RECHERCHE DES INSECTES
On trouve partout des Insectes : à terre, sur les feuilles et les fleurs, sur les troncs d’arbres, sous les pierres, sous les fruits et les animaux en décomposition, sous les écorces des arbres morts, au bord des ruisseaux, dans les eaux courantes aussi bien que dans la vase des mares, etc., etc.
On fait souvent des captures intéressantes en se promenant et en regardant autour de soi, mais ce procédé ne donne jamais d’abondantes récoltes. Sous les tropiques, comme partout ailleurs, les Insectes n’aiment pas à se montrer en plein jour à découvert; pour les trouver, il faut les chercher.
Evidemment, quand je me trouve en escale à Majunga(i) ou campé sur la montagne d’Ambre, n’ayant pas d'autre souci que la récolte journalière des spécimens zoologiques, je ne puis me comparer à aucun des correspondants auxquels je m’adresse. Cependant les personnes les plus occupées ont forcément chaque jour des moments de loisir et chaque semaine ou chaque mois un ou plusieurs jours de liberté— elles verront combien on peut faire en peu de temps si on a le goût de la découverte et comme
(i) A Majunga. en février 1897, j’ai pris, sans m’éloigner de la plage, 240 Insectes, la plupart Coléoptères, en moins de 3 heures. Peu de jours avant, à Djibouti, j’en avais pris plus de 400 en moins de 2 heures, mais c’est là un fait tout à fait exceptionnel.
on se passionne vite pour la pêche et la chasse des Insectes !
L’utilisation du temps dans ces conditions devient capital, aussi m’attacherai-je à bien indiquer à quel moment tel procédé de recherche donne les meilleurs résultats.
Au point de vue des saisons, la plus favorable dans tous les pays du monde est celle du printemps. Sous les tropiques, le printemps correspond au début de la saison des pluies. A Madagascar, les mois de novembre à février sont ceux où l’on fera les récoltes entomologiques les plus abondantes. Mais il ne faut négliger aucune saison ; il y a des espèces qui ne se montrent que pendant la saison sèche. J’ai récolté plus de mille espèces de Coléoptères, et plus de vingt mille exemplaires sur la montagne d’Ambre et autour de la baie de Diego-Suarez en mai et juin 1893. En novembre et décembre, j’aurais probablement pu doubler ces chiffres, et j’aurais pris des espèces différentes pour la plupart. Dans les parties très sèches de la grande Ile, on trouve peu d’insectes de juin à octobre.
Voici maintenant l’indication de quelques procédés simples qui donneront tous et en tout temps de bons résultats :