PREMIÈRE PARTIE GÉNÉRALITÉS
Origine du nom de Madagascar. — Comment on va de France à Madagascar. — Deux grandes voies maritimes : Le Havre-Tamatave par le cap de Bonne-Espérance : Compagnie des (Jiargcursficiaiis. — Dates des départs et des arrivées. — Prix pour les dill'érénles escales. — Dislances etlectivement parcourues. — 2" Ligne de Marseille-Tamalave par le canal de Suez : (lonipagnic havraise péninsulaire de navigation à vapeur. — Départs et arrivées. — Frais de passage. — Compagnie des Messageries maritimes. — Départ de Marseille le 10 et le 25 de chaque mois. — Marseille. — Les hôtels de Marseille. — La traversée. — Le détroit de Bonilacio. — Les côtes de la Sardiiigne. — Le détroit de Messine. — Port-Saïd. — Le canal de Suez. — Suez. — La mer Ilougo. — Cheick-Saïd. — Obock. — Djibouti. — Aden. — Hôtels d'Adcu. — Zanzibar. — Mayoltc. — Majunga. — Nossi-Bé. — Diego-Suarez. — Sainle-Marie. — Tamalave. — Hôicls de Tamatave.
Origine du nom de Madagascar.
L'origine du nom de Madagascar est obscure. Il n'y a pas de doute, comme le disait le R. P. Luiz Mariano, au commencement du xyii*^ siècle, dans sa remarquable Relation du Voyage de découvertes fait sur les côtes de nie de Saint-Laurent en 1615-1614 par les Portugais, que ce nom a été donné à la grande île africaine par les Européens et que les Malgaches n'ont eti, jusque tout récenmient, aucune appellation générale pour désigner leur pays tout entier ou Tensemble de ses habitants. 11 n'y a donc pas lieu de s'occuper des étymologies plus ou moins savantes et plus ou moins vraisemblables qui ont été proposées par les nombreux auteurs qui, sur la foi d'écrivains d'ordinaire mieux renseignés, étaient persuadés que le nom de Madagascar ou tout au moins celui de Malgaches était d'origine locale. Voici ce que dit à ce sujet M. Grandidier :
« Marco Polo n'ayant pas eu connaissance de Pile que nous nommons Madagascar, comment ce nom qu'il a cité le premier et qui appartient à un tout autre pays, lui a-t-il été universellement attribué?
« Dès les temps anciens, cette île était connue des Grecs et des Arabes; mais les noms de Ménuthias, de Djafouna, de Chezbezat sous lesquels ils la désignaient, et la description très courte, quoique exacte, qu'ils nous en ont laissée, n'avaient pas frappé l'attention des géographes européens qui n'en ont appris l'existence que par les Portugais, en 1500. Cependant, dès 1492, sur le globe de Nuremberg, le plus ancien et le plus fameux de tous, figurait déjà une île de ce nom ! C'est que son auteur, Martin Behaim, interprétant mal les récits de Marco Polo qui avait à tort décrit comme des îles * les pays deMagdicho^ (Madeigascar ou Mogelasio, suivant l'orthographe du manuscrit original de 1298) et de Zanzibar, y a placé, à sa fantaisie, en plein océan hidien, auprès d'un vaste promontoire qu'il fait saillir étrangement de la côte orientale d'Afrique, deux îles, l'une triangulaire, coupée par le tropique du Capricorne, qu'il a appelée Madagascar, l'autre plus au Sud et presque aussi grande, qu'il a nonmiée Zanzibar. Ces deux îles, imaginaires comme tant d'autres sur les anciennes mappemondes, ont chacune, par un hasard singulier, trouvé peu après leur emploi. En effet, lorsqu'on connut en Europe la découverte faite par Diego Dias d'une grande terre située en face de la côte de Mozambique et par Ruy Lourenço Ravasco d'un îlot (Angoya) sur la côte du Zanguebar, les géographes, n'y prenant garde, ont cru que cette terre, (jui était, en eft'et, sous le tropique du Capricorne, et que cet îlot n'étaient autres que les deux îles inventées par Martin Behaim. dont il a fallu toutefois modifier complètement la forme, la position et la grandeur. Le nom de Madagascar, appliqué à tort par Cantino en 1502 et par tous les géographes qui l'ont suivi à l'île appelée par les Portugais île de Saint-Laurent, est donc une corruption du mot Magdicho, nom du port le plus riche et le plus célèbre au moyen âge de toute la côte orientale de l'Afrique. » (Histoire de la géographie de Madagascar, 1885, p. 24 à 33.)
1. Les Arabes dont Marco Polo, qui n'est jamais venu en Afrique, tenait ses renseignements, emploient, en effet, indifFércmment le même mot DJézirct pour île et pour côte ou pays maritime.
2. Magdicho était au moyen âge le principal port de toute l'Afrique orientale.
Comment l'on va de France à Madagascar'.
Le voyageur se rendant de France à Madagascar a à sa disposition deux grandes voies maritimes :
Le Havre-Tamatave par le cap de Bonne-Espérance; Marseille-Tamatave par le canal de Suez.
La première de ces voies est desservie par la Compagnie des Chargeurs- Réunis.
Chargeur s-Réunis . — Les steamers de cette Compagnie partent du Havre le 25 de chaque mois et s'arrêtent aux escales suivantes : Bordeaux-Pauillac, Lisbonne, Dakar, Cape-Town, Lourenço-Marques, Beira, Fort-Dauphin, Mananjary, Yatomandry, Tamatave.
Les dates approximatives de l'arrivée et du départ pour ces différentes escales sont les suivantes :