CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
de dessécher complètement les filaments en expérience, on risqoe de n'obtenir aucune coloration. L'acide que Ton fait agir n'est pas concentré, et Veau qui pourrait imprégner la préparation le diluerait encore et l'empêcherait de réagir sur la cellulose.
Ces précautions étant indiquées, voici le mode opératoire à suivre :
Sur un porte-objet, on dissocie au moyen des aiguilles, et aussi complètement que possible, quelques filaments de la matière à examiner. On imprègne la préparation de 2 ou 3 gouttes de la dissolution d'iode. On laisse le liquide pénétrer complètement les filaments et on l'aspire ensuite au moyen de petits morceaux de papier buvard. Nous recommandons même de les dessécher complètement en les comprimant fortement avec quelques doubles de papier de façon à les priver d'eau autant que faire se pourra. Alors on place sur la préparation un petit verre couvreur et on fait tomber quelques gouttes de la disso> lution d'acide sulfurique le long d'un des côtés du verre à recouvrir. Le liquide pénètre entre les deux lames en vertu de la capillarité et continue à s'avancer vers le côté opposé. Le long de ce dernier, on place, bien en contact avec l'arête du coun-e-objet, un petit carré de papier buvard qui aspire le liquide dès qu'il arrive en ce point. Un courant s'établit dès lors d*un bord à l'autre du couvre-objet, chassant devant lui la dissolution d'iode qui pourrait se trouver encore libre dans la préparation. Les fibres ne tardent pas à se colorer en bleu, partout où la cellulose est pure; elles se colorent en jaune là où la cellulose est lignifiée ou pénétrée de matières azotées.
Pour s^assurer du bon état des dissolutions^ on aura soin de toujours faire précéder ces recherches d'essais sur des échantillons de coton ou de lin pris comme étalons.
Enfin, les colorations obtenues ne persistant pas au delà de quelques heures, on devra avoir soin de compléter toutes les ob«iervations le plus promptement possible, et peu de temps après avoir fait les préparations.
Ed utilisant les données fournies à la fois par la mensuration de.< fibres en long et en travers ainsi que par leur forme générale et l'action des réactifs, M. Vétillart est panenu à établir
GUIDE DE MICROGHAPUIE.
un certain nombre de caractères distinctifs d*une très*grande valeur entre les diverses espèces de fibres employées ou pouvant être employées comme textiles.
Nous allons indiquer ces caractères pour les plus importantes d'entre elles, en suivant dans cet exposé Tordre adopté par Tauteur de la méthode. Nous formerons donc deux premiers groupes, suivant que les fibres usitées proviennent de ptante> Dicotylédones ou de Monocotylédones, et nous étudierons dans chacun de ces groupes, d'une part les fibres qui se colorent en bleu par les réactifs ci-dessus indiqués, et d* autre part
celles qui se colorent en jaune par le même traitement.