DE LA CONSERVATION DES PRÉPARATIONS
Transport de la préparailoa sur le coaTre-obJet. — Si l*ob*
jet est mince, on dépose sur un porte-objet bien propre une goutte du liquide conservateur que Ton veut employer, et avec une aiguille plate on soulève Tune des préparations que Ton choisit dans le nombre de celles que Ton a faites, et on la dépose après Tavoir desséchée sur un morceau de papier buvard fin, dans la goutte de liquide placée sur le porte-objet. Les pinces ne doivent pas être employées pour saisir les préparations, car elles les allèrent le plus souvent. Pour retrouver des préparations très petites déposées par exemple dans un verre de montre, on place ce vase sur un fond noir. LfOrsque les préparations sont très délicates, il vaut mieux, pour les monter, plonger le porte-objet dans Teau où elles baignent, le faire passer sous la coupe que Ton choisit, puis le relever doucement. La coupe est ainsi, sans aucune traction, déposée sur le verre.
Préparatloa de l*obJet daas la llfialda coaservatear. —
1* L*objet mince ayant été déposé, comme nous venons de le dire, dans le liquide conservateur, il n*y a plus qu*à placer la lamelle ; cette opération exige beaucoup de soin et une certaine dextérité pour éviter d*une part que Tobjet ne voyage dans la goutte de véhicule et n*atteigne les bords de la lamelle, d*autre part la formation de bulles d*air qui pourraient rester emprisonnées dans la préparation. L'objet étant convenablement placé, sans bulles d^air, on enlève avec un peu de papier buvard Texcès de liquide qui dépasse les bords de la lamelle et on lute comme nous allons Tindiquer. Lorsqu'on a pris rhabitude de ces préparations, on arrive très-exactement du premier coup à ne mettre sur le porte-objet que la quantité voulue de liquide pour remplir complètement Tespace limité par la lamelle. G*est là une condition que Ton doit s'attacher avec soin à obtenir, car s*il y a trop de liquide, il est toujours délicat de Tenlever sans faire remuer la lamelle, et on risque alors de déplacer la préparation. Si au contraire le liquide conservateur est en trop petite quantité, il reste de Tair entre la lamelle et le couvre-objet, ce qu'il faut éviter. Dans ce der
oier cas on déposerait une petite goutte de liquide conservatear contre Tun des bords de la lamelle, et Texcès serait enlevé comme précédemment.
2* Lorsque Tobjet à préparer n'est pas très mince, il risque d'être écrasé entre la lamelle et le couvre - objet ; on est alors obligé de maintenir un certain-écarlement entre ces deux Terres, et de faire ce qu'on appelle une cellule.
Pour cela, avant de déposer la préparation sur le couvreobjet, on place sur celui-ci un petit cadre que Ton fait soit avec de petites bandes de papier d'étain^ soit avec des lames minces de caoutchouc ou de verre d'épaisseur variable avec la profondeur qu'on veut donner à la cellule. On limite ainsi un espace (le grandeur convenable pour être exactement recouvert par ia lamelle couvre -objet dont les bords s'appuient sur les bandes.
Mais les cellules les plus employées sont celles que l'on fait avec les vernis. On emploie généralement le vernis de bitume de Judée (voir page 48), et voici comment Ton procède. Au moyen d'un pinceau enduit de vernis, on trace à la main ou avec ia toumette (1) sur le porte-objet un cadre dont on augmente l'épaisseur jusqu'au degré voulu, en superposant plusieurs couches de vernis. On dépose au centre une goutte du liquide conservateur dans lequel on place l'objet, puis on applique le couvre-objet. Un compresseur à faible ressort est alors appliqué de manière à déterminer l'adhérence entre les bords delà lamelle et le vernis. 11 ne reste plus qu'à luter la préparation.
CUmiBAUom de l'air des préparations. — Dans la préparation des objets microscopiques, l'un des principaux obstacles que Ton rencontre consiste dans la présence d'une grande quantité de bulles d'air retenues par l'objet (poils, tissus lacuneux, etc.). Or cet air devient très gênant pour l'observation, et toute préparation bien montée doit en être débarrassée. Husieors procédés peuvent être employés à cet effet.
(ij Ce petit instrament dont on se passe très aisément, se compose d*un ^ae encaivre qui tourne sur un pivot. On place la préparation au centre ai disque; on pose rextrémllé du pinceau trempé de vernis en un point dé' ^'^nniné par le diamètre qu'on veut donner au cadre, et l'on fait tourner le dis- ^«e. Le pinceau restant immobile décrit un cercle du diamètre voulu.
i8 GUIDE DE mCROGRAPHlB.
Schaçbt {fqc. cit.) indique le suivant. Avant de placer la préparation &ur le porte-objet, on la plonge dans Valcool, puis on la transporte dans Teau et de là dans le véhicule déposé sur la lame de verre. On peut encore employer Tacide acétique de la même manière, ou la chaleur en opérant comme il suit : On place Tobjet dans une goutte d'eau sur un porte-objet, et on passe la lamelle à plusieurs reprises sur la flamme d*une lampe à alcool, on porte à Tébullition, et on n'a plus qu*à monter la préparation comme précédemment.
Ces divers procédés ne peuvent être to^iours employés, car ils peuvent avoir quelque action nuisible sur les substances renfermées dans les cellules ; on chasse alors Vair au moyen de la pompe pneumatique.
Vernis ou eiments. — On appelle vernis ou ciments des substances solides ou demi-solides qui servent à luler les préparations, c'est-à-dire .à cimenter la lamelle sur le porte-objet. Pour appliquer les vernis on doit se servir de pinceaux de poils fins et bien taillés.
Ternis an bitimo. — Ce vernis se prépare au moyen de bitume de Judée que Ton dissout dans l'essence de térébenthine et la benzine, ou dans tout autre liquide approprié. Le vernis suivant nous donne de bons résultats.
Essence de térébenthine .' t . • • . 4 parties.
Benzine , I —
Bitume de Judée q. s.
Pour obtenir un vernis de eonsistance crémeuse, il suflli de laisser digérer le bitume dans l'essence jusqu'à dissolution complète du bitume, en remuant de temps en temps. La formule précédente donne une préparation qui sèche assez vite et n'est pas cassante. On lui donnerait encore plus de liant en y ajoutant quelques gouttes d'huile de lin.
Vernis à la kMine. — Il se compose d*une disssolulion de laque du commerce dans Talcool. C'est un bon ciment.
Vernie en benne de Cenede. — Ce vernis à peu près incolore est d'un bon usage. On le prépare de la manière suivante : on fait sécher au feu du baume de Canada] usqu'à ce qu'il soitabso * lument durci et on«le dissout dans l'essence de térébenthine
rectifiée ou dans le chloroforme, de manière à obtenir un mélange sirupeux. Lorsqu'on emploie le baume de Canada pour srelier des préparations sèches, on peut l'employer sec de la manière suivante : Tobjet ayant été déposé au milieu du porteobjet, on place à Tentour de petits fragments de baume solidifié. On saisit une lamelle et on la dépose sur l'objet et les fragments de baume qui Tentourent. On chauffé doucement la préparation au-dessus d'une lampe à alcool : le baume fond et forme un cercle autour de l'objet. On appuie légèrement iûT la lamelle et on laisse refroidir.
^•Bflsl^rc*^ bmlles d*Air, monehesToIamtes. -^ Les préparations ayant été faites comme nous venons de l'indiquer, on peut procéder à leur examen. (Il est bon d'étudier les préparations avant de les luler; si elles sont mauvaises, on les rejette ou on les améliore, ce qui ne saurait être fait, une fois le vernis posé.)
Lorsqu'on procède à l'examen des préparations, il est impossible d'éviter certaines illusions d'optique avec lesquelles on doit se familiariser. De ce nombre les unes sont dues :
1* Aux bulles d'air qui se présentent sous la forme de cercles de grandeur variable, colorés en noir sur les bords dans la lumière transmise, et en blanc à la lumière directe;
2* Aux grains de poussière, irréguliers, anguleux, souvent colorés ;
3* Enfin d'autres qu'on appelle nvmches volantes^ sont tantôt des taches ou anneaux concentriques brillants et irisés, qui apparaissent surtout quand on a regardé le soleil ou un nuage brillant, ou qu'on s*est frotté les yeux trop fortement avant de les porter devant l'oculaire* Elles sont donc dues à un ébranlement de la rétine.
D'autres mouches volantes apparaissent dans le champ du microscope sous la forme d'amas de petits globules parfaitement ronds, mélangés de quelques filaments pâles. Toutes ces images se meuvent en même temps que l'œil ; on reconnaîtra iv^ément que ces corps ne font pas partie de la préparation «:o faisant mouvoir le porte-objets Ces Corps ne participeront pas au mouvement imprimé à la préparation. On arrive d'ail-
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leurs rapidement, avec on peu d*ezercice, i laisser de côté ces images pour ne plus voir que l'objet lui-même.
Nous n'insisterons pas davantage sur les procédés mis en usage pour monter les préparations et les examiner. Ce que nous en avons dit doit suffire pour mettre tout observateur sérieux à même de se servir utilement d*un microscope, et Ton ne doit pas oublier que l'initiative personnelle joue un grand rôle dans ces observations.