BOIS D'EXPORTATION ET DE CONSTRUCTION
Le lopingo, ébénier, est très abondant dans toutes les forets du Betsiriry et du Menabé. L'ébène du commerce est fournie par le cœur d'un dyospyros. 11 est probable que plusieurs dyospyros fournissent ce bois d'exportation, dont le plus estimé viendrait des monts Andranobé, Yatovaky, Pikazo, situés au sud du Manambolo.
L'hazomalany, faux camphrier, est un bois très agréablement odorant, qui sert à faire les balanciers des pirogues de mer, les poutres des maisons, les malles inusables. L'eau ne le gonfle pas, il ne rétrécit pas par la sécheresse. Imputrescible, c'est un excellent bois de construction très apprécié des connaisseurs de la côte Ouest. Peu connu en France et en Europe, il n'a pas encore acquis la réputation qu'il mérite et qu'il ne tardera pas à gagner.
Le nato-hazomena, ou Weinmannia Ruteubergii, a un bois rouge très dur et très fin. L'écorce est employée par les indigènes pour le tannage des peaux et pour la teinture. Les Indiens* exportent beaucoup de nato: les ports de Morondava, Maintirano, Bosy en reçoivent une grande quantité de l'intérieur.
4. Los Indiens, qui eonnaiss^Mit admirablemont les richesses du Menabé. comme celles de toute la côte Ouest, et savent encore mieux les exploiter, entourent souvent de mystère leurs opérations commerciales. Beaucoup s'enrictiissent en peu de temps. Les fortunes de plusieurs centaines de
FORKTS.
Le katrafay, dont le Imis jaunâtre est employé à la construction des pirogues, et dont l'écorce donne du goût au rhum indigène, est exj)orté surtout à Bombay.
Il existe plusieurs sortes de santal à Madagascar, le masonjana du Menabé est le santal citrin.
Le reniala {Andansonia Grandidicri) est le plus grand des baobabs de Madagascar; il atteint jusqu'à 9 mètres de circonférence et 10 à l'i de bauteur. Son écorce textile sert surtout à couvrir les maisons et donne d'excellentes cordes. Le bois est très tendre. Les graines sont exportées en Europe pour l'extraction de l'buile; on en fabrique aussi sur la côte; à Morondava, elle vaut 1 franc le litre.
L hazomainty, l'hazomby, ou l'hazombiby [Enjtliroxylon myrtoides), le rotra [Eugenia], le lalona [Weinmaimia Bojeriana , l'adabo, le vintanina [Caloplujlluju spurium), le mafoy, le tongero sui- le Httoral, le ramy, d'où suinte une gomme odoriférante, le sefo ou vonoa. le farafata, le mokarana {Macaranga echinocarpa) servent aux Sakalaves à faire leurs pirogues.
Les boutres sont faits avec le tainakanga. grand arbre des forets ; l'hazomafonty et l'akao ou filao pour la mature; l'alimboro, le nato, le tondrolo. le katrafay et le rino, sorte de palétuvier, pour la membrure.
Le tanga, sorte de palétuvier, est exporté à >'atal. Ambora est un nom commun à plusieurs arbustes ou arbres; une espèce, le Tanibonrissa parvifolia, sert à la construction des maisons royales et des cercueils.
Le voamboana ou manary Dalbergia Baroni) sorte de palissandre, le fatora \ Rhod<jlœua al fi vola), le sohihy. le hazokitsikitsika, le soaravina (CcpJialantus spathellifcrus), le vondrona iïijplia a)i(jush'foUa), le katrafay. le bozaka {Andrcqmjon grijllus), le kitata fournissent des matériaux de construction pour les cases sakalaves.
L'arofy ou hetatra i Podocarpus Thunhcrgii] est usité pour la cbarpenterie et l'un des meilleurs bois d'exportation.
Le tsilaitra. arbre qui a un bois très dur, sert à fiiire des cannes et des mancbes d"outils.
Le vandrika {Craspidospermum verticellatum] est un bois jaunâtre employé dans les travaux d'ornement.
Le zozoro [Cyperus œqualis) fait les fenêtres des huttes sakakives. On fait des instruments de musique avec le fano [Piptadenia chrysosfachys), des manches de pioches avec le harahara, bois très dur.
On couvre les maisons avec les feuilles de satrana, de bananier, de satrambé.
Les tiges de l ampemby, ou sorgho, font des clôtures.
mille francs, réalisées par eux en cinq ou six ans ne sont pas rares, et, bien que contrastant avec la pauvreté de la plupart des créoles, constituent le meilleur argument aux jiersonnes qui nieraient l'avenir commercial du Menabé. Deux grosses maisons allemandes se partagent avec les Indiens presque tout le commerce de la côte Ouest.
Emploi de quelques arbres ou plantes :
Le talafotsy sert à faire des lambas.
Le voampanory, fruit du fanory [Gomphocaprus fructicosus), contient des aigrettes employées pour rembourrer les matelas.
Du fandrana [Pandanus), et du vondrona, on retire une sorte de potasse.
Avec Técorce de Thaiopotsy {Abutilon angulatum), on fait des vêtements.
De très bonnes cordes sont retirées des écorces du misalenjy, du talamena, du talafotsy et du reniala.
On exprime de Tbuile du reniala^ tanantanamposty, du tanantanamanga, du voanjo et du katoka.
Le papay est une plante usitée poiu' les tatouages.
Le bois du rabotsy et celui du tainakanga font des ustensiles de ménage.
Les feuilles de Tampaly sont employées en guise de papier de verre. Le tamborotsiloza sert à f^ui e du savon.
Près du Manambolo, les femmes savent fabriquer des corbeilles et des paniers en feuilles de satra ou de mokoty (palmiers en éventail).