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VII. — DES COLORATIONS ACCIDENTELLES DU LAIT

MM. Filhol et Joly donnent les détails suivants, sur ces >loration$ anormales. La coloration bleue du lait est la plus équexiie. Des faits de ce genre ont été observés en Allemagne

' I ) 9ff. flayem a publié ane note sur le sang du cliat nouveau- né, Comptes n^us d^ la Société de Biologie, 13 avril 1878.

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par Bremer, Hermstaedt, et plus récemment, en France, par M. Bailleul. Le lait ne paraît nullement altéré dans ses qualités. Klaproth Ta soumis à Faction des réactifs et il a vu que la matière colorante se comportait absolument comme Findigo. Bremer, d'après ses observations, est d*avis qae celte coloration est due, non pas à un état pathologique, mais à rinfluence de l'alimentation. G*est ainsi que, d*après MM. Filbol, et Joly, Ton aurait vu des vacbes nourries exclusivement à rétable avec du sainfoin (Hedysarum onobrychis) donner do lait bleu, au bout de deux jours et n*en plus fournir, dès que Ton modifiait leur alimentation. Mais, comme le font observer ces auteurs, il est difficile d'expliquer pourquoi, dans un seul troupeau, où toutes les vaches sont soumises à la même alimentation, il n'y en a qu'un certain nombre qui fournissent du lait bleu. VHedysarum onobrychis ne serait pas la seult plante qui puisse donner cette teinte au lait, YAnchusa of/ianalis, et même YFquîsetum arvense, jouiraient, d'après Herro^ taedt, de la même propriété (Filh. et Joly). Une observation qui tendrait à démontrer, que dans la plupart des cas, la cm.v. ration bleue serait due à la présence de l'indigo, c'est que I** lait n'est pas bleu au sortir de la mamelle. Abandonné au repos, il ne tarde pas à se couvrir à la surface de petites tachei qui, en s'agrandissant peu à peu, finissent par former un*! couche continue, dont la teinte bleue foncée se communique! plus tard à la masse. Examiné au microscope, un lait ain^ coloré ne présenterait point de trace de moisissure, d apn i M. Bremer, tandis que, suivant M. Bailleul, ces mêmes ta ches, seraient dues à une sorte de byssus, dont on poumil même empêcher la naissance, en donnant aux vaches du >^ marin. Il est presque certain, que ces deux causes de col«*rj tion existent.

D'après Fuchs, la coloration bleue du lait serait due à t.i infusoire qu'il nomme viàrio cyanogenus; la coloration jat:. i qu'on observe quelquefois chez la vache, serait produite par i viljrio xanthogmus. Le premier de ces animacules serait in*- i lore, mais ferait bleuir toute espèce de lait avec lequel il s^r ^{ en contact. Le viàrio xanthogenus se comporte comme le pr | cèdent, on le trouve quelquefois dans le lait bleu <,Fil. et J^-. x i

D*après MM. Filhol et Joly^ il ne faudrait pas croire que Finfluence de ralimentation sur le lait soit absolue. G*est ainsi que Parmentier et Deyeux n*ont pu colorer en bleu, ou en jaune, le lait des vaches qu*i1s nourrissaient avec du pastel, {Isaiis tinetoria)y ou de la gaude {Beseda iuteola) et même du sa* fran. D*autre part, Landerer a observé la coloration en bleu du lait d'une dame, qui prenait de Tindigo, contre des attaques d^éclampsie. De son côté, Hermstaedt a vu le lait des vaches et des brebis, devenir bleu, surtout, lorsqu'elles paissaient le chaume. Les plantes qui, suivant lui, donnent cette couleur au lait sont : VHedysarum onobrychis (die Esparcette), YAnchusa ttfficinalis (das Krant dcr gemeinen Ochsenzunge), la Mèrcu^ rialis annua (das jahrige Bingelkrant), la Mercurialis perennis dar perenairende Bingelkrant), le Polygonum avtculare (der Yogelknotrig) et le Polygonum fagopyrum (der Buchv^aiszenknotrig). Toutes ces plantes contiennent, en effet, de Tindigo ou une substance qui lui ressemble, dit Hermstaedt, et il ajoute : « Comme pour Tindigo, la coloration en bleu de cette >ubstance, paraît due à sa seule oxydation, au moyen de Tair «^ontenu dans le lait sorti des mamelles. » Du reste, Hermstaedt a observé, comme Bremer, que le beurre que Ton fabrique avec la crème du lait bleu, n*est pas bleu lui-même, mais le lait de beurre a cette couleur : il la perd si on le filtre. Le fromage lui-même est plus ou moins coloré. Hermstaedt assure aussi, que le lait des vaches est teint en rouge, si on leur donne à manger de la garance [Rubia tinctorum)^ du Gahum rubioides et même du Galium verum. Quelquefois, dans ce cas, la couleur rouge se communique au beurre ; cette couleur rouge persiste dans le lait, sept ou huit jours après qu'on a supprimé }a garance (Filhol et Joly, loc. cit., p. 88).

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