CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
même, et se réunit en une masse comme frippée au milieu de la caTÎté cellulaire. G*est là d'ailleurs une réaction commune aux matières protéiques, mais elle est d'un grand secours dans les recherches micrographiques, en permettant de distinguer très nettement le protoplasma des diverses au- ' très parties de la cellule, paroi et contenu liquide. Les préparations acquièrent sous cette influence une très grande clarté, et principalement dans l'étude des très jeunes tissus où l'abondance du protoplasma nuit à l'observation, on ne saurait trop conseiller d'user de ce réactif. Dans ces cas on ne fera pas agir Talcool séparément sur chaque coupe^ on procédera en plongeant dans l'alcool les parties de plantes à étudier et en les y laissant séjourner pendant quelques semaines. Ajoutons que, Talcool donnant aux tissus une certaine dureté, on trouvera dans son emploi un sérieux avantage pour la pratique des coupes.
ChaletiTm — Une température de 50* coagule le protoplasma.
Si Ton Ta jusqu'à brûler le corps cellulaire, on perçoit une odeur ammoniacale qui dénote la nature azotée de la substance en expérimentation.
§ 3. irtrOE DE LA NATURE CHIMIQUE DE LA MEMBRANE CELLULAIRE.
i*étade. — On n'agira pas sur des tissus trop jeunes, chez lesquels les parois cellulaires n'ont pas encore acquis lanr composition chimique définitive.
Les longues cellules du coton, ainsi que beaucoup de poils à parois peu épaisses, permettront d'obtenir des réactions raractéristiques. Les cellules des fruits pulpeux, celles de la moelle du sureau, enfin les cellules épidermiques de la partie inférieure des feuilles des Liliacées et Iridées, fourniront également d'excellents sujets d'étude.
B^sctifiii mode d'emploi. — Si l'on a essayé sur le protoplasma de cellules complètes les réactifs que nous venons d^ indiquer, on a pu remarquer que ces réactifs n'agissent point oa agirent d'une tout autre manière sur la paroi cellulaire ; qu'en effet la composition chimique de cette membrane
58 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
diffère essentiellement de celle que nous avons attribuée au protoplasma. Le plus souvent, la membrane cellulaire est formée de cellulose. Il y a toutefois quelques exceptions ; la paroi des cellules des champignons, par exemple, est formée de fongine^ principe isomère de la cellulose, mais qui ne donne point les mêmes réactions (Voir Ch. Robin, Théorie cellulaire).
La cellulose se caractérise :
1* Par la coloration bleue qu'elle prend sous Tinfluence de Veau iodée et de Yacide sulfurique.
L'emploi de ces réactifs exige certaines précautions. On devra, tout d*abord, traiter le tissu à examiner par une dissolution de carbonate de soude, dans laquelle on le fera bouillir pendant un temps variable avec la nature des éléments. Prenons pour exemple Tessai du réactif sur le coton. Après avoir soumis une portion déterminée de celle matière à TébuUition pendant un quart d'heure dans la lessive susdite, ou bien encore après avoir plongé le coton pendant quelques secondes dans une solution concentrée de potasse, puis l'avoir lavé à l'eau distillée, nous en prenons une petite portion que nous desséchons avec soin entre plusieurs feuilles de papier buvard. Puis nous la plaçons sur un porte-objet, et nous déposons sur la préparation une ou deux gouttes de solution iodée. Après quelques minutes d'attente, alors que la masse est bien imprégnée, nous la desséchons de nouveau avec grand soin, et nous la traitons par une ou deux gouttes de la liqueur sulfurique. Au bout d'un temps variable, et très rapidement si l'opération a été bien menée, les parois des cellules prennent une belle coloration bleue. Cette réaction paraîtra très inconstante, si on ne prend toutes les précautions que nous indiquons. Nous insistons particulièrement sur la nécessité d'absorber complètement l'excès de soIutit>n iodée ; en effet, s'il reste de l'eau, l'acide sulfurique se trouvant dilué n'agit plus suffisamment, et l'on n'obtient pas la coloration bleue. Les membranes cellulaires prennent alors une teinte d'un jaune-brun plus ou moins foncé. Le réactif que nous venons d'indiquer ne donne pas une coloration bleuté permanente aux parois des cellules. Peu à peu en effet la cel-