‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 34 sur 89 · GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE

Les roches qui composent le sol de Madagascar se divisent en deux grandes catégories; celles de l'Ouest d'une part et celles de l'Est et du Centre d'autre part. Les premières sont sédimentaires, les secondes sont métamorphiques (gneiss, micaschistes, etc.) A cette différence radicale des roches correspond une différence de paysage, d'allure générale. Les deux régions sont nettement distinctes.

La limite est aujourd'hui assez bien connue; c'est une ligne assez peu

1. Il y a lieu de remarquer que ce point culminant de la Grande île est moins élevé que les sommets de la Réunion (3150 mètres) et de ia Grande Comore (2 800 mètres).

infléchie, très simple, qui part de rembouchiire de la rivière Lokia pour aboutir quelque part entre le cap Sainte-Marie et l'embouchure du Mandrary. Entre ces deux extrêmes, elle passe par Mevatanana, Ankavandra, Manandaza, Miandrivazo, Janjina et Ranohira.

Les roches métamorphiques sont le plus souvent des gneiss, souvent difficiles à distinguer des granits qui les percent en tous sens. Assez souvent ils cèdent la place à des micaschistes. Sur plusieurs points apparaissent des cipolins et des phyllades, surtout les premiers. C'est le cas, par exemple, du côté d'Ambatofangehana, sur les bords du Dabolava et du Kiranomena, aux confins du Betsiriry, au col de Saliandela et sur le haut Mandrary dans l'Extrême Sud.

Ces vieilles roches ont des strates toujours redressées et plissées; leur présence donne au paysage, dans la plus grande partie de Madagascar, un aspect bouleversé chaotique.

Elles sont très profondément décomposées, transformées en une argile rouge dont l'utilisation agricole est encore à trouver.

Les terrains sédimentaires ont une remarquable uniformité d'un bout à l'autre de l'ile. Ce sont toujours des grès généralement rougeâtres, parfois entremêlés de schistes, ou des calcaires. Grès et calcaires se suivent toujours dans le même ordre. A la base, immédiatement superposés aux gneiss, est la couche de grès, épaisse de plusieurs centaines de mètres; au-dessus, toujours, sont les calcaires qui semblent d'une épaisseur beaucoup moindre. Sur certains points, dans les vallées, sont des argiles qui semblent des dépôts lacustres.

Des fossiles assez nombreux ont été trouvés dans les terrains sédimentaires, qui tous appartiennent à l'époque secondaire ou tertiaire. Il n'a encore été rencontré aucun fossile de l'époque primaire.

Les couches sédimentaires sont toujours d'allures tranquilles, elles sont généralement horizontales; même dans l'Isalo, où des sommets gréseux atteignent 1 200 mètres, il ne semble pas y avoir une seule couche plissée.

Les lignes du paysage sont planes, les chaînes ont une forme tabulaire; à la seule inspection de l'horizon, le voyageur reconnaît qu'il n'est plus dans les terrains métamorphiques.

Dans toutes les parties de l'île, aussi bien sédimentaires que métamorphiques, les roches éruptives jouent un grand rôle.

Les granits sont confinés dans la région métamorphique; dénudés par l'érosion, ils y affectent souvent la forme de ballons arrondis; le roc qui surplombe Ambatomanga en est un bon exemple.

Les roches éruptives des terrains sédimentaires n'ont pas en général la texture granitique ou porphyroïde. On ne connaît qu'une seule exception ; il existe sur les bords du Manambao une coulée porphyroïde.

Les roches basaltiques ou trachytiques sont extrêmement communes dans tout Madagascar. Citons par exemple le massif de l'Ankaratia, celui de rivohitsomby en terrain métamorphique, le massif de la montagne d'Ambre et les coulées du Mailaka en terrain sédimentaire.

Les laves tout à fait récentes et les volcans éteints, mais ayant conservé

GÉOGRAPHIE

intacte leur forme caractéristique, se trouvent en abondance à Touest de ritasy et près d'Antsirahé.

Madagascar est d'ailleurs encore secoué par de fréquents tremblements de terre.

Les seuls minéraux dont l'existence à Madagascar ait été prouvée jusqu'ici par leiir exploitation sont For et le fer.

Le fer se trouve en abondance sur un grand nombre de points ; les indigènes l'exploitent suivant le principe de la forge catalane.

L'or se trouve exclusivement dans les terrains métamorphiques. Jusqu'ici les placers seuls ont été réellement exploités et par des procédés rudimentaires; ce sont les régions de Tsaratanana, de Mevatanana, du Relsiriry, de Tsinjoarivo et du Betsileo qui ont surtout attiré l'attention.

Il est certain que le cuivre existe; il a été exploité pendant un laps de temps très court dans la région d'Ambatofangehana. Des échantillons intéressants ont été rapportés de la région du Mahavavy au sud de Majunga.

Une source de bitume existe à Ambohitsalika au nord-ouest d'Ankavandra ; d'autres, peut-être plus importantes, sont signalées par les indigènes dans la même région, elles n ont pas encore été vues par un Européen.

On a signalé du mercure au Betsiriry et au Mailaka, mais les renseignements manquent de précision.

Quant au charbon d'Ambavatoby, près de Nossi-Bé, il a été Tobjet de nombreuses polémiques. Comme nous le verrons au chapitre des produits minéraux, on n'est pas encore fixé sur la valeur de ce gisement.

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