‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 2)Chapitre 69 sur 89 · COTE ORIENTALE · texte numérisé non relu

COTE ORIENTALE

Le climat de la côte orientale diflere notablement suivant les zones qu'on y considère. Du cap d'Ambre au >'ord de la baie d'Antongil, il est chaud et sec pendant la plus grande partie de l'année; du 15" au 20'' de latitude Sud, il est très humide; du 20° à l'extrême Sud de l'île, il est relativement sec et chaud.

Le climat de chacune de ces trois zones est sensiblement le même que celui de Diego-Suarez, de Tamatave, ou de Fort-Dauphin.

a) Diego-Suarez. — Longitude : 46" 57' 56" Est de Paris. Latitude Sud : 1^2^16' 26".

Des observations y ont été faites, durant les années 1890, 1801 et 1802, par M. Murville, à Thopital militaire.

A Diego-Suarez, la pression barométrique maximum a lieu en juillet et en août (770"", 7 en moyenne), et la pression minimum en février (76P'",r) en 1891, et 755"™, 4 en 1892).

La température est beaucoup plus élevée que dans toute autre station météorologique de l'île; elle est de 27" environ. Cela provient surtout de la configuration de Diego-Suarez, qui est enfermé dans la grande baie de ce nom. Le maximum y atteint une moyenne de 51", le minimum de 25". Cette chaleur rend Lair plus sec et Ton constate à peu près 70 pour 100 d'humidité relative.

Diego reçoit beaucoup moins de pluie que Tamatave et Fort-Dauphin, environ 700 millimètres par an.

Les vents dominants sont ceux du Sud-Est; ils y soufflent d'une manière presque continue, souvent avec une violence extrême, soulevant pendant une grande partie de l'année, à Antsirane, les flots d'une poussière rougeàtre qui pénètre partout.

A Diego-Suarez existent deux saisons bien tranchées, la saison sèche (pii va de mai ou juin à décembre, durant laquelle le pays olfre un aspect désolé.

Pendant la saison des pluies, ou hivernage, les arbres et les prairies sont verdoyants, ce qui change couq)Iètement l'aspect du pays. Les Malgaches ne se rappellent pas avoir jamais eu un hivernage moins pluvieux (pu; le dernier.

b) Tamatave. — La ville de Tamatave, est située par 18" 9' 56" de latitude Sud, et 47" 5' 15" de longitude Est de Paris (positions géographiques du clocher de la Mission catholique) ; son altitude est de 5"", 25. Elle s'élève à l'extrémité d'une langue de sable, que des récifs de coraux protègent au Sud-Est et au Sud contre les grosses mers de l'océan hidien.

Malgré cela, lorsque soufflent les cyclones, si dangereux dans ces parages, la mer vient parfois inonder plus des deux tiers des parties Est et Sud de la ville.

Tamatave est bâtie sur une couche de sable qui a 4 ou 5 mètres de profondeur et qui repose sur un lit de madrépores ou de coraux, de 50 à 50 centimètres d'épaisseur. La nappe d'eau soutei'raine est située à peu de profondeur.

La pression barométrique moyenne y est de 765"", 27; durant les mois de novembre, décembre, janvier, février, mars et parfois avril, le baromètre descend au-dessous de sa moyenne; il est en général au minimum en février. Le maximum s'observe au mois d'août, quelquefois au mois de septembre, comme cela a eu lieu en 1892.

CLIMAT

Les innxinia hnroiiiétricjiu's ('(nncident souvjMit avec de forts raz de inaiée et par veut du Sud. Les loris iiiiniiiia ont lieu dînant les perturbations atmosphériques eausées par les cyclones.

A roMd)i'e, abrité de la radiation et exposé au vent, le therujomètre donne à ïainatave !24" de température moyenne.

Les plus fortes chaleurs sont de 55" au mois de février, les minima de température de 10^ en juillet. Quelle' que soit la saison, les variations y sont de peu d imporlance et n'affectent pas le caractère brusque et rapide que I on constate dans certaines colonies. Peut-être est-ce à cela qu'il faut attribuei- le peu de fi'équence et de gravité des affections intestinales qu'on y observe. En revanche, l'anémie et l'étiolement de l'Européen sont la conséquence d'une température presque toujours élevée et à rémission nocturne faible, associée à une vapeur d'eau considérable. Offrant moins de résistance à l'action nocive du miasme palustre, il en subit dès lors les atteintes et peut arriver à la cachexie.

L'état hyj.>rométri(|ue de l air y donne un chiffre assez élevé, environ 85 pour 100 d'humidité relative, ce qui se conçoit focilement; car la pluie qui tondje en toute saison à Tamatave est absorbée par le sable, puis s'évapore dans l'atmosphère par l'effet de la chaleur. Il tombe, tous les ans, une moyenne de 5 mèties d'eau. Le maxiuumi de pluie a lieu au mois de mars ou d avril.

Les vents régnants sont, pendant la saison la moins pluvieuse, les vents du Sud-Est, du Sud et du Sud-Ouest et, pendant la grande saison pluvieuse, ceux du Nord et du Nord-Est.

Si les premiers amènent des pluies torrentielles, par contre ils donnent une fraîcheur agréable. U n'en est pas de même des seconds, qui, surchauffés par les sables de l'Afrique septentrionale et n'ayant pas eu le temps de se rafraîchir dans l'océan hidien, où ils se chargent, au contraire, d'humidité, déterminent cette chaleur humide si désagréable et si pernicieuse à l'Européen. De plus, en passant sur la c(Me orientale depuis l'extrême pointe Nord de File jusqu'à Tamatave, les vents du Nord et du Nord-Est balayent vers la ville les miasmes palustres que dégagent les marais qui s'étendent entre la mer et les premières collines.

Aussi lorsqu'ils soufflent pendant plusieurs jours d'une façon l égulière, peut-on constater chez les créoles, les métis et les Européens, une recrudescence de paludisme. Les accès sont plus fréquents et les malades en cours de traitement présentent, à ces moments-Là, une exacerbation notable de la température. C'est l'époque à laquelle se produisent le plus fréquemment les accès pei'iiicieux et à laquelle ils prennent un caractère d'exceptionnelle gravité.

Le voisinage de la mer n'influe que fort peu sur le climat insalul)re de Tamatave. Les équipages des navires qui sont mouillés sur la rade n'y sont pas à l'abri du paludisme. Ils sont plus exposés qu'à terre à l'action nocive des vents du Nord et du Nord-Est et, à marée basse, aux miasmes que dégagent les récifs coralliens qui abritent la rade, si bien que les manifestations de la malaria sont tout aussi fréquentes et tout aussi graves parmi les marins que parmi les troupes stationnées à terre.

En résumé, le climat de Tamatave doit être rangé dans la catégorie des climats chauds et humides par excellence. Les deux saisons, sèche et humide, qu'on rencontre nettement à la côte Ouest, à Diego-Suarez, et sur beaucoup d'autres points, ne sont pas tranchées sur cette partie de la côte orientale, où Tannée peut se diviser en deux périodes : l'une moins pluvieuse, saison des petites pluies irrégulières, allant de mars ou avril à novembre, et Tautre, très pluvieuse ou d'hivernage, qui règne pendant les autres mois.

La grande abondance des pluies à ïamatave et dans la région correspondante y favorise puissamment la végétation. Les grands arbres appartenant aux familles des palmiers, des sapotées, des légumineuses, etc., s'y développent rapidement et en peu de temps, et acquièrent de belles dimensions. On connaît Tinfluence heureuse des végétaux sur la salubrité d'une contrée; en propageant d'une façon méthodique et raisonnée les essences, telles que ï Eucalyptus, dans la banlieue et dans la ville même de Tamatave, on contribuera certainement à son assainissement.

c) Fort-Dauphin. — Longitude Est 44' 58' 48"; latitude Sud 25"r56".

Comme à Tamatave, la pression barométrique minimum a lieu ordinairement en février, et le maximum en juillet.

La température moyenne y est un peu inférieure à celle de Tamatave, elle égale environ 23^8. Le maximum atteint une moyenne de 27° et le minimum de 18".

Les vents régnants y viennent surtout du Nord-Est et y sont beaucoup plus secs qu'à Tamatave.

L'état hygrométrique de l'air est de 78 pour 100. Comme sur presque tout le littoral de Madagascar, la pluie y a lieu en toutes saisons. Le maximum de pluie n'y est point fixe comme dans les autres stations météorologiques, mais varie : tantôt en octobre, tantôt en janvier ou en mars. H semble que, durant les années 1890, 1891, 189'2, la quantité de pluie tombée soit allée en diminuant; la première de ces années a donné 1 059 millimètres, durant dix mois seulement d'observation, la deuxième 1 651 millimètres et la troisième 920 millimètres.

Ligne d'étapes ou de ravitaillement. — Entre la côte Est et le centre de l'île, s'étend le versant oriental, que le P. Piolet divise en six zones principales :

1" La plaine avec ses nombreux marais, ses lagunes, les larges estuaires qui la coupent, les mamelons bas et boisés qui la recouvrent;

2° La zone des ravinala ou « arbres du Voyageur o, caractérisée par sa surface mamelonnée, ses nombreux cours d'eau et ses cuvettes intermédiaires aux mamelons; cette zone s'arrête à 400 mètres d'altitude;

S'' La grande forêt qui s'étend le long de la côte orientale de Madagascar, depuis le nord de la baie d'Antongil, où elle vient toucher au rivage jusque vers Fort-Dauphin, et dont la largeur très irrégulière peut atteindre 50 kilomètres en certains endroits ;

4*" La région comprise entre les deux chaînes faîtières, allant de la précé-

CLIMAT

dente au plateau central et s'arrètant à Aiikernmndinika, sur la ligne de ravitaillement ;

5° Enfin la zone des hauts plateaux qui comprend surtout les pays d'Irnerina et du Betsileo.

11 est facile de concevoir que le climat doit essentiellement vaiier suivant la latitude, l altitude, la configuration du terrain, Tabondance plus ou moins grande des cours d eau, la constitution géologique du sol, la plus ou moins grande étendue des forêts, et une foule de circonstances particulières aux diverses régions du versant oriental, régions qui ont chacune Icm climat partiel.

Les renseignements que nous possédons sur la climatologie de quelques points de la ligne d'étapes entre Tamatave et Tananarive n"ont aucune rigueur scientifique, le manque de hons instruments de météorologie leur enlevant la précision voulue pour en faire des données hien établies ; ce ne sont donc que des indications approximatives.

a) Andévorante. — Les 50 milles qui séparent en latitude cette localité de Tamatave ne changent pas d une façon appréciable la climatologie de ces deux points. Ici comme au port principal de la côte Est, on a surtout un climat humide et cliaud.

La différence au psychromètre, entre le thermomètre sec et le thermomètre mouillé, y est souvent presque nulle; Tatmosplière est donc saturée d'eau et les deux saisons sont aussi humides l'une que l autre.

Deux mois semblent cependant faire exception : ce sont ceux d'avril et d'octobre, qui constituent des périodes de transition et pendant lesquels règne une sécheresse relative.

La température n y est d'ailleurs jamais excessive de mai à octobre; les nuits sont souvent fraîches: il en est de même des matinées et de la fin du jour. Pendant cette période, le thermomètre descend assez fréquemment au-dessous de 20 degrés centigrades et le maximum de température est de 26 degrés environ.

En octobre, les nuits sont déjà plus chaudes; le minimum de température varie de 25 à 25", le maximum n'atteint pas encore 50". Dans la saison vraiment chaude (janvier, février, mars), la température s'élève sans dépasser 54" et encore ce chiffre n'est, paraît-il, atteint que très rarement, le thermomètre se maintenant dans les environs de 50".

Le baromètre n'y varie pas beaucoup, sauf, bien entendu, lors des dépressions précédant les cyclones, qui sont d'ailleurs assez rares. Il n'y en a pas eu depuis plus de trois ans, et on les observe surtout en janvier ou février. La pression ordinaire oscille entre 765 et 768 millimètres.

La pluie y tombe en abondance pendant toute Tannée, excepté, comme nous l'avons déjà dit, en avril et en octobre, qui ne sont cependant pas complètement à l'abri. Il y a tout lieu de supposer que la colonne d'eau atteint, comme à Tamatave, 5 mètres et même davantage chaque année.

Les vents qui y prédominent sont ceux du Sud-Est, de fin avril h novembre, et du Nord-Ouest, de novembre à avril. La direction des premières

chaînes de montagnes chanf:çe peu, ponr Andévorante, la direction de la mousson du Nord-Ouest qui est plutôt Nord et même Nord-Est.

Les orages, inconnus de mai à septembre, commencent dès le mois d'octobre, et, bien que d'une fréquence très variable suivant les années, ils sont assez communs jusqu'en mars.

Andévorante s'étend le long d'un arroyo (le Ranomainty, eau noire), sorte de lagune ou de déversoir recevant le trop-plein de l'iharoka; il est entouré au Sud-Ouest, à TOuest et au Nord-Ouest de marais qui ne peuvent que nuire à sa salubrité. Le village n'est distant de la mer que d'environ 300 mètres.

Il n'y existe pas d'autre endémie que le paludisme, qui frappe, il est vrai, indistinctement les populations indigène, créole et blanche. On n'y a pas signalé d'épidémie. La dysenterie y est très rare, et les maladies du foie y sont presque inconnues.

b) Beforona. — Village important de la ligne d'étapes, à 5'20 mètres d'altitude, situé à 85 kilomètres d'Andévorante : une ceinture de montagnes l'enserre comme dans un cirque, et empêche la brise de mer de se faire sentir jusque-là. Des marais s'étendent de tous côtés.

On y peut partager l'année en deux saisons : une saison pluvieuse qui va de décembre à août et pendant laquelle la pluie tombe presque quotidiennement, et une saison sèche de septembre à déceud^re, pf-ndant laquelle le beau temps est interrompu par des orages éclatant dans la soirée. La quantité d'eau qui y tombe annuellement peut être estimée à 5 mètres, comme à Andévorante et à Tamatave.

A pareilles altitudes, la chaleur est déjà moins forte que sur la côte; en temps sec, le thermomètre peut descendre à 7** et monter à 18". Pendant toute cette saison, les vêtements de drap sont indispensables. En temps humide, la température oscille entre 15 et "28". Bien que ces températures ne soient pas très élevées, elles sont cependant pénibles à supporter en raison de l'état hygrométrique de l'atmosphère qui est presque saturée de vapeur d'eau.

Les vents qu'on y observe sont ceux du Sud-Est et Nord-Ouest, le premier soufflant d'avril à septembre, le second d'octobre à mars.

Au point de vue sanitaire, Beforona n'est pas mieux partagé que les localités de la côte Est. Les marais, l'humidité et la chaleur sont les trois facteurs qui rendent ce poste insalubre.

Les formes les plus habituelles de la malaria sont : la lièvre intermittente (type tierce), les névralgies palustres, l'anémie et la cachexie; les accès pernicieux n'y sont pas rares.

La dysenterie y serait assez fréquente, bien que l'eau soit de bonne qualité; les refroidissements brusques paraissent devoir être incriminés en cette circonstance.

Plusieurs cas de rhumatismes ont été observés à l'infirmerie-ambulance et leur fréquence coïncidait avec le maximum d'humidité atmosphérique. En somme, la caractéristique du climat de Beforona réside dans, son alti-

CLIMAT

tilde, qui tempère la chaleur qu'on observe sur la côte et rend moins rapides les elVets de l anémie.

c) Moramanga. — Village situé à 950 mètres d'altitude sur la route de Tananarive, à l'Est d une plaine iiiunense qui s'étend jusqu'au Man^roro.

La région qui 1 environne est assez fertile, mais mal cultivée; elle produit beaucoup de riz; on y plante le manioc, la patate, la canne à sucn^ et le café.

Les vents d'Est et de Sud-Est y prédominent pendant toute Tannée.

Les mois de janvier et de février sont les plus chauds : maximum, 55" et même oV; minimum, 20^ La moyenne des températures, à trois heures du soir, est de 50°; à sept heures du matin, de 2'2^

Les mois de mai, juin, juillet sont les plus froids. Le thermomètre a marqué, à plusieurs reprises, connue température minima -t- 5" à six heures du matin, au mois de juin.

La température moyenne ne dépasse guère 24" (à trois heures du soir, 1!)"; à sept heures du matin, 14*").

La saison pluvieuse correspond à l'époque la plus chaude de l'année. Des pluies abondantes sont tombées d'iuie façon continue par période de huit et même de quinze jours, séparées par des périodes de sécheresse de six à dix jours, pendant les mois de janvier, février et mars. Cette saison des pluies est précédée, pendant les mois d'octobre, novembre et décembre, d une série d'orages passagers, fréquents, suivis de grains et quelquefois de grêle, et souvent accompagnés de tempêtes violentes.

On trouve, à Moramanga, de l'eau de source excellente, fraîche, limpide, cuisant bien les légumes. Malgré cette condition heureuse, toute la région est sillonnée de rizières et de marais qui en font un foyer intense d'infection palustre. Toutes les phases de la malaria y sont observées. Les Ho vas qui y séjournent sont fortement éprouvés par la fièvre, et les Européens, (jui s'y fatiguent, arrivent rapidement à la cachexie.

CLIMAT DES HAUTS PLATEAUX CLIMAT DE L'IMERiNA

La région des hauts plateaux, le Betsileo et ITmerina, jouit d'un climat relativement tempéré par rapport aux autres régions de l'île, qui se rapproche beaucoup de celui de Tananarive. Ce dernier peut donc servir de type pour toute la région dite des hauts plateaux.

L'observatoire de Tananarive se trouve par 45^11' 50" de longitude Est (méridien de Paris) et par 18" 55' 2" de latitude Sud; son altitude est de 1 400 mètres. Il est donc pris dans la région dite tropicale; mais, grtàce à son altitude, il jouit d'un climat tempéré, fort diflerent de celui des régions de méuie latitude, mais moins élevées.

A Tananarive, les Européens distinguent généralement deux saisons : la

saison sèche, caractéristique d'un abaissement de température, et la saison des pluies, caractérisée non seulement par les pluies très fréquentes, mais aussi par une élévation de la température.

Saison des pluies. — La saison des pluies dure à peu près du mois de novembre au mois d'avril, soit -«ix mois de Tannée.

Vers le milieu ou la lin de novembre commencent d'ordinaire les premières pluies mêlées d orage.

La constatation de la quantité de pluie qui tombe à Tananarive et dans rimci'ina donne un résultat bien inférieur h celui qu on suppose souvent. On est porté à croire que, parce que Madagascar est située en grande partie sous les tropiques, la quantité de pluie qui y tombe annuellement doit avoir un caractère tropical. Cette croyance semble d ailleurs confirmée par quelques pluies torrentielles, une douzaine au plus dans chaque saison, qui durent parfois neuf ou dix heures, et cependant ces pluies sont l'exception. Les pluies sont très violentes pendant un petit orage, et il n'est pas rare de les voir tomber, chaque après-midi, pendant des semaines entières. Mais, en général, la pluie tombera plus abondanunent pendant la première heure que pendant les autres.

La plus grande quantité d'eau tombée en une journée qui ait été enregistrée pendant toute une année (l*" juillet 1877 au l"" juillet 1878) a été de 0",2t), alors (jue le pluviomètre n'accuse d'ordinaire, à cette époque, pas plus de 2 à 5 centimètres.

Les matinées sont généralement belles; du reste, après un certain temps où la j)luie toud)e régulièrement cha(|ue imit, il survient presque toujours un intervalle de beau temps, qui peut dmer une semnine et plus et pendant lequel il ne pleut plus. On peut dire que la pluie ne tombe que pendant les deux tiers environ du total des jours de la saison des pluies, et, pendant ce tenqis, la (piantilé d'eau recueillie est relativement faible en comparaison du nombre de jours.

Par exception cependant, la pluie qui succède au tonnerre tombe parfois pendant plusieurs heures avec violence; mais, dans ce cas comme dans les autres, le paroxysme de la pluie ne va guère au delà de la première heure.

Si l'on consulte le tableau I, on voit que la quantité totale de pluie tombant annuellement n'est pas très élevée, que le nombre de jours pendant lesquels elle tombe ne dépasse guère 100, et qu'il est peu de jours où la quantité tombée excède 8 millimètres.

Les mois les plus humides sont la dernière moitié de décembre, janvier, février. Pendant ces mois, on a souvent une semaine ou une quinzaine de pluie avec de très courtes éclaircies pendant lesquelles le soleil brille.

La quantité d'eau recueillie annuellement en Imerina est très faible comparativement à ce que l'on observe sur la côte et dans d'autres colonies également situées sous les tro])iques. Cette différence est due à l'élévation de la région centrale.

Pendant toute l'année, hormis la saison chaude, l'air, fortement saturé d'humidité en traversant les froides collines pour gagner le plateau central,

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perd une grande quantité de sa chaleur et sème toute son humidité avant d'arriver en Imerina.

C'est seulement pendant les mois les |)lus chauds de Tannée (pie I humidité de l air est suffisante pour parvenir au\ portions les j)lus hautes du pays et occasionner des pluies torrentielles.

Mais même alors les vents du Sud-Est et du Sud-Sud-Est, (pii sont les plus froids, sont invariahlement secs, il peut se faire néanmoins qu un vent du Sud-Est souffle en permanence et que la pluie tonihe à verse, c'est qu'alors, il y a invariahlement un courant supérieur venant de TOuest ou du Nord. Quand les courants inférieurs et supérieurs soufllent tous deux du Sud- Est, il ne pleut jamais.

Un signe précurseur à peu près infaillil)le consiste surtout dans les handes de « strato-cirrus » ou de « cirro-cumulus » (pii, dès le matin, flottent

Tableau I.

Chute des pluies mensuelles pendant 5 années.

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