CHAPITRE IV. — TISSUS
En B, on a représenté la même coupe après traitement à chaud par la potasse. Ici les couches cuticulaires sont ombrées ; la couche de cellulose placée au-dessous n*est pas ombrée; elle est un peu gonflée. Enfin tout à fait à la surface on voit la cuticule {x) qui se soulève et se sépare des couches cuticulaires.
La coupe G représente le même épiderme après une ébullition prolongée dans la potasse. La cuticule est complètement disparue. Les couches cellulosiques ombrées sont surmontées des couches cuticulaires dans lesquelles sont apparues de délicates stries qui les distinguent. On peut maintenant facilement déceler par les réactifs appropriés Texistence de la cellulose dans ces couches cuticulaires.
D'après ce que nous venons de dire, il ne faut donc pas confondre la cuticule avec les couches cuticulaires.
La cuticule n'est pas Vapanage exclusif des cellules épidermfques. Elle se trouve encore à la surface de beaucoup de cellules libres (spores, grains de pollen). Elle paraît au contraire manquer sur les surfaces qui ne sont pas exposées à Tair extérienr. Ainsi elle est très peu visible sur les poils des racines, tandis qu*au contraire elle atteint souvent une grande épais- >trur relative sur les poils des parties qui végètent au-dessus de la terre.
Quoi qu'il en soit, où elle existe, la cuticule par suite de Variations dans son épaisseur détermine le plus souvent des saillies, stries, crêtes ou gibbosités à la surface des organes qu'elle recouvre; ces proéminences, quelquefois trèsdéveloppée< sur les spores et les grains de pollen où elles s*accompapent de couches cuticularisées plus ou moins épaisses, sont^ généralement peu élevées sur les surfaces épidermiques. On les aperçoit toutefois très nettement sur les épidermes de beaucoup de pétales ; celui du Pelargonium zonaie que nous reproduisons (fig. 66) donne un exemple de ces stries.
§ 10. — DÉPOTS CIREUX A Lk SURFACE DE l'ePIDERMB.
Les dépôts cireux sont très fréquents à la surface de Tépiderme. Ce sont eux qui donnent aux feuilles glauques leur ton
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parliculier, et qui produisent sur certains fruits (prunes, raisins» etc.) le givre qui les couvre.
Ces dépôts affectetot sur les épidermes trois formes principales. Tantôt étendus en croûtes ou couches homogènes, ils se présentent .ailleurs sous Taspect de bâtonnets et de granula» tions,
I® Croûtes cireuses, — La cire se dépose en croûtes vitreuses, polies et cassantes, quelquefois mamelonnées et d*uDe épaisseur moyenne de I f& environ sur un grand nombre de feuilles telles - que celles de Thuya orientalts, T, occidentales, Sempervivum tectorum^ S, calcarewUy sur les jeunes tiges d*Euphorbiacées charnues {E. caput Medusœ^ E. omithopus, E. CanariensiSy etc.). Beaucoup d*épidermes lisses et luisants doivent cet aspect à une sorte de vernis formé par de semblables couches cireuses très minces et homogènes. Tels sont les épidermes des Cereus alatusy Opuntia, et les feuilles de Fuchsia globosa^ Taxus baccata, les feuilles et tiges de Portulaca olefacea. (De Bary, loc. cit.)
Ailleurs ces couches acquiérant une plus grande épaisseur déterminent à la surface de Tépiderme des stries et des cannelures. Sur les jeunes feuilles de Corypha {Copemicia) cerifera, ces couches mesurent de 15 à 19 {a d*épaisseur. Cette cire, séparée des feuilles desséchées, est recueillie sous forme de granulations qui constituent la cire carnauba du Brésil.
•L'épaisseur des couches cireuses atteint jusqu'à 70 \êl sur les branches âgées d'Euphorbia canariensis. Les Palmiers à cire, Ceroxylon et Klopstockia présentent même des couches cireuses stratifiées qui atteignent 5 millimètres d'épaisseur.
2* Bâtonnets. — Une autre forme qu'affectent encore les dépôts cireux est celle de bâtonnets, dont on trouve déjà un bon exemple sur les feuilles de Cotylédon orbiculata et sur les fruits du Benincasa (de Bary) où ils atteignent 10 \l de hauteur sui 1 {A d'épaisseur, mais qui prennent un développement parti' culièrement remarquable chez beaucoup de Scitaminées ë de Graminées. Sur les nœuds et les entre-nœuds de 5accAartai officinale par exemple (fig. 70, A), ces bâtonnets, très rapproché les uns des autres, sont fixés perpendiculairement A la surf aci épidermique. Les plus longs d'entre eux atteignent jusqu'i