TRAITÉS PARTICULIERS SUR QUELQUES POINTS DE CHIRURGIE PRATIQUE
Bell. — Traité théorique et pratique des ulcères, traduit de l'anglais par Bos(juillon, sur la 7" édition j i vol. in-80. ' '
De toutes les maladies qui réclament les secours de la chirurgie , il n'en est point de plus fréquentes et de plus rebelles à la fois que les ulcères. Il n'y a pas cinquante ans encore quç la plus grande partie de ces infirmités était, pour ainsi dire , abandonnée à elle-même, par l'impossibilité où se trouvaient les gens de l'art d'en obtenir la guérison. Les malades ainsi
délaissés, et même repoussés, dans quelques cas, du sein de la société, traînaient une vie malheureuse , ou n'avaient d'autre perspective que d'aller au loin chercher une guérison qu'ils ne pouvaient trouver dans leurs propres foyers. Les uns se rendaient en G alliée, implorer Saint- Jacques de Compostelle , d'autres allaient à Rome se jeter aux pieds de Notre-Dame-de- Lorette j plusieurs , profitant de l'espèce de pitié qu'ils étaient en droit d'exciter, se servaient de leurs infirmités pour exiger les dons de lacharité^ et on les voyait souvent en très-grand nombre aux portes des églises , dans les places publiques «t même sur les grandes routes attendr e de la générosité des passans , des secours qu'ils ne demandaient point en vain.
Tel était l'état de cette partie de la chirurgieau milieu du siècle dernier.L'ouvrage de Bell, publié à peu près à cette époque, fit éprouver un changementtrès-remarquable au traitement de ces maladies, 11 est le fruit des observations pratiques d'un homme qui réunit un jugement exquis à une grande expérience j enfin , c'est un ouvrage éminemment classique ; et les jeunes praticiens ne peuvent trop le méditer.
L'ouvrage est divisé en trois parties : dans la
première, Bell commence par établir les caractères généraux de Tinflammation , dont il expose les causes , les symptômes et les terminaisons. Cet article occupe lui seul un grand nombre de pages, et se trouve ainsi exposé avec toute Té tendue et le soin qu'exige une matière aussi importante. Passant ensuite à la seconde partie qui traite spécialement des ulcères, il les considère d'abord dune manière générale; puis il parle successivement de l'ulcère simple, de l'ulcère vicié et des ulcères fongueux, sinueux, calleux, carieux et cancéreux; celte seconde partie est terminée par des considérations sur les maladies de la peau, ce qui permet à Bell de dire quelque chose de la teigne, du scorbut, des affections vénériennes et du scrophule. La troisième partie est consacrée aux tumeurs blanches.
L'analyse succincte que je viens de donner de l'ouvrage de Bell, fait connaître Texcellente méthode et la marche générale que Vauteur a suivie. Indépendamment de son mérite réel , on peut dire que c'est un ouvrage bien fait et bien pensé. Son succès en France , depuis qu'il a été traduit, atteste rexcellence de ses principes.
Lagneau. — B, Expose des sîmptômes de la maladie vénérienne; i vol. in-8% 4« édition.
Les règles de traitement adoptées à l'hospice des vénériens de Paris, sont spécialement détadlées dans cet ouvrage.
On doit savoir gré au docteur Lagneau de l'avoir entrepris. Composé d'abord sous forme de dissertation inaugurale , il fut avidement recherché par les élèves, qui trouvaient dans son contenu un exposé fidèle des diverses méthodes de traitement adoptées par les médecins et chirurgiens en chef de l'hospice des Vénériens. Ces mêmes élèves auraient préféré sans doute que l'habile chirurgien qui se trouve à la tête de cet établissement eut été lui-même l'auteur d'un pareil ouvrage : il serait sans doute et meilleur encore et d'une autorité plus imposante; mais tel qu'il est , l'ouvrage du docteur Lagneau est un livre bien exécuté et qui annonce dans son auteur du talent et des conn^iissances.
Voici comment est conçu le plan général de son ouvrage ; il est divisé en trois parties : dans \d première il présente le tableau le plus complet et k plus exact possible de ce qu'on en-
tend généralement par maladie vénérienne oti syphilis , en commençant par les affections les plus simples , et finissant par les plus compliquées. La seconde partie comprend la cure générale de la syphilis. A cette occasion l'auteur passe en revue les différens remèdes connus, qui ont été successivement employés par les auteurs. Dans la troisième partie, il indique quelles sont les modifications que le traitement général de la syphilis doit subir en raison du sexe, de l'âge , etc. L'ouvrage est terminé par quelques réflexions sur une nouvelle forme que la maladie vénérienne paraît avoir prise dans les provinces illyriennes et sur quelques autres métamorphoses de cette maladie, connues des savans sous le nom de sïbbens d'Ecosse ^ de vialadie du Canada ^qX dejaii^s.
L'ouvrage du docteur Lagneau ne peut être lu avec quelque fruit que par des élèves déjà avancés dans leurs études médicales. Plus tôt, sa lecture ne leur serait d'aucune utilité j la matière qui s'y trouve traitée est une des dernières dont ils doivent s'occuper.
Thillaye. — C. Traité des bandages et appa* reils ; i vol. in-8° , 5' édition , avec 1 1 planches.
C'est une heureuse idée d'avoir rassemblé en un corps de doctrine et d'avoir fait un ouvrage ex-professo sur une matière qui , au premier coup d'oeil, semblait ne devoir présenter qu'un médiocre intérêt. Cependant il est démontré qu'il y a autant et plus d'habileté peutêtre à savoir bien appliquer un bandage ou im appareil quelconque, qu'à faire, tant bien que mal , une opération très-souvent inutile.
On peut même avancer que les plus grands chirurgiens n'ont point dédaigné de donner la plus scrupuleuse attention à l'emploi des moyens mécaniques, nécessaires pour la guéri s on des maladies chirurgicales. Dans les fractures , dans les luxations, le salut du malade dépend très-souvent de labonne ou mauvaise application des bandages et appareilsj dans les hernies , dans certains anévrismes, dans le bec de lièvre, il ne peut y avoir de guérison sans ces moyens. On doit donc savoir beaucoup de gré au professeur Thillaye d'avoir péniblement réuni des matériaux disséminés dans une infinité d'auteurs, taiàt anciens que modernes, afin d'en rendre
l'étude et les recherches également utiles et faciles.
L'ouvrage lui-même était peu susceptible d'une distribution méthodique j l'essentiel était de ne point omettre la description d'un bandage ou d'un appareil connu et utile, et c'est à quoi l'auteur a parfaitement réussi. Après quelques préliminaires indispensables louchant les différens objets qui entrent dans la composition d'un bandage ou d'un appareil quelconque, il passe en revue et décrit avec beaucoup d'exactitude tous les bandages employés en chirurgie, en commençant par ceux que réclament les maladies de la tête et en parcourant successivement toutes les autres réglons du corps sur lesquelles on peut les appliquer.
Un article est consacré à faire connaître les moyens propres à arrêter les hémorrhagies , et l'ouvrage est terminé par des conseils sur la manière de panser les cautères ellesvésicatoires.
Desault. — Traité des voies urinaires , publié par Bichatj i vol. in-8°. — Percy. Manuel du chirurgien d^ armée ; i vol, in- 12. Bell. — Traité de la gonorrhée virulente et de la maladie vénérienne , traduit de l'anglais par Bosquilîon 3 2 vol. iu-8"«