CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L*URINB
sont pas limités par une ligne sombre. Ils ont souvent à leur surface des cellules rénales ou des corpuscules lymphatiques. Ces cylindres généralement très longs, formés d*une matière protéique analogue à la mucine, sont fréquemment difficiles i reconnaître i cause de leur transparence. Leur présence dans Turine n'a pas une signification grave ; elle est souvent le résultat d*une congestion simple du rein ou d'un catarrhe léger des tubuli.
Les cylindres hyalins, que Ton rencontre dans la plupart des affections des reins, amenant Talbuminurie, sont formés par
F f. 243. — A. Cylindre hyalin atee eawuret sur set bords. — B. Cylindre hyalin ayant eatraiaé i la surface dea fragments de cellules. — C. Cylindre contourné. (D'après Corail et Ranvier.)
une matière homogène hyaline, colloïde, sansgranulations dans leur intérieur. Leurs bords sont bien accentués et ombrés ; ils ne s'aplatissent pas entre deux lames de verre et conservent la forme cylindrique. Les extrémités sont formées par une surface' circulaire. Us varientcomme forme, comme longueur et comme diamètre; le plus souvent, ils n'ont pas plus de 50 à 100 ia, mais ils peuvent atteindre 1 millimètre de longueur ; ils sont quelquefois en tire*bouchon, comme les tubes contournés où ils ont pris naissance. 11 en est de très étroits, d'autres sont très gros. Leur largeur varie entre 5 et 40 (x et quelques-uns portent des fentes vitreuses et des fêlures transversales. Quand ils sont nombreux, disent MM. Gornil et Ranvier, ils indiquent toujours une maladie de Bright grave ; s'ils sont durs et à bords ombrés, ils sont l'indice que l'affection remonte à une époque ancienne.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
L*acide acétique est sans action sur eux ; ils se colorent facilement par toutes les matières colorantes, par le carmin, par la matière colorante du sang, de telle sorte que lorsque le sang est mélangé à Turine, dans la maladie de Bright, ils sont colorés en jaune-brun. La solution d'iode dans riodure de potassium les colore, mais la coloration ne persiste pas.
Dans le cas de dégénérescence granulo-graisseuse, des cellules épithéliales grenues se fixent à la surface du cylindre et constituent comme une sorte de revêtement cortical complet. Accidentellement, ces cylindres peuvent présenter, à leor surface ou dans leur intérieur, des granulations d'uraie de soude ou des cristaux de phosphate tribasique, d*oxalate de chaux ou d'acide urique. Chacun de ces corps présente des caractères spéciaux que nous étudierons ci-après.
Dans rictère, les cylindres hyalins sont colorés en jaune et recouverts de granulations jaunes; on rencontre également dans Turine des cellules épithéliales contenant du pigment biliaire, et même, suivant une observation do MM. Gomil et Ranvier, des cristaux de hiliverdine.
Dans un certain nombre d'intoxications, les reins subissent des altérations profondes, caractérisées par la dégénérescence
granulo-graisseuse (fig. 245 et 246,.
C'est le phosphore qui produit les desordres les plus graves et les plus mpides, mais ces désordres se retrouvent également, dans l'empoisonn»^ ment par l'arsenic et par rantimoint- Les cylindres que l'on rencontre daF> l'urine sont composés par une naa>s<* grenue , contenant des molécule^ graisseuses; ils sont pleins.
Lorsque sous l'influence de l'élimination de certains poison^ ou de toute autre cause, il se produit dans le rein une congesLo intense, il se fait des hémorrhagies à l'intérieur des tubes crrnifères ; la fibrine s'y coagule et prend la forme des tubes. <.m a alors de véritables cylindres fibrineux. Les caractères de Utbrine s'y retrouvent, en effet, tels que nous les avons indiqué^ \ elle a l'aspect ûbrillaire et se gonfle sous l'influence de Tac-dt
Fig. SU. — SléatOM pure. Tubei du reiu : aubitance corticale.
CDAPITRE II. — DES SÏDtHBNTS DE L'URINE. iH
acftique. Entre les mailles, on peut même distinguer des globules blancs et des globules rouges. Quelquefois la fibrine pent se présenter sons la forme de petites masses, contenant également des iiématies altérées par leur séjour au contact de l'urine.
Mode opératoire pour la recherche des fj/Hndrcs (Comil et Ranvier). — Pour pratiquer avec succès la recherche des nlindres, il faut, après avoir laissé re- ,. „, ' ^ ,. .
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poserl'urine dans un verre à espérieDce, '«ii troniéi dim l'uriu tiprendre avec une pipette une goutte du ""i"'""dép6t, la mettre sur une lame de verre et l'examiner à un faible grossissement (100 à ISO diam.), en ayant soin de ne pas la 'Kouvrir par un verre mince. Si on opérait autrement, les cylindres pourraient être chassés par la compression des lamelles, en dehors de la préparation.
Nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui voudraient faire une étude plus complète de ces altérations au livre de MM. Comil et Ranvier, dans lequel cette question est traitée d'une manière très remarquable.