LA FORÊT DE MORAMANGA
Les variétés d'essences sont très nombreuses dans la grande forêt de l'est de Madagascar; on n'en compte pas moins d'une soixantaine.
Les arbres feuillus, durs, pesants et noueux, semblent être en plus grande (juantité.
On y trouve plusieurs bois d'él)énisterie, auxquels leur grain permet de donner un beau poli; les rares meubles du pays, en bois de vandrika ou de voamboana, etc., sont remarquables par la beauté et le luisant du bois et par le capricieux entrelacement des veines, qui y sont naturellement dessinées.
Certains bois (vandrika, hazodomohina) sont d'mi jaune plus ou moins foncé; d'autres, tels que le hazomena, le menahiby, etc., sont d'un rouge sombre et doivent probablement renfermer une matière colorante, comme le bois de Bahia ou de Pernambouc ou le bois du « Brésil ».
Cependant, les indigènes bezanonanos, peu industrieux, ne s'en sont encore jamais servis comme bois tinctoriaux. Ils les utilisent soit pour la construction, soit pour le chauffage, et tirent aussi partie de quelques essences pour la fabrication des ustensiles de ménage, des meubles et des portes de leurs habitations.
Les bois durs ont une densité considérable et peuvent être, sans aucune préparation, assimilés au chêne qu'a rendu inaltérable un long séjour dans l'eau. Comme cet arbre, plusieurs essences prennent au contact de l'air une
FORÊTS
teinte plus foncée ; d'autres cliangent de teinte avec leur développement, c est ainsi que le tauibitsy, qui a une couleur tirant sur le brun dans sa première période de croissance, devient d'une couleur rouge orange qui se fonce à mesure que Tarbre se développe.
Les bois blancs sont généralement mous, fibreux et faciles à travailler.
La forêt contient i)eu d'essences résineuses ; mais le caoutchouc y est assez abondant.
Le tableau des pages '210 à t21o indique la nature des bois, leur hauteur, leur diamètre moyen, l'emploi que Ton en fait dans le pays et Tendroit de la foret où ils se trouvent en plus grand nombre et se développent le plus vigoureusement. Bien que succinct, il montre que les essences forestières sont aussi nombreuses que précieuses.