‹ Guide de l'immigrant aÌ€ Madagascar (volume 3)Chapitre 49 sur 204 · Destruction partielle ou totale de quelques édifices · texte numérisé non relu

Destruction partielle ou totale de quelques édifices

10. Grands désastres. Ruines. Bouleversement des couches terrestres. Crevasses. Eboulement de montagnes.

En nous référant à cette échelle de notation, nous voyons qu'à Madagascar nous n'avons pas encore dépassé le n° 6, même au moment des plus fortes oscillations ressenties dans la nuit du 2 novembre 1897. Espérons qu'il en sera longtemps de même et profitons de ce que nous sommes les témoins d'un des événements les plus curieux agissant sur l'ossature terrestre pour essayer de l'analyser.

De tout temps, l'esprit humain s'est plu à considérer ce que Rabelais a si plaisamment appelé « le plancher des vaches » comme éminemment stable. L'homme d'autrefois reportant tout au point qu'il habitait se considérait comme le centre du mouvement céleste qui ne pouvait échapper à son attention. La science actuelle, bien imparfaite encore, date d'hier et nous nous souvenons que Galilée a failli être brûlé comme sorcier pour avoir osé dire que la terre a dans l'espace un mouvement propre; le Concile qui venait de le condamner représentait pourtant, pour l'époque, l'élite savante et intellectuelle de la société. On dit même qu'après la lecture de sa condamnation, au moment où il était emmené par les gardes, Galilée frappa le sol du pied en murmurant : « Et cependant elle se meut! »

Oui, la terre se meut, et, en dehors de la courbe qu'elle suit dans l'espace, son immobilité n'est qu'apparente, elle subit des lois de transformation encore mal définies et l'élément solide lui-même, considéré à une minute quelconque, n'est jamais stable.

Ce sont tantôt de lents soulèvements, analogues à ceux qu'on observe sur les côtes de la Raltique et appréciables seulement au bout de longues années : tantôt d'immenses bouleversements qui changent en quelques secondes l'aspect d'un pays, dessèchent les fleuves, changent les plaines en montagnes et engloutissent des cités entières.

Depuis les temps les plus reculés dont le souvenir est arrivé jusqu'à nous, l'histoire nous a transmis le récit de ces catastrophes soudaines : le déluge, l'anéantissement de Sodome et Gomorrhe, l'ensevelissement d'Hèrculanum et de Pompéi sont les témoins les plus anciens de ces terrifiants phénomènes.

De nos jours, qui n'a entendu parler des tremblements de terre de Lisbonne, de Lima, des Calabres, d'Espagne, d'fschia, de Nice et de l'explosion du Krakatoa? Le genre humain qui admet très facilement que la mer s'agite.

que des tempêtes éclatent dans les airs, ne voit pas sans terreur le seul point solide où il puisse se réfugier, suivre la loi du mouvement général et subir les mômes fluctuations.

Aussi s'est-on préoccupé de tout temps de la cause engendrant ces terribles phénomènes. On eût voulu découvrir la loi en vertu de laquelle ils se produisaient pour essayer de prévoir l'époque de ces funestes catastrophes et s'en garer le plus possible. Mais les données sur lesquelles on se base sont si vagues que c'est à peine si les hypothèses qui se sont succédé peuvent nous contenter. Il faut, du reste, remarquer, chose curieuse, que l'homme a pu découvrir le poids et la composition de mondes situés à des distances énormes de lui et que la structure intérieure du globe qu'il habite lui est restée cachée.

Arago admettait l'hypothèse d'un feu central développant dans l'intérieur de la terre une quantité de chaleur évaluée à plusieurs milliers de degrés. Au contact d'une pareille température, les matières les plus irréductibles devaient entrer forcément en fusion et les volcans pouvaient être considérés comme autant de soupapes de sûreté permettant l'évacuation du trop -plein de cette mer incandescente.

Il a fallu abandonner cette spécieuse théorie : la croûte terrestre, réduite à presque rien, jetée comme une mince dentelle sur la surface de ce globe de feu, aurait subi, du fait même des lois d attration, des désorganisations telles qu'on eût pu la comparer à l'enveloppe déformée d'un aérostat devenue le jouet de toutes les oscillations.

M. Roche, et avec lui M. Flammarion admettent « l'état pâteux » du centre de notre planète.

Pour se faire une idée réelle des causes produisant les mouvements sismiques, il est bon de remonter à la formation même du système solaire. Nous laisserons de côté la classification des tremblements de terre, selon qu'ils sont dus au voisinage des régions volcaniques ou à la structure montagneuse de certains pays, et nous ne passerons en revue que les idées générales pouvant nous permettre d'approcher la vérité .

Le monde solaire est le produit d'une nébuleuse et les différentes planètes roulant sur leur orbite, plus ou moins entourées de satellites, ne se sont formées qu'à la suite d'un refroidissement continu. Nous formons un tout dans l'ensemble sidéral et, en raison même de la liaison qui réunit tout les corps d'un pareil système, nous devons ressentir le contre-coup de tous les effets qui se produisent suivant des lois qu'on a essayé de définir : lois d'attraction, de pesanteur, de rotation, etc.

Le soleil, source de vie, de chaleur et de lumière, nous envoie ses rayons à travers Téther qui nous sépare de lui et l'intensité du nombre de vibrations, qui entretient l'existence sur notre planète et qui nous sert de lien avec ce centre calorifique et lumineux, est essentiellement variable.

L'inclinaison de l'écliptique augmente ou diminue la force de ces vibrations et a créé les zones glaciales, tempérées outorrides. L'éloignement sur l'ellipse que nous parcourons par rapport au foyer a déterminé les saisons. La conjonction ou opposition avec notre satellite est cause des marées, l ue augmen-

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