»su tégumentaire, faisceaux), des éléments de nature très diverse, cellules sclérenchymateuses, fibres, etc., peuvent s*y développer.
Cest ainsi que, fréquemment, à la périphérie du tissu fondamental des tiges ou des racines (fig. 85), voire même des feuilles 'Conifères), en contact avec le tissu tégumentaire, on voit se différencier des éléments caractérisés par Tépaississement et la coloration de leurs parois, éléments qui se superposent souvent en plusieurs couches successives et forment cette zone particulière que nous avons déjà étudiée sous le nom à'hypo- 4frme (voir page 199).
Diantre part, au sein même du tissu fondamental parenchymateaz (parenchyme cortical, moelle), il n*est pas rare de voir ^ développer soit des cellules sclérenchymateuses dites pier-
m GUIDE DE HICROGRAPBEK.
relises, isolées, par groupes, ou par assises, soit des fibres
épaisses fasciculées ou isolées, etc.
Gomme exemple de cellules sclérenchymateuses isolées, Dous rappellerons celles que l'on rencontre daas le mè&ophylle des feuilles du Camellia ja/ionica (fig. 33). Dans le pareûchyme fondamental dont le développement considérable Torme la partie succulente des poires, on trouve des groupes de cellules pierreuses qui y forment comme de petits noyau durs souvent répartis en grand nombre dans le tissu mou eovironnant.
Des exemples de cellules sclérencbymal^usos disposées ea cordons aplatis et de conliguration diverse se peuvent voit dans le tissu fondamental interposé aux faisceaux des Fougères arborescentes et du Plerù aqmlina (flg. 99, *, s). Ces
cellules solérenchymateuses, allongées parallèlement au urand axe des tiges, présentent des parois généralement mlopées en brun. Leur assemblage détermine autour des faisceaux quelles accompagnent des dessins variés.
Signalons enfin les rellulei pimeusti et les faisceaux de lll»r)!H tri-s semblables à celles du liber que l'on rencontrti|iiii« nu grand munbre d'écorces d'arbres, et dont nous l'iipitelouH iii quelques exemples.