I. — To
Les Marorongos sont de véritables bandits qui exercent leiir fâcheuse industrie depuis le haut de la Matitanana jusqu'à Fort-Dauphin. '
Toutes ces tribus sont très mélangées; elles se marient eiitre elles, niais jamais avec un étranger. Leurs pratiques religieuses sont celles des Hovas. Les descendants des Arabes pratiquent une sorte de religion musulmane.
Le pays a été à peu près ruiné par l'iiitervention hova; mais, comme les indigènes sont bons travailleurs et facilement civilisables, il est permis d'^espérer qu'on pourra en faire de bons et fidèles sujets. '
Antambahoakas. — Le pays des Antambahoakas s'étend de Mahela dans le Nord, jusqu'à Maroita dans le Sud et Sandraniofa dans l'Ouest. C'est une tribu d'origine arabe. Contrairement aux autres peuplades de Madagascar, ils ont conservé une légende relative à leur arrivée dans le pays.
Autrefois, les deux tribus des Antambahoakas et des Antaivandros, qui sont aujourd'hui entièrement fondus avec les Antambahoakas, habitaient lés envi^ rons de la Mecque. Les premiers étaient des marins, les seconds des cultivateurs et vivaient dans l'intérieur des terres; c'étaient des esclaves, qui; fatigués du joug de leur maître, décidèrent de s'y soustraire et, une certaine nuit, ils s'embarquèrent sur un grand boutre, confiant à Dieu leurs destinées. Ils naviguaient depuis longtemps lorsqu'ils aperçurent une grande terre : c'était Madagascar. Mais, à ce moment, une violente tempête s'éleva et il fallut songer à alléger le navire ; on décida qu'on jetterait les enfants à la mer. Les Antambahoakas se placèrent à la j)oupe, les Antaivandros à la proue du navire. Mais les Antambahoakas se souvinrent d'avoir vu lester le navire avec des pierres. Quelques-uns descendirent à la cale et, à la faveur de la nuit qui était à ce moment-là très noire, ils installèrent une chaîne d'hommes permettant de monter les pierres sur le pont. Chaque fois que les Antaivandros jetaient à la mer un de leurs enfants, les Antambahoakas, eux, jetaient une pierre et, ainsi, jusqu'au dernier des enfîuits des Antaivandros.
Lorsque le jour fut venu, le boutre ayant été jeté à la côte, les Antaivandros s'aperçurent de la supercherie dont ils avaient été la victime pendant la nuit. Les deux tribus s'assemblèrent et les Antambahoakas, ayant reconnu leur faute, durent accepter les injures et les coups auxquels ils furent condamnés, eux et leurs descendants. Mais, depuis cette époque, le temps a émoussé le ressentiment des Antaivandros et les deux tribus vivent sur un pied d'égalité.
Cette venue des Arabes à Madagascar eut lieu avant l'hégire.
Les Antambahoakas ont conservé l'écriture arabe, qui était récemment encore enseignée aux principaux d'entre eux, mais ils ont abandonné la langue de leurs pères, dont ils ont conservé seulement quelques mots.
L'Antambahoaka est bon, généreux, hospitalier. Dès qu'un voyageur est signalé, une case est aussitôt préparée à son intention, ainsi que des présents composés de riz et de volaille. En échange, le voyageur doit remettre à son hôte un morceau de monnaie coupée, simple formalité que le Malgache se charge d'ailleurs de rappeler, car, s'il aime à donner, il aime surtout à recevoir. Les Antambahoakas sont également très doux. Les vols, les disputes graves, les assassinats sont rares. Ils ont cependant conservé cer-
KTimOGHAMIlK.
laines coutumes bar!)ares qui paraissent (;n contradiction avec la douceun de leurs mœurs : c'est ainsi qu'ils tuent, en les plongeant dans un marais.' les jumeaux nouveau-nés, parce que, d'après une vieille légende, la présence de deux jumeaux dans une famille est pour leurs parents une source de malédictions. :
Les cases des Antambahoakas sont propres, comme leur personne, et recouvertes de feuilles de ravinala ou arbre des voyageurs. Les indigènes aiment à se vêtir de costumes européens; jeunes gens et jeunes filles s'affublent volontiers de chapeaux de paille, dits canotiers, et de robes à la française. Ils ne portent pas encore de souliers, mais ils ne sauraient tarder. Les uns et les autres chiquent un mélange de tabac, de manioc et de cendres.
On peut dire que les Antambahoakas n'ont pas de religion. Ils croient à un. être suprême, bon, « Andriamanitra », et à un mauvais, « Biby », mais ils ne s'occupent pas du premier et combattent le second au moyen de fétiches contre la balle, la sagaie, la fièvre, etc.
Aucune cérémonie ne consacre le mariage, Funion étant absolument libre.
L'Antambahoaka est peu travailleur, juste pour se suffire; il répugne particulièrement à l'idée d'être porteur. Aussi, le monopole des transports appartient-il aux Betsileos, qui viennent de Fianarantsoa chercher le salaire qui suppléera à leur pauvreté. Aux yeux de la population malgache, ils passent pour être dépourvus d'intelligence; les Hovas les appellent « babakoto » (ou lémuriens, singes). Une légende assez originale a donné naissance à ce nom. Lorsque Dieu eut créé les races, il leur dit de s'établir où il leur plairait. Les blancs prirent l'Europe, les noirs l'Afrique, les Hovas l'Imerina; mais, dès qu'ils furent sur le plateau central de Madagascar et qu'ils virent des montagnes abruptes de tous côtés, ils demandèrent à Dieu une race de porteurs pour aller à la côte. Dieu se mit en colère, parce qu'en ce moment il était occupé à créer les diverses espèces de singes; cependant, il se ravisa et donna un de ces singes aux ambassadeurs hovas; en ce moment, son travail étant fini. Dieu cria : « Ouch », le même cri que poussent les Betsileos en déposant un fardeau. Cette légende s'applique à toutes les peuplades autour de l'Imerina.
A cette histoire de la race antambahoaka, on peut ajouter quelques indications sur r « éléphant en pierre » qui se trouve un peu au nord-ouest delà maison du chef d'Ambohisary. C'est une espèce de pierre savonneuse, dans un bon état de conservation (quoique exposée au^ injures de l'air) et représentant un éléphant disproportionné. Il a quatre pieds de hauteur sur sept de long; ses défenses sont brisées; le corps est creusé, évidemment dans le but dt; recevoir des dons et des offrandes. *
D'après la version la plus accréditée, ce fut Bamania, un roi de la Mecque,' chef de la famille établie à Madagascar sous le nom d' Antambahoakas, qui apporta cette pierre d'Imaka (la Mecque) quand il vint s'établir sur la côte Est. Bamania fut le fondateur des familles connues aujourd'hui sous la dénomination générale de Zafiramania, qui habitent le district de Mananjary et l'Anosy et qui sont tous des andriana (nobles), bien distincts du peuple.
A ce qu'il paraît, Bamania n'apporta pas l'éléphant de pierre à son premier
voyage. Après avoir fixé remplacement où il s'établirait, il revint à la Mecque et le ramena alors. Quels moyens de transport employa-t-il? Les indigènes se contentent de dire qu'il se trouvait dans une vata masina ou boîte sacrée. 11 y a quelques livres, ayant cbacun son gardien, qui traitent du symbolereprésenté par cette pierre. Les étrangers jusqu'ici n'ont pu les consulter.
A une certaine époque, un Français établi à Ambinanisakaleony, où était alors la pierre, voulut l'envoyer en France à iM. Grandidier, mais les Malgaches s'y opposèrent.
Antândroys. — Les Antandroys habitent un pays qui s'étend au Sud de Madagascar, depuis la province de Fort-Dauphin jusqu'au pays des Mahafalys^ et qui est limité par les Mahafalys à l'Ouest, par les Baras au iNord et par les Antanosys à l'Est.
C'est une tribu des plus sauvages et en même temps des plus guerrières de Madagascar. Fourbes, cruels et adonnés depuis longtemps aux pratiques du plus grossier fétichisme, ils se sont de tout temps opposés à l'entrée des Européens dans leur pays.
Leur pays est un vaste plateau dénudé et presque entièrement désert, terminé du côté de l'Océan par des dunes qui s'élèvent d'une masse jusqu'à une hauteur d une centaine de mètres avec une forte inclinaison et qui sont séparées de la mer seulement par une plage de quelques mètres. Plaine sans fin, d'une monotonie désespérante, où l'œil ne découvre ni un monticule, ni un arbre, rien qu'une végétation rabougrie où des arbustes épineux ne dépassent guère un mètre de hauteur.
Les villages sont petits, clairsemés. Ils s'annoncent par des plants de nopal, de plus en plus nombreux à mesure qu'on approche de l'endroit habité. Les cases, petites et peu élevées, ne présentent qu'une ouverture basse et étroite, par laquelle on ne pénètre qu'en se baissant. Un homme de taille ordinaire peut à peine s'y tenir debout. Elles sont faites en planches juxtaposées, retenues entre deux tiges de bois longitudinales, de manière qu'on peut les faire glisser et même les enlever pour regarder à l'intérieur. L'eau est si rare qu'elle est une véritable denrée de luxe. Les habitants, qui passent parfois un temps assez long sans boire une seule goutte d'eau, étanchent leur soif au moyen de figues de Barbarie ou de racines sauvages aqueuses. Ils les piquent de leur sagaie pour les détacher du buisson épineux, les roulent dans le sable pour bien enlever les soies épineuses dont elles sont recouvertes, les pèlent avec le fer de leur sagaie et les mangent, soit crues, soit cuites sous la cendre ou quelquefois dans de l'eau boueuse. C'est le fond de leur nourriture. Ils y ajoutent parfois un peu de mil ou « ampemby » qu'ils font griller ou broient cru sous la dent, ou une espèce de haricot malgache ou « antaka » et des citrouilles ou courges qu'ils laissent mûrir outre mesure,, on pourrait dire pourrir, afin que la pulpe liquide leur serve de breuvage. Ce sont là les seuls produits de cette terre aride, sablonneuse et desséchée, à peine couverte de quelques brins d'une herbe rare et cbétive, poussant sous les nopals et nourrissant quelques rares bœufs.
Les populations sont presque sauvages et se rapprochent beaucoup plus' de
ETlINOCnAPIIIE.
la l)ète ([lie de riioiimie. Robustes, coiira<^eu\, ne marchant jamais (|irni niés (l'un fusil et d'une lance, ce sont de «grands enfants qui veulent tout voir, que rien cependant n'étonne et qui n'apprécient que ce qui est utile et peut servir à leurs besoins. On dirait qu'ils sont habitués à tous les raffinements <le notre civilisation, eux qui n ont vu que leur misérable hutte et leur désert, et il y a lieu de s'étonner, à bon droit, de ce calme, de celte inertie, de cette insouciance du sauvage, fruit de leur vie indolente, mais plus encore trait typique du caractère malgache (d'après Grandidier).
Les Antandroys vivent beaucoup de guerres et de razzias : leur pays si pauvre ne pouvant leur donner ce qu'ils désirent, poudre, fusils, étoffes, liqueurs, ils ont recours au pillage des goélettes, ou ils achètent ces produits avec l orseille, le caoutchouc et même avec leurs prisonniers.
Les rois placent près du rivage des gens appelés « masondranos » (litt. veilleurs de plages), chargés de les avertir chaque fois qu'un navire vient mouiller sur la côte pour commercer. Ces navires doivent donner un cadeau à ces masondranos qui ne vivent que de cette ressource, comme, du reste, aux ministres du roi et au roi lui-même, lequel ne porte qu'un simple morceau de toile autour des reins et un lamba sur les épaules. Tout ce monde vient percevoir dans les factoreries le droit de séjour « lilintany » des navires.
Il y a quelques années, les échanges se faisaient à bord même des navires, comme chez les Mahafalys, ou sur la plage, mais sans poste fixe. Le roi ayant donné l'autorisation d'établir des factoreries, plusieurs négociants en profitèrent; mais leurs établissements ne tardèrent pas à être pillés et brûlés, lorsque les indigènes y virent une grande quantité de marchandises; les comptoirs des maisons Bonnemaison et Hermann, Fulgence et Rozier aîné, de l'île de la Réunion, et Thompson d'Angleterre, ont été incendiés le 14 mars 1896. Malgré ces habitudes de vol et de pillage, les Antandroys ne sont pas assassins et ils laissent la vie aux commerçants.
Pendant longtemps, les Antandroys ont repoussé les avances de la France, continuant leur commerce d'esclaves et attaquant régulièrement les courriers de Fort-Dauphin à Fianarantsoa. Nos ouvertures pacifiques ayant été repoussées et les peuplades du haut Mandraré y ayant répondu par l'assassinat du garde principal de milice Philippini, un détachement commandé par le capitaine Lacarrière pénétra, au commencement d'octobre 1807, dans leur pays. Cette reconnaissance a vengé la mort de Philippini, mais elle a montré l'audace des Antandroys et fait prévoir qu'ils opposeront une vive résistance à notre occupation.
Antanosys. — La région des Antanosys s'étend au Sud de Madagascar et a poui- limites à l'Est la mer, à l'Ouest une ligne passant par Elakelaka, Ankaramena et la baie de Ranofotsy, au Nord la tête de la vallée d'Ambolo. Les habitants de cette région peuvent se subdiviser en trois sous-tribus principales : les Zafmdrasambos, les Antambolos et les Zafiravalos, qui se subdivisent elles-mêmes en un grand nombre de familles, qui ont longtemps obéi à un roi absolu, assisté d'un Conseil de ministres; mais, comme, depuis quelques
années, ces rois et ces ministres commettaient de trop grandes exactions, les sujets pressurés ont secoué leur joug et chargé les plus notables d'entre eux de les administrer et de régler leurs querelles privées.
Indépendantes les unes des autres, ces républiques minuscules étaient constamment en guerre entre elles et soumises à la loi du plus fort. Ainsi peut-on s'expliquer que de vastes étendues de terrain, autrefois fertiles, sont aujourd'hui complètement incultes.
Ni la domination hova, ni l'influence française n'ont pu encore modifier ces coutumes. Très méfiants de leur naturel et d'une mobilité d'impression extrême,, les indigènes de cette contrée tentent rarement un acte d'hostilité contre les Français, mais ils n'acceptent leur présence qu'avec des réserves équivoques.
Ce fut chez les Antanosys que furent faits autrefois les premiers essais de colonisation française par les soins de Richelieu d'abord, puis de Colbert. Ces essais ne durèrent pas longtemps. Beaucoup d' Antanosys se louent à des traitants créoles ou français, généralement pour dix ans, s'expatrient à la Réunion où ils apprennent à parler un peu notre langue et à connaître un peu la culture et quelques métiers.
On évalue de 150 à 200000 le nombre des Antanosys. Leurs mœurs sont loin d'être bonnes; ils ont notamment un faible pour le rhum; leurs croyances et superstitions sont, d'ailleurs, celles de la généralité des Malgaches.
Mahafalys. — En raison de l'intérêt et de la curiosité qu'a excités dans ces derniers temps le pays mahafaly presque complètement inconnu jusqu'ici, au lieu de nous borner, comme pour les autres peuplades de l'île, à une simple notice ethnographique, nous allons résumer ci-après tous les renseignements que nous avons pu recueillir sur cette race et le pays qu'elle habite.
Ces renseignements sont dus à l'obligeance de M. Pacific Payet, négociant à Tulléar qui, depuis 1889, fait le commerce sur la côte mahafaly, soit au moyen de goélettes, soit même au moyen de comptoirs établis à terre.
M. J. Bonnemaison, de Tamatave, qui est aussi propriétaire de comptoirs dans cette partie de Madagascar, M. le capitaine Toquenne et M. le résident Estèbe, administrateurs de la province de Tulléar, nous ont également adressé d'intéressants renseignements sur la géographie de la contrée et les mœurs de ses habitants.
Le pays mahafaly est situé au sud de Madagascar entre la province de Tulléar et le cercle annexe de Fort-Dauphin. 11 est compris entre l'Onilahy au Nord et la Menarandra au Sud.
- Il est divisé en trois royaumes :
1° Royaume de Befotaka, de l'Onilahy à Lanivato.
- 2" Royaume de Tsiverenja, de Lanivato à la Linta (dans la baie des Masikoros)*.
1. Ce nom de Masikoro signifie « gens de l'intérieur, pasteurs et agriculteurs », en opposition aux gens des côtes aux Ve^os qui sont les marins.
ETIINOCRAPMIE.
5* Royaume de Tsihoinpona ou Tsianij)andro, do la Linta à la Mcnaiandra. Au point de vue géographique nous étudierons sépaif'mcnt le littf)ral et l'intérieur.
Littoral. — De TOnilaliy à la baie des Masikoros, on ne trouve que très peu d'eau ; aussi les cultures y sont-elles rares et le pays n'ofîre-t-il que peu de ressources.
Au sud de la baie des Masikoros, le pays est mieux arrosé et, par conséquent, plus fertile : le commerce y est aussi plus actif. Les indigènes achètent ou se procurent par voie d'échange des étoffes et des marmites.
Royaume de Befotaka. — Les principaux mouillages que l'on rencontre dans le royaume de Befotaka sont les suivants :
Beheloka, atterrissage de chaloupes, eau potable, population vezo*. Besambatra, id.
Ankarapona, atterrissage de chaloupes, village à l'intérieur Amontana, atterrissage de chaloupes, pays désert. Maromaty, atterrissage de chaloupes, pays désert.
Ambatonasifitsa, id. — A marée basse les chaloupes doivent se retirer à Antariboliy à '2 kilomètres au Sud à cause du fond de roches. A 500 mètres de la côte, on trouve, à marée basse, une source d'eau douce.
Royaume de Tsiverenja. — Les principaux mouillages sont les suivants : Lanivato, atterrissage de chaloupes. La côte, qui est basse jusque-là, s'élève à partir de ce point; la base des dunes est rocheuse. Les pirogues seules peuvent atterrir à Ambatomijoko , Ampanobé et Lambehitaka (ou Limbetaka). A Lambehitaka, réside un lieutenant de Tsiverenja.
Maharano, atterrissage de chaloupes, étiuig d'eau douce. La côte s'abaisse.
Itampolo, mouillage de chaloupes; la rade est peu sûre; il y a, dans \m petit étang, sur la plage, de l'eau potable, quoique saumàtre. Il doit exister sur cette partie du littoral, notamment à Itampolo et cà Lambehitaka, un sous-sol rocheux sur lequel glissent les eaux de pluie; on trouve, dans certains endroits, des excavations qui contiennent de l'eau douce très limpide. A Lambehitaka, les sources sont sur la plage même et ne peuvent être utilisées qu'à marée basse.
Royaume de Tsihempona. — Dans le royaume de Tsihempona, on remarque :
Andravana, grand village où l'on trouve de l'eau douce. Le reste de la côte est dépourvu d'eau.
Ankaotaka, mouillage de chaloupes.
Lanirano, mouillage pour navires, gros village, eau douce. Befefy, mouillage de chaloupes, village à l'intérieur. Androka ou baie des Masikoros, mouillage pour navires, avec un gros village mi-partie à Tsiverenja, mi-partie à Tsihempona. L'Ilinta, qui s'y
1. Ce nom de Vezo qui signifie « ramer » s'applique à toute la population maritime du Sud-Ouest et du Sud de Madagascar.
jette, ne coule pas toute l'année, mais, pendant la saison sèche, on creuse des puits dans son lit. La population est composée de Sakalaves, Vezos émigrés.
Ampalaza, eau et terrains de culture.
Bevalavo, fin du pays mahafaly.
Intérieur. — L'intérieur est assez peu connu. Les traitants, en effet, n'y ont jamais pénétré et n'en connaissent rien. Un ouvrage sur le pays mahafaly a été publié par un marin anglais naufragé Drury qui a habité ce pays et le pays sakalave pendant 15 années. M. Grandidier s'occupe en ce moment de donner une édition française de cet ouvrage.
En \ 891 , M. Estèbe, alors résident à Nosy Yé (Tulléar), avait obtenu du roi l'autorisation d'aller au lac Tsimanampetsotsa (litt. : où il n'y a pas de marsouins), lac qu'a découvert et visité, non sans avoir couru de grands dangers, M. Grandidier en janvier 1869, et qui est fort intéressant au point de vue géographique. Malgré cette autorisation, il fut assailli par les masondranos (veilleurs de plage) et ne parvint qu'avec peine à s'enfuir sain et sauf; son interprète, atteint d'une balle à la cuisse, ne put s'échapper et fut massacré sur place. Ces sortes d'autorisations, comme le ftiit remaï quer M. Bonnemaison, sont presque toujours accordées, parce que le postulant ne manque jamais d'appuyer sa demande d'un cadeau sérieux ; mais la réponse du roi n'est pas sans quelque réticence. « Je vous donne Tautorisation que vous sollicitez, répond-il, et vous promets que vous n'aurez rien à craindre de ma part, mais méfiez-vous des malfaiteurs », ce qu'il faut entendre de la façon suivante : « Allez visiter le lac si vous y tenez, mais je donnerai des ordres pour qu'on vous empêche d'y arriver ».
Dans ces conditions, on comprend que nous ne puissions donner sur l'intérieur du pays que des renseignements peu précis et fort incomplets.
Géographie. — Du cap Sainte-Marie, ou plutôt de la Menarandra jusqu'à [tampolo (et peut-être plus au Nord), une chaîne de montagnes ou ligne de hauteurs de 7 à 800 mètres d'altitude au moins court parallèlement à la mer, à une distance d'environ 40 kilomètres de la côte.
Au delà de cette chaîne de montagnes, régnent des déserts appelés Fatrambé (grands déserts) et des forêts renfermant des arl)res de très grosses dimensions, dont les indigènes se servent pour confectionner les cercueils. D'ailleurs, d'après M. Pacific Payet, les forêts commencent à apparaître à une dizaine de kilomètres de la côte ; leur superficie et la nature des essences qu'elles renrerment sont à peu près inconnues, à l'exception des arbres à caoutchouc et des arbres à résine et à gomme dont il sera parlé plus loin.
L'eau et les pluies y sont rares; la quantité d'eau qui y tombe annuellement est inférieure à la moyenne de Tulléar, qui est d'environ 0"\ 50 et même à celle de Nosy Yé, qui est de 0™, 50 à 0", 40. Aussi n'y a-t-il pas de pâturages, du moins à proximité du littoral, et les bétes que l'on achète sur la côte ont la langue garnie d'éj)ines, de raquettes, qui constituent probablement leur unique nonrrituj e; mais tes bestiaux ne rongent ni les os ni le bois, connue on Ta pi\';Ie!ulu.
ETHNOGHAPIIIE.
D'après M. Payet, il y aurait dans rintni icur des j)àtuia«^os d'iiivor et des pâturages d'été, où les troupeaux sont envoyés alternativement, si bien qu'ils ne souffrent pas de la saison sèche. On ne conserverait dans les villages que les vaches laitières nécessaires à l'alimentation.
11 n'y existe que deux cours d'eau, la Linta et la Menarandra. On peut voir à Itampolo le lit d'un ancien cours d'eau aujourd'hui entièrement desséché. La Linta ne coule que pendant la saison des pluie? (de novembre à avril). La Menarandra a plus d'eau; cependant elle n'arrive jusqu'à la mer que dans les crues exceptionnelles; c'est ce que les indigènes ont du moins affirmé à M. Payet, qui, lui-même, n'a jamais vu la Menarandra atteindre la mer; ses eaux se répandent habituellement en nappes à "2 ou 5 kilomètres de la côte.
On ignore si, dans l'intérieur, il existe des étangs, mais on y rencontre certainement des nappes d'eau souterraines, puisque, pendant la saison sèche, les indigènes creusent des puits pour se procurer de l'eau potable.
Deux régions du pays mahafaly sont un peu plus connues, la région voisine de rOnilahy et celle d'Ampalaza.
Pour la première, voici les renseignements fournis par les indigènes sur un itinéraire d'Anakao, village sur la côte (en face de Nosy Yé), à Miary qui se trouverait à 15 jours (?) dans l'intérieur à l'Est.
D'Anakao k Andranany 1 jour \ ^ ^ i r * i u-
.. 1 i,F Troupeaux de bœuls et de chèvres,
Lanjiro (à 1 jour au sud-est disatra i Population relativement
sur rOnilahy, cimetière royal). 1 — \ dense, mais pays aride, sablonneux
Tonjaha, Analamena 2 jours \ ^^(>l sans eau, pays de famine
Kilimaro, Berony, Kalimahavoha. 5 — ] faute d'irrigation.
\ A partir d'Ambato, on longe les con-
Ambato, Itioso "2 / treforts de collines élevées. On
Kelimitaka ' *. ï jour ( s'élève, l'air est pluschaud, il pleut
„ , , i davantage ; sol argileux ; mais, pois
lanamtJOaraty 1 — \ du Cap, patates, manioc, cannes à
y sucre, tabac.
/' On traverse une rivière torrentueuse,
r» , , , \ au lit rocheux, qui vient du Su(T,
Dclamboro 1 — { u . i ♦ i ♦ i
I d un haut plateau dont on longe
l la base.
Manera 1 — J
Derok I ( ^ Manera, cours d*e;iu; sol gras, bn-
J * ( mide, fatigant 'pour la marche.
Miary 1 — \
Région cVAmpalaza. — Les habitants ont le teint d'un brun" chocolat. Ils sont superstitieux, pillards, mais nullement féroces; ils n'ont aucune moralité. Ils croient aux sorciers, dont l'un, en particulier, a une grande influence sur Tsihempona.
Le roi est assisté de chefs, qui sont ordinairement ses parents. Le commandement est héréditaire; toutefois, le roi nomme les chefs de canton. Le chef du village est le membre le plus âgé de la principale famille. Tous les grands chefs sont parents. Les conditions de la propriété sont les mêmes que dans le reste du pays.
GUIDE DE L'IiVIMIGRANT A MADAGASCAR.
Les bœufs du littoral sont maigres, ceux de la montagne sont én meilleur état; ils se déplacent souvent pour rechercher les pâturages, sans cependant s'éloigner beaucoup du même centre. Sur le bord de la mer, les animaux mangent ou plutôt mordillent le bois et l'écorce des arbres, probablement parce que l'acidité des herbages leur agace les dents. La population boit beaucoup de lait.
A Ampalaza la population cultive la terre pour en vendre les produits ; dans l'intérieur la sécheresse empêche toute culture, le sol absorbant Teau très rapidement. Il y a beaucoup de trous d'eau uifectés par l'urine des bœufs.
Les vols de bœufs sont assez fréquents; les rapts d'enfants sont rares.
La baie d'Ampalaza peut, par beau temps et à marée haute, recevoir des bateaux de 30 tonnes.
On n'a d'eau douce que sur le littoral et jusqu'à 5 kilomètres environ du rivage. Dans l'intérieur, l'eau est saumàtre.
La pointe Barrow a un beau port pour navires par beau temps; on y débarque facilement. C'est le point de départ pour le village où habite Tsihemponq, à environ 100 kilomètres dans l'intérieur.
Le cap Sainte-Marie n'offre aucun intérêt, ni aucune ressource, au moins depuis que le commerce de Torseille a été abandonné.
Productions. Bétail. — On trouve dans tout le pays de nombreux bœufs, moutons, chèvres; les Mahafalys portent le plus grand intérêt au bétail, qui est leur richesse principale.
Tortues. — Très abondantes sur la côte, les tortues se vendent bien à la Réunion, mais le marché en est restreint. Si elles se sont conservées jusqu'ici dans le Sud, c'est parce que les indigènes ne les mangent pas ; ils n'osent même pas les toucher ni les prendre pour aller les vendre ; aussi les commerçants sont-ils obligés de louer des Sakalaves du Fiherenana ou des Antanosys émigrés pour les faire ramasser dans les plaines qui avoisinent les factoreries.
Tripan de mer. — La pêche des tripans a été autrefois très fructueuse.
Caoutchouc. — Le commerce du caoutchouc date de 1892; dans les premières années, on en a exporté environ 400 à 500 tonneaux; mais, actuellement, l'exportation annuelle ne dépasse guère une soixantaine de tonneaux, les indigènes ayant presque entièrement détruit les lianes. En revanche, on trouve en abondance dans tout le pays un arbre à caoutchouc, qui est le même que le caoutchouc antandroy ou intisy, avec lequel il semble présenter beaucoup d'analogie. D'après M. Payet, il atteint 2 ou 5 mètres de hauteur, ne porte pas de feuilles et présente un fort renflement à la naissance du tronc ; le latex qu'il produit a la même odeur que celui du « laro » (Euphorbia tirucalli) de Tulléar, mais ce dernier ne se coagule pas spontanément. L'arbre à caoutchouc du pays mahafaly produit, dit-on, à partir de la cinquième année, une sorte de fruit ovale d'une capacité d'environ 1 litre et
qui renferme une certaine pulpe que uian<r(Mit les indigènes; l'enveloppe du fruit est assez dure pour jouer le rôle de calebasse.
Gommes, résines. — Il en existe en grande quantité.
Orseille, — L'orseille est abondante, mais, sans emploi depuis la découverte des couleurs d'aniline, elle ne fait plus l'objet d'aucun trafic.
Mines. — D'après les renseignements recueillis, il existerait des mines dans l'intérieur du pays.
Historique. — D'après Guillain, l'un des auteurs les plus consciencieux qui aient écrit sur Madagascar, le pays mahafaly serait en quelque sorte le berceau, dit-on, des Sakalaves qui seraient venus du pays mahafaly sous la conduite d un certain Andriandahifotsy (le grand chef blanc). Cet Andriandahifotsy était fils d'Andriamisara, fils d'Andriamandazoalina, fils de Rahorombi-Tsimalefaka, fils d'Andrianaliinbé, lequel, d'après la tradition, arriva dans le pays mahafaly venant de l'Est avec « d'autres blancs », peut- être des Arabes, car on sait qu'une colonie arabe (dont descendaient incontestablement les Antaimoros et les Antambahoakas) vint, il y a sept siècles environ, directement de la Mecque s'établir sur la côte Est.
Ainsi, il semble, d'après la tradition et d'après les renseignements recueillis par Guillain, que le ])ays mahafaly a été visité, sinon occupé pendant un certain temps, par les Arabes venus de la côte Est et que ces Arabes, soit par esprit de conquête, soit que le pays ne leur offrît pas de ressources suffisantes, sont ensuite remontés au nord du Fiherenana.
Ethnographie. — De taille moyenne, le Mahafaly a le teint jaune, les cheveux lisses, les lèvres un peu fortes, le nez peu épaté.
Il est d'un naturel plutôt doux, superstitieux et inconsciemment immoral. 11 vit en famille, dont le père, ou, à défaut, le frère aîné, est le chef, et qui souvent forme tout le village.
Les Mahafalys sont polygames, surtout les chefs; certains individus ont jusqu'à sept femmes, mais, s'ils en prennent plusieurs, c'e^t pour les faire travailler. La femme n'a aucune autorité publique; elle s'occupe des soins du ménage, tisse les lambas avec le coton du pays ou la bourre de soie fournie par les vers du pays. En outre, chaque femme a son carré de terrain.
Les enfants appartiennent au mari.
Ces indigènes se nourrissent de fruits, de graines et de laitage; ils ne consomment de viande qu'à l'occasion des sacrifices, des cérémonies ou des réjouissances. Ils mangent, comme friandise, une graine produite par un arbre appelé « atakaka », qu'ils font griller; ils se montrent également friands d une espèce de résine sucrée que déposent de petits diptères, et que visitent certaines fourmis, sur les feuilles d'un autre arbre nommé « atambora ».
Les villages mahafalys se composent d'une ou de plusieurs familles dont les cases sont construites comme celles de Tulléar. Il sont entourés d'une enceinte formée de nopals ou de broussailles qui ne laissent qu'une seule entrée et qui constituent une vérilable défense ; ils ont tous leur territoire
distinct, et, autour de chacun d'eux, il y a une certaine étendue de terrain qui est défrichée pour la culture et entourée de broussailles et de nopals, comme cela se pratique à TuUéar.
Les tribus se composent d'un certain nombre de villages; le titre et les fonctions de chef y sont héréditaires ; elles sont réunies sous l'autorité d'un roi, entouré de chefs qui lui forment une sorte de cour, lui servent de ministres et exercent une grande influence sur ses décisions. Le roi a droit de vie et de mort sur ses sujets, mais il n'en use que pour satisfaire des vengeances personnelles ou pour exécuter des brigands ou des voleurs.
Les indigènes ne payent aucune redevance au roi, ni à ses chefs. Le roi a toujours sa résidence dans l'intérieur, à 50 ou 60 kilomètres de la côte au moins; mais il a, sur la côte, ses « masondranos », qui sont chargés de le prévenir dès qu'un navire prend son mouillage ou qu'il y a des droits importants h percevoir. Ce sont les traitants qui doivent entretenir ces masondranos, et ils ont, déplus, à acquitter entre les mains des « mpitaka » (représentants du roi) des droits de séjour ainsi que des droits de sortie dits « lilintany ».
Dans ces dernières années, les traitants avaient obtenu des chefs indigènes l'autorisation de faire la traite à terre, mais, presque chaque fois qu'on débarquait de grandes quantités de marchandises, les factoreries étaient pillées, aussi bien d'ailleurs chez les Antandroys que chez les Mahafalys. C'est ainsi que les maisons J. Bonnemaison et Hermann, Fulgence et Rozier aîné, de Bourbon, et Thompson, d'Angleterre, furent pillées le 14 mars 1896 par les ministres antandroys accompagnés d'environ 200 hommes armés. Les agents de ces maisons durent s'enfuir dans la brousse et trouvèrent à leur retour leurs cases entièrement pillées, brûlées et détruites.
histruits par l'expérience, les quelques commerçants, qui font encore le trafic sur ces côtes, ne débarquent plus qu'une très petite quantité de marchandises à la fois, puis, l'échange fait, rapportent à bord le caoutchouc ou les autres produits obtenus et recommencent de même le lendemain. En échange de cotonnades, de marmites, de pois du Cap ou de maïs, les indigènes fournissent du caoutchouc, du bétail, etc.
Outre les droits dont nous venons de parler et qui sont perçus sur les traitants, les rois mahafalys exigent encore des Baras ou des Antanosys émigrés, qui traversent leur territoire pour se rendre dans les ports de trafic, le payement d'un tribut très élevé, atteignant quelquefois jusqu'à la moitié, mais au moins, dans tous les cas, le tiers de la valeur des marchandises.
Dans les guerres ou les expéditions, les chefs ont une grosse part de prises. La conclusion, comme le but de toutes ces guerres, est la réduction à l'esclavage des prisonniers, hommes, femmes et enfants. Les bestiaux sont également razziés. Habituellement, on ne s'empare pas du territoire des vaincus et il n'y a, en général, annexion de territoire que dans les guerres entre rois.
Les hommes valides sont appelés à la guerre au son d'une conque marine « antsiva » ; ils font grand bruit avec cet instrument et poussent, en outre, des cris pour effrayer l'ennemi. Au reste, les partis opposés n'ont que de mauvais fusils à pierre et tirent à une distance très respectable; aussi y a-t-il
ETHNOGRAPHIE
rarement de? morts. Los comhnts siiij^iilieis avec la sa<raio sont très rares en guerre, mais il s'en présente quelquefois dans les kabarys particuliers, sous l'influence de la colère et surtout du rhum. C'est, en elTet, dans des kabarys particuliers que se tranchent tous les dillérends. Il arrive souvent dans ce cas, connue le fait s'est produit à Tsitampolo, qu'il y a des blessures et même mort d'hommes; les cond)ats corps à corps dans ces circonstances sont assez fréquents, et un ^rand nombre d'indigènes portent des traces de blessures. Très rarement ils se livrent à des voies de fait sur les blancs, se contentant généralement de les menacer, de les bousculer et de gesticuler, en criant très fort en leur présence.
Le roi, les chefs, les particuliers, ont chacun son troupeau, mais tous les bestiaux des individus d'un même village sont réunis dans le même parc et surveillés par des gardiens communs. 11 n'existe dans le pays aucun insecte, ni aucun animal dangereux pour le bétail.
Nous terminerons cette notice par quelques renseignements sur les chefs et par un mot sur la faune du pays.
Le roi Befotaka a une résidence à Lanjiro, non loin de la côte, et une autreàMiary, à quinze jours dans l'intérieur. — Ce dernier village appartient pour moitié à Tsivercnja. Befotaka est âgé de vingt-cinq ans, d'un caractère timide ; il est affligé d'une plaie cancéreuse au pied. Il a un frère nommé Radama. Le chef local d'Anakao s'appelle Remanono.
La résidence de Tsiverenja est inconnue.
Les chefs de la côte sont :
Beravo, à Tsitampolo, au bord de la mer.
Boteda, à Limbetaka, à i kilomètre de la mer.
Tolondraza, à Lanirano, à 4 kilomètres de la mer.
Angalita, à la baie des Masikoros, au bord de la mer.
La capitale de Tsihempona est aussi inconnue.
Les chefs côtiers sont :
Tsimariry, à Ambohibola, à '2 kilomètres de la mer. Tsizafy, à Ampalaza, au bord de la mer. Bekeké, à Androka.
Faune. — La faune est sensiblement la même que dans la province de TuUéar. Il n'existe pas d'animaux dangereux. Il y a une sorte de gros chat sauvage, musqué, la queue en panache, le museau allongé et la peau tigrée (civette).
On a trouvé à Tsitampolo des débris d'animaux disparus, tels que l'hippopotame de M. Grandidier, dont M. Payet a rapporté un os frontal.
Masikoros. — Les Masikoros (habillés de jonc) ne sont pas une tribu spéciale, comme beaucoup de personnes le croient à tort, c'est la dénomination générale des Malgaches de l'Ouest et du Sud-Ouest qui habitent l'intérieur et ne s'adonnent pas à la navigation; ce sont les paysans, les cultivateurs, en opposition des Vezos ou habitants de la -côte qui sont avant tout des pécheurs.