‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 26 sur 89 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

Cercle d'Ambatondrazaka. — Après avoic installé des postes à Antsevakely et à Miarinarivo, sur le plateau du Tampoketsa, le capitaine Chieusse s'est mis à la poursuite de la bande que le chef Rainitavy a réussi à former en réunissant les débris de tous les groupes rebelles. Le 25 août, une partie de cette bande a cherché à lui barrer la route à Maitsokely et n'a été délogée de ses positions qu'après un vif engagement, dans lequel les tirailleurs malgaches ont eu un tué et un blessé.

Les rebelles, ayant subi de fortes pertes, sont allés se réfugier dans le massif rocheux de Masokoamena, déjà occupé par le gros de la bande et devant lequel le capitaine de Bouvié venait d'arriver.

Le 24 août, le capitaine Chieusse a fait sa jonction avec cet officier et a pris, de concert avec lui, les mesures nécessaires à l'investissement des insurgés.

Cercles d'Anjozorobé, d'Ankazobé et de Moramanga. — Aucun événement à signaler dans ces trois cercles, où les opérations militaires proprement dites peuvent être considérées comme terminées.

2' Territoire militaire.

Un engagement assez sérieux avec une bande de pillards sakalaves a eu lieu, le 9 août, sur la route de Miarinarivo à Ankavandra.

HISTOIRK.

Vn convoi de ÔO l)Oiirjanos, portant 15 000 francs et 12 caisses de carlouches modèle 188() à destination d Ankavandra, avait quitté, le 8 août au matin. le poste de Tsiroanomandidy sous l'escorte d'un caporal et de six tirailleurs séné^ialais commandés par le ser^rent Brunean, de la ô*" compagnie du régiment colonial.

Le 9 août, vers onze heures du matin, au passage d un cours d'eau, le petit détachement se trouva tout à coup en présence d'un fort parti de Sakalaves qui, embusqués derrière des arbres et dans les hautes herbes, ouvrirent le feu sur l'escorte pour chercher à s'emparer du convoi. Le sergent Bruneau rassembla aussitôt les bourjanes et disposa sa petite troupe pour répondre au feu nourri des Sakalaves, mais, au deuxième feu de salve, il tomba frappé d une balle à la tète. Le caporal indigène Allah Diniont Sizoko, qui le remplaça, ne tarda pas à tomber à son tour, la cuisse fracassée par une balle: il n'en continua pas moins à diriger le feu et k tirer assis, jusqu'à ce qu'il succombât à une nouvelle blessure à la tète.

Le tirailleur de 1'" classe Samba-Denfako, bien que blessé lui-même, prit alors le commandement de ses camarades, agenouillés autour des caisses de munitions et d'argent, abandonnées de leurs porteurs et confiées à leur honneur militaire. Les Sakalaves, ayant subi des pertes très sérieuses et intimidés par la crâne attitude de cette poignée de braves, n'osèrent prendre l ofFensive et finirent par s'éloigner au moment où un groupe de partisans du Mandridrano, accouru au bruit de la fusillade, apparaissait sur la hauteur voisine. Le convoi, dont l'escorte fut renforcée peu après par le lieutenant commandant le poste de Tsiroanomandidy, put reprendre sa marche et arriver à destination sans nouveaux incidents.

Betsiriry et Menabé. — M. le chef de bataillon Gérard qui a été chargé de la direction des opérations dans le Betsiriry et le Menabé, a quitté Tananarive, le 51 juillet, et est arrivé, le 10 août, à Miandrivazo, où se trouvaient concentrés trois compagnies de tirailleurs sénégalais, un peloton de tirailleurs algériens, une section d'artillerie et un détachement de conducteurs.

Les chefs sakalaves avaient déjà été invités à accueillir paciliqnement nos détachements et à faire leur soumission, sous la promesse (pi ils resteraient indépendants des Hovas et que leurs coutumes traditionnelles seraient respectées.

Le l^ août, M. le commandant Gérard était informé par ses émissaires que Toera, l'un des rois du Menabé, loin de répondre à ces avances, avait fait rassembler, près du confluent de la Mania et du Mahajilo, sous le commandement de Mahatanty, son meilleur lieutenant, une troupe nombreuse disposant d un millier de fusils. Cette bande s'était retranchée dans une presqu'île du Mahajilo, appelée Anosimena, à 50 kilomètres en aval de Miandrivazo. D'autres groupements de rebelles étaient signalés, l'un au sud de la Mania, Tautre au nord de la Tsiribihina. M. le commandant Gérard résolut d'attaquer immédiatement ce détachement pour l'empêcher de faire sa jonction avec les autres dissidents. L attaque fut exécutée le 14, au point du jour.

Une longue marche de nuit, exécutée en plusieurs groupes dans un terrain marécageux et couvert de roseaux, permit d'entourer à peu près complètement et de surprendre les Sakalaves qui se croyaient inexpugnables dans le domaine de Mahatanty et qui, terrorisés par quelques obus à la mélinite et par une attaque vigoureuse à la baïonnette, furent dispersés rapidement en essuyant de grosses pertes.

La rapidité avec laquelle ces résultats décisifs ont été obtenus tient surtout à la vigueur de l'attaque principale, dirigée par M. le capitaine Mazillier, commandant la 4^ compagnie sénégalaise. Le grand retentissement du succès d'Anosimena eut pour conséquence, le 19 août, la soumission solennelle d'une notable partie des Sakalaves du Betsiriry, qui remirent 162 fusils en excellent état, ainsi qu'un grand nombre d'armes diverses.

Le 20 août, le commandant Gérard a repris son mouvement de progression vers la côte.

Le Bemaralia, chaîne calcaire qui sépare le Betsiriry du Menabé, a été IVanchi en même tenq)s sur la rive droite et sur la rive gauche de la Tsiribihina. Le groupe principal, sous les ordres directs de M. le commandant Gérard, est arrivé, le 12 août, à liemena, centre de groupe de villages importants, dont les habitants ne lui opposèrent pas de résistance. Sur l'autre rive de la ïsiribihina, M. le capitaine Mazillier, après avoir parcouru dans la vallée de la Mania une région dont les chefs avaient refusé de se rendre au kabary d'Anosimena et après les avoir obligés à lui remettre 250 fusils, en signe de soumission, a atteint Begidro, en face de Bemena. Le 25 août, tous les villages des environs de Bemena et de Begidro, inq)ressionnés par la marche rapide de ces détachements convergents, firent leur soumission à M. le commandant Gérard et acceptèrent le chef (]u"il leur choisit, après s'être assuré de ses bonnes disj)ositions.

Le 25 et le 20 août, cet officier supérieur, prenant alors pour nouvelle base le poste qu'il venait d'installer à Bemena, a formé trois petites colonnes |)Our pénétrer au c(eur même du Menabé, où le roi Toera persistait dans son attitude hostile et restait sourd aux tentatives faites pour le décider à se soumettre.

La colonne de gauche, sous les ordres du capitaine Mazillier, a suivi la rive gauche du fleuve jusque vers Tsiama, où elle Ta franchi pour marcher vers Ambiky, capitale de Toera. Au Centre, le capitaine Robin a descendu la Tsiribihina en pirogue. Au Nord enfin, le commandant Gérard, suivant une piste à environ 50 kilomètres de la rive droite du fleuve, s'est dirigé directement sur Ambiky, tandis que le lieutenant Martin, de l'infanterie de marine, couvrait sa droite en se dirigeant directement de Bemena vers la vallée du Mananibolo, dont la 5^ compagnie sénégalaise (capitaine Orlanducci) était chargée d'assurer l'occupation.

Le 29 août, les divers groupes étaient réunis à proximité d'Ambiky, qui, le 50 au matin, fut enlevé après une courte préparation par l'artillerie.

Pendant (|ue les troupes du commandant Gérard procédaient ainsi à

HISTOIRE

Focciipation du Retsiriry et de la vallée de la Tsirihihina, le ea|)itaine Oï landucci, parti dWnkavandra avec un peloton de la 5" eonipagnie de tirailleurs sénégalais, alla établir un poste à Rekopaka, point important situé sur le Manaïubolo, à la sortie occidentale des gorges du Bemaralia.

Territoire civil.

Bouéni. — A la suite des colonnes exécutées depuis plusieurs mois dans le Bouéni, sur la Mahajamba et la haute Soiia, un grand nombre de rebelles, pourchassés de tous côtés par nos troupes, se sont réfugiés dans la région encore très peu connue qui est limitée au Nord par la Soiia, à l Est par la province de Maroantsetra. au Sud par le cercle d'Ambatondrazaka, à l'Ouest par la Mahajamba et le Bemarivo.

Ces rebelles se sont peu à peu groupés en une bande d environ 1 200 hommes bien armés, dont le chef Rainitavy a pris le commandement.

Afin de permettre une action vigoureuse, la 7"^ compagnie du l"'" régiment malgache, disponible par suite de la tin des opérations dans le cercle-annexe d'Analalava, a été mise provisoiiement à la disposition de M. le capitaine de Bouvié, chargé de la direction des opérations dans le Bouéni.

Avec cette compagnie et la fraction de sa compagnie haoussa ( 7*^ du régiment colonial) dont il pouvait disposer, le capitaine de Bouvié s"est aussitôt dirigé vers le haut lîemarivo. Arrivé, le i'4, en face des positions occupées par Rainitavv sur une crête rocheuse et escarpée, presque inaccessible, il n'a pas hésité à prendre immédiatement l ofiensive, afin de mettre un terme le plus tôt possible à l iniluence grandissante de ce chef rebelle.

A la suite d un premier assaut, Rainitavy a été délogé d une partie de ses positions et est allé occuper, en arrière, d'autres ouvrages défensifs qu'il avait fait aménager d'avance pour pouvoir s'y retirer en cas d'échec. La lutte a été des plus vives.; pendant l'attaque, les honnnes de Rainitavy faisaient rouler des quartiers de roche sur la colonne d'assaut.

L'ennemi a subi de très grosses pertes, mais les détachements engagés ont eu 1 officier mortellement blessé, 5 tirailleurs haoussas et 1 tirailleur malgache tués, 7 tirailleurs haoussas et 11 tirailleurs malgaches blessés.

En présence des obstacles qui restaient encore à surmonter, M. le capitaine de Rouvié a dû se résoudre à organiser un étroit blocus autour du massif rocheux où l'ennemi était réfugié et à attendre les détachements qui lui étaient envoyés de Majunga.

Ces détachements, comprenant 100 miliciens, ôO tirailleurs haoussas, 70 conducteurs soudanais et une pièce de canon avec 8 canonniers, ont été mis en route, le 28 août, pour Maroadabo, sous le commandement de M. le lieutenant d'artillerie de marine Giraud.

Provinces du Sud.

La 4^ compagnie de légion étrangère, à relîectif de 4 officiers et 118 hommes de troupe, s'est embarquée, le 26 août, sur le vapeur Cordoha, à destination de Fort-Dauphin .

La 11^ compagnie du \Tf régiment d'infanterie de marine, reconstituée à Tamatave avec un détachement arrivant de France, s'est embarquée le même our à destination de Mananjary, d'où elle doit rallier Fianarantsoa, sa nouvelle garnison.

A part quelques reconnaissances exécutées dans les environs immédiats des postes dlvohibé, de Midongy et de Ranohira, il n'y a eu aucune opération militaire à signaler dans Fouest de la province de Fianarantsoa.

Dans le district d'ihosy, le poste de Ranohira a été attaqué, le 16 août, j)ar plusieurs centaines de Baras armés. En l'absence du garde principal, chef de détachement, qui venait d'être évacué comme malade, le soldat Fauquembergue, du lo*" régiment d'infanterie de marine, a pris le commandement des miliciens et a réussi, grâce à une sortie vigoureusement conduite, à repousser les assaillants.

Le lieutenant Mou veaux, commandant le poste d'ihosy, prévenu de cette attaque, s'est mis en route avec 80 miliciens et est arrivé à Ranohira, le 26 août. Le 25, il a rencontré dans le Nord et à 10 kilomètres environ du poste une bande de 7 à 800 Baras qu'il a dispersée, après lui avoir faitsubir d'assez grosses pertes ; nous avons eu nous-mêmes un sergent de miHce blessé à la jambe.

Bien que la situation ne se soit pas aggravée, un détachement de 50 tirailleurs malgaches, sous le commandement du lieutenant Garenne, est parti de Fianarantsoa, le 2 septembre, à destination de Ranohira.

A Ivohibé, le lieutenant Baudrand a dù châtier les Baras lantsantsas, qui menaçaient son poste. Il s'est emparé, le 24 août, des villages d'Andranoseha et de Mandarano; le lendemain, il a délogé des grottes d'Ambatomaro, au sommet du pic Ivohibé, un nombreux parti de guerriers lantsantsas, commandé par le roi Isambo. Le 27 août, la position d'Isesotra, occupée par Ramieba, roi des Bara-Bé, a été également enlevée.

Les rebelles ont subi des pertes très importantes dans ces petits engagements, qui nous ont coûté 1 auxiliaire tué, 1 tirailleur malgache blessé, 1 soldat européen contusionné.

Tulléar. — Une colonne sous les ordres de M. le capitaine Génin, composée de 75 tirailleurs malgaches, 20 disciplinaires, 50 miliciens, a quitté Tulléar le 17 août pour marcher contre les Rongovolas, tribu alliée de ce roi rebelle. Après avoir traversé le Fihcrenaiia, la colonne est arrivée, le 20, au village d'Andakato, dont elle s'est emparée et où Manjoaka, le principal chef des Rongovolas, a été tué; elle a ensuite atteint Manera, à 114 kilomètres delà mer, où les'^Baras Imamonos ont fait leur soumission.

M. le capitaine Génin, rentré àManombo, le 26 août, en est reparti, le 29,

HISTOIRE

pour Maiidevy, où les rois Tompomanana, Retivoka ot Sanabo avaient concenti'('' leurs guerriers.

Le village a été enlevé après une résistance assez énergique; les Sakalaves ont laissé 6 morts dans un bois situé iuimédiatenient en arrière. 1 caporal indigène de la 6"" compagnie du l'''" malgache a été tué, 2 disciplinaires ont été blessés.

Après le combat de Mandevy, le capitaine Génin s'est porté sur Tsiloakarivo, résidence du roi Retivoka, dont il s'est emparé, Le lendemain, il occupait également la résidence du roi Sanabo.

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