‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographieChapitre 308 sur 404 · RECUEILLIES DANS SON ESTOMAC · texte numérisé non relu

RECUEILLIES DANS SON ESTOMAC

Nous soussigné, Georges Pennetier, docteur en médecine, demeurant à Rouen, etc., etc., chargé de déterminer la nature des aliments trouvés chez la veuve G. et des matières recueillies dans son estomac, en avons reçu deux flacons et nous sommes transporté dans notre laboratoire du Muséum d'histoire naturelle, où nous avons procédé aux recherches et aux observations microscopiques nécessaires.

Examen du contenu du flacon n** 2. — Les aliments trouvés chez la veuve G. et contenus, dans le flacon n<* 2, consistent dans un mélange d'une notable quantité d'oseille avec une très faible proportion de viande et un fragment de salsifis, provenant de la partie du collet.

L'examen microscopique de ces matières dont il est d'ailleurs facile de constater la nature à l'œil nu, ne laisse aucun doute à cet égard. Examen du contenu du flacon n^ 1. — L'observation à l'œil nu des matières recueillies dans l'estomac et contenues dans le flacon n® 1, permet d'y soupçonner la présence d'une très grande quantité d'oseille, de quelques fragments de salsifis, provenant de la partie inrérieare du collet et d'une notable quantité d'un fruit pulpeux, tel que la pomme ou la poire.

Une vingtaine de préparations microscopiques, faites dans le but de contrôler ce premier aperçu et de le compléter, s'il y avait lien, a fourni les résultats suivants (ces préparations ont été conservées et mises à la disposition de la justice) :

L'examen d'un fragment d'épicarpe, attenant à la partie calicinale du fruit et que son aspect plus ou moins fortement coloré, indique manifestement avoir été cuit devant le feu, permet de reconnaître la présence de petites cellules rectangulaires, granuleuses, incolores ou plus ou moins colorées en jaune, jaune rouge et rouge brun,

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accolées les unes aux autres sans solution de continuité et mesurant de 0"«,0i95 à 0'°»,022i dans leur grand diamètre et de O"",0096 à 0"^'^,0492 dans leur petit diamètre (Voir les préparations 2, 5, 10 et 12 bis), (Collection du Muséum de Rouen.)

Les deux dernières ont été prises dans la partie calidnale et la préparation 12 bis eaniient pluêieurs agglomérations de cellule* pierreuses dont les parois épaisses sont creusées de ccMolicules dirigés de la cavité centrale vers la surface.

Les neuf préparations étiquetées n** 1 , proviennent de la ptrtie pulpeuse située à la face inférieure du fragment d*épicarpe sos-dècrit. Elles permettent de reconnaître :

i^ Laprésence de cellules polyédriques accolées mais facilementisolables, à parois extrêmement minces et dont les arêtes plus ou moins accidentées et en rapport avec la compression réciproque des cellules, des espaces polygonaux. Ces cellules, dont le grand diamètre de 0««,096 à 0"»"»,176 et le petit diamètre de 0»»,08 à 0»»,i44, présentent toutes, un certain nombre de replis et contiennent des granulations jaunes plus ou moins foncées, agglomérées par places. 2% Des faisceaux vasculaires ;

3« Des tubes cloisonnés provenant du mycélium de champignons microscopiques et dus probablement à un commencement de pourriture du fruit ;

■i^ De nombreux grains d'amidon de blé intacts, ou légèrement altérés ou gonflés, colorables en bleu par Tiode et reconnaissables à leur forme circulaire ou lenticulaire, ainsi qu'au diamètre des plus gros, mesurant de 0™»,04, à 0"",05.

Un fragment végétal isolé, d'aspect charnu et du volume d'une petite noisette, a été trouvé composé de cellules, absolument semblables à celles des préparations précédentes, mais d'un diamètre plus considérable et à granulations non colorées ; provenant, par conséquent d'une partie du mésocarpe plus profondément située et n'ayant pas subi Taction directe du feu. Ces cellules dont les dimensions atteignent jusqu'à 0°>"^,368 sur 0">"^,256, sont les unes airoadies, les autres plus ou moins allongées, d'autres enfin, rectangulaires et rétrécies en forme d'onglet, à l'une de leurs extrémité?* suivant le mode de compression réciproque qu'elles ont éprouve. Ces cellules parencbymateuses sont accompagnées de nombreui granules d'amidon de blé (Voir les deux préparations n* 3).

La préparation n* 8, faite avec un fragment de nature évidemment végétale, aplati et d'aspect corné, est composé de longues fibres a cloisons très rapprochées et d'un diamètre de 0*",0096. Ces fibres, qui sont disposées en plusieurs couches superposées, sont parmlIèW entre elles dans la même couche et s'entrecroisent avec celles dt» couches sous-jacentes.

Elles correspondent manifestement à l'endocarpe du fruit dont nous avons ainsi retrouvé les différentes parties constituanfes, épicarpe, mésocarpe et endocarpe.

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