T R E M B L E M E K T S DE TERRE
talion ou une diminution de température sur l'équateur, correspondant à une élévation ou un abaissement de pression, suffi! à détruire l'équilibre et occasionne une série d'ondes qui s'entre-choquent, tournoient avant de prendre une direction bien définie et qui vont, donnant naissance aux cyclones, dévaster tout sur leur passage. Les éléments liquides <it gazeux qui composent notre globe, étant essentiellement mobiles, sont doue perpétuellement remués grâce à l'influence des forces gigantesques dont le soleil est le point de départ. L'élément solide résiste plus à ces diverses fluctuations, mais esl également impressionné par ces ruptures d'équilibre. Il faut, d'ailleurs, remarquer que c'est au moment où l'air et la mer sont le plus agités que la terre tremble le plus souvent.
Notre planète en se refroidissant s'est contractée, et, par l'effet de cette contraction, les continents ont surgi, séparant les mers, grâce aux soulèvements dont les axes sont aujourd'hui indiqués par les grandes chaînes de montagnes. Or, ce sont justement les terrains montagneux et volcaniques qui sont le plus sujets aux oscillations sismiques : les plissements du sol ne se sont pas produits sans laisser en dessous d'eux d'immenses cavités où viennent se comprimer une colossale quantité de gaz dus h l'évaporation des eaux arrivées au contact des roches à haute température ou de sels effervescents.
M. Daubrée a démontré que la tension de la vapeur d'eau pouvait exercer une pression formidable : des tubes d'acier, de forte épaisseur et bouchés à vis, contenant quelques grammes d'eau, portés ensuite à 450 degrés, ont éclaté avec un bruit comparable à celui d'un coup de canon.
L'explosion du Krakatoa, due à une force de tension analogue, a lancé clans les airs une île dont les débris ont été projetés au delà de notre atmosphère ; ces poussières, qui sont restées en suspension dans l'espace pendant plusieurs années, ont produit des illuminations crépusculaires qui ont pu être observées de tous les points de la terre.
L'eau de pluie ne retourne pas en totalité à la mer d'où elle sort : il faudrait pour cela que les fleuves et les rivières qui la canalisent aient leur lit formé d'argile imperméable. La mer ne reçoit donc qu'une petite quantité de ce qu'elle a fourni. De plus, les fissures existant dans le sous-sol et dans les fonds sous-marins permettent à d'énormes masses d'eau d'alimenter les gigantesques chaudières faisant éprouver à la surface terrestre de continuels frémissements. La vapeur d'eau et les gaz, ainsi produits, viennent s'entasser dans les cavités qui supportent l'ossature du sol et y restent dans un état d'équilibre instable que la moindre cause peut détruire; de fantastiques effondrements ont lieu, des crevasses et des goufres se creusent, le tremblement de terre a pris naissance, il engloutit et bouleverse le malheureux pays où vient de se produire la rupture ; puis ses ondes se propagent successivement selon les terrains, accompagnées de grondements caractéristiques.
Les causes primordiales sont très complexes; il est bien malaisé de les définir et de se faire une opinion arrêtée. Parfois un abaissement de pression dans l'atmosphère suffit à provoquer la catastrophe.
Le tremblement de terre qui a eu lieu en Espagne le 25 octobre 1884 a
118 Gl IDE DE L'IMMIGRANT A MADAGASCAR.
été précédé d'une baisse barométrique telle que tous les instruments enregistreurs semblaient affolés. La secousse ressentie à Madagas carie 27 février 1 898 a, pour ainsi dire, annoncé le cyclone qui a détruit Mayotte vingt-quatre heures après. De même une augmentation dans le système d'attraction peut occasionner la rupture nécessaire à l'éclosion des mouvements sismiques : le 25 février 1887, jour où prit naissance le tremblement de terre de Nice, il y avait non seulement nouvelle lune, mais encore éclipse centrale de soleil, la terre, la lune et le soleil se trouvant sur une même ligne droite.
Enfin, les taches solaires elles-mêmes paraissent avoir une action. Pendant Tannée qui vient de s'écouler (1898), féconde en mouvements sismiques et en cyclones, le soleil a été couvert de taches dont les dimensions atteignaient plus de cinq fois le diamètre de la terre, ce qui permettait de les distinguer à l'aide d'un simple verre fumé. 11 est facile de se rendre compte que, si les taches sont d'immenses cyclones qui bouleversent momentanément la photosphère solaire, les vibrations qui nous arrivent éprouvent des fluctuations suffisamment fortes pour pouvoir déterminer à la surface de notre planète ces différences de pression suffisant à la rupture de l'équilibre général et donnant naissance aux phénomènes que nous envisageons.
Jetons les yeux sur les tableaux de statistique des tremblements de terre qui accompagnent cette étude et faisons le rapprochement des dates ; nous verrons que la plupart des grandes catastrophes marquant dans l'histoire terrestre ont eu généralement lieu dans le voisinage 'des équinoxes et des sy/.v^ies.
Pour le tableau spécial à Madagascar, les secousses les plus fortes se sont produites également à la même époque et les mouvements ont été bien plus sensibles aux nouvelles et pleines lunes qu'aux quadratures. D'où il ressort que les tremblements de terre sont surtout à craindre pendant les grandes périodes d'attraction.
Prenons maintenant le phénomène envisagé en lui-même et analysons-le : le mouvement est presque toujours précédé et suivi de grondements rappelant le bruit que fait un camion chargé de ferraille roulant sur le pavé.
Les oscillations sont de deux sortes : elles sont ondulatoires ou horizontalcs et verticales ou sussultoires. Les mouvements giratoires ne sont qu'un composé des deux précédents. Ce sont ces derniers les plus dangereux, mais ils sont très rares.
Les secousses verticales suffisent à déterminer des catastrophes et il faut souhaiter de n'en pas trop ressentir quand un tremblement de terre a lieu.
Soit en effet A le centre du mouvement et II H' la ligue d'horizon. Il est facile de se convaincre que l'observateur, placé en B, ressentira la secousse verticale et pourra se dire qu'il est juste au-dessus du centre même du phénomène, tandis que les ondulations se transmettant concentriquement et