CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUBS
encore une cellule, mais, dans ce cas, ce n/est plus qu*un élément figuré; c*est une cellule qui a cessé d'exister en tant qu'élément yivant, car les propriétés végétatives lui font maintenant défaut; elles reposaient toutes dans le protoplasma.
Gomme tout être vivant, la cellule naît, s'accrott et meurt. Nous rétudierons dans ces trois stades, mais ceux-ci étant marqués par des modifications plus ou moins profondes dans Tétat des parties constitutives de l'élément, il nous paraît Décessaire tout d'abord de caractériser aussi nettement que possible chacune de ces parties, pour en mieux suivre, ensuite les transformations.
S t, trUDE DE I.A NATURE CHIMIQUE DU PaOTOPLASlIA ET DU NOTAU.
atàCTIFS.
Svjeto é^étmde. — Pour cette étude on emploiera de préférence des tissus très jeunes, dont les éléments sont gorgés de protoplasma. On fera des coupes modérément fines sur les extrémités des tiges ou des racines. On pourra également appliquer les réactifs que nous allons indiquer aux zoospores d'on grand nombre de cryptogames. Ces zoospores en effet ^ot dépourvues de membrane d'enveloppe et presque uniquement formées de protoplasma. Enfin, si l'on veut agir sur de grandes quantités de protoplasma, on aura recours à certains champignons myxomicètes^ dont une espèce très commune sur le tan et très facile à élever, Vaethalium septtcum (1), ^ra un sujet d'étude à la portée de tous et d'autant plus convenable qu'il atteint des dimensions remarquables. Nous indiquerons d'ailleurs, dans le courant de cet exposé, divers exemples particulièrement instructifs.
Xatwrc ckimi^ne du protoplMuna. — Le protoplasma appartient au grand groupe des matières azotées ou albumiiioîdes. 11 s'organise en effet au moyen des quatre éléments,
M) On se proeare facilement la fleur de tan dans les tanneries. Pour conserver et élever ce champignon, il suffit de placer sur une assiette rr^^^it une certaine quantité du tan qui le porte, puis, après Tavoir imbibé d ^la, de recouvrir d'une cloche afin d'empêcher Tévaporation.
54 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
carbone, oxygène, hydrogène et azote. De composition nn peu variable dans Içs différentes cellules où on Tétudie, il peut être considéré, d'après Hunt et Berthelot, comme un amide complexe formé par Tassociation de la glycolammine, de la leucine, de la tyrosine, etc., avec divers composés oxygénés qui appartiennent d*une part à la série des acides gras, d'autre part à la série benzoïque. La composition chimique du nucléus est la même, comme on devait s'y attendre, puisque celui-ci n'est autre chose que le résultat d'une sorte de condensation d'une portion du protoplasma.
Béactira. Mode dVmpioi. — Les réactifs sont ceux de toutcâ les matières azotées. Dans leur emploi il faut toutefois tenir compte du fait suivant :
Le protoplasma en pleine activité vitale ne se comporte pas de la même manière que le protoplasma qui a cessé de vivre. Le protoplasma vivant se montre en eflet très réfractaire à la plupart des réactifs, et s'il parait, dans certains cas, être influencé, c'est qu'il a été tué préalablement par le réactif employé. On peut s'assurer de ce fait de la manière suivante : que l'on prenne des solutions aqueuses, inoffensives par conséquent, de matières colorantes de fleurs ou de fruits, et l'on verra qu'il est impossible d'obtenir une coloration même très faible du protoplasma vivant (1^ Vient-on au contraire à tuer ce dernier par l'addition d'alcool, par exemple, on observera bientôt une coloration. Bien plus, le protoplasma mort, s'emparant d'une grande quantité de matière colorante, devient bientôt plus foncé que la solution employée ; et, à ce sujet, il est bon de noter que le noyau, portion condensée du protoplasma, s'empare par cela même d'une plus grande quantité de matière colorante, si bien qu'on peut le rendre très visible et nettement délimité dans les cellules où on ne l'apercevait d'abord que difficilement.
Les réactifs que l'on peut mettre en usage pour caractériser le protoplasma se peuvent diviser en trois groupes, d*ap^^^ leur mode d'action :
(1) Que Ton examine d*ailleura les tissus colorés si variés des corDUes oq autres parties de plantes, et l*on y verra que la matière colorante réparti «i dans le suc cellulaire laisse parfaitement intact le protoplasma .
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Réactifs colorants.
— dissolYants.
— coagulants.
MituBUtu coiommte. — 1"* Le Carmin, Tindigo, la cochenille sont absorbés avec avidité par le corps cellulaire et le noyau morts. On ne doit employer ces réactifs que dans les cas où le protoplasma n*est pas caché à Inobservation par la présence d une matière colorante propre à la cellule, et en particulier par la chlorophylle, qui remplit souvent à tel point les cellules, que les réactifs colorants ne sauraient être d'aucune utilité. Ces derniers pourront être usités dans les cas de cellules à protoplasma incolore, telles que celles qui forment les tissus de la plupart des^ champignons, ou dans les plantes plus élevées en organisation, les cellules épidermiques, les extrémités jeunes des rameaux, etc.
2* Le protoplasma étant traité par Veau sucrée, puis Texcès de liquide enlevé au moyen d'un pinceau, si Ton fait intervenir Vacide sulfurique, on obtient une coloration qui varie du rose etair au rose-rouge, La même coloration résulte de remploi d'un excès d*acide sulfurique anglais concentré. Cette dernière réaction réussit particulièrement bien si Ton agit sur les cellules d*un tissu qui pendant un certain temps a été plongé dans l'alcooL On constate alors que le corps cellulaire privé d'eau et contracté sous Tinfluence de l'alcool se colore immédiatement en rouge vif par Tacide sulfurique et se réunit rapidement au milieu de la cellule en une ou plusieurs gouttelettes d'aspect huileux.
3* Si Ton fait agir Yiode en dissolution, soit 'dans l'eau pure ou additionnée d'iodure de potassium, soit dans l'alcool, le protoplasma prend une coloration j'aeine-Artin caractéristique
V Le réactif suivant peut être également employé. Il consiste à imbiber le tissu avec une dissolution de sulfate de cuivre^ puis, après avoir enlevé l'excès cle liquide, à ajouter une goutte de potasse ; immédiatement le protoplasma prend une belle coloration violette,
5* Traité par l'acide azotique, lavé, puis additionné de * potasse, le protoplasma se colore en jaune plus ou moins orangé.
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6* Le réactif de MIIioe dis*io;utK«ii b'^jq*- àt iiltrale merrnrique donne au pr:»i:»plasma, avec I aiot et Ii rhaleor, une couleur rouxre ic»n'j:é.
ont la propriété d* rendre le protc'piasma ci^oent, el sem Lient le difcbondre, car, en perdant sa f cirine prisaîtiTe et devenant homogène, il m» conîond avec le ppsle da contenu de la cellule. UanuDoniagne ordinaire, par exemple, d'après J. Sachfi^ di&sout en deux henre§ \t protoplasma el le noyau dans les ceDules des fruits de courxre. Mais ce n'est point là une destroctic^n du protc»plasma, car on peut le faire réapparaître : il BufËt pour cela de neutralif^- la préparation ta moyen d'une goutte d'acide acéligue, qui, arec addition uliérieore d'iode« précipite bientôt le prc^toplasma sens fonw d*ane masse jaune et granuleuse.
Il est à remarquer que les alcalù ccmcfntres n'ont pas la même action que lorsqu'ils sont dilués. On peut laisser le protoplasma en contact arec une lessire concentrée de potasse, et celui-ci restera intact pendant des journées entières.
mtmriîWB f— flirta — Acides, — Les ùades dilués, el particulièrement racîde acétique, sont fréquemment emplûye> pour déterminer la coagulation du protoplasma qui se rassemble alors au milieu de la cellule. D est même à remarquer qu*un excès d'acide acétique finit par dissoudre le protoplasma en même temps qu'U rend le noyau plus brillant. Cette propriété rend Facide acétique très uUle pour éclaircîr les préparations de tissus.
AlcofU. — L*alcool agit de diYcrses manières sur le proU*plasma, suÎTant son degré.
L'alcool absolu durcit les tissus, tue le protoplasma, mais ne le coagule que d'une manière peu sensible. 11 fixe le protoplasma en rétat où il se trouvait au moment de remploi du réactif ; c'est là une action très précieuse, comme nous aun^o^ plus tard de fréquentes occasions de le reconnaître. On pour rait employer dans le même but l'acide osmique.
L'alcool à 90* se place au premier rang des réactifs coagulants. Sous rinfluence de ce réactif, le protoplasma, diter^ement réparti dans la cellule, se contracte, revient sur lui-