I. — LES COLÉOPTÈRES
Insectes à métamorphoses complètes et dont la bouche est organisée pour broyer. Le thorax donne attache à deux paires d’ailes dont les supérieures coriaces servent d’étui protecteur aux inférieures membraneuses et propres au vol.
Nous verrons par la suite que les Elytres ne recouvrent pas toujours tout l'abdomen ; chez certains Insectes, ils sont courts, chez d'autres ils arrivent à faire complètement défaut. Parfois aussi les Elytres ne recouvrent pas d’ailes ; dans ce cas les insectes sont naturellement incapables de voler et souvent les Elytres sont soudés ensemble.
L’ordre des Coléoptères est certainement celui dont les représentants s’adaptent aux conditions d’existence les plus variées : il contient des Carnivores et des Herbivores aussi bien terrestres qu’aquatiques. Quelques espèces vivent dans l’eau de mer et même dans l’eau sursalée des marais salants; d’autres vivent dans des sources thermales d'une température élevée.
Les Coléoptères sont inoffensifs et peuvent tous être pris à la main. Quelques-uns, en raison de la puissance de leurs mandibules, « demandent >> à être pris avec précautions, mais aucun n'est venimeux.
AXATOMIE DXX COLÉOPTÈRE
Siorthodontus Coquereli Fairm. Le même vu en dessous,
igrossi une demi-fois)
T, Tête. — Al. Mandibules. — L, Labre. — Yeux. — .4. Antennes. — mt. Menton. — pl. Palpes labiaux. — jîi.v. Mâchoires à deux lobes. — pm. Palpes maxillaires. — PT, Prothorax. — e, Epaules. — S, SculeUum ou Ecusson. — E, Elytres. — si<. Suture. — MT i. Mésothorax. — MT 2, Métathorax. — h i. h 2, h 7, Hanches des 3 paires de pattes. — tr /, tr 2, tr j. Trochanters des 3 paires de pattes. f /, f 2. f y. Fémurs ou Cuisses des 3 paires de pattes. — j 1. j 2, j y. Jambes ou Tibias des 3 paires de pattes. — t /, t 2, t y. Tarses des 3 paires de pattes. — Ei, Epipleures des Elytres. — AB, Segments de l'Abdomen.
Voici l'énumération des principales familles de Coléoptères avec quelques observations au sujet des formes les plus remarquables :
Les Cicindélides. — Carnassiers terrestres représentés à Madagascar par les genres Cicindela, Megalomma, Peridexia et Pogonostoma. Les Cicindèles volent pour la plupart en plein soleil dans les endroits découverts et sablonneux ; les Megalomma vivent en forêt ; leur agilité et leur facilité à s’envoler rendent leur capture difficile. Je ne connais pas les habitudes des belles Peridexia. Quant aux mœurs des Pogonostomes, tous spéciaux à Madagascar. voici ce qu'en dit M. Raffray, ancien consul de France à Tamatave :
« Les Pogonostoma vivent dans l’intérieur des forêts et courent le long des troncs d’arbres non abattus ; ils se tiennent élevés sur leurs grandes pattes, les antennes en avant et généralement la tète en bas. Il faut les voir de loin, car dès qu’ils aperçoivent la moindre des choses, ils vont sur le côté opposé de l'arbre, et, si vous tournez, ils tournent aussi, de sorte qu’on ne les voit plus dès qu’on est près de l'arbre.
» Leurs mouvements sont d’une vivacité extraordinaire, Fig. 3.
mais ils ne volent pas.... sur Pogonostoma gratiosum plus de cent Pogonostoma, je (grandeur naturelle).
n en ai jamais vit que trois faire usage de leurs ailes... Une fois à terre, ils semblent mal à l'aise et embarrassés de leurs grandes pattes, ils courent moins vite que sur la surface lisse d'un tronc d’arbre..., je les ai rarement trouvés sur des arbres à écorce raboteuse ou garnie de mousse....
» Voici maintenant comment je fais pour les prendre : quand j'aperçois de loin un Pogonostoma sur un arbre, j’y cours et j’embrasse le tronc avec mes bras de façon à l'empêcher de monter ; cela l’oblige au contraire à descendre. et quand il est à terre je le capture facilement, mais il est très difficile de le prendre sur le tronc luimême.» (i).
Les Carabiques. — Carnassiers terrestres dont la plupart sortent peu le jour et se tiennent cachés sous les pierres ou les écorces, de préférence dans les endroits humides. Les plus gros Carabiques de Madagascar sont les Scarites du genre Storthodoittns(f\g. i et 2 ) aux puissantes mandibules ; les plus beaux sont les Eucamptognatbus, aux reflets cuivreux, qui se tiennent sous les pierres dans les clairières des forêts.
Les Eudema (fig. 4 , 5 , 6 ) sont noirs, à taches orangées sur les élytres. On connait ac-
Ejwnj[ena
Fig. 4. Fig. 5 Fig. 6.
Trois espèces du genre Eudema (grossies 1/3 de fois).
(!) Extrait du Bulletin de la Société Entomologique de France
tuellement plus de 300 espèces de Carabiques de Madagascar, mais je ne puis indiquer ici que quelques types de chaque famille.
La figure 7 représente un Tctragonoderus de Tamatave. Les genres Bracbynus et Pheropsophus contiennent des espèces de couleur jaune et noire, d une éducation déplorable, qui émettent par l’anus, avec une détonation, des vapeurs nauséabondes et corrosives lorsqu’on les saisit ou qu’ils sont inquiétés par leurs ennemis. On les nomme vulgairement « Bombardiers ».
Les Dytiscides. — Carnivores aquatiques avec les Hyphydrus, en forme de pilules, les très petits Bidessus, les Laccopbilus, les Hydaticus, qui atteignent des tailles plus considérables, et, enfin, les Cybister, les colosses de la famille. Chez ces derniers, les mâles ont le dessus du corps absolument lisse et les femelles l’ont rugueux, de façon à faciliter l’accouplement. Dans le même but, les mâles, dans cette famille, ont les pattes antérieures munies de ventouses.
Les Gyrinides. — Carnivores Fig. 8 . aquatiques. Les Gyrins forment à la
Cybister hova surface de l’eau de gracieux quadrilles (grandeurnaturelle). ^ans j es endroits calmes et ombragés
Fig. 7.
T etragonoderus Toamasinæ Alluaud (grossi 4 fois).
des rivières et torrents. Les grosses espèces de Madagascar appartiennent au genre Dineutes. Ces Insectes émettent, quand on les prend, un liquide blanchâtre d’une odeur désagréable.
Selon certains auteurs, il conviendrait de rapprocher des Carnivores : .
i° Les Paussides, insectes étranges, aux antennes monstrueuses, qui vivent pour la plupart (peut-être tous) dans les fourmilières et qui jouissent de la même faculté
Fig. 9. Fig. 10. Fig. 11.
(grossies 2 fois 1/3). (grossie 2 fois).
Fig. 9, Paussus hova, Dohrn : Fig. 10, Paussus èlaphus, Dohrn : Fig. 11, Miroclaviger Alluaudi, Raffr.
que les Brachins pour bombarder leurs ennemis. On ignore encore ce que ces êtres fantastiques font chez les Fourmis. Leur rendent-ils des services ou sont-ils seulement tolérés ? On en connaît déjà une quinzaine d'espèces de Madagascar.
2 0 Les Rhysodides, animaux lents, qui vivent dans les arbres morts.
Les Staphylinides ou Staphylins, importante famille de Coléoptères, presque tous de petite taille, avec
des élytres écourtés, veston trop court pour leur long abdomen. Leurs mœurs sont très variées. La plupart des espèces recherchent les matières en décomposition : cadavres des petits animaux, fruits pourris, excréments divers, bois pourri, etc. D’autres vivent sous les écorces, sous les débris végétaux, au bord des cours d’eau, sous les pierres, dans les endroits humides. Quelques espèces (les plus intéressantes et les moins connues), vivent en compagnie des Fourmis et des Termites. Il doit y avoir plus de 500 espèces de Staphylins à Madagascar.
Fig. 12. Fig. 1J. Fig. 14.
(Les 3 figures grossies 2 fois 1/2).
Fig. 12, Eleusis maxima Fvl ; Fig. ij, Slenus Dieganus Fvl; Fig. 14, Xantholinus sylvaticus Fvl.
Les Psélaphides et les Ciavigérides —
Deux familles de petits Insectes bizarres qui ont également les élytres très courts. Beaucoup de Psélaphiens et tous les Clavigérides vivent dans les fourmilières. On trouve parmi ces derniers des formes fantastiques à Madagascar, qui doit être une des régions les plus riches du globe à ce point de vue. Ce sont des Insectes lents, aveugles, de petite taille, d’une couleur rougeâtre uniforme (fig. 11), leur recherche présente un intérêt considérable.
Les Scydmænides sont de très petits Coléoptères vivant principalement sous les écorces, les mousses et les débris végétaux.
Les Silphides sont représentés à Madagascar par une seule espèce d’un bleu d’acier foncé du genre Silpha; c'est une bête des cadavres, voisine des Nécrophores.
Les Trichopterygiens sont les plus petits des Coléoptères. A leur suite il conviendrait de placer un certain nombre de familles dont les espèces sont quasi-microscopiques. Ces Micro-Coléoptères de Madagascar sont encore bien peu connus — on les recueille trop rarement.
Les Erotylides et les Temnochilides vivent dans le bois. On les trouve sous les écorces lâches.
Les Endomychides présentent des formes bizarres. Le genre Trochoideus avec ses antennes dilatées ressemble vaguement aux Paussus.
Les Cryptophagides sont de petits Coléoptères jaunes ou bruns (fig. 15).
Les Nitidulides constituent une famille assez considé-
Fig. j 5, Cryplophagus Madagascariensis Grouv. ; Fig. 16, Europs brevis Grouv. ; Fig. 17, Pria Reitteri Grouv. ; Fig. 18, Meligethes phalacroides Grouv.
( 1 ) La grandeur naturelle de l’insecte est indiquée par le petit trait qui se trouve à droite de chacune des figures de 15 à 23. Je dois à l’amabilité de mon collègue, M. Antoine Grouvelle,
rable composée d’insectes de petite taille, vivant principalement de fruits pourris ou d’autres matières en décomposition . Quelques espèces vivent sur les fleurs (fig. 16,17,18).
Les Colydiens et les Cucujides contiennent bien des petites formes étranges, vivant dans le bois et que l’on trouve en général sous les écorces ou dans les détritus végétaux. Les rares Bothrideres noirs à taches jaunes et les
Fig. /9.
Fig, 21.
Fig. 20.
Fig. iç, Bothrideres signatus Grouv. (Colydien) ;, Fig . 20, Cicones Madagascariensis Grouv. (Colydien) ; Fig. 21, Lxmophloeus sulcifrons Grouv. (Cucujide).
l’autorisation de reproduire ici ces dessins qui ont paru dans les Annales de la Société Entomologique de France.
Cicones variés de jaune et de gris sont des Colydiens. Les Lxmopblæus , les Silvanus, etc., sont des Cucujides. ainsi que les Ino qui ont les élvtres courts et ressemblent aux Staphylins du genre Eleusis, (fig. 12 .1
Les Histérides (1). — Petits Coléoptères arrondis, généralement d’un noir brillant et vivant de cadavres ou autres matières en décomposition. Quelques espèces se rencontrent sous les écorces.
Les Hydrophiles sont des Herbivores aquatiques. On les trouvera en même temps que les Dvtiscides. mais leurs allures sont moins vives. Il y a à Madagascar une grosse espèce d'Hydrophile et des quantités de petites espèces encore peu étudiées, appartenant aux genres. Berosus, Helocbares, Ampbiops très arrondis, etc. La sousfamille des Sphæridiens est encore moins connue en ce qui concerne les nombreuses espèces malgaches. On en trouve dans la vase des mares, les fruits pourris, les bouses des bœufs, etc.
Les Georyssides. — Petits Insectes arrondis d'allure très lente qui vivent au bord des cours d'eau et marchent généralement recouverts de petits grains de sable pour échapper à la vue. M. Perrier de La Bathie est jusqu’à présent le seul à avoir pris des Georyssus à Madagascar : il les a découverts sur les bords de l’Ikopa.
Les Parnides vivent dans les herbes au bord des cours d'eau et les Elmides complètement immergés dans les eaux courantes accrochés sous les pierres ou aux raci-
1 Toutes ces familles, depuis les Erutvlides, ont les antennes terminées en massue. Les anciens auteurs les avaient réunies sous le nom de Clavicornes.
Fig. 22.
Parnus Alluaudi Grouv.
nés. C’est encore aux minutieuses recherches de M. Perrier de La Bathie que l’on doit la découverte des Elmides à Madagascar.
Les Hétérocéri-
des vivent enfouis dans la terre molle au bord des mares ; on les fait sortir en piétinant ou en arrosant l'endroit où on soupçonne leur présence. J’en ai découvert Heterocerus elon- deux espèces à Diégo-Suarez. gatus Grouv.
Les Lucanides
ou Pectinicornes (derniers articles des antennes en dents de peigne) sont peu représentés à Madagascar où on ne trouve qu’un seul vrai Lucane, le Clacto'gnathus serricor- ;m(fig. 24), un Nigidius et deux Ftguliis.
La sous-famille des Passales compte à Madagascar une quinzaine d’espèces. F{g 24
ClaJognatus seiricornis mâle (grandeur naturelle): la figure 25 représente le grand développement mandibulaire de certains mâles.
Les Scarabæides ou Lamellicornes (derniers articles des antennes en lamelles ou feuillets) constituent une vaste famille de Coléoptères de toutes les tailles et de mœurs très variées.
Les Coprophages ou Bousiers sont nombreux à Madagascar et prouvent que la grande île a toujours été habitée par de grands Mammifères. On trouve dans le Sud- Ouest deux espèces d 'Ateucbus ou véritables Scarabées sacrés rouleurs de boules. J’ai reçu l’une de ces espèces du pays Mahafaly. Les Epilissus sont des Coprophages spéciaux à Madagascar parés souvent de brillantes couleurs métalliques.
Je citerai comme genres bizarres les S ynarmostes qui se roulent en boule dès qu’ils sont inquiétés(fig. 54et 55)et les Hexodon spéciaux à Madagascar.
Le genre Heteronycbus renferme de nombreuses espèces nuisibles à l’agriculture, particulièrement aux plantations de Cannes à sucre. Les Oryctes ou Rhinocéros comptent dans la région malgache une douzaine d’espèces ; ce sont de gros Insectes lourds, bruns, qui vivent du terreau des arbres (de la famille des Palmiers généralement) et dont les mâles portent sur la tête une forte corne recourbée en arrière par dessus le prothorax. C’est dans ce genre qu’est le plus gros Coléoptère trouvé à Madagascar, Y Oryctes ciistatus , espèce d’Afrique tropicale prise un soir à Suberbieville par M. Daniel Gaiffe (1).
Les Mélolonthidesou Hannetons renferment une grande quantité d’espèces des genres Hoplia, Serica, Encya, etc. Les gros Hannetons d’un beau blanc velouté, spéciaux à
! 1 ) L’exemplaire pris par M. Gaiffe mesure 77 millimètres de long et est plus grand que tous les exemplaires connus d’Afrique.
Madagascar, appartiennent aux genres Proagosternus et Tricbolepis.
Les Rutélides sont représentés à Madagascar par une trentaine d'espèces du genre Adoretus, etc.
Les Cétonides ou Cétoines, une des plus belles familles de Coléoptères, comptent déjà près de 200 espèces malgaches dont quelques-unes sont fort rares. Les Cétoines ont la faculté de sortir leurs ailes inférieures par le côté et de voler ainsi sans ouvrir les élytres ; elles affectionnent les fleurs et les plaies suintantes de certains arbres.
Doryscelis calcarala ' (grand 1- naturelle).
Polybothris ochreata (grand 1- nalur 11 *).
Les Buprestes ou Richards sont admirablement ~ représentés à Madagascar. Le genre Polybothris qui renferme les plus gros Bupestres malgaches compte 160 espèces ; les insectes de ce genre Polybothris maculiventris générale-
(grandeur naturelle|.
ment le dessous
du corps beaucoup plus brillant et plus métallique que le dessus. Plusieurs espèces ont une forme arrondie très remarquable dans cette famille.
Les Elatérides ou Taupins ont la faculté de sauter lorsqu’ils sont sur le dos grâce à un ressort qu’ils possèdent en dessous, entre le prothorax et le mésothorax. Il y a beaucoup de Taupins à Madagascar : Les énormes Lycoreus, les Ctenicera rouges avec taches noires et les dezei Alluaud nombreux Lacon de tailles et de couleurs (grossi 3 fois), plus modestes.
Les Malacodermes renferment les Lucioles ou Mou-
Fig. jo. Fig. yi Fig. y2. Fig. yy et yq.
Pelec. Antelmei Pelec. Illigeri Pelec. interrupta Pelec. obliquâta Alluaud. Gyll; Alluaud. Alluaud (ïj. il
(1) La fig. 34 représente un élytre de la variété Charmoyi . Les descriptions et figures de ces Pelecophork ont été publiées dans le Bulletin de la Société Entomologique de France. Les figures 30 à 34 sont grossies environ 7 fois.
Fig. 2 9.
Ctenicera Can-
ches-feu, qui pullulent pendant certaines soirées chaudes et calmes, et les Pelecophora des îles Mascareignes (fig. 30 à 34).
Les Clérides, famille richement représentée à Madagascar : 160 espèces environ sont déjà décrites, et beaucoup d’autres sont encore à décrire ou à découvrir. J’en ai pris près de 80 espèces sur la montagne d’Ambre, au nord de Madagascar, en mai et juin, c'est-à-dire en pleine saison sèche, en battant des arbustes sur le parasol. Certaines espèces imitent les Fourmis (fig. 51 et 52).
Les Ténébrionides
constituent une immense famille très richement représentée à Madagascar. La plupart n’ont pas d’ailes sous les élytres et vivent dans les endroits secs et sabloneux, sous les pierres, sous les écorces ou dans le terreau des arbres
Fig. 35 - Les Lymexylonides comprennent Evenus Cupido l e curieux genre Atractocerus dont les ély- Alluaud très son j. réduits à des moignons rudi- Igrossie 4 f. 1 /-)• men t a i reSj et dont les ailes membraneuses ne se replient pas. C’est un type bien spécial dans l’ordre des Coléoptères. Je n’ai jamais pris d’Atractocerus que le soir à la lumière.
Fig. 36.
A Iractocerus Madagascariensis Lap.-Cast.
(grandeur naturelle).
morts. Les Pbaleria vivent au bord de la mer dans les détritus ; chez les Toxicum les mâles ont sur la tête deux cornes dirigées en avant ; les Tetrapbyllus, Camaria. Nesogena. contiennent des espèces qui peuvent rivaliser avec les Buprestes par leurs riches couleurs métalliques.
A la suite des Ténébrionides on place les Lagriides, les Monommides qui comptent de nombreuses espèces malgaches. Les Vésicants ou Cantharides qui comprennent le genre Meloe ; le Meloe Chevrolati est un gros insecte bleu foncé aux élytres trop courts pour son énorme abdomen qu’il traîne péniblement. Les Anthicides, petits insectes qui vivent les uns au bord de la mer. d'autres sur les fleurs. Les Pythides se trouvent sous les écorces ; j'ai découvert et décrit 3 espèces malgaches de ces intéressantes bestioles (fig. 37 et 38).
Les Curculionides ou Charançons sont des mangeurs de végétaux dont la tète est prolongée en un rostre plus ou moins long. C’est une des familles les plus considérables par le nombre de genres et d’espèces qu elle renferme. Madagascar en est très riche. L’allongement de la tète atteint son maximum chez les mâles du genre Tracbelopborus (fig. 40.)
( 1 ) Les 2 figures grossies 7 fois. Les antennes à gauche de chaque Insecte, sont représentées à un très fort grossissement.
Fig. 37- Salpingus Jrater Alluaud.
Fig. y S.
Sjlpidewa soror Alluaud ( 1 ).
Les Brenthides sont de curieux Coléoptères très allongés. très étroits (fig. 41).
Fig. 39. Aphiocephalus Guerini ; Fig. 40, Trachelophorus giraffa .
Fig. 41, Rhitidocephalus brevicôrnis (grossies i fois 2] 3).
Les Anthribides ont un gros rostre court et des antennes longues ; ils établissent le passage entre les Charançons et les Longicornes. Le Topboderes frenatus, noir et blanc, est le plus gros des Anthribides malgaches.
Les Bruches sont des petits Insectes assez arrondis, dont la plupart se nourrissent des fruits des plantes légumineuses.
Les Cérambycides ou Longicornes. — Encore une importante famille vivant de végétaux et présentant des antennes parfois beaucoup plus longues que le corps. Les Hoploderes sont de gros Insectes massifs, d’un brun cannelle, avec le prothorax épineux. Les Sagridola ont des
Teraschena Menalcas Opepharus Iridenlatus (grandeur naturelle).
cuisses postérieures énormes. Les Myrwecoclytus sont très petits et ressemblent à des Fourmis, etc.
Fig. 44 -
Sagra (grossie 3 fois).
Les Chrysomélides. —
Autre vaste famille de végétariens contenant les formes les plus variées. Les Sagra (fig. 44) ont les cuisses postérieures énormes. Les Cryptocéphales (fig. 46), dont la tète est cachée sous le prothorax, sont très arrondis. Les Eumolpes, aux brillantes couleurs, contiennent le magnifique genre Sybriacus et de nombreux Colasposoma, Syagrus, etc., etc.
Les petites Altises sautent dès qu'on les approche. Les Hispides ont le dessus du corps entièrement épineux et ressemblent à des petits Hérissons (fig. 45(1). LesCassides ressemblent à des petites Tortues. Les Aspidotnorpha (fig. 47), sont des Cassides aux couleurs flamboyantes ; mais ces couleurs se ternissent aussitôt après la mort. Les Hoplionota ont parfois des formes et des couleurs étranges
(fig- 53 )-
Les Coccinelles ou Bètes-à-bon-Dieu (fig. 48 et 49) comptent de nombreuses espèces malgaches. Lès unes sont carnivores et détruisent les Pucerons, les autres sont phytophages (2).
Le catalogue des Coléoptères de la région malgache que j'ai rédigé, après plusieurs années de recherches biblio-
(1) Les figures 45 à 49 sont grossies près de 3 fois.
(2) Phytophage signifie : qui mange des végétaux.
graphiques, comprend actuellement plus de 4,000 espèces. Les collections que je connais, y compris la mienne, en contiennent un bon nombre qui ne sont pas encore décrites : enfin on n'a exploré qu’une bien faible partie de la grande île. En conséquence je crois pouvoir affirmer que Madagascar et les archipels voisins nourrissent plus de 10,000 espèces de Coléoptères. Il reste donc encore bien des découvertes à faire î