Notice due à M. Gautier, directeur de renseignement
de la Société de géograpliie). Ce col a joué du temps de Benyowski et a dû jouer de tout temps un rôle historique ; ç'a été le point de contact naturel entre les Sakalaves du Bouéni et les Betsimisarakas.
Le plateau septentrional se termine vers le Sud à Mandritsara, vers l'Ouest àBefandriana, vers le Nord à la rivière Lokia (itinéraire de M. Meurs).
Au centre se trouve la cuvette de Bealanana, dans le voisinage de laquelle prennent leurs sources tous les fleuves du Nord.
Le plateau dlmerina-Betsileo est incomparablement plus étendu; ses limites orientales sont mie ligne à peu près droite passant par Ankeramadinika, Tsinjoarivo, etc., qui est indiquée sur toutes les cartes.
Ses autres limites sont :
Au Nord, l Ambiniviny, le Tampoketsa, autrement dit une ligne passant par Marotandrano, Tsaratanana et Mevatanana.
A rOuest, le Bongolava, échelonné par les villages d'Ankavandra, deManandaza, de Miandrivazo et de Janjina, puis les pentes occidentales de l'Isalo formant bastion.
Dans le Sud. la limite est le parallèle de Tsivory-Tamotamo.
Rien de moins arbitraire que ces limites ; elles sont marquées dans la nature avec une rigueur paradoxale et comme à l'emporte-pièce. L'Ambiniviny et le Tampoketsa, qui forment la limite Nord, sont d'admirables murailles à pic de roc vif, dominant de près de 800 mètres le bas pays de Marotandrano et de Tsaratanana. A Ankavandra, à Janjina, le coup d'œil est moins pittoresque, mais une pente de 45 degrés n'en conduit pas moins en deux heures d'ascension de 100 à 1 000 et 1 200 mètres.
11 en est de même à Tsivory, dans le voisinage duquel l'Analalaory forme Tangle Sud-Ouest du plateau; de son sommet (1 400 mètres), on aperçoit à perte de vue la plaine Mahafaly à 5 ou 600 mètres d'altitude.
Le plateau ainsi délimité a, dans son ensemble, une pente d'Est-Ouest; son rebord oriental s'élève fréquemment à 1 600 mètres; le rebord occidental ne dépasse 1 200 mètres qu'exceptionnellement.
3^ Le bas pays de l'Ouest. — Dans l'Ouest s'étend au pied de la muraille terminale du haut plateau un pays de plaines et de collines médiocrement élevées.
Ces collines, qui ne dépassent pas 400 ou 500 mètres, ont généralement la forme de plateaux allongés ; on y reconnaît aisément d'anciens récifs de coraux que leur émersion a modifiés à peine. A cette catégorie appartiennent le Bemaralia, dans les districts du Menabé et du Mailaka, le petit Bongolava et le Manasamody, au Bouéni.
4" Il faut ranger dans une catégorie à part les massifs d'origine volcanique épars sur toute la surface de l'île.
Le plus connu est celui de l'Ankaratra. Se dressant au centre de l'île sur les roches que l'éruption a traversées, l'Ankaratra atteint près de 2 700 mètres. Ses dimensions en surface sont énormes. Il s'étend de Tsinjoarivo jusqu'auprès d'Inanatonana et de Madera à Betafo.
GÉOGRAPHIE
L^^ massif de TAnkaratra (littéraloment : où il y a un rocher qui est rasé) se trouve dans le cercle annexe d'Arivoniniamo. Ce massif, qui forme pour ainsi dire le centre orographique de l'île, marquait autrefois la limite entre rimerina et le pays betsileo. 11 forme une masse imposante, mais sur laquelle les sommets ne se détachent pas très nettement, dominant peu l'altitude générale de la masse. Les principaux sommets de cette masse basaltique sont les suivants :
Le Tsiafajavona (jeûnais dégagé des nuages), altitude 2 680 mètres'. C'est le point culminant de toute l'île;
L'Ankavitra ( ^za" est pointu), altitude '2 645 mètres;
Le Tsiafakafo (jamais libre du feu, ou qui n'est pas atteint par le jeu), altitude 2630 mètres;
L'Ambohimirandrana (la montagne plissée), altitude 2 475 mètres.
Dans le rsord-Ouest, sur les bords de Tllasy, ont eu lieu des éruptions plus récentes; elles ont laissé des cônes volcaniques très bien conservés qui donnent au paysage un caractère inaccoutumé.
Dans Textrème-nord de Tîle, auprès de Diego-Suarez, se dresse la montagne d'Ambre, de même origine et de même allure que LAnkaratra.
Dans l'Extrême Sud, et comme pour lui faire pendant, à 15 kilomètres au sud de Tsivory à peu près, se dresse un autre accident éruptif ( 800 mètres d'ahitude sur un socle de 400). C'est rivohitsomby, et le système de crêtes qui l'entoure forme un énorme fer à cheval qui semble le squelette de la gueule d un ancien cratère crevé de tous côtés par les affluents du Mandrary.
En résumé, des hauts pâturages, variant de 1 000 à 1 200 mètres et descendant à la côte par des échelons rapides du côté de l'Est, prolongés au contraire du côté de l'Ouest par des plaines étendues, que coupent des plateaux calcaires aisément reconnaissables pour d'anciens récifs de coraux; des accidents éruptifs isolés, à forme caractéristique ou bizarre, dispersés indifféremment sur toutes les parties de l'île. Voilà, en quelques mots, l'orographie de Madagascar telle que nous la connaissons aujourd'hui.
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