ANNEES
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dans les hautes couches de l'atmosphère et se dé})lacent lentement dans la direction du Nord-Ouest au Sud-Est. L'alizé faiblit, souvent le calme est complet. Puis, vers une heure du soir, le baromètre baisse rapidement, l'orage se forme. S'il doit traverser rapidement la région, l allure de la courbe décrite est brusque et la hausse succède vite à la baisse.
Si l'orage ou plusieurs orages successifs sont sur le point d'éclater dans la région, la baisse est lente et la hausse n'arrive que fort tard, vers les cinq ou six heures.
Déjà le vent a tourné vers le Nord-Ouest, et il souffle par légères bouffées. Sur les flancs du massif montagneux de TAnkaratra ou vers les régions du Sud-Ouest, le temps est sombre, menaçant; au bout d'une heure ou même moins, le vent souffle avec violence du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest, la pluie tondje à torrents, la tempête se déchaîne pendant une heure environ et se déplace lentement dans le sens direct, c'est-à-dire des aiguilles d'une montre
1. p. Colin. Extrait d'une conférence du P. Colin de la Société de géographie commerciale de Paris.
Beaucoup d'Européens prétendent qu il survient des trombes à l'époque des plus fortes pluies, et ce témoignage semble confirmé par les indigènes qui donnent le nom de « rambon-danitra » (littéralement : queue du ciel) à ces phénomènes. Sous le gouvernement malgache, pendant la saison où l'on s'attendait à les voir paraître, une garde était établie, et dès son apparition, on tirait un coup de canon pour la dissiper. D'ailleurs, si ces trombes existent, elles doivent être très rares ; mais, en revanche, on est exposé à de furieuses tempêtes de vents, avant-coureurs de violents orages, accompagnés de fortes pluies et quelquefois de grêle.
Ces tempêtes de vents, ces cyclones, car ce sont de vrais cyclones, ne durent guère plus de dix minutes, mais pendant ce temps on peut croire qu'elles emportent tout avec elles. Parfois elles dissipent la pluie menaçante; mais souvent elles sont accompagnées de nuages bas, rasant les collines et inondant le sol d un déluge d'eau; très peu de maisons malgaches y résistent sans faire eau par le toit.
L'approche de ces orages offre un spectacle imposant. Sur leur front se déploie une longue ligne de nuages moutonneux, et derrière eux un fond bleu sombre. La foudre jette des lueurs éblouissantes, suivies de coups de tonnerre secs et roulants; l'orage s'avance et la première ligne de nuages change d'aspect ; de petits nuages se déchirent et se tordent sous le souffle du vent, puis se dispersent en land)oaux floconneux. L'ouragan dense et rapide atteint une colline, il plane au-dessus du chaume, le soulevant ou l'arrachant et menaçant de tout détruire sur son passage.
Ces tourmentes, ou plutôt ces forts ouragans, d'un caractère local et de courte durée, semblent occasionnées par la chute violente et subite de grêle et de pluie refroidissant brusquement ratmos|)lière cbaude. Cet air, passant sans transition d'une température élevée au froid, se condense rapidement et se précipite vers les couches plus chaudes et plus légères. 11 avance par la puissante pression de l'orage qui le suit avec une furie croissante, et anéantissant tout ce qui s'oppose à son passage et qui n'est pas assez fort pour résister à sa pression. De tels ouragans durant quelques heures amèneraient des désastres incalculables.
On a parlé dernièrement d'une relation qui existerait entre l'apparence des taches solaires et les variations de température sur notre planète. Les astronomes ne sont pas d'accord sur cette question. On peut dire qu'en ce qui concerne Madagascar, on n'a pas observé qu'à l'augmentation ou à la diminution du nombre ou de la surface de ces taches correspondent des variations de température ou de climat. Or, s'il existait réellement une connexion entre les phénomènes, cette connexion s'appliquerait vraisemblablement à toute la surface de la terre; il semble donc que l'exception signalée pour Madagascar autorise à révoquer en doute l'existence de la relation précitée.
La température moyenne, déduite de treize années d'observations en deux endroits de la capitale, et dans des conditions évidemment défectueuses d'installation, donne pour résultat 18".
CLIMAT
Un thermomètre, placé sous ral)ri réglementaire et exposé à tous les vents, a donné 16^' 2' connue moyenne de trois autres années. Ce chilïre prouve qu'à Taltitude des hauts plateaux on jouit d'une température douce, uniforme, exempte des grandes oscillations tlicniiicpics rpTon é[)r()uve même dans les meilleurs climats d'Europe.
Pendant un espace de 17 années, la température moyenne a donné 17", 9. On peut voir la progression des températures mensuelles pendant ces 17 années dans le tableau II ci-dessous.
Tableau II.
Températures moyennes mensuelles durant 17 ans.
IDIAV
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MOYENNE
A 50 centimètres de profondeur, le terrain primitif composé d'argile rouge, subit les variations de Tair extérieur. Sa température moyenne est un peu supérieure à IS''; elle est de 19", 4 à la profondeur de 50 centimètres; 19", 7 à 1 mètre, et 20", 5 à 4 mètres.
Ces données ont de l'importance pour l'étude de la végétation et du calorique de la couche terrestre.
Signalons aussi, au point de vue climatologique, une remarque intéressante qui ressort des relevés enregistrés par le R. P. Colin, à l'Observatoire de Tananarive.
En 1890, le soleil a brillé sur l'horizon pendant 2 557 h. 50""; durant deux jours seulement, il a été couvert par les nuages. L'année suivante, la clarté solaire augmente, et l'héliographe photographique indique 2 685 heures, soit une différence de 546 h. 20"' avec 1890. En 1892, il atteint le chiffre plus considérable encore de 2 lOi h. io"", soit 22 h. 15°" de différence avec l'année précédente.
Cette intensité progressive de la clarté solaire produit une hausse dans la température de l'air; 1890 donne pour chaleur moyenne 17",1 ; 1891, 17", 7; 1892, 18",0. Le sol éprouve cette gradation, mais seulement à la couche de 1 mètre de profondeur, où les variations extérieures de la température se font peu .sentir; en 1890, nous avons eu 18", 9; en 1891, 19",4; en 1892, 20", 9. La vitesse du vent croît également durant ces trois années : du 25 février 1890, jour où l'instrument a été installé, l'anémomètre indique jusqu'à la fin de l'année un total de 155 550 kil. 850; en 1891, nous relevons 147 815 kilomètres; en 1892, 165 525 kil. 500. On comprend tout le parti que l'industrie pourra tirer à peu de frais de cet élément à peu près constant. L'humidité relative suit naturellement une marche inverse de la chaleur; elle