CHAPITRE m. — ORGANES DÉRIVÉS DES CELLULES. I3S
sales pour prendre connaissance de la forme des vaisseaux et de leur diamètre.
HJete «'étude. — Dans beaucoup de tiges ligneuses on trouvera réunies dans le bois les diverses variétés de vaisseaux que nous avons énumérées plus haut. Us s'y trouvent alors dans un ordre déterminé.
Pour Texamen des vaisseaux ponctués, on recourra avec avantage aux tiges de calamus, chez lesquelles ces vaisseaux atteignent un tel diamètre que leurs orifices sont visibles à lœil DU sur les coupes transversales.
De beaux exemples de vaisseaux rayés se rencontrent dans les tiges souterraines des Fougères, et leurs raies aréolées y affectent une disposition tellement régulière qu'on les désire sous le nom de vaisseaux scalarîformes.
Pour les vaisseaux annelés, il conviendra de faire des coupes longitudinales sur' la tige du Zea Maïs (fig. 44). Les anneaux, très développés en épaisseur, sont régulièrement distants les uns des autres.
Les trachées enfin se trouvent au voisinage de la moelle dans toutes les tiges de Dicotylédones et de Monocotylédones. Lear diamètre transversal est en général inférieur à celui de tons les autres vaisseaux.
Art. 2.
Vaisseaux utiiculeux. — Vaisseaux laticlfères (0.
— Latex.
Les vaisseaux laticifères, ou réservoirs du latex, ont fait le sujet de recherches nombreuses de la part des botanistes les plus distingués, Unger, Hanstein, Moldenhawer, Lestiboudois, Trécul, Yan Thiegem, etc. Ils sont maintenant bien connus, et il nous sera facile de retracer les principales particularités qui les distinguent.
fl; 7Téai\,Afin. Se. natur,, 5* série, t. V, VI, VIL — David, Ueher die ^iichztllen der Euphorbiaceen. Breslau, 1872. -* Van Thiegem, Mémoires sur iet canaux sécréteurs des plantes (Ann. Se. nat., V* série,.xvi, 187i). — J. Châtie, Du siège des substances actives. Thèse d'agrégation à l*école de médecân«, 1876. — Schacht, Die Mikhsaflgefasse der Carica, 1857. — Plancbon, Bittoire des drogues, t. Il, p. 516.
i36 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Ori^Bc des latlclfèrM. — La question de leur origine a été en grande partie traitée par Trécul qui a montré dans de nombreux travaux que ces éléments sont de nature cellulaire. Les laticifères dérivent de cellules disposées en séries simples ou rameuses qui, primitivement séparées, par leurs cloisons transverses, ne forment bientôt plus qu*un canal unique lorsque ces cloisons se sont résorbées. Schacht a parfaitement décrit ce mode de formation dans les Morées. Nous recommanderons, pour suivre facilement la transformation des séries de cellules en tubes continus et anastomosés, la racine des Argemone, dont M. Trécul a fait une étude spéciale. (Trécul, Ann. Se. nat,^ 5* série, p. 49, t. V.) — On trouve là des « séries de cellules pleines d*un beau suc jaune, et trois i « cinq fois plus longues que larges. Un peu plus tard les pa- « rois transversales qui séparent ces cellules superposées se «perforent; elles disparaissent même entièrement pendant « que la fusion des parois latérales s*accomplit pour la trans- « formation des laticifères en tubes parfaits. » Sur cette même racine on suivra très facilement la formation des anastomoses. On verra deux canaux émettre au même niveau des prolongements coniques qui se rencontrent bientôt par leurs sommets. Leurs parois se résorbant au point de contact et les parois latérales se fusionnant, la continuité des tubes se trouve ainsi établie.
Ces faits étant connus, on ne peut s'étonner de rencontrer, comme nous le verrons fréquemment dans les plantes à laticifères bien développés, des cellules isolées remplies égale* ment de suc coloré ; bien plus, on ne peut s*empêcher de regarder comme un premier état des laticifères, comme un intermédiaire en un mot entre ces vaisseaux et les cellules, certains organes qui ont reçu le nom de vaisseaux utrteuleux et dont nous allons dire quelques mots.
§ 1 . VaiSSBADX rjTRlCDLEUX.
On nomme ainsi de longues et larges cellules superposées et dont les cloisons persistent ou ne subissent qu*une résorption partielle. Ces éléments, qu'on rencontre dans un grand
CBAPITRS lit- — ORGANES DÉRIVAS DES CELLULES- 137 Bombre de MonocotyUdoniet, constituent une forme typique à Uqnelle peuvent être également rattachés certains éléments propres aux Euphorbiacétt et aux Convolvulacéet.
TaJMCMHX ■tricBlanz *.*m ■«■«eotrlMoHéM. — Pannî les Hooocotylédonées, c'est principalement dans les plantes i oignon qa'oD trouvera de bons exemples de vaisseaux utriculenx {AUium, Bg. 55], etc.}- Il suffit, pour les observer, de faire des coupes dans le parencbyme de ces plantes. Les irofdées (Van Thiegem, loc. cil.) présentent également des vaisseaux utriculeux sous forme de cellules cylindriques plus larges et plus longues que celles du parenchyme environnant , et dont les parois transversales se résor- FiK.ss.-T»iMe.Quirieui*M. coupe bent quelquefois pour former des i«i»iiudiii«i« à mnn uk éuiiia tubes. Ces vaisseaux utnculeux ,,i„.a.*M™piuVri»p»'»»" renferment des cristaux en ai- (d'»prti siehi). railles (raphides) et un suc incolore.
KmrtMrMmtévm. — Dans les Euphorbiacées, les vaisseaux olriculeux se montrent comme de longues cellules isolées qui suivent la direction de la tige et envoient des branches latérales dans tons les sens. — Particulièrement répandus dans l'écorceet la moelle, ils forment de plus vers les nœuds de ta lige et les coussinets des feuilles des ramifications très nombreuses, mais il ne s'établit point d'anastomoses entre eux. Ces vaisseaux utriculeux, qui renferment un abondant latex, sont encore remarquables d'après HM. Trécul (Utc. cit.) et David {loc. cil.) en ce qu'à leur mode de formation cellulaire s'ajoate un accroissement particulier par élongation des parois (1).
Ca»aivBiseée«. — MM. Trécul, Planchon, Fluckiger, etc.,
'J) Rappclon* l'eiistcDCfl dan» lei Euphorbiacée» de Bbrei libérfennei n-
'^'T?.''" l'onirouie dans l'écorce et la moelle, et qui ont longtemps été
ne des éléments propres k transporier le latex.
138 GUIDE DE MICROGRAPHIE.
ont également fait connaître l'existence des vaisseaux ulriculeux dans les Convolvulacées. Dans le Jalap, le Turbith, la Scammonée, etc., on remarque sur des coupes iransversakt du parenchyme cortical de la racine et presque exclusivement dans la zone de ce parenchyme qui confine à la zone cambiale de grandes cellules à parois jaunâtres renfermant un latex à grains fins. Les cellules à latex des Convolvulacées sont parfois disposées les unes auprès des autres de manière à former un cercle continu. Si on les considère sur des coupes longitudinales, elles se montrent sous la forme d*éléments parfaitement distincts dans la plupart des cas {Calystegia Septum)^ mais qui, chez certaines Convolvulacées, présentent une résorption partielle de leurs parois de séparation, tendant ainsi vers le type des laticif ères vrais, dont Tétude va maintenant nous occuper.
§ 2. Vaisseaux laticifères.
Caraetères gémérmniL, — Étude, — Les vaisseaux latici-
fères se présentent, sur des coupes longitudinales, comme des canaux allongés, pourvus d'une paroi propre et remplis d'un suc de couleur variable (appelé Latex), Ces canaux, trèsdistincts des vaisseaux proprement dits, sont caractérisés :
1® Par leur forme; en effet, tandis que les vaisseaux proprement dits sont régulièrement calibrés, le diamètre des latici* fères est le plus souvent très irrégulier.
2^ Par V absence a peu près constante des marques qui existent si variées sur la paroi des vaisseaux proprement dits.
3® Par Y existence fréquente d'anastomoses et de ramifications.
Cette dernière particularité nécessite l'emploi de certaines précautions lorsqu'on étudie les vaisseaux laticifères. Aussi bien conduites que soient les coupes, le plan par lequel ^ passé le rasoir ne présente ordinairement que des tronçons de laticifères, surtout lorsque ceux-ci forment des réseatu serrés et à ramifications nombreuses. On devra donc chercher pour les étudier plus complètement, à les isoler par coction soi dans l'acide nitrique, soit mieux encore dans la potasse. S l'on fait des coupes, on aura soin d'éviter d'écraser les pièocïi sur lesquelles on opère ou de laver les coupes obtenues. Oi