CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
plm faciles encore à suivre dans les corpuscules (arcbégones) des Conifères, où les noyaux des jeunes cellules apparaissent stmoltanément et sont dès leur première apparition plus développés que ceux des jeunes cellules de Tendosperme du Phaseoitts muliiflorus. Chez le Gingko btlo^a^ par exemple (Stras* bârger), la résorption du noyau de la cellule mère est suivie de Tapparition de plus de trente noyaux entourés chacun d'une zone de protoplasma rayonnant.
Nons ne pouvons entrer dans de plus nombreux détails que oe comporterait pas le cadre de notre ouvrage. Il suffira de répéter les observations sur le type que nous avons choisi pour ^tre bientôt en mesure de constater soi-même les modiOcalions qui se peuvent rencontrer dans ce mode de genèse par formation libre, soit que les nouvelles cellules manquent de noyau (spores des Pyrenotnycètes. De Bary, Ueber die Fruckientwickelung der Ascomycetes, 1863), soit encore que la ceilale mère manque de noyau (certaines algues). Ce sont là des modifications qui prouvent que le rôle du noyau n*est pas absolument nécessaire dans la formation libre des cellules mais qui n*altèrent pas d'une manière profonde le type géi^érai que nous avons pris pour exemple.
g 2. MODE DE FOnifATION DE9 CELLULES PAR DIVISION.
A. DIVISION tllNAlRE.
Ainsi que nous Tavons dit plus haut (page 60), deux cas sont à considérer dans le mode de division des cellules, car il peut V aToir division binaire ou division multicellulaire. Nous envi-
sagerons tout d*abord le cas de division binaire qui est le cas tjpiqne et en môme temps le procédé le plus fréquemment mLs en usage dans la nature pour Taccroissement des tissus ^égéUox.
itajcto d*éiade. — On conçoit d'après cela que les sujets d'étude soient nombreux. Nous n*en signalerons qu'un petit nombre, en ayant soin de les choisir parmi ceux qui donnent les résultats les plus nets. La moelle des dicotylédones (5am62/et/5, He» i nalAu*^ LysimacAià^ Polygonum^ Silène), offre d'après M. Hans-
ftCDfE DB ■ICBOOBAPHIE. 5
M GUIDE DE MIGROGEIAPHIE.
iein des exemples de bipartition cellulaire. Od pourra suivre également cette division binaire dans la formation des poils d*un certain nombre de végétaux, ceux des étamines du Tradescfifitià virgmica ou de YOchrea des rumex sont particulièrement propres à ces observations; et si Fon a soin de les prendre assez jeunes, on peut trouver sur un seul d*entre eux toutes les phases principales de la division. La bipartition des jeunes cellules de Tendosperme du Phaseolus multtflorus^ provenant elles-mêmes , comme nous Tavons dit d*une genèse ; la formation des stomates de I7rts pumila et de YHyacinthm orièntalîty seront d'excellents sujets d'étude et qu'il est facile de se procurer. Enfin on suivra peut-être plus facilement encore cette divfsion binaire des cellules chez les algues filiformes à longues cellules. C'est le Cladophora, qui servit à M. Mohl alors qu'il décrivit pour la première fois, en 1835, ce mode de formation des cellules. Les Spirogyra longata^ orthosptra, seùformis^ les Zygnema, ^dogonium, Ulothrix zonala^ comptent également parmi les sujets préférés des savants qui ont contribué à la connaissance de ces phénomènes.
Toutefois les divers exemples que nous venons de citer ne sont pas tous également propres aux premières recherches. Dans beaucoup d'algues (Zygnema, Spirogyra quinina, etc.), le contenu des cellules, amidon, corps chlorophylliens, est tellement abondant qu'il empêche de bien suivre les diverses phases de la division. Nous conseillerons, sous ce rapport, le Spirogyra orthospira, qui se laisse facilement observer au microscope.
Il faut encore tenir compte chez les algues de l'époque à laquelle se fait la division. Ainsi, les Cladophora offrent le double avantage d'être des algues très-communes, et de présenter à toute heure du jour des phases de labipartition. Le Spirogyra orlhotpira , au contraire ne se divise qu'à une heure avancée de la nuit, entre dix heures du soir et deux heures du matin. Ce serait là un inconvénient, mais nous indiquons plu^ loin un moyen très-simple imaginé par M. Strasbûrger pour retarder la division jusqu'au matin. Enfin, lorsqu^on commeuce vxt% /«tude», il est bon de prendre un exemple qui offre k rex.imcii toutes les phases du phénomène; il faut pour celj
CIIAPITRB II. — ÉLÉMENTS ANATDMIQURS. 67
choisir une cellule mère munie d'un noyau dont le volume soit assez considérable, et qui soit plongé au milieu du proto* plasma remplissant la cavité de la cellule. C'est alors seulement que Ton peut prendre une idée très*nette du procédé typique de la division binaire et se rendre un compte exact du rùle que joue le noyau dans cette division. Ce rôle en effet, qui apparat très-nettement, comme nous le verrons, dans les cas typiques offerts par des cellules constituées comme nous venons de le dire, tend à s'effacer plus ou moins et môme à disparaître conciplétement dans d'autres circonstances. Le Spirogyra r*rtho*pira par exemple, que nous citons plus haut, sera parfaitement propice à l'examen de la division du noyau de la cellule mère, mais ce noyau est petit relativement à la cavité de la cellule ; placé au centre ^ cette cavité il est donc assez éloigné des parois que tapisse le protoplasma; de là, une certaine indépendance entre le noyau et le reste de la cellule, aussi Terrons-nous que son rôle dans la division de celle-ci est con* sidérablement amoindri. Ailleurs, le noyau de la cellule mèire e^t petit et pariétal {jEdogonium tumidulum, Ulothrix zonata) son rôle paraît tout aussi rudimenlaire que celui du noyau des Spù^yra. Enfin il peut arriver que la cellule mère soit dépourvue de noyau. C'est le cas des Cladophora. On ne devra donc pas choisir ces plantes comme point de départ pour la compréhension de la division binaire des cellules.
Pour ces diverses raisons nous conseillons d'examiner d'à* U»rd le développement des stomates de Ylrispumila^ ou de VHyaciniAus arientaUs^ dans lesquels le noyau très-gros est enelobé de toutes parts dans le protoplasma qui remplit la cavité des cellules (1).
wm^ém mm^rmimitn. — Gomme pour Texamen de la formation ! bre des cellules, on peut étudier les procédés de division sur de> sujets frais, mais les résultats sont souvent obscurs» et
1) 'Hiniê laissons id de cdté tout co qui a trait au développement de la paroi eeUoloaiqne ; en effet, d'après ce que nous avons dit plus haut, la cei- . iie existe à partir du moment où la division du protoplasma est comp ète. La formation de la paroi n^est pour ainsi dire qu'une phase secondaire de la vie de la ceUole, aussi renvoyons-nous pour cette étude au chapore c|tti traite spécialement du développement de la paroi cellulaire.
m 60IDB DB MIGROGRAPHIB.
Ton a ioat aTantage à employer l'alcool absolu pour fixer les cellales dans leurs divers états au moment de la dmsion.
L*examen des pièces fraîches sera cependant néces>aire. On fera bien alors, pour ne laisser passer inaperçue aucune pba^c' importante du développement, de dessiner de temps CD temps ce que Ton observe, en ayant soin de noter Tépoque précise où l'observation est faite. On comparera alors avec ks résultats donnés par les sujets traités par Talcool.
Lorsqu'on observe des algues vivantes, il faut avoir soin d'entretenir toujours sur le porte-objet une assez grande quantité d*eaa si Ton veut suivre la division sur une seule cellule depuis le début jusqu*à la fin.
Pour réaliser autant que possible les conditions normales do développement des cellules, on pourra placer à côté du microscope, un peu plus haut que le porte-objet, un verre rempli d'eau, dont le contenu sera amené petit à petit jusqu'au bord du verre couvreur par un fil de coton, tandis que do c6té opposé un autre fil débarrassera la préparation de l'excès de liquide.
Nous avons dit que la division du Spirogyra orthospùa commençait à une heure assez avancée de la nuit» circonstance peu agréable si Ton songe que la durée du phénomène varie entre quatre et six heures. Pour obvier à cet inconvénient, divers procédés ont été mis en usage. Famintzin tst arrivé à retarder le moment de la division jusqu'au jour, en éclairant fortement pendant toute la nuit les algues en expérience« Mais, pour réussir, il faut avoir à sa disposition de< sources de lumière assez intenses que Ton ne peut toujours se procurer : aussi recommandons-nous le moyen très-simple indiqué par M. Strasbûrger. Il suffit de placer les bocaux qui renferment les algues daus un milieu dont la températur.^ soit inférieure k-{- 5*. ha, division alors ne s'opère pas. Il e:i est ainsi du moins pour le Spirogyra orthospira.) Le lendemain matin, si Ton porte celles-ci dans une chambre chaufifée. l.i division commence même sous la lumière directe du soleil
Notons enfin que pour ces observations de la division âe\ cellules il faut employer de forts grossissements (600 foî^ c plus).