‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 27 sur 89 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Cercle d'Ambatondrazaka. — De nombreux indi^^ènes provenant des bandes disloquées de Rainitavy sont venus faire leur soumission dans les principaux centres; 195 se sont rendus à Morarano, '2i(S à Sakoamadinika et 565 à Antsevakely et à Maitsokely.

Près de Tsaratanana. le lieutenant Brùncher a remporté un succès important sur une bande qui cberchait à ])énétrer vers le Sud, après la prise de Masokoamena .

Prévenu par ses émissaires, cet officier a tendu, le 28 septembre, une embuscade qui a eu pour résultat la prise de ."() fusils et de 1 '20 prisonniers, dont une partie était de la famille de Rainitavy.

Cercles d'Anjozorobé et de Maevatanana. — Le lieutenant Claude, de la i*^ compagnie de tirailloui s algériens, a (piitté Maevatanana, le 19 septembre, avec un détachement de 60 hommes.

Après s"étre porté sur Ankiritra, Larobé et Ampasimpasimbé, où des postes ont été installés, cet officier s'est dirigé sur Antsohabé, alin d'assurer sa liaison avec le Valalafotsy et la frontière Nord-Ouest du '2*^ territoire.

Du côté de la Betsiboka, une reconnaissance de 58 fusils, partie d'Antsatrana, le 7 septembre, sous le commandement du capitaine Rémond, est arrivée huit jours plus tard à Maevatanana, après avoir rencontré sur sa route plusieurs groupes de villages qui Font accueillie pacifiquement. Deux postes ont été éiialement créés dans cette région; l'un à Antongodrahoja, dans le secteur d'Antsatrana, l'autre à Antaniud)aribé, dans le cercle annexe de Maevatanana. L'ancienne route de Vohilena à Marovoay a été ainsi réouverte et la liaison entre les deux rives de la Betsiboka définitivement assurée.

2' Territoire militaire.

Dans le cercle de Miarinarivo, une colonne destinée à occuper Makarainga et les pays sakalaves de la haute vallée du Mahavavy, s'est mise en route, le 26 septembre, en deux groupes :

V De Fenoarivo (Valalafotsy), 142 fusils sous le commandement de M. le capitaine Philippe, de la 5"" compagnie du 2" régiment malgache;

2° De Tsiroanomandidy, 70 fusils sous le commandement de M. le capitaine Yuillemin, de la o*" compa<(nie du bataillon de tirailleurs algériens.

Une petite bande de pillards ayant attaqué le village de Filambolo, dans la nuit du 9 sej)tembre, un poste a été installé h Imerinavaratra et les villages d'Amparaky, d'Anibatomainty, de Soavimanjaka et d'Ambohitsokina ont été armés pour la surveillance du massif de Tampoketsa; enfin, de petits postes de sentinelles malgaches ont été placés en des points judicieusement choisis, pour prévenir toute tentative suspecte et compléter le service de surveillance.

Territoire sakalave.

Après avoir procédé à Toccupation de la vallée de la Tsiribihina, le commandant Gérard s'est rendu à Morondava et à Mahabo, où il a installé le capitaine Uulin, commandant la '1'^ compagnie sénégalaise. Il s'est embarqué ensuite à destination de Benjavilo, à Tembouchure du Manambolo, où il est arrivé, le 14 septembre.

Pendant ce temps, le lieutenant Gaudaire procédait, de concert avec le commandant de la canonnière la Suiyrise, à l'occupation du petit port de Sahoany, à l'embouchure de la rivière Beboka.

En quittant Benjavilo, iM. le commandant Gérard s'est dirigé sur Maintirano, où il est arrivé, le 20 septembre. Toute la région, jusqu'au cap Saint- André, était livrée à l'anarcbie la plus complète et nous était franchement hostile; 17 princes ou princesses s'y disputaient le pouvoir, tout en s'entendant parfaitement pour résister à notre occupation.

La reine Bibiasa ayant fait évacuer les villages voisins de Demoka, cheflieu de sa résidence, ce point a été occupé militairement et Bibiasa ellemême a été arrêtée.

La reine Fatoma, suivant son exemple, s'est réfugiée dans les montagnes, après avoir fait évacuer Belalitsa.

Les rois Montrozo et Vazo s' étant mis, de leur côté, à prêcher la guerre contre nous, à l'instigation des marchands indiens de la côte, le commandant Gérard s'est porté sur Mahajaindjy, ville sainte où sont réunis tous les tombeaux des rois sakalaves. H a fait respecter le village qu il a trouvé évacué, mais le Rova a été détruit.

Poursuivant sa marche, il s'est emparé ensuite d'Anjia. résidence de Montrozo, à 05 kilomètres au nord-est de Maintirano, et y a laissé le lieutenant Bellier avec 50 tirailleurs et une pièce de canon.

D'Anjia, le capitaine Détrie et le lieutenant Conrad ont été envoyés, avec 85 fusils, pour créer un poste dans la haute vallée du Manambao, à l'est du Bemaraha, de manière à établir la liaison d'Ankavandra avec celle de Makarainga. Le commandant Gérard, avec 50 tirailleurs sénégalais et haoussas, s'est dirigé lui-même vers la côte, par la basse vallée du Manambao, pour reprendre le contact avec la division navale et organiser, après entente avec M. le résident de Majunga, la pénétration dans TAmbongo, dont les populations ont toujours été particulièrement hostiles à toute influence européenne.

HISTOIRE

A environ 55 kilomètres de la mer, la petite colonne a rencontré un groupe important de villages dépendant du roiZahely; un émissaire a été envoyé aussitôt en avant pour inviter les habitants à venir au-devant du détachement et à rendre leurs armes.

Peu après, un groupe important d indigènes ayant été signalé, le lieutenant Martin s'est avancé vers eux, suivi seulement du sergent et des six tirailleurs de la tète d'avant-garde. Pendant qu'il leur renouvelait ses assurances pacitiques, qu'ils semblaient écouter, ils lui envoyèrent soudain, presque à bout portant, une décharge qui tua le sergent indigène et blessa quatre tirailleurs sur six.

A partir de ce moment et pendant les deux jours qu'a mis la petite colonne à atteindre Tamboharana, les Sakalaves l'ont attaquée onze fois.

La marche, quoique pénible, à travers bois et marais, a pu se poursuivre sans arrêt, grâce à l'énergie déployée par les cadres et à la bravoure exceptionnelle des Sénégalais. Les Sakalaves ont suicides pertes importantes; mais le petit détachement de M. le commandant Gérard a eu 5 tués et 5 blessés, dont M. le capitaine Mourin, commandant la S'" compagnie du régiment colonial qui a été atteint légèrement.

Avant de gagner Majunga. M. le commandant Gérard s'est rendu de Tamboharana à Beravina, port important situé à l'embouchure de l'Andranobé, entre Maintirano et le cap Saint-André. Ce point était occupé depuis cinq jours par une section du régiment colonial, sous les ordres du lieutenant Thomassin qui, la nuit précédente, avait surpris le roi Tsimanti^ et fait sauter son approvisionnement de poudre; ô tirailleurs avaient été blessés dans cet engagement.

Pendant que ces événements se passaient dans la région de Maintirano, les Sakalaves du Menabé ne montraient pas moins d'hostilité contre nos troupes.

Le '21 septembre, un convoi de vivres et de munitions, parti de Benjavilo dans la soirée du 18 et composé de '2'2 pirogues, remontait le Manambolo à destination de Bekopaka; il était escorté d'un détachement de 14 tirailleurs de la 5" compagnie sénégalaise, sous le commandement de M. le capitaine Orlanducci. Dès son entrée dans la partie du fleuve contiguë au territoire du chef sakalave lïavana, quelques coups de fusils sont tirés sur le convoi du haut d'une berge élevée et à pic par des individus qui restent invisibles. Les tirailleurs ripostent et l'incident n'a pas d'autre suite.

Vers dix heures du matin, le convoi atteint une partie du cours du fleuve où deux points apparaissent comme particulièrement propres à des embuscades. Le capitaine Orlanducci prend ses dispositions en conséquence et détache une patrouille sur chaque rive. Celle de la rive droite ne tarde pas à rencontrer une embuscade sakalave, qu'elle déloge aussitôt; celle de la rive gauche se heurte, de son côté, à un groupe nombreux qui ouvre le feu immédiatement. Deux tirailleurs sont tués, mais les autres ripostent vivement et les Sakalaves sont obligés de se retirer; le convoi peut arriver intact à Bekopaka.

Le 28 septembre, avant le jour, le poste de Bekopaka était attaqué, à son tour, par une bande d'environ 150 Sakalaves qui, sachant les travaux de défense encore inachevés et une pai tie de la garnison en reconnaissance

à grande distance avec M. le capitaine Orlanducci, espéraient avoir aisément raison des 26 tirailleurs sénégalais restés au poste sous les ordres de M. le lieutenant Rocheron, de la S'' compagnie du régiment colonial.

La sentinelle placée sur la face Ouest ayant donné Talarme, les tirailleurs se portent aussitôt à leur poste de combat et répondent par un feu nourri aux premières décharges des Sakalaves, qui se ruent à l'assaut du retranchement encore inachevé et parvieiment, grâce à l'obscurité profonde qui règne encore, à pénétrer dans l'intérieur de Tenceinte. Malgré la vivacité de cette attaque, M. le lieutenant Rocheron, habilement secondé par M. le docteur Rapuc, réussit, avec les quelques tirailleurs dont il dispose et après une lutte acharnée qui ne dure pas moins d une heure, à rejeter les Sakalaves hors de Tcnceinte et à les disperser.

Ils s'enfuient dans toutes les directions en laissant sur le terrain 52 cadavres, 51 fusils et de nombreuses armes blanches; mais la petite garnison avait 2 tirailleurs tués et 4 blessés, dont 2 très grièvement.

Bouéni. — Le 4 septembre, une reconnaissance, exécutée par un détachement de la milice de Majunga aux environs de Masokoamena, a surpris une bande de 60 rebelles, armés de sniders ou de remingtons. qui escortaient un fort convoi de riz et cherchaient à pénétrer dans la position; un combat très vif s est aussitôt engagé. Les rebelles ont résisté avec énergie et soutenu le feu des miHciens jusqu'à "20 mètres: ils n'ont pris la fuite que devant une charge à la baïonnette, abandonnanl 4 morts, () fusils, quelques charges de riz et eiilin un tioupeau de 150 bcrufs; le détachement de milice a eu 1 tué et 1 blessé.

Le commandant Rouland, arrivé à Masokoamena, le 7 septembre au soir, avec une pièce de canon et quelques détachements prélevés sur les garnisons de son ceicle, a pris aussitôt la direction des opérations.

Le 8, ai'rivaient la pièce de 80 de montagne et les renforts envoyés de Majunga sous la conduite du lieutenant Giraud.

Le 9 au matin, l'artillerie est chargée de préparer l'attaque et deux colonnes d'assaut reçoivent pour mission d'enlever la ])osition à la fois par le Sud et par l'Est. Démoralisé par les pertes énormes subies depuis le commencement des opéi-ations, elîrayé par le canon ei pai' le mouvement des colonnes d'assaut, l ennemi s'enfuit précipitamment à travers bois et rochers, abandonnant des blessés, des enfants, un canon, plusieurs barils de poudre et de nombreux troupeaux.

Le capitaine Bocry a reçu l'ordre d occuper Masokoamena avec 105 tirailleurs, et la poursuite des rebelles a commencé aussitôt dans toutes les directions, et, en quelques jours, les bandes de Rainitavy et de Rainibaizafa ont été complètement disloquées.

Provinces du Sud.

Dans la province de Fianarantsoa, les Tanalas, qui avaient d'abord semblé accepter l'installation d'un poste dans leur pays, se sont soulevés en partie,

HISTOlRi:

déclarant vouloir conserver lenr indépeiKhmce et s'opposer à la construction de la route à péage entre Fianarantsoa et la luei'. Ils se sont groupés prescjue aussitôt sur la montagne sacrée et à peu })rès inaccessible d lkongo, du haut de laquelle ils ont toujoui's reponss(' victoi ieiiseuK'nt les attaques des Ho va s.

Plusieurs détachements ont été aussitôt dirigés sur Ikongo, et le chef de bataillon Cléret est parti lui-même de Fianarantsoa, le 28 septembre, pour aller prendre la direction des opérations.

Fort-Dauphin. — Le 16 septembre, un détachement composé de 40 légionnaires et ÔO miliciens a quitté Fort-Dauphin, sous le commandement de M. le lieutenant Prévôt.

Ce détachement est arrivé, le 20, à Tsilama, où les travaux d'installation ont été immédiatement commencés. Le lieutenant Prévôt s'est ensuite dirigé sur Tamotamo, où il est arrivé le 25 septemhre.

Du 27 au 50, les forces réunies du capitaine Lacarrière et du lieutenant Prévôt ont opéré dans la région de Betay, où les Antandroys ont subi un échec des plus sérieux.

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