III
de cinq ans la mortalité est considérable pour les enfants. Les fonctionnaires, dont la durée de séjour colonial est limitée, pourront emmener leur famille avec eux.
C'est à partir de vingt-cinq ans qu'il faut s'expatrier. Durant la période du corps expéditionnaire, les jeunes soldats du 200e régiment d'infanterie et du 40e bataillon de chasseurs sont loin d'avoir aussi bien résisté que les hommes plus âgés du bataillon de la légion étrangère et que ceux du régiment d'infanterie de marine, dans lequel se trouvait un assez grand nombre de rengagés.
Tempérament. — Les lymphatiques, les gens à sueurs faciles, les obèses, présentent en général peu de résistance aux colonies. Les hommes d'un tempérament nerveux ou sanguin offrent plus de garanties.
Les individus présentant des tares organiques, des affections chroniques, devront rester dans leur pays d'origine; il en sera de même pour les dyspeptiques, les gros mangeurs et ceux qui ont des troubles digestifs en pays tempérés. (Navarre.)
Professions. — S'il est une vérité connue de tout le monde, c'est que le travail de la terre est interdit aux Européens dans les pays chauds. Nulle part entre les tropiques, dans les contrées où l'altitude ne vient pas corriger les influences météoriques morbigènes, dit le docteur Navarre, le blanc ne peut se livrer à la culture du sol. Les tristes expériences qu'en ont faites les soldats français, partout où on les a employés à des travaux de terrassement, en sont une preuve évidente.
Laissant de côté les travaux de labour, l'Européen peut se livrer à des travaux de culture exigeant peu d'efforts musculaires et surtout de l'intelligence et des soins; telles sont les cultures du tabac, du café, de la vanille, de la vigne, etc.; il en est de même pour l'élevage du bétail.
Presque toutes les professions manuelles peuvent être exercées sur les hauts plateaux, mais, sur la côte, quelques-unes seulement pourront être abordées par l'Européen; ce sont celles qui ne demandent pas de violents efforts musculaires et s'exercent à l'ombre, telles que les professions de tailleur, de typographe, d'horloger, de menuisier, de cordonnier, etc.
Les métiers de boulanger, de forgeron, de chauffeur, de cuisinier, et, en somme, tous ceux qui exigent la présence devant le feu, devront être interdits aux Européens dans les régions basses de l'île.
Le commerce et les professions libérales peuvent être exercés par les Européens dans les diverses contrées de Madagascar.
Au point de vue économique, les industriels ne pourront employer les Européens que comme contremaîtres, surveillants ou bien ouvriers d'art.
Epoque de l'arrivée. — Le moment le plus favorable est le mois de mai (à Majunga ou à Tamatave) ou le commencement de juin (à Diego- Suarez), lorsque les pluies ont cessé et que la température est devenue plus supportable. A vrai dire, les mois d'août et de septembre sont les moins insalubres; mais ils ont l'inconvénient d'être proches de la saison pluvieuse.
En arrivant au commencement de la saison sèche, l'Européen a quatre ou
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cinq mois devant lui, pendant lesquels il pourra se reconnaître, s'installer, s'initier à son nouveau genre de vie, acquérir des renseignements plus complets sur les règles hygiéniques qu'il lui conviendra d'adopter, se rendre compte des ennuis contre lesquels il lui faudra lutter : soleil, paludisme, variations brusques de température, etc.
Hygiène pendant la traversée — A bord. — Les passagers trouveront beaucoup de confort à bord des paquebots qui font le service entre la France et Madagascar; il nous suffira de leur donner quelques conseils, qui leur permettront de faire la traversée dans de bonnes conditions d'hygiène.
Au départ d'Europe, nous recommandons de choisir une cabine à bâbord, c'est-à-dire à gauche lorsque le passager debout sur le pont regarde l'avant du bateau; on évite ainsi l'après-midi les ardeurs du soleil, et la température des cabines est de deux ou trois degrés inférieure à celles de tribord. Avantage fort appréciable dans la mer Rouge et l'océan Indien.
Naturellement, pour le retour, on choisira de préférence une cabine à tribord (à droite du bateau).
Les personnes ayant facilement le mal de mer s'installeront le plus près possible du centre du navire, point où les mouvements du tangage sont les moins accusés.
Il sera prudent de placer dans deux petites malles plates le linge et les vêtements nécessaires pour la traversée. La première, contenant des vêtements d'Europe et du linge en quantité suffisante pour aller jusqu'à la mer Rouge, c'est-à-dire pour sept ou huit jours; la deuxième, placée dans la cale de prévoyance, renfermera du linge, des vêtements en toile blanche ou en flanelle légère, pour une période de trois semaines environ. Le casque colonial, acheté avant le départ, ne sera pas enfermé dans une malle, où il pourrait se déformer, mais placé directement dans la cabine.
Dès que le navire aura dépassé Port-Saïd, on prendra des vêtements plus légers; et, de 7 heures du matin à 5 heures du soir, il conviendra de ne pas s'aventurer sur le pont, même garni de tentes, sans être muni de son casque.
Une chaise longue, achetée au port d'embarquement et installée sur le pont, rendra les plus grands services à son propriétaire pendant la traversée et pourra même être utilisée dans la colonie.
De nombreux médicaments ont été conseillés contre le mal de mer, mais aucun d'eux n'est réellement efficace. Si la mer est mauvaise, si vous vous sentez indisposé, montez sur le pont et cherchez à vous distraire en causant avec d'autres personnes moins sensibles que vous. Le malaise persiste-t-il, étendez-vous sur votre chaise longue. Si, malgré ces précautions, vous ne sentez aucune amélioration, si les nausées et les vomissements se déclarent, retirez- vous dans votre cabine et prenez quelques aliments liquides afin de vous soutenir et de ne pas laisser l'estomac se contracter à vide. A part les enfants en bas âge, tout le monde est sujet au mal de mer. Généralement, cette indisposition ne se manifeste que les premiers jours du voyage.
Un autre malaise, fréquemment observé pendant la traversée, c'est la constipation, qu'il sera facile de combattre par l'absorption d'un gramme de
rhubarbe, d'une ou deux pilules de podophyllin ou, plus simplement, par un lavement froid.
Les douches seront avantageuses; mais, si l'on emploie l'eau de mer, des lotions d'eau douce seront faites immédiatement après la douche. L'eau de mer seule est irritante et pourrait favoriser l'apparition de la bourbouille.
Dans les régions tropicales, la température pendant la nuit étant sensiblement plus basse que pendant le jour, il conviendra de ne pas dormir les sabords ouverts. Si l'on ne tient pas compte de ce conseil, il faudra au moins se couvrir le ventre pendant le sommeil, afin d'éviter les refroidissements nocturnes.
Escales. — Partout où le navire fera escale, les passagers pourront descendre à terre, à Port-Saïd, Djibouti. Aden, Zanzibar, Mayotte, Majunga, Xossi-Bé; en somme, dans la zone équatoriale ou tropicale, il convient de ne pas descendre à jeun le matin avant le lever du soleil et de rentrer à bord avant la nuit. Des vêtements légers, le casque et même l'ombrelle sont de rigueur. Il faut éviter de sortir de 10 heures du matin à 5 heures de l'après-midi. Si Ton éprouve un léger malaise, une indisposition quelconque, il est préférable de rester à bord, car dans ces conditions le degré de réceptivité augmente et l'on est plus exposé à contracter la fièvre.
Habitation. — L'habitation devra autant que possible être établie sur une hauteur, loin des alluvions, sur un terrain perméable ou, à défaut, en pente, de manière à ce que le libre écoulement des eaux soit assuré. Autant le sol argileux ne convient pas, autant le sable offre des conditions de salubrité, parce qu'il laisse filtrer assez profondément l'eau de la superficie. 11 faudra éviter le voisinage des rizières, dont le mode de culture de la part des indigènes est très défectueux.
Le sol sera débroussaillé sur une grande étendue et planté d'eucalyptus de diverses variétés, arbres qui croissent très vite, assèchent le sol et éloignent par suite, les moustiques et peut-être la malaria. Les propriétés asséchantes du bambou sont encore plus remarquables et sa croissance est prodigieuse.
Les meilleurs matériaux de construction sont : la pierre et la brique. Dans le cas où il serait difficile de s'en procurer, comme à Tamatave par exemple, il n'y aurait pas un trop grand inconvénient à employer le bois, à condition, toutefois, qu'on abandonne complètement la toiture en tôle ondulée et qu'on la remplace par les bardeaux ou par les tuiles. La toiture en tôle ondulée ne devrait être utilisée qu'en ayant soin de munir les appartements d'un plafond en planches bien jointes, et de ménager sur le toit des ouvertures recouvertes de lanterneaux et destinées à permettre à l'air chaud de s'échapper. Mais ce n'est qu'un pis aller, et il faut donner la préférence aux constructions en pierre ou en briques, avec un mur très épais et une toiture en tuiles et avec plafond en planches au-dessus des appartements.
Quel que soit le mode employé, dévastes vérandas devront toujours entourer la maison d'habitation de tous côtés afin de la bien garantir contre la chaleur du soleil.
Il ne faut pas loger au rez-de-chaussée, qui ne devra jamais reposer sur le
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sol; on sait, en effet, que le miasme palustre ne s'élève pas à une grande hauteur. Les habitations devront donc être construites sur pilotis, être élevées de 1 mètre à 1 m. 50 du sol, de façon à permettre à l'air de circuler librement au-dessous, et se composer de deux étages; le rez-de-chaussée sera consacré aux magasins ou aux bureaux et, l'autre étage, au logement.
L'orientation varie selon les localités et la direction des vents. La meilleure, en général, est l'Est-Ouest avec de légères inclinaisons au Nord ou au Sud, suivant les brises régnantes.
On doit appliquer avec la plus grande rigueur les préceptes d'hygiène de nos pays concernant les servitudes privées, les buanderies, etc.
Sanatoria. — L'Européen, qui, par ses affaires ou son service, est obligé de séjourner dans les régions basses de la Grande île africaine, devra, si c'est possible, aller chaque année se refaire sur les hauteurs. Le plateau central est tout indiqué dans ce but; toutes les localités qui s'y trouvent constituent de véritables sanatoria, par le seul fait de leur altitude et de leur salubrité relative.
Les habitants de Diego-Suarez ont à proximité la montagne d'Ambre; ceux de Nossi-Bé trouveront à Nosy Komba non pas des conditions aussi favorables, mais du moins une altitude qui, bien qu'assez faible, influera peut-être heureusement sur leur santé.
Habillement. — Pendtant les heures chaudes, il convient d'adopter le vêtement blanc, en laine fine ou en coton; il sera ample, à col large, et ouvert afin de laisser circuler l'air.
Sur la côte, durant la saison fraîche, il est prudent de se vêtir, le matin et le soir, de drap léger ou de flanelle. C'est de toute rigueur sur le plateau central, où il faut porter à peu près tout le jour, pendant les mois les plus frais, des vêtements aussi chauds que ceux de France en automne.
Le gilet de flanelle donne beaucoup de sécurité. La meilleure chemise est celle en soie écrue, à col ouvert et lâche. Le caleçon n'est pas moins utile. La ceinture de flanelle, qu'on porte souvent systématiquement, nous parait plutôt nuisible; elle prédispose autant à la diarrhée que le foulard aux angines, lorsqu'elle est mise directement en contact avec la peau.
Le chapeau de paille est insuffisant; il faut un casque léger, élevé, à bords larges, de couleur blanche, confectionné de telle sorte qu'il permette la circulation de l'air, tout en recouvrant bien la nuque et les tempes.
Les personnes qui craignent beaucoup le soleil, celles qui sont anémiées, les voyageurs qui parcourent de longues distances, se trouveront bien de l'introduction, dans la forme du casque, d'une éponge humide reposant sur le cuir chevelu, et de l'adjonction d'un large voile de cotonnade faisant office d'éventail.
Il n'y a pas à compter sur le casque pour assurer une protection suffisante des yeux, dont les nerfs et les vaisseaux sont le prolongement du cerveau. Des verres fumés, neutres ou corrigeant les vices de réfraction, affaibliront utilement l'action des rayons solaires et diminueront la sensation de chaleur, en même temps qu'ils préserveront ces organes délicats des poussières.
En ce qui concerne la chaussure, M. Treille recommande les souliers ou
les demi-brodequins en sparterie, alfa ou fil d'aloès, qui sont frais et souples. Mais en cas d'exploration, d'expédition, de voyage, il conviendra de porter des bottines lacées à hautes tiges, qui préserveront les jambes des parasites et de l'humidité.
Alimentation. — Les lois de l'alimentation se réduisent pour l'auteur
que nous venons de citer, à deux préceptes :
a) Fournir moins de chaleur.
b) Nécessiter un moindre travail digestif.
Pour s'vconformer, ilfautétre sobre et se nourrir surtout d'aliments légers.
Parmi les aliments d'origine animale, il faut choisir les volailles, les œufs, le lait, le poisson; parmi les aliments végétaux, le froment, le riz, la pomme de terre, les légumes verts. Le régime alimentaire rationnel doit être le suivant :
a) Viande de boucherie (mouton, bœuf, porc), trois fois par semaine.
b) Œufs ou volailles, quatre fois par semaine.
c) Poissons, crustacés, coquillages, quatre fois par semaine, associés aux précédents ou alternant avec eux.
d) Légumes verts, riz, légumes secs, fécules indigènes, associés aux deux séries précédentes ou alternant avec elles.
A Madagascar, le mouton est médiocre; le bœuf est bon. Malheureusement toutes ces viandes, surtout celle du porc, sont infestées de parasites (tœnia), aussi est-il indispensable de pousser assez loin leur cuisson.
On ne saurait trop apprécier l'usage des œui's, qu'il faudra toujours choisir frais ; ils constituent avec la volaille une grande ressource alimentaire. Les viscères des volailles seront scrupuleusement examinés, car leur foie est fréquemment abcédé.
Les poissons, dont la chair nourrit quelquefois autant que les viandes blanches, constituent un aliment d'autant plus séduisant que l'Européen a vite le dégoût de la viande. 11 doit s'en tenir à ce sujet aux conseils de Fonssagrives.
1° Se renseigner auprès des indigènes et se faire montrer les espèces dangereuses.
2° Expérimenter les poissons suspects sur des animaux.
5° Ne manger aucun poisson qui ne soit soigneusement vidé, débarrassé des œufs, de la laitance et du foie.
Les crustacés peuvent causer de la diarrhée et prédisposer à la dysenterie.
En ce qui concerne les légumes, leur usage est presque nécessaire; mais il doit être modéré. La digestion des viandes est facilitée par leur mélange avec les légumes verts.
On peut manger des fruits à Madagascar, comme dans toutes les autres colonies; mais très modérément. On appréciera vite sur soi-même l'action de chacun d'eux; que ceux, pour qui l'abus est près de l'usage, sachent bien qu'ils détermineront facilement des irritations gastro-intestinales, des accidents diarrhéiques ou dysentériformes, surtout s'ils ne sont pas bien murs.
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Les épices, les condiments du pays ne peuvent être autorisés qu'à dose minime.
En résumé, l'alimentation doit être légère, variée, prudente plutôt fréquente qu'abondante.
Repas. — C'est une faute très grave contre l'hygiène, et, trop souvent commise, de ne faire sous la zone torride que deux repas par jour. Autant pour ménager l'estomac, pour lequel le travail de la digestion est si considérable et parfois si difficile, que pour éviter les fermentations gastro-intestinales, il est nécessaire d'en faire au moins trois; le matin, peu après le réveil, a 10 ou 11 heures, et à 6 heures du soir.
Il est imprudent de commencer à vaquer à ses occupations le matin à jeun. Le meilleur moyen de se soustraire à l'influence des miasmes qui se dégagent du sol dès les premières heures du jour et de fournir au liquide sanguin une richesse au moins momentanée, de donner aux cellules du sang l'apport nécessaire pour lutter contre les cellules microbiennes, est de prendre quelque nourriture.
Le premier déjeuner consistera en œufs, bœuf rôti ou poulet froid; il sera avantageux de prendre comme boisson un verre à bordeaux de bon vin rouge. Dans le cas où l'appétit ferait défaut, il est indiqué de se nourrir au moyen d'une alimentation liquide, consistant en bouillon, jus de viande, lait.
Le dernier repas ne doit pas avoir lieu trop tard dans la saison d'hivernage, afin que le travail digestif ne vienne pas s'ajouter à toutes les difficultés qu'éprouve l'Européen à avoir un bon sommeil. Les repas seront toujours pris régulièrement aux mêmes heures. On évitera autant que possible les dîners en ville.
Boissons. — La quantité de boisson prise aux repas sera réduite au minimum. Boire frais est agréable et même utile, mais boire trop froid est nuisible ; quelques petits morceaux de glace dans une carafe contenant le liquide lui donnent une fraîcheur suffisante.
Dans rimerina et le Betsileo, il vaudra mieux s'abstenir de cette pratique, dont on n'éprouve d'ailleurs nullement le besoin.
Il est préférable de ne pas boire dans les intervalles des repas, mais, si on ne peut résister à la sensation de la soif, on prendra, par petites gorgées, du thé ou du café très léger; cette sensation est souvent calmée par un lavage de la bouche suivi d'un gargarisme. Le thé et le café sont des boissons très hygiéniques, qui ont peut-être une certaine action contre la malaria et qui donnent du ton à l'organisme par l'intermédiaire du système nerveux.
La plupart des boissons alcooliques doivent être proscrites. L'alcoolisme, qui est un des fléaux du xixe siècle, abrutit et tue les individus et les races; il prédispose aux coups de chaleur, aux hépatites, aux affections du cœur, à la dysenterie. Ceux qui s'y adonnent sont les victimes marquées de toutes les épidémies, ils n'offrent aucune résistance à l'invasion des maladies; quand ils sont atteints d'une affection fébrile quelconque, ils succombent en proportion considérable, leur système nerveux, le grand régulateur, étant profondément déprimé.
Quand on est sur de sa provenance et, partant, de sa qualité, on peut faire usage aux repas d'une quantité modérée de vin rouge coupé d'eau; les meilleurs vins rouges sont ceux de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Lot, du Gers, du Roussillon et de l'Hérault; les autres se conservent mal aux colonies. Nous ne saurions conseiller le vin blanc; outre qu'on est tenté d'en boire plus que de vin rouge, il contient des éthers plus ou moins nocifs.
D'une manière générale, la bière est une boisson peu recommandable, surtout sous les tropiques. Elle a été alcoolisée pour l'exportation, et le « lupulin » qu'elle renferme a une action dépressive sur le système nerveux. Elle prédispose aux catarrhes de toutes les muqueuses, et, ce qui est plus grave, elle constitue un milieu de culture où pullulent les micro-organismes.
Pour ceux qui n'aiment ou ne peuvent pas se procurer de bon vin rouge, la boisson habituelle des repas doit être le thé léger, qui est une infusion tonique, produisant une sensation agréable de fraîcheur après refroidissement, et qui a l'avantage de donner, grâce à l'ébullition, une garantie certaine contre l'ingestion des microbes.
Eau potable. — Dans la pratique de la vie courante, il faut se méfier des filtres, dont le meilleur n'est jusqu'ici qu'un instrument de laboratoire; un filtre exige, pour remplir son rôle d'épurateur, des soins qu'il esl à peu près impossible de lui donner, et son usage constituera un véritable danger si l'on a apporté la moindre négligence dans son entretien, son nettoyage et sa désinfection.
D'ailleurs, un filtre parfait qui empêche les microbes de passer dans l'eau de fîltration n'en laisse pas moins passer les poisons sécrétés parles microbes, poisons qui ne peuvent être détruits ou atténués que par l'ébullition. Suivons donc jusqu'à plus ample informé le vieux précepte : « Si tu veux être sur de ton eau, fais-la bouillir. » Ce conseil ne vise naturellement que les eaux dont la provenance inspire des soupçons légitimes.
Hygiène des téguments. Ablutions. Bains. Douches. — On ne saurait pousser trop loin, sous la zone torride, le luxe des précautions à prendre en ce qui concerne les soins de la peau.
Des ablutions, des bains froids, ne procurent pas seulement une sensation agréable; ils donnent du ton à l'organisme en activant les fonctions cutanées débarrassées des déchets épidermiques.
Il faudra s'y livrer au moins deux fois par jour, le matin dès le réveil et vers 2 ou 5 heures de l'après-midi. Ces ablutions seront toujours froides, faites rapidement à l'éponge ; commencées par des lotions savonneuses et terminées par des lotions légèrement aromatisées, puis suivies d'une friction sèche assez énergique avecjegant de crin ou simplement un linge de flanelle, elles ont une efficacité considérable. Toute l'eau destinée à la toilette devra être préalablement débarrassée de ses germes par une ébullition prolongée et conservée dans des récipients bien entretenus.
Le bain tiède de 25 h 55° est à recommander aux femmes, aux enfants et aux convalescents. Le bain frais de 22 à 24° procure plus d'agrément immé-
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diat. On ne restera jamais plus de einq minutes dans l'eau; certaines personnes nerveuses ne devront pas y rester au delà de deux minutes. La douche peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal; il ne faut pas s'en servir sans l avis d'un médecin.
Les bains de mer n'offrent guère que des inconvénients sous les latitudes chaudes.
Exercice. Emploi de la journée. — Sous les climats tropicaux, où il existe une grande tendance à l'inactivité, il est cependant indispensable de prendre modérément et régulièrement de l'exercice qui aide la digestion, favorise le fonctionnement de tous les organes et constitue un bon moyen d'éviter la constipation.
La quantité nécessaire de sommeil est difficile à évaluer : elle dépend surtout du genre d'occupation; sept heures nous paraissent un mininum. Dans les vingt-quatre heures, huit ou dix heures de repos ne sont pas de trop.
Dormir après le déjeuner n'est pas indispensable, mais le repos est obligatoire. Si l'on cède à la sieste, il ne faut pas dormir plus d'une heure; elle n'est pas nécessaire sur le plateau central, où elle ne peut avoir que des inconvénients.
On ne manquerait pas d'arguments pour discuter son opportunité sur la côte, pendant la saison fraîche, et il ne serait peut-être pas difficile de démontrer qu'elle n'a d'autres résultats que d'amollir; mais on comprend que pendant l'hivernage, quand le sommeil de la nuit a été pénible et insuffisant, la fatigue soit telle qu'on ne puisse résister au besoin de dormir dans la journée; néanmoins, faire de la sieste une habitude impérieuse, c'estadopter un genre de vie capable de porter préjudice aux affaires, sans utilité démontrée pour la santé. Après le repas, il suffit de se reposer physiquement et intellectuellement.
L'insomnie de la nuit est un supplice dans les pays chauds. Signe d'un affaiblissement général, il est souvent le symptôme de l'impaludation. En ce cas, les narcotiques seraient inutiles et la médication doit consiste]' en toniques ; on doit changer de climat et aller sur les hauteurs.
En pays intertropical, il est nécessaire de ne pas se servir d'un lit trop moelleux; le matériel de couchage consiste en un sommier métallique, recouvert d'un seul matelas de crin, de varech ou de coton.
\ oici, en résumé, l'emploi de la journée au point de vue hygiénique :
Se lever au jour. Faire des ablutions d'eau froide sur tout le corps. Ne pas oublier dans la toilette les soins à donner à la bouche et aux dents. Boire une tasse de café ou de thé.
Se livrer à une promenade ou à une occupation, et faire de l'exercice pendant un quart d'heure ou une demi-heure. Faire un repas léger (œufs, bœuf rôti ou poulet froid ), arrosé d'un verre à bordeaux de bon vin rouge.
Jusqu'à 10 heures, occupations ordinaires. Si celles-ci se passent en plein soleil et que l'ombrage ne soit pas suffisant, les quitter vers 9 heures et demie. Déjeuner léger, sans rapidité. Se reposer jusqu'à 2 heures. Faire des ablutions froides dans les mêmes conditions que le matin. De 2 à
6 heures, occupations habituelles qui ne doivent jamais prolonger l'exposition au soleil; s'il est impossible de l'éviter, aller de temps en temps se reposer à l'ombre pendant quelques minutes et pratiquer des ablutions froides sur la tète, le cou, la poitrine, les membres supérieurs.
Dîner à 6 heures, c'est-à-dire le plus tôt possible, afin d'éviter le travail de la digestion dans la nuit. Se coucher à 10 heures.
Ces recommandations ne s'adressent dans toute leur rigueur qu'aux personnes habitant le littoral ou dans des régions insalubres. Dans l'Imerina et le Betsileo, l'Européen pourra aisément s'en départir, mais il devra toujours prendre toutes les précautions contre le soleil, aussi longtemps qu'il est audessus de l'horizon.
Plaisirs sexuels. — Les excès de toute nature, quels qu'ils soient, offrent des dangers partout; dans les pays chauds, ils sont surtout à redouter, car, répétés, ils ne tardent pas à engendrer les plus graves désordres, quand ils ne conduisent pas au tombeau.
La nonchalance, une excitation factice tendent, sous le climat tropical, à porter aux excès vénériens, qui sont aussi dangereux que les excès alcooliques. La continence, même poussée très loin, ne saurait avoir d'inconvénients.
De la quinine dite préventive. — La quinine est un excellent médicament, trop vanté par les uns, trop décrié par les autres; les premiers en font un usage abusif, les seconds ne l'utilisent pas assez. Elle est loin d'avoir une efficacité certaine pour prévenir le paludisme, et la question de la quinine préventive divise encore aujourd'hui les praticiens des pays palustres. « D'ailleurs, dit Bardet, nombre de confrères ont démontré que le cadre des maladies fébriles justiciables des sels de quinine se rétrécissait de plus en plus. Les accès infectieux, relevant des fièvres tropicales, sont beaucoup plus à craindre que les fièvres palustres elles-mêmes; ces accès surviennent d'une hygiène défectueuse, d'une alimentation carnée trop exclusive, d'excès alcooliques. Il y aurait plus d'avantage à contraindre les troupes, dans les pays intertropicaux, à une hygiène sévère, à interdire le transport des boissons alcooliques, qu'à les quininer préventivement. »
Pour le docteur Navarre et bien d'autres hygiénistes, la quinine ne prévient pas plus la fièvre que le mercure la syphilis.
Avant tout, il s'agirait de savoir ce qu'on entend par quinine préventive ; la chose n'est point aisée. S'appuyant sur des conceptions théoriques, les premiers qui l'ont conseillée à ce titre ne permirent d'abord que des doses très faibles, 5 ou 6 centigrammes, le résultat obtenu fut nul; alors et progressivement on fit usage de doses plus élevées. Il y a des médecins qui n'hésitent pas à prescrire, quotidiennement et même pendant des mois entiers, 40 à 50 centigrammes de cet alcaloïde. Il n'y a aucune raison de s'arrèler dans cette voie, car une question se pose ; Quand devra-t-on suspendre cette administration chez un sujet soumis en permanence aux causes déterminantes de la malaria? ce qui est le cas le plus ordinaire à Madagascar.
Pour être logique, il ne faudrait jamais dans ces conditions, et toujours
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dans un but préventif, cesser l'emploi des sels de quinine; or, ce médicament est ou incite ou actif. Dans le premier cas, il est inutile de le prescrire; dans le second, on ne saurait en user d'une manière aussi immodérée, sans s'exposer à des accidents redoutables, portant surtout sur le système nerveux et pouvant aboutir en dernier ressort à la cachexie qu inique.
Un autre inconvénient très grave résulte de l'usage quotidien de la quinine; c'est (bien qu'on ait prétendu le contraire) d'habituer le sujet à Faction du médicament, qui, lorsqu'il est pris en cas de maladie, ne donne plus les résultats sur lesquels on avait le droit de compter; il est d'observation courante que les personnes systématiquement quininées sont obligées, pour combattre avec succès l'accès de fièvre qui n'a pu malgré tout être prévenu, de doubler la quantité normale du précieux antipériodique.
En réalité, la quinine écarte les manifestations violentes du paludisme, elle diminue la gravité de ses formes. Dans certaines circonstances, voyages en pays montagneux ou marécageux, surmenage, exposition prolongée au soleil, il sera prudent, à la moindre alerte, au moindre malaise, d'en absorber une dose assez forte et qui pourra être renouvelée deux ou trois jours de suite; elle n'agira pas alors préventivement, mais bien à titre curatif, ou, si l'on veut, elle sera préventive d'une détermination grave de l'infection tellurique, mais non de la maladie elle-même.
A la dose de 50 centigrammes, la quinine doit être considérée comme curative; et l'administration temporaire de ce médicament paraît, dans ces conditions, très rationnelle.
Caisse de médicaments. — A part les grands centres et les localités où existent des formations sanitaires, les colons ne trouveront ni médicaments, ni soins médicaux. Nous leur conseillons de se munir avant leur départ d'Europe des médicaments les plus usuels. En général, on emporte beaucoup trop de substances ; les quelques médicaments dont nous donnons la liste ci-dessous permettront de traiter presque toutes les maladies qui peuvent être soignées par des personnes étrangères à la médecine :
Sulfate de soude, ipéca en poudre, calomel, chlorhydrate de quinine, solution de quinine pour injections hypodermiques, laudanum de Sydenham, salicylate de soude, iodure de potassium, pilules de podophyllin, permanganate de potasse, teinture d'iode, iodoforme, bichlorure de mercure.
Instruments et appareils. — Thermomètres médicaux, 2; comptegouttes, 2 ; balance avec poids, 1 ; 1 ou 2 irrigateurs avec plusieurs canules et tuyaux de rechange; 1 seringue pour injections hypodermiques; 2 seringues pour injections pour l'urèthre; 1 paire de ciseaux.
Objets de pansement. — Bandes stérilisées, compresses iodoformées, compresses bichlorurées, coton hydrophile.
Les quantités de ces diverses substances seront variables suivant le nombre des personnes auxquelles elles sont destinées.
Tous ces objets seront renfermés dans une caisse spéciale, dont la partie supérieure sera divisée en un certain nombre de compartiments destinés à
recevoir les flacons contenant les médicaments. La partie inférieure disposée en tiroir contiendra les instruments et objets de pansement.
Dose et mode d'emploi de quelques médicaments usuels. — Le sulfate de sonde s'emploie comme purgatif à la dose de 55 à 40 grammes pour l'adulte. On fait dissoudre le sel dans un verre d'eau et on avale d'une seule fois.
Lorsqu'un malade a de l'embarras gastrique, la langue couverte d'un enduit brunâtre ou jaunâtre, quand l'appétit fait défaut ou qu'il existe un peu de diarrhée, il convient d'administrer un purgatif au . sulfate de soude. Il doit être pris à jeun, et le malade n'absorbera d'aliments solides que lorsque le médicament aura produit son effet.
10 grammes ou la valeur de 2 cuillères à café de sulfate de soucie, dans un demi-verre d'eau et pris par petites gorgées d'heure en heure, modifient avantageusement les selles diarrhéiques ou dysentériques; le malade doit être en même temps soumis au régime lacté; il devra prendre son lait par petites gorgées, souvent par petites quantités.
V ipéca est utilisé à la dose de 1 gramme à 1 gr. 50 comme vomitif. La poudre délayée dans un verre rempli d'eau est absorbée à jeun; le malade doit avoir à sa portée 2 ou 3 litres d'eau tiède, de façon à en boire un verre chaque fois que les envies de vomir se manifestent. On évite ainsi les douleurs qui accompagnent les efforts de vomissement lorsque l'estomac est vide.
Le vomitif est indiqué lorsque le malade présente une langue chargée, couverte d'un enduit brunâtre, ou qu'il a des nausées.
L'ipéca rend également de très grands services dans la dysenterie ou la diarrhée chronique; dans ce cas, il faut faire bouillir dans un verre d'eau 4 ou 5 grammes d'ipéca pendant un quart d'heure ; l'eau est ensuite filtrée à travers un linge qui doit retenir la poudre en suspension. On sucre ensuite le liquide ainsi préparé, on y ajoute 15 à 20 gouttes de laudanum, et le malade le boit par cuillerées à café d'heure en heure. On renouvelle cette médication trois ou quatre jours de suite, si c'est nécessaire. Pris sous cette forme, l'ipéca détermine un état nauséeux, mais peu ou pas de vomissements. Le malade soumis à ce régime ne prend que du lait comme aliment.
Le calomel est un purgatif pour adulte : dose, 1 gramme. Ce médicament commence généralement à produire son action cinq ou six heures après avoir été absorbé ; il faut donc le prendre vers le milieu de la nuit ou de grand matin. On s'abstiendra de boire du bouillon ou toute autre substance salée, tant que le purgatif n'aura pas produit son effet.
Le calomel est un purgatif qui agit sur le foie, en favorisant l'écoulement de la bile.
Le chlorhydrate de quinine se prend a la dose préventive de 15 à 50 centigrammes. Dose curative : 50 centigrammes à 1 gr. 50 pour l'adulte.
On administre la quinine peu de temps après l'accès qui vient de se produire ou six ou sept heures avant l'accès présumé. Le malade continuera l'absorption du médicament, pendant plusieurs jours, en diminuant pro-
HYGIÈNE
gressivement la dose, si la fièvre code, en continuant la même dose ou en l'augmentant, si l'accès revient avec la même intensité.
Dans certaines circonstances, telles que marches en terrains marécageux, exposition prolongée au soleil, il conviendra d'absorber au moindre malaise une quantité de quinine variant de 40 à 60 centigrammes, et même jusqu'à 1 gramme, si l'état persiste. De cette façon, on pourra prévenir un accès ou certaines manifestations graves de la lièvre paludéenne.
La solution de quinine pour injections, préparée d'avance en Europe par un pharmacien, sera contenue dans un flacon bouché à l'émeri ; elle peut être titrée de telle façon que chaque centimètre cube de liquide contienne 50 centigrammes de substance médicamenteuse. On injectera sous la peau le contenu de 1 à 3 seringues de Pravaz, c'est-à-dire de 50 à 90 centigrammes de quinine. La seringue choisie sera stérilisable et les aiguilles seront en platine iridié.
Afin d'éviter les abcès ou autres accidents, les soins les plus minutieux de propreté seront pris avant et pendant l'opération :
1° L'opérateur doit s'assurer que la solution de quinine est parfaitement liquide et limpide; si elle est légèrement trouble, il la filtrera à travers un linge propre et la fera bouillir ensuite.
2° Il doit se rendre compte que le piston de la seringue joue bien à frottement doux contre les parois du corps de pompe, que l'aiguille n'est pas obstruée; il dépose ensuite ces instruments dans un récipient bien propre contenant une certaine quantité d'eau qu'il porte à l'ébullition. Les mains de l'opérateur doivent être bien savonnées et les ongles soigneusement nettoyés, puis trempées dans la solution de sublimé à J pour 1 000.
5° La piqûre sera pratiquée au centre, au-dessus ou au-dessous de la ceinture; mais, auparavant, il faudra savonner la peau qu'on lavera ensuite avec un tampon de coton hydrophile, trempé dans une solution de sublimé à 1 pour 1 000. La région ainsi préparée, on ouvre le flacon renfermant la solution de quinine et on charge la seringue.
4° L'opérateur saisit, entre le pouce et l'index de la main gauche, la peau de la région où la piqûre doit être faite. Il forme ainsi un pli. A la base de ce pli et dans le sens de sa direction, il enfonce obliquement l'aiguille; puis, quand il ne sent plus de résistance, il fait pénétrer peu à peu la solution.
5° Il retire l'aiguille et la seringue, quand l'injection est terminée. Dans le but d'éviter les indurations qui se produisent au niveau de l'injection, il est bon de faire un peu de massage après avoir retiré l'instrument.
Les injections de quinine sont indiquées dans les accès, lorsque le malade a perdu connaissance; dans les fièvres continues, quand la quinine prise par la bouche ne produit pas d'effet, ou bien dans les accès de fièvre accompagnés de vomissemenls qui rendent impossible l'absorption des médcaments. Le laudanum de Sydenham s'emploie contre les coliques et la diarrhée à la dose de dix à vingt gouttes, chez l'adulte, qu'on verse dans un verre d'eau sucrée et qu'on boit par gorgées. Le laudanum est un médicament très dangereux chez les enfants en bas âge; les personnes étrangères à la médecine ne devront pas en administrer.
Le salycilate de sonde se prend à la dose de 2 à 4 grammes en vingtquatre heures: on fait dissoudre les cristaux dans un verre d'eau sucrée et on absorbe cette potion, par gorgées, d'heure en heure. 11 rend de très grands services dans le rhumatisme articulaire accompagné de fièvre.
Viodure de potassium est employé dans la syphilis à la dose de 1 à 5 grammes. On l'utilise aussi, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, comme fondant pour résoudre certains engorgements ganglionnaires ou glandulaires.
50 grammes d'iodure de potassium dissous dans un litre d'eau donnent une solution facile à employer; chaque cuillerée à bouche de ce liquide contient un gramme de substance médicamenteuse. Ce médicament occasionne, surtout au début, un peu d'irritation de la gorge, un coryza plus ou moins intense; on ne doit pas se laisser arrêter par ces légers accidents, qui disparaissent très vite en continuant la médication; si, toutefois, ils devenaient trop intenses, on pourrait suspendre provisoirement le traitement.
Le podophyllin (pilules) est un médicament pour combattre la constipation; la dose est de 1 à 2 pilules.
Le permanganate de potasse, en solution à 1 /l 000e, est utilisé pour les injections dans la blennorragie. Avant d'employer la solution à 1/1000% il est bon de tàter la susceptibilité du canal; à cet effet, on ajoute à la solution de permanganate une partie égale d'eau tiède, on diminue ensuite peu à peu la quantité d'eau et on arrive à 1/1 000e.
La teinture d'iode est un médicament pour l'usage externe utilisé comme révulsif. Il s'emploie sous forme de badigeonnage sur la peau; dès que l'épiderme commence à se soulever sous l'influence de plusieurs badigeonnâmes, il faut cesser l'application de ce médicament, rar on s'exposerait à produire des lésions du derme.
On peut également toucher avec la teinture d'iode certaines plaies grisâtres qui n'ont aucune tendance à la cicatrisation : on réveille ainsi la vitalité des tissus. Dans ce cas, une application légère faite tous les deux ou trois jours suffit.
La teinture d'iode, mêlée à une quantité égale de solution d'iodure de potassium, constitue un médicament contre la gingivite (inflammation et gonflement des gencives), qui est assez fréquente à Madagascar; on touche une fois par jour les gencives enflammées avec un pinceau imbibé de ce médicament. L'iodoformeest une poudre antiseptique (pour l'usage externe), servant pour le pansement des plaies et des ulcérations de toute nature, dont on saupoudre légèrement la surface. Une trop grande quantité d'iodoforme ne servirait qu'à former une croûte épaisse qui pourrait nuire a la cicatrisation.
Le bichlorure de mercure est un médicament pour l'usage externe. Un gramme de poudre dans un litre d'eau constitue un bon antiseptique ; pour aider la dissolution, il est bon d'ajouter un peu d'alcool. La solution de sublimé à 1/1 000e est un bon antiseptique pour panser et laver les plaies. Une cuillerée à bouche par jour de cette solution peut être absorbée dans la syphilis, mais le malade doit se surveiller et suspendre le médicament dans le cas où il éprouverait de la salivation, des douleurs, du gonflement des gencives.