RÉSIDENCES
Ramboatofa
13' bonn.. gouverneur général du Bouéni.
Trabonjy.
Indanitra
Ambohimanoro.
In^rala
Kandrany.
Ratovclo
11' bonncur, sous-gouverneur.
Ambato,
Baroravon V
Marambilsy.
Antsakoamanera.
Itondroka
Varamanga.
Antonibé.
lanipcla
Boina.
Ifakv
Anadoany.
Ketsv
Anlremo.
Moanakoa
Katsepy.
Mokolo
Takon V
Fanon y
Gaffa
Manka
Ivoaitra
Marovoay.
Karaii V
IsaliiTio
Sous-gouverncur
de Mababo.
Mababo.
Ivoho
Tsimaifitra
IsaCv
Anadoany.
Uama
Mahafany
Maroba
10' bonneur.
lambongo
Anadoany.
Ambcnja.
Voantara
Fatoma
Baie de Baly.
Tarants.
Isafitamo
Soalala.
Ualaivao
Razoely
Mangabé.
Razanakolona
Andriamahâdy
Andriaginasy
Rabarivelo
Anadoany.
Ramananjahary
Ravaonarivo
Razanatsoa
Ramangalahy
Bolobaky.
llesoka
Karananjy.
Tsimiclry
Analalava.
Karany
Ampasindava.
Zoma
Andranoboka.
Safary
Moral'cno.
Binasy
Kisimaiiy.
ethno(;rapuie.
de parler de leur administration ou do leur faç^-on de conduire leurs afîaires: car le désordi-e rè^qie partout et l unité do connnandoniont n'existe pas; aucun grand chef ne peut rassembler sous ses ordres et faire marcher tous les gens d'une province, chacun restant soumis au mpanjaka (pi'il a choisi j)our suzerain.
Il est très difficile de déterminer la part de puissance que peuvent avoir ces chefs. Ceux ou colles que nous appelons improprement rois ou reines, et auxquels nous aurions du conserver leur titre malgache de mpanjaka, sont, en réalité, de tout petits chefs, respectés sans aucun doute, mais peu obéis.
Tant (|uele mpanjaka no demandera à ses sujets que les faibles redevances de services ou d argont auxquelles ils ont de tout temps été habitués, il sera obéi; mais, vienne une loi plus sévère, un ordre nouveau de choses à établir, un acte quelconque pouvant être considéré par les Sakalaves comme portant atteinte à leur indépendance, le peuple murmurera, puis discourra et, iinalement, changera de région ou disparaîtra dans la brousse.
Comment, du reste, en serait-il autrement? Le Sakalave n'est retenu chez lui par aucun intérêt pécuniaire ou sentimental; sa case est peu de chose, et il en construira rapidement une autre dans le nouvel endroit qu'il choisira; il emmènera ses bœufs avec lui ; sa famille le suivra; quant à ses terres de riz, s'il en a, il les abandonnera volontiers, car la forêt lui l'ournira suffisamment de racines.
Dans certains cas, le mpanjaka suivra ses sujets et ira régner sur un territoire nouveau: il y en a toujours d'inoccupés.
Si le mpanjaka, jaloux de son indépendance, résiste à tout essai d'introduction de nouvelles mœurs, il sera immédiatement approuvé et obéi partout son peuple; si un autre, plus timide, se soumet et abdique son indépendance, il aura, au contraire, tout à craindre de ses sujets.
En résumé, le Sakalave respecte ses rois: mais les rois craignent leurs sujets.
Il est certain, toutefois, que, par de sages mesures et par une administration conciliante, on arrivera à changer les habitudes même les plus invétérées: mais il faudra se montrer très ferme et frapper sévèrement ceux qui ne voudront pas écouter la voix de la sagesse.
Au tableau II, nous avons donné la liste des rois encore vivants et le nom de leur résidence; nous saurons donc toujours à qui nous en prendre dans le Bouéni des désordres qui pourraient se produire.
Il reste, cependant, à compléter cette liste en y ajoutant quelques noms de mpanjaka provenant de familles déclassées ou bfàtardes. '
I. Les Marotsiraisy. — Les Marotsiratsy datent d'Andrianevenarivo, qui était un roi méchant, n'ayant, vis-à-vis de ses sujets, d'autres règles que son bon plaisir. Chaque fois qu'il lui naissait un enfant mâle, il le faisait tuer, craignant que le peuple mécontent ne lui donnât sa royauté. Il tua ainsi plusieurs de ses héritiers; mais, un jour, sa femme, ayant accouché d'un garçon, le fit cacher par sa nourrice: plus tard, cet enfant une fois grand fut présenté à son père : « Eh bien, dit celui-ci, qu'il vivo : ici-bas, il n'v a
que de mauvaises gens ( Marotsiratsy), seulement qu'on l'emmène loin d'ici et quïl n'approche jamais de mon royaume. »
Ce sont les descendants de cet enfant échappé ainsi à la mort qui sont désignés sous le nom de « Marotsiratsy ».
Les représentants de cette caste sont :
lanararena, f.
Itsisata, lO*" honneur, f. Isorodany, 10^ honn., f., à Baly, et leurs descendants
II. Les Antïmamalika. — Ils sont réellement de la famille royale, mais de la branche cadette; l'aîné étant paresseux* et incapable de régner, le peuple préféra le cadet et le gouvernement changea de mains (mivalika ny fanjakana), c'est pourquoi cette branche s'appela « Antimamalika ». Le Bouéni n'en possède qu'un seul représentant, les autres sont tous dans l'Ambongo.
IH. Les Mandroatra. — Quoi(ju"ils soient des descendants des vrais rois, ils n'ont pas eu de royaume : ils étaient cependant plus riches qu'aucun des mpanjaka « régnants » ; c'est pour cela que les Sakalaves leur doimèrent le nom de Mandroatra (qui déljordent comme l'écume).
Il existe encore de cette famille, Ranatolotra, h., à Ankaraobato ; Fanjo, h., à Ambarimanjibo, et Tojy, h., à Antanipaika.
IV. Les Anlinianaraka. — Les Antimanaraka sont les fds des maîtresses des rois, quoiqu'il soit défendu aux rois sakalaves d'avoir des enfants d'une maîtresse. Il existe, àBevovoka, un représentant de ces bâtards, Tsimanendry.
V. Les Homankazo. — Ce sont des descendants des rois; mais ils n'ont jamais eu de royaume et ont toujours été très pauvres ; ils n'avaient comme moyens d'existence que la ressource d'aller dans les forêts, où ils fabriquaient des assiettes et des cuillers en bois, d'où leur vient le nom de Homankazo, qui signifie « mangeurs de bois ».
Leurs descendants encore vivants sont Izava et Itamo, tous deux à Andakavy et leurs enfants.
VI. Les Marolahy. — Les Marolahy ne sont que des parents de rois. Comme ils avaient l'habitude de ne pas castrer leurs bœufs, le nombre considérable de taureaux (ombilahy) qu'ils possédaient les tirent désigner sous le nom de Marolahy.
De cette caste, vivent encore Rajaka, h., à Besakoa; Rambony, h., à Tsinjoarivo et leurs descendants.
Nous ne voudrions pas terminer cet historique des rois sans parler un peu des personnages ayant des fonctions spéciales, quelquefois même héréditaires.
Outre les familles royales, il existe chez les Sakalaves :
toutes deux à Marosakoa,
I. Les Mananadabo. — Les Mananadabo ont régné autrefois, il y a très
ETHNOGRAPHIE
longtemps, clans le Uoiiéni ; vaincus, ils lurent contraints d'accepter des fonctions plus humbles et ils vécurent sous la dépendance des vaincpieurs. Ils sont considérés par les Sakalavcs comme appartenant à une race plus ancienne que celle des rois actuels.
A leur mort, les Mananaho étaient jadis placés dans un cercueil en bois solidement fermé, qu'on précipitait dans un lac ne se desséchant jamais ; le lac d'Amparihiniiidro (;tait choisi de préférence.
Cet usage a disparu et les Mananadabo sont aujourd'hui enterrés en terre ferme.
H. Les Andratsoka . — Les Andratsoka sont ceux qui, à la mort des mpanjaka, ont seuls le droit de brûler les bœufs sacriliés; cette opération se fait dans les doany.
III. — Les Tsiarana. — Ils ont pour fonctions de couper le cou aux bœufs qu'on sacrifie aux mânes des rois ou reines qui meurent. Ils ne peuvent procéder à cette opération que dans les doany.
lY. Les Andraramaiva. — Les Andraramaiva sont chargés de porter les « jiny » ou petits coftrets, tels que ceux qui sont déposés à Majunga et qui contiennent les reliques vénérées des ancêtres des rois.
Y. Les Vatobe. — Les Yatobé sont chargés de la propi'eté et de la bonne tenue des doany.
VI. Les Tankoala. — Ils ont seuls le droit de monter sur les maisons sacrées (zomba) pour les recouvrir.
YII. Les Jongoa. — Les Jongoa sont spécialement chargés de porter en terre les cadavres des rois morts.
YlII. Les Morarivobé. — On appelle ainsi les gardiens des tombeaux des rois. Ce sont eux qui sonnent la trompe (anjombona) et qui frappent sur les tam-tams; seuls, ils ont le droit de toucher à tout ce qui sert à brûler des parfums dans les cérémonies ; seuls, à l exclusion même du roi régnant, ils ont le droit d ouvrir les portes des demeures sacrées; on les appelle aussi « rainitrampanjaka ».
IX. Les Morarivokehj. — Les Morarivokely sont chargés de préparer les repas des rois vivants; les rois n'ont confiance qu'en eux pour la cuisson des aliments.
Il y a à côté des rois ou reines d'autres personnages dont il est bon de parler. Chaque mpanjaka désigne, parmi ses sujets, celui qu'il estime être le plus apte, le plus habile et le plus dévoué; l'homme ainsi choisi est consulté pour toutes les affaires du gouvernement, il prend le nom de « manantany » ; c'est, à proprement parler, le premier ministre du roi. De plus, un
Conseil est constitué avec les gens les plus intelligents du pays; ceux-ci sont pris parmi les rainitrampanjaka.
Chaque mpanjaka a le droit de prendre à sa suite des jeunes gens et des jeunes filles parmi les enfants des wSakalaves et des Zazamangas. Une fois donnés, ces enfants ne peuvent plus quitter leur roi.
Les jeunes garçons prennent le nom de « fihitra » et les jeunes filles celui de « maromanangy » ; ce sont les compagnons inséparables des mpanjaka.
Mort des rois. — Cérémonies des finiérailles. — Quand un roi ou fils de roi meurt, le peuple entier se rassemble et tous les sujets viennent en foule s'associer au deuil de la famille royale ; chaque matin et chaque soir, pendant trois et quelquefois même quatre mois, des coups de fusil sont tirés en l'honneur du décédé. Les trompes ne cessent de retentir, les tambours ne discontinuent pas leur tintamarre. Du matin au soir les pleurs se mêlent aux chants. Tous les Sakalaves amènent des bœufs destinés à être sacrifiés ; ces bœufs sont appelés ombimanitra (bœufs parfumés). Ceux qui ne possèdent pas de bœufs en achètent ou portent à la famille du défunt une rémunération en argent dite « solon-omby » (en remplacement de bœuf). Les silamos' (musulmans) viennent avec des parfums destinés à être répandus sur le cadavre.
L'enterrement ne se fait jamais de jour ; les rois doivent toujours être inhumés la nuit.
Pendant la cérémonie, de nombreuses salves de fusil sont tirées, les cornes sonnent, les tam-tams font grand bruit et les femmes tantôt pleurent, tantôt dansent, en frappant dans leurs mains. Tout ce bruit ne finit que lorsque le cadavre est enterré, et encore ! Si le rhum a été distribué en trop grande abondance, la cérémonie ne se terminera que plus tard, dans une bacchanale orgiaque et licencieuse.
Les rois et leurs descendants sont enterrés dans des endroits spéciaux appelés doany Une fois par an a lieu la cérémonie de la vénération des morts; chaque doany a un jour particulier.
Tant que dure le deuil, le Sakalave ne doit laver ni son corps, ni ses vêtements. Lorsque toutes les formalités funèbres ont été remplies, le peuple est réuni à nouveau pour écouter le kabary spécial, dans lequel on autorise le lavage du corps et du linge.
Les fils de roi qui n'ont pas de rovaume jouissent des mêmes honneurs ; on leur retranche seulement les fihitra et les maromanangy, auxquels, seuls, ont droit les mpanjaka réellement en possession de fiefs.
Cérémonies. — Jeiix, chants et danses. — Les cérémonies mortuaires sont à peu près les seules solennités en pratique chez les Sakalaves, qui n'ont ni grandes réceptions, ni jours à proprement dire fériés, ni anniversaires. Comme ce peuple n'a pas de culte, il n"a pas par conséquent de temples et, par suite, pas de cérémonies religieuses, ni de sacrifices aux dieux.
Les seuls jours où ils célèbrent un semblant de fêle sont ceux qui sont