MONNAIE. — POIDS ET MESURES
Monnaie1. — Les Malgaches n'ont jamais eu de monnaie nationale. Les premières pièces qui semblent avoir servi à Madagascar aux transactions commerciales paraissent être des pièces espagnoles et mexicaines, piastres du poids de 27 grammes et d'une valeur un peu supérieure à notre pièce de 5 francs en argent. La pièce de cent sous ou piastre française n'a eu cours à Madagascar que vers 1855; elle a pris rapidement la première place dans les transactions de l'île ; aujourd'hui, elle a seule cours.
Les Malgaches ont donné à ces diverses pièces des noms tirés en grande partie d'une particularité de l'empreinte. C'est ainsi qu'ils ont nommé « tanamasoandro » les pièces portant l'effigie du « soleil de L'Uruguay » et « niandrihavia » les écus de Louis-Philippe avec effigie tournée à gauche; les pièces de 5 francs, à trois figures debout, de la première et de la deuxième République ont reçu le nom de « tsanganolona » ; celles de l'Union latine dont l exergue est en creux celui de « tombotsisina ».
1. Cette étude est donnée à titre de renseignement, car la monnaie coupée a presque complètement disparu aujourd'hui de Madagascar et est remplacée par la monnaie française qui est acceptée avec empressement par les indigènes.
RENSEIGNEMENTS DIVERS
Pour la facilité du commerce, il a fallu avoir recours à des subdivisions de la piastre, subdivisions qui, n'existant qu'en très petite quantité, ont amené les Malgaches à sectionner la piastre française comme les autres, au moyen d'un marteau et d'un ciseau et a donner aux différents morceaux non seulement une valeur très approchée et proportionnelle à leurs poids, mais encore un nom désignant la valeur en question et exprimant très souvent la valeur relative par rapport à une subdivision voisine. La valeur de ces différentes subdivisions s'étend depuis le « variraiventy » ou 1/720 de piastre, somme difficile à imaginer, jusqu'à la piastre elle-même; il en résulte une difficulté des plus sérieuses pour un commerçant dans son commerce avec les Malgaches et dans la tenue de ses livres, difficulté qui arrête le Malgache lui-même dans l'évaluation exacte de sa marchandise. Il faut avouer, en effet, que concevoir en esprit la sept cent vingtième partie d'une piastre (prix d'une banane) est un calcul mental très fatigant, surtout si l'on a à y ajouter les cinq douzièmes de quatre sous (prix d'une orange) et que le vendeur est là derrière son étalage, attendant qu'on le paye.
Avant l'introduction de nos pièces de 5 francs, les subdivisions de la piastre se sont appliquées à la piastre mexicaine d'un poids de 27 grammes et d'une valeur un peu supérieure à notre piastre française; ces subdivisions étaient les suivantes :