CHEMIN DE FER DE TANANARIVE A LA COTE EST
Dès son arrivée dans la colonie, vers la fin de 1896, le gouverneur général, pénétré de la nécessité de relier les plateaux de L'Iuierina à la côte, non seulement par une route carrossable, mais encore par une voie ferrée, a demandé au ministre des colonies l'envoi à Madagascar d'une mission spéciale chargée d'étudier sur place cette importante question.
Une suite presque immédiate a été donnée à cette demande ; la mission a été constituée et le ministre a désigné, pour diriger ses travaux, le commandant Roques, de l'arme du génie: les capitaines Jullien, Fabia, Mouneyres, le lieutenant Périnet, et 20 hommes de troupe du génie fournis par le 5e régiment ^régiment de chemin de fer).
Après neuf mois de laborieux travaux, la mission a présenté au gouverneur général un avant-projet complet qui comprenait, en particulier :
1° Un mémoire descriptif justifiant, par des considérations économiques, topographiques et géologiques, le tracé qui avait été adopté ;
2° Des plans d'ensemble des diverses parties de la ligne ;
?)° Des plans de détail et des profils en long à l'échelle de 1/5000.
Le gouverneur général a transmis ce travail au ministre, qui l'a soumis à l'appréciation du Comité technique des travaux publics des colonies.
Après un examen approfondi, le Comité a approuvé unanimement le projet et a proposé au ministre de décerner des éloges au personnel qui avait été chargé de son établissement et avait mené à bonne fin les longues et difficiles études qu'il comportait.
La mise en lumière, par le projet, des règles générales qui devaient pré-
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sider à l'exécution, a permis au ministre des colonies d'entrer immédiatement en pourparlers avec diverses Sociétés qui s'offraient à entreprendre la construction du chemin de fer.
Ces négociations ont abouti à une convention intervenue entre le Département et la Compagnie coloniale de Madagascar. Cette convention n'est pas définitive, il est vrai, mais le ministre des colonies en a demandé l'approbation à la Chambre par un projet de loi déposé le 22 mars 1898, et il est permis d'espérer que cette importante question, vitale pour la colonie, pourra venir en discussion dès le début de la prochaine législature.
Le traité passé avec la Compagnie coloniale de Madagascar intéresse également plusieurs grands établissements financiers de la métropole, au nombre desquels il faut citer : le Comptoir d'escompte, la Société générale pour le développement du commerce et de l'industrie, la Société marseillaise, le Crédit industriel et commercial et une très importante Société de construction; ajoutons, enfin, que ce traité comporterait l'abandon des pourparlers entamés antérieurement avec la Société bordelaise.
La convention est établie sur les bases générales suivantes :
Au point de vue technique, la Compagnie coloniale a été autorisée à augmenter légèrement les pentes prévues par la mission militaire et à réduire à 50 mètres le rayon des courbes, qui, d'après Pavant-projet, ne devait pas descendre au-dessous de 80 mètres. Ces modifications produiront un certain ralentissement de la vitesse; mais elles donneront de très grandes facilités pour l'exécution et diminueront considérablement la dépense totale.
Au point de vue financier, les principes posés par la convention sont les suivants :
La Compagnie s'engage à faire la totalité des dépenses de construction de la ligne. Du jour où celle-ci reliera Tananarive à la côte et sera ouverte à l'exploitation régulière, l'Etat et, conjointement, la colonie assureront à la Compagnie 2800000 francs de transports annuels pendant une durée de quinze années.
Il y a lieu de remarquer, h ce propos, que, si, au pis aller, les transports réels effectués pour les besoins de l'Etat et de la colonie n'atteignaient qu'un chiffre notablement inférieur à la garantie, 800000 francs par exemple, la différence, soit 2 millions de francs, prendrait le caractère d'une véritable subvention.
La valeur actuelle, — dès le début de la première de ces quinze années de garantie, — de quinze années d'annuités de 2 millions de francs chacune, est exactement de 25348220 francs, en supposant L'intérêt calculé à 5 1/2 pour 100.
Or, le Comité technique des travaux publics des colonies a évalué que, même avec des courbes de 50 mètres, le chemin de 1er ne coûtera [tas moins de 45 millions de francs. La conventipn projetée revient donc à faire supporter à l'Etat la moitié des frais de construction, en laissant à la Compagnie tous les risques v[ aléas de l'opération.
Il convient, d'ailleurs, de remarquer (pie la dépense ainsi faite par l'Etat
peut être considérée comme une avance remboursable, puisque Tune des clauses du traité stipule que, du jour où le trafic annuel dépassera 24000 francs par kilomètre, l'État partagera avec la Compagnie la moitié de l'excédent.
L'Etat donnera, en outre, à la Société concessionnaire, 100 000 hectares de terrain à choisir dans des périmètres réservés; mais le Gouverneur général a, dès à présent, le droit de concéder à des tiers des lots de colonisation compris dans ces périmètres, jusqu'à concurrence du 1/1 0e de la surface totale.
Ce qui vient d'être dit sur les clauses financières de la convention ne s'applique qu'au tronçon compris entre Tananarive et le terminus provisoire projeté à Anivorano, aux environs de Mahatsara.
La construction du tronçon Anivorano-Tamatave sera obligatoire pour la Compagnie le jour où les recettes brutes du trafic de la ligne atteindront annuellement 44000 francs par kilomètre. La Société concessionnaire conserve, d'ailleurs, toute latitude pour commencer immédiatement la construction de ce tronçon. Mais, quoiqu'il advienne, l'État ne lui devra, de ce chef, aucun concours financier et se bornera à lui attribuer une concession de 200000 hectares qui sera déterminée sur les bases précédemment indiquées.
Le projet de convention fixe aux taux ci-après les tarifs maxima pour les voyageurs et les marchandises :
Voyageurs :
lre classe, par kilomètre Fr. » 50
Marchandises {importation) :
lre catégorie, par tonne kilométrique 1 »
Marchandises (exportation) :
lre catégorie, par tonne kilométrique » 75
Enfin, un tarif de faveur est prévu pour le transport du riz, à raison de 0 fr. 10 par tonne kilométrique.
Le cahier des charges prévoit, au fur et à mesure du développement du trafic, des abaissements de tarif qui pourront réduire de 60 pour 100 les maxima indiqués ci-dessus.
Aux termes de la convention, la Compagnie jouira d'un délai d'option qui expirera le 15 janvier 1899, si la loi soumise au Parlement est votée avant cette dernière date. Dans le cas où la loi ne serait pas intervenue à eette époque, le délai d'option ne serait, en aucun cas, prorogé au delà du 25 avril 1899 et le projet de convention avec toutes ses conséquences serait de plein droit non avenu à cette dernière date.
Il convient, en outre, de signaler que la convention, devenue définitive,
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donnera à la Société concessionnaire un droit de préférence pour l'exécution de certains travaux. 11 en sera ainsi :
1° De la construction des divers embranchements s'amorçant à la voie ferrée et la reliant aux divers points du littoral, compris entre Fénérive et Mahanoro ;
2° De la construction des embranchements partant d'un point quelconque de la voie ferrée et desservant la province de l'Imerina ;
3° De la construction des lignes indépendantes reliant Tananarive à un point quelconque de l'Imerina ou à la mer.
La convention comprend aussi la concession éventuelle à la Compagnie d'un port à établir, soit sur la rivière Iharoka elle-même, soit auprès de son embouchure, sur une des lagunes canalisées ou sur un des lacs qui bordent la mer, ou sur la mer.
D'autre part, la Compagnie possédera un privilège sur les aménagements et travaux divers à exécuter dans le port de Tamatave, tels que : quais, bassins, jetées, phares, lorsque la colonie ne croira pas devoir faire exécuter ces travaux à ses frais. Cette préférence lui sera réservée de plein droit toutes les fois que ses offres ne dépasseront pas de plus de 15 pour 100 celles qui pourraient être produites par les tiers.
En dehors de ces avantages, la convention attribuait primitivement à la Compagnie la concession éventuelle du canal des Pangalanes; mais cette clause est devenue caduque, par le fait de l'option de la Compagnie française de Madagascar, qui a, comme on le sait, passé un traité définitif pour la construction de ce canal.
La Société possédera aussi, pendant quinze années, certains privilèges pour l'exploitation minière des terrains qui lui seront concédés.
Son capital-actions est fixé à 15 millions de francs, avec faculté d'augmentation, mais avec interdiction de compter comme apport dans ce capital les droits conférés par la convention. Le délai qui lui est imparti pour la construction du chemin de fer est de six ans, qui commenceront à courir du jour de l'option.
A la suite des négociations exposées ci-dessus, la Compagnie coloniale de Madagascar a pris les premières dispositions pour se mettre en mesure d'étudier sur place le détail du projet et d'en poursuivre l'exécution dans des conditions satisfaisantes. A cet effet, elle a décidé l'envoi à Madagascar d'une mission d'ingénieurs dont la composition présente toutes les garanties désirables au point de vue delà compétence technique.
Cette mission, qui sera placée sous la haute direction de M. Renault, ingénieur en chef des ponts et chaussées, comprendra, en outre, MM. Dufour, ingénieur en chef; Hamson, secrétaire; de Yiolini, ingénieur chef de brigade; Dumas, ingénieur chef de brigade; Rivet, opérateur; Joffroy, opérateur, et Montel, ingénieur. Une partie du personnel s'est embarquée à Marseille le 10 mai et est arrivée à Tamatave dans les premiers jours de juin.
Le but de la mission a été ainsi défini : s'appuyer absolument sur le tracé antérieurement déterminé par la mission du génie; étudier le détail des conditions d'exécution ; reconnaître les difficultés techniques que peu*
vent présenter l'exécution des terrassements (déblais et remblais); les fondations des ouvrages d'art, le recrutement du personnel ouvrier, les transports divers et le ravitaillement des chantiers; conclure, de ce qui précède, le prix de revient et le délai d'exécution nécessaire; enfin, accessoirement, l'aire sur certains points des études locales pour diminuer, si possible, les difficultés d'exécution locales ; en un mot, la mission a pour but d'éclairer la Compagnie coloniale sur l'option qu'elle doit faire dans le délai qui lui est imparti, et de lui permettre, dans le cas où elle se chargerait de la construction du chemin de fer, de réaliser en temps utile tous les préparatifs et tous les approvisionnements nécessaires.
11 était du devoir de l'administration de la colonie de donner son concours le plus étendu à une mission envoyée à Madagascar par une Compagnie qui a passé, dans les termes indiqués plus haut, une convention de cette importance avec le Département. Aussi le gouverneur général a-t-il mis à la disposition de M. Renault1 le lieutenant du génie Périnet, qui a participé aux études de l 'avant-projet établi par le lieutenant-colonel Roques. Le lieutenant Périnet accompagnera les ingénieurs sur le terrain et leur donnera tous les renseignements nécessaires sur les premières études.
En outre, les commandants territoriaux ont été prévenus du passage delà mission et invités à prendre les dispositions voulues pour (pie les chefs militaires, civils et indigènes, l'aident dans la plus large mesure et lui fournissent, contre remboursement, le personnel, les outils, les denrées et approvisionnements divers dont elle pourra avoir besoin.
Malgré les études déjà faites par le personnel du génie, études qui ont mis, en quelque sorte, la question au point, les travaux qui incombent aux ingénieurs de la Compagnie coloniale sont encore considérables, puisqu'ils constituent, en quelque sorle, un commencement d'exécution.
11 n'est pas douteux, d'ailleurs, que, grâce à l'excellente composition de la mission et à la haute compétence technique de son chef, ces travaux peuvent être rapidement terminés, clore du même coup ce qu'on pourrait appeler la période préparatoire et aboutir enfin à la construction effective de la ligne.
DE TAMATAVE A TANANARIVE en filanjana.
Tout voyageur montant à Tananarive doit, par mesure de précaution, se munir, au point de départ, des vivres suivants pour la durée du trajet, qui est de huit jours : œufs, volailles, vin, pain biscuité.
11 trouvera en route de nombreux marchands européens, créoles ou chinois, assez bien approvisionnés en conserves, en particulier à Ivondrona, Ambodisiny, Tampina, Vavacmy, Andévorante, Mahatsara, Ranomafana,
1. M. Renault a été remplacé, au dernier moment, par M. Gnibcrt, ingénieur de? ponls et chaussées, qui a fait un rapport favorable.
Pl. I. — l. BOURJANES OU PORTEURS. — 2
FEMME DE L'iMERINA (aXDIU.VNa) EX FlLANJANE.
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Beforona, Moramanga, Ankeramadinika, — La plupart dos villages possèdent un boucher.
De Tamatave à Andévorante. — De Tamatave à Andévorante, la route est absolument plate et carrossable. Un decau ville, dont la construction est à l'étude, permettra d'aller en peu de temps de Tamatave à Ivondrona.
Ivondrona. — Ce village, situé à 12 kilomètres 100 de Tamatave, surl'Ivondrona, possède une cinquantaine de paillotes et quelques jolies cases en bois.
Un canot Voruz a été transporté de Tamatave à Ivondrona ; il est affecté au remorquage des pirogues entre Ivondrona et Ambodisiny. Prix du passage par pirogue pleine remorquée : 50 centimes pour les troupes ; prix du passage par pirogue pleine non remorquée : 75 centimes. Pour les bourjanes des services administratifs et les bourjanes du commerce, le prix du passage d'un bourjane sans colis est de 20 centimes et, avec charge, de 50 centimes. Le personnel du canot à vapeur n'a droit, pour le remorquage, à aucune rétribution des passagers.
La durée de la traversée est de 25 minutes pour les pirogues remorquées et de 45 minutes pour les pirogues non remorquées.
Il y a un poste militaire, commandé par un sous-officier chargé d'assurer la bonne marche du service.
Il y a deux restaurateurs et plusieurs commerçants chinois.
Il existe des cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage; elles peuvent, ainsi que celles de tous les postes de la route, être mises à la disposition des voyageurs européens qui en font la demande.
Ambodisiny (16 kilomètres 400). — Quatre-vingts cases spacieuses.
Les habitants vivent du produit de leur pêche dans les grands lacs, comme, d'ailleurs, les autres habitants du littoral.
Restaurant passable. Quelques débits.
Poste de conducteurs sénégalais commandé par un officier.
Ankarefo (32 kilomètres). — Village de peu d'importance; on peut y trouver de la viande fraîche.
Cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage.
A 3 kilomètres de Tampina, se trouve un pont de 145 mètres, ouvert depuis le 15 novembre 1897 à la circulation des voitures.
Tampina (44 kilomètres 400). — Une trentaine de cases spacieuses.
A 2 kilomètres 500, se trouve Tanifotsy, le futur point de débarquement des remorqueurs venant dTvondrona, en attendant le percement d'un canal allant jusqu'à Andévorante.
Il y a un poste de gendarmerie, qui doit être renforcé par des miliciens.
Cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage. Petit restaurant.
Ântranokoditra (55 kilomètres 500). — Village pauvre.
Cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage.
Ampanotoamaizina (68 kilomètres). — On traverse l'embouchure de rirangy sur deux ponts : le premier long de 100 mètres, le deuxième de 125 mètres.
Cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage.
Vavaony (74 kilomètres 400). — Bonnes cases. On y trouve de la viande fraîche et des fruits. On peut aller de ce point à Andavakamenarana par pirogue.
Andavakamenarana (89 kilomètres). — Sur la rive droite de l'Imoasa, que Ton traverse sur un pont superbe de 285 mètres de longueur, inauguré par M. le général Gallieni, le 8 septembre 1896.
Village assez pauvre, quoique bien situé.
Cases pour les officiers, les troupes et les bourjanes de passage.
Ândévorante (99 kilomètres). — Grand village. Bon hôtel et nombreux débitants européens, créoles et chinois. |
Un chef de bataillon fait les fonctions d'administrateur. Il y a un poste de conducteurs sénégalais, une infirmerie, une ambulance, et le télégraphe.
Il y a aussi un magasin des services administratifs, où les officiers de passage peuvent toucher des vivres à titre remboursable.
D'Andévorante à Beforona. — La traversée d'Andévorante à Mahatsara se fait en pirogue. La durée du trajet est de trois heures et demie ou quatre heures. Le prix est de 2 fr. 50 par pirogue.
La traversée étant souvent dangereuse, à cause de la brise qui s'élève vers le milieu de la journée, il est nécessaire de s'embarquer de bonne heure et de ne pas hésiter à séjourner à Andévorante, si les piroguiers font des difficultés pour se mettre en route.
Le passage gratuit à bord du remorqueur est autorisé, à condition que les bagages soient chargés sur des pirogues. La durée de la traversée est d'une heure avec le remorqueur.
Mahatsara. — Joli village betsimisaraka, situé sur l'iharoka, qui augmente chaque jour d'importance, grâce à sa situation. C'est le point de concentration des approvisionnements destinés à la capitale et aux troupes échelonnées sur la ligne d'étapes. C'est un gîte d'étape, avec magasins des services administratifs, où les officiers de passage peuvent toucher des vivres à titre remboursable.
Il y a un détachement de conducteurs sénégalais, commandé par un officier, qui est chargé d'assurer les transports par voitures sur la partie carrossable de la route.
Commerce de détail tenu par des Européens et des créoles. On y trouve du riz, du manioc, de la volaille, du bétail. Le bois de chauffage est rare.
Maromby (3 kilomètres 200 de Mahatsara). — Pont de 50 mètres sur la Maromby. Ce village a perdu de son importance au profit de Mahatsara.
Mahela i \ kilomètres). — Village qui semble en voie de développement. Pont de 40 mètres sur la Maromby, qu'on traverse pour la deuxième fois.
Ambodirnanga (14 kilomètres). — Petit village sans importance.
Manambonitra (14 kilomètres). — Assez grand village à la hauteur d'Ambodimanga, à 600 mètres au Sud de la route. Quelques débitants.
Pont de 40 mètres sur la Manambonitra.
Santaravy ("Il kilomètres). — Village naissant. Poste de tirailleurs et
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gîte d'étapes. Magasins des services administratifs, où les officiers peuvent toucher des vivres à titre remboursable.
Ranomafana (27 kilomètres). — Assez grand village, à la hauteur de Santaravy, à 800 mètres au Rud de la route.
Il y a une source thermale sulfureuse à un quart d'heure de marche. C'est dans la région comprise entre Ranomafana et la Mahela que l'on trouve en abondance l'arbre du voyageur (ravinala).
Pont de 57 mètres sur la Ranomafana, à 5 kilomètres de Santaravy; pont de 31 mètres sur la Harara, à 6 kilomètres de Santaravy; pont de 22 mètres sur la Marovolo, à 7 kilomètres de Santaravy.
Antsahamamy (40 kilomètres). — Quelques cases.
Antongombalo (42 kilomètres 500). — Campement important de travailleurs de la route. Pont de 18 mètres sur le Fanako.
Ambatoharanana. — A la hauteur d'Antongombato, à 600 mètres au Sud de la route.
Andakakély ( 49 kilomètres 500). — H y a deux petits villages, séparés par la Mahela qui est une belle rivière profonde et dangereuse aux [crues, qu'on traverse à gué. La route carrossable en construction la coupera à une assez grande distance en aval, dans un site magnifique.
Un petit village situé à quelque distance prend le nom de la rivière, qu'on applique souvent à l'ensemble des deux autres et au gué.
Ampasimbé (59 kilomètres). — Assez grand village qui tend à perdre de son importance au profit de Beforona. Gîte d'étape. La flore y est variée; il y a des caféiers en exploitation.
En quittant Ampasimbé, on traverse trois fois une jolie rivière, la Benandrambo, et l'on ne tarde pas à entrer dans la belle forêt de Madilo, remarquable par sa faune et ses eaux vives. Au moment de franchir l'arête montagneuse de la foret, on peut voir au loin, vers l'Est, la ligne bleuâtre de l'océan Indien et, vers l'Ouest, le profil élevé et sombre de la Grande Forêt.
Marozevo (69 kilomètres). — Village sans importance. Pont de 20 mètres sur le Marozevo.
Sahatelo, Ambatomalama (75 kilomètres). — Petits villages de quelques cases dans une large vallée. Les bourjanes y trouvent du riz et des bananes. Pont de 20 mètres sur la Sahatelo, et pont de 50 mètres sur la Beforona.
Beforona (78 kilomètres). — Ce village a été en partie détruit en décembre 1895, puis reconstruit par les troupes du corps d'occupation. Gîte d'étape. Il y a un officier faisant fonctions d'administrateur adjoint et dépendant de l'administrateur d'Andévorante. La garnison est composée d'un capitaine de génie, de deux officiers et d'un détachement du génie, chargés de la construction de la route carrossable; d'un lieutenant et un détachement de 55 tirailleurs du 1er régiment malgache.
Il n'y a pas de ressources locales et la vie y est chère. Quelques créoles et des Chinois s'y sont établis pour faire le commerce de détail. Le village prendra de l'importance quand la nouvelle route y arrivera. 11 y a des magasins des services administratifs, où les officiers de passage peuvent toucher
des vivres à titre remboursable, une ambulance, la poste et le télégraphe, un temple anglican, une école.
Beforona est dans un site assez remarquable, entre la foret de Madilo et la Grande Forêt qui est toute proche dans l'Ouest; malheureusement, les environs sont très marécageux. Les habitants ne cultivent pas le riz; ils vivent de l'exploitation des bourjanes et des passagers.
De Beforona à Moramanga. — Les travaux considérables faits par nos troupes ont transformé complètement le vaste bourbier qui constituait l'ancien sentier des bourjanes. Néanmoins, l'étape de Beforona à Ampasimpotsy est encore très pénible.
En quittant Beforona, on franchit un pont de 20 mètres sur la Beforona, qu'on traverse pour la deuxième fois; grâce au nouveau tracé, le voyageur n'a plus à franchir le Marolavo, que l'on traversait à gué 17 fois sur un parcours de o kilomètres.
Irihitra (4 kilomètres de Beforona). — Village sans ressources. A 1 kilomètre d'Jrihitra, on entre dans la Grande Forêt.
Ambavanihasy (14 kilomètres). — Village dans une clairière, sur un mamelon que le chemin laisse à l200 mètres au Sud. La plupart des bourjanes qui viennent de Moramanga s'arrêtent à Ambavanihasy pour y coucher, de préférence à Beforona où la place manque et où la vie est chère.
Anevoka (20 kilomètres). — Village sans importance, détruit, puis reconstruit en partie par les Chinois qui réparaient le chemin. De grands hangars servent d'abris aux bourjanes.
A partir d' Anevoka, la Grande Forêt s'étnge sur des croupes abruptes et le chemin devient difficile. On monte jusqu'au col d'Amboasary, limite du territoire civil et du cercle militaire de Moramanga; an redescend ensuite dans une assez grande clairière, où se trouve le village d'Analamazaotia.
Analamazaofra (50 kilomètres). — Village détruit par les fahavalos à la fin de l'année 1896 et qu'on reconstruit; il est peu important pour le moment, 50 cases environ. Il y a un poste de tirailleurs malgaches, commandé par un sergent européen; on y construit un gîte d'étape. Pas de cultures. Un débitant créole.
Ain para fa va (56 kilomètres). — Village auprès de la rivière Sahantandra, en partie détruit. Blockhaus occupé par des tirailleurs malgaches, au Sud-Ouest et à 8 ou 900 mètres de la route.
Ampasimpotsy (43 kilomètres). — Village autrefois très important, qui a été détruit par les rebelles. Il n'y a plus aujourd'hui que 50 cases environ. Peu de ressources; on y trouve cependant de la viande de boucherie.
Il y a un poste de tirailleurs malgaches, construit sur une colline à 800 mètres au Nord de la route.
Moramanga (60 kilomètres). — Chef-lieu du cercle de Moramanga, commandé par un chef de bataillon. Ancien rova, situé à la sortie de la forêt et à l'entrée de la plaine du Mangoro. Grand et beau village, avec de nombreuses maisons en briques,
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11 y a six débitants, dont trois Chinois. Un marché, où l'on trouve de la viande fraîche les lundi et jeudi.
Il y a une station postale et télégraphique, une ambulance, un gîte d'étape et un magasin-annexe des services administratifs, où les officiers de passage peuvent toucher des vivres à titre rcmboursahle.
Malgré l'importance de Moramanga, les passagers ne doivent pas espérer y trouver de hourjanes supplémentaires, dont le recrutement est très long et très difficile dans tous les postes de la ligne d'étapes de Beforona à Ankcramadinika.
De Moramanga à Tananarive. — En quittant Moramanga, la route traverse la belle plaine du Mangoro jusqu'à Andakana, en passant par le village d'Andranokobaka, qui a été brûlé pendant l'insurrection.
Andakana (15 kilomètres de Moramanga, sur le Mangoro). — Pirogues et bacs. Le passage du Mangoro est gratuit pour tous les officiers et fonctionnaires: un tarif spécial des prix de passage est affiché a l'embarcadère. La traversée du fleuve est dangereuse pendant la saison des pluies.
La partie du village, située sur la rive droite du fleuve, sert au logement des passagers. Un débitant y est installé. Le village de la rive gauche est actuellement en reconstruction.
Il y a un poste de tirailleurs algériens commandé par un sergent européen.
Au sortir d' Andakana, la route contourne le Fody, après avoir traversé Anjomakely et Ambodinifody, où l'on traverse le Mananibato sur un pont en bois.
Sabolsy (34 kilomètres). — Village important, situé au centre d'une riche vallée, réputée pour ses plantations de thé et de café. Gîte d'étape.
Il y a deux commerçants (un Européen et un Chinois).
A partir de Sabotsy, la route cesse de suivre l'ancien sentier et escalade les contreforts de l'Imerina par de nombreux lacets. Le sentier des bourjanes, qui est un peu au Sud, raccourcit d'une heure un quart environ, mais la saison des pluies le rend presque impraticable. Arrivée au sommet de la ligne des crêtes qui dominent Sabotsy, la route descend au Sud jusqu'tà la hauteur de l'Angavo, puis tourne à l'Est pour arriver h Ankeramadinika.
AnkeramacUnika (48 kilomètres). — Village devenu très important, en raison de sa situation géographique à l'entrée de l'Imerina. 11 y a un poste militaire commandé par un officier et un gite d'étape. Bureau de poste et de télégraphe.
Il y a un magasin des services administratifs, où les officiers de passage peuvent toucher des vivres à titre remboursable. Anciennes écuries pour mulets. Des marchés journaliers donnent lieu à un trafic assez considérable. 11 y a un débitant européen.
Un blockhaus situé a I 500 mètres d'altitude commande la région voisine.
Le village se trouve dans une boucle de la Mandraka, rivière que la route d'étapes coupe deux fois et dans laquelle on pèche d'excellentes éere visses. A 500 mètres au Sud, se trouve un sanatorium anglais.
A partir de ce village, la route est carrossable jusqu'à Tananarive, D'Anke-
ramadinika à Manjakandriana, la région est peuplée. On trouve les deux blockhaus Belot et Hundegala. A 2 kilomètres de Manjakandriana, la route borne au Sud la concession agricole Surgand.
Manjakandriana (sur le Mahady, 61 kilomètres). — Village devenu très important depuis notre occupation. Poste militaire, commandé par un capitaine, et gite d'étapes. Infirmerie de garnison. Malgré son importance officielle, ce village offre encore peu de ressources. Toutefois, le marché journalier est assez bien approvisionné en viande de boucherie, fruits, pommes de terre, œufs, lait, etc.
Tout porte à croire qu'avec l'activité qui règne actuellement dans la région ce village deviendra l'un des principaux centres de commerce et sera bientôt l'entrepôt principal des produits de la riche vallée de la Miadana.
Entre Manjakandriana et Àntalatakely, se trouve le blockhaus Zeuzou, qui commande les vallées de la Miadana et du Mahady.
Antalatakely (65 kilomètres). — Petit village sans importance.
Amboanemba (65 kilomètres 500). — Village sans importance. Entre Amboanemba et Maharidaza, se trouvent les blockhaus Cubières et Rivât.
Maharidaza (75 kilomètres). — Gite d'étape. Poste militaire. École officielle fréquentée par 400 élèves venant de trois districts de la région du Sud.
Entre Maharidaza et Alarobia, se trouve le blockhaus Rodier.
Alarobia (78 kilomètres). — Poste militaire commandé par un sous-officier. Caravansérails pour les passagers.
Le village d'Alarobia est redevenu aujourd'hui très important et très commerçant; son marché du mercredi est très achalandé et Ton y trouve la plupart des produits de la contrée. Son marché journalier peut offrir au voyageur européen tout ce qu'il désire, comme lait, beurre, œufs, volailles, viande de boucherie, etc. Alarobia s'étend aujourd'hui sur une longueur de près d'un kilomètre, le long de la route, et de nouvelles constructions s'élèvent chaque jour. Les bourjanes considèrent ce village comme le plus agréable de leurs gîtes et y prolongent généralement leur séjour jusqu'à ce que leurs avances de route soient épuisées.
Soavina. — Au bord de la ligne d'étapes, séparé d'Alarobia par une étroite ravine, ce village a perdu, depuis quelque temps, beaucoup de son importance. Toutefois, il a conservé, dans la région, le monopole de l'industrie des dentelles. On y remarque un temple protestant et une école industrielle anglaise.
Ambohimalaza (84 kilomètres). — Poste militaire, caravansérail pour les passagers. Très grand village avec de belles constructions. Les habitants sont riches et beaucoup font le commerce des toiles en gros. On y fabrique d'excellent beurre. Il y a un petit marché journalier. Sanatorium anglais et hôpital malgache.
Ambohimangakely (91 kilomètres). — C'est une des haltes de>> bourjanes porteurs de bagages venant de Tamatave. Village bien approvisionné en vivres de toute sorte.
Andraisoro (96 kilomètres). — Ancien cantonnement de tirailleurs malgaches.
Pl. 11. — TANANARIVE : l. ARRIVÉE PAU L'OUEST. —