‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 110 sur 114 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Vary lava (coteau .

Id. ( - ).

Id. (marais).

Vary moro ( — ) .

Yary vato ( — ).

Vary lava (coteau).

Août.

Octobre, novembre.

Mai. Mai.

Octobre, novembre.

Décembre, janvier.

Sans repiquage.

Id.

Juillet.

Juillet.

Sans repiquage.

Id.

Décembre.

Mars, avril. > Octobre. | Octobre. |

Mars, avril.

Mai, juin.

Pe tites plantations.

> Grandes plantations.

Plantations tardives, en petites quantités.

Les plants doivent être espacés de "20 à '25 centimètres : le repiquage se fait à la main. Le rendement moyen à I hectare est de 1000 kilogrammes pour le riz de marais et de 500 kilogrammes pour le riz de coteau.

Manioc — On distingue trois espèces de manioc : le manioc indigène, le manioc de Bourbon et le manioc de l lnde.

Le premier possède une tige beaucoup plus haute et une racine beaucoup plus grosse que les deux autres. Le manioc de Llnde a une couleur rougeàtre, le manioc indigène et le manioc de Bourbon présentent une teinte plutôt grisâtre. Le manioc de Llnde est plus riche en fécule et possède plus de racines que les autres; aussi est-il de beaucoup le plus prisé.

Le manioc est planté en septembre, octobre et novembre, époque où les pluies deviennent moins fréquentes; les morceaux de tiges employés comme boutures, que l'on espace de 1 mètre, risquent moins de se pourrir. La graine ne donne qu'une seule tige, qui, replantée, en produit plusieurs autres.

Le manioc indigène et celui de Bourbon peuvent se manger au bout de six mois ; mais ils ne sont véritablement comestibles qu'à partir de la première année, époque à laquelle il est préférable de les consommer et où ils doivent être arrachés.

Le manioc de l'Inde ne grossit que pendant la première année; on doit l'arracher après un an, sous peine de le voir pourrir.

Patates. — Il existe deux sortes de patates : la blanche et la rouge; c'est cette dernière qui est la plus appréciée.

Elles se plantent en mars, avril et mai (les plantations faites en juin et juillet donnent des produits médiocres) ; elles viennent par boutures, que l'on espace de 50 centimètres.

Quoiqu'elles puissent se consommer après trois mois, elle n'atteignent leur plein développement que vers la fm de l'année de la plantation.

MaïSy — Le maïs se sème en terre sèche et à toute époque de l'année, sauf en juillet; il peut être récolté trois mois après.

Les indigènes n'en cultivent que la quantité qu'ils croient nécessaire pour parer à la disette éventuelle. La majeure partie est consommée avant maturité ; les Malgaches ne laissent mûrir que ce qui est indispensable pour la semence.

Haricots. — Il en existe de trois espèces : rouge, blanc, moucheté rouge et blanc. Le blanc est plus fin, mais moins nutritif que le rouge; le moucheté est moins apprécié.

Les plantations se font en avril et mai et la récolte a lieu trois mois après. Les indigènes font deux récoltes successives.

Canne à sucre. — Il existe dans la province deux sortes de canne à sucre : la canne à sucre indigène, dite canne rouge, peu riche en saccharine, et la canne à sucre blanche de Bourbon, qui lui est de beaucoup supérieure.

Actuellement, la canne à sucre n'est cultivée qu'autour des villages. Elle est plantée en été par bout de tige (tète de canne) ; la distance, entre les lignes, doit être de 2 mètres et, entre les sillons, de 50 centimètres ; deux nettoyages sont indispensables aux jeunes cannes : le premier, quarante jours après la plantation, et le second, deux mois après le premier.

La récolte a lieu habituellement au bout de dix-huit mois, le plus souvent vers la fin de juin de chaque année. L'hectare produit 36000 kilogrammes de canne à sucre.

Ananas, bananes^ sonjo, brades. — On en cultive autour de chaque case indigène.

Caféiers. — Le caféier à grosses cerises dit « libéria », réussit bien dans la région. Quelques essais de caféier de Bourbon ont été tentés, mais ils ont donné des résultats médiocres.

Le café se sème de la manière suivante : après avoir labouré le terrain et préparé les planches, on creuse de petits fossés de 10 centimètres de profondeur sur 10 de large, on dispose dans ces sillons les graines qu'on a, au préalable, dépouillées de leur pulpe et fait sécher à l'ombre; les graines doivent être espacées de 20 centnnètres les unes des autres; on les recouvre de terre, puis de paille sèche ou de feuilles. Il faut avoir soin de choisir, pour la pépinière, un terrain bien abrité des vents.

Le café peut se semer à toutes les époques de l'année; mais, en décembre, janvier et février, les semis semblent moins bien réussir à cause des grandes pluies qui sont fréquentes à cette époque.

Pour I hectare de superficie, en pépinière, en plantant à 20 centimètres de distance, les planches ayant 1 m. 20 de largeur et les sentiers d'arrosage 80 centimètres, on pourrait semer 174 000 graines environ. 100 kilogrammes de baies donnent en moyenne 50000 graines.

Le meilleur moyen pour la transplantation consiste à transplanter les racines du jeune plant avec toute la terre qui leur est adhérente. Cette opération se fait de douze à dix-huit mois après l'époque des semis. La saison conve-

COLOMSATION.

nable est do décembre à avril, et il faut choisir, de pn'férence, un temps couvert et huiuide; les tious destinés à recevoir le jeune plant doivent avoir 80 centimètres de côté et 1 mètre de profondeur.

La plantation peut se faire en carré ou en (|uinconce; il faut qu'il y ait de 3 m. 50 à i mètres de distance entre les plants, ce cpii donne {)%) ou 784 pieds à rhectare.

Il est indispensable de créer des ceintures d'ai bres destinés à abriter les plants des vents qui sont souvent très forts; le jaquier répond à ce but.

De fréquents sarclages sont nécessaires; on devra surtout s'appliquer à tenir propre le pied des plants dans un rayon de 1 mètre.

Il sera préférable de ne pas tailler, à cause des nombreux gouiinands qui se forment et qu'il est indispensable de supprimer, puiscpi'ils fatiguent inutilement la plante; dès que l arbuste atteint 1 m. 20 ou 1 m. 50, on doit l'écimer et renouveler cette opération aussi souvent qu'il le faut, de façon à assurer son développement en largeur et non en hauteur.

La floraison est presque continue, de sorte qu'il n'y a pas, à proprement parler, de récolte, mais des cueillettes successives, les divers arbres mûrissant leurs fruits pendant la plus grande partie de l'année. La cueillette consiste à détacher les cerises mures, bien reconnaissables à leur couleur rouge foncé.

Le café Libéria commence à rapporter à partir de l'âge de cinq à six ans ; un jeune caféier rend en moyenne de '2 à 2 kilogr. 1/2 de graines par an; en comptant 625 pieds à l'hectare, le rendement annuel serait donc de 1 250 à 1 650 kilogrammes par hectare.

La dépense nécessaire pour mettre 1 hectare en valeur s'élève actuellement à environ 100 francs; la dépense annuelle d'entretien pour la même surface est de 50 francs.

Le café Libéria n'a pas de maladies, le café de Bourbon est atteint par VHemileia vastatrix.

Cacaoyers. — Lorsqu'on veut faire une plantation de cacoyers, il faut choisir un terrain riche, qui n'ait ni tuf, ni argile imperméable, jusqu'à la profondeur de 6 à8 mètres; puis, on débarrasse la surface du terrain de toute espèce d'herbe, de broussaille, d'ordinaire au moment de la saison sèche, pour pouvoir les brûler et laisser remplacement tout à fait proj)re. Alors, au moyen de piquets que l'on plante en ligne droite, à la distance de 5 m. 50 à 4 m. 50 les uns des autres suivant la richesse du terrain, on fixe les places où, dès les premières pluies, on mettra des bananiers pour abriter les cacaoyers à partir de l'année suivante ; les piquets sont donc remplacés par des bananiers entre les([uels on fait pousser soit du manioc, soit d'autres plantes venant rapidement, afin que le petit cacaoyer ait de l'ombre aussitôt qu'il sera transplanté.

La plante qui convient le mieux est le tabac marron ;on en place une tige à l'Est et l'autre à l'Ouest du jeune cacaoyer. On prend ensuite les boutures d'un arbre communément appelé immortel ou «madré del cacao», et dont le nom scientifique est Erythrina uiubrosOs et on les plante à distance d'environ 12 à 15 mètres les unes et les autres ; soigneusement élaguées, elles

produisent des arbres qui, après trois à quatre ans, donnent l'ombrage nécessaire au cacaoyer.

Les semis de cacao se font de deux manières. On prend de belles cabosses mûres à point, c'est-à-dire quand les graines se détacbent facilement sans que le germe du fruit soit sorti. On cboisit les plus belles de ces graines, auxquelles on enlève la peau sucrée qui les recouvre, puis on les jette dans un récipient d'eau fraîche, où elles séjournent de buit à douze heures, afin de les débarrasser des matières sucrées susceptibles d'attirer les fourmis ou autres insectes nuisibles.

Une fois ce résultat atteint, on peut semer de deux manières. La première consiste à donner une façon à la terre entre les pieds de tabac marron et à semer trois graines de cacao, le germe en bas et la graine enterrée seulement aux deux tiers de sa hauteur ; on doit prendre la précaution de la recouvrir d'une feuille de bananier (|ue Ton enlève trois jours après.

La seconde façon de procéder est la suivante : on fait des semis qui doivent se trouver prêts à être transplantés aussitôt que les petites plantes mentionnées ci-dessus peuvent leur donner l'ombrage nécessaire.

Les semis se font sous bois; on a soin de bien nettoyer l'emplacement et d'en piocher la terre. On prend alors de petits tubes, soit en bananier, soit en bambou ou en papier; le meilleur est de faire, avec l'argile à brique, des cylindres de 10 centimètres de diamètre et de 50 de longueur, qui, formés de deux pièces, ressemblent beaucoup à des tuiles creuses, ayant une cannelure au bas et une dans le dessus, ce qui permet de les maintenir l'une vers l'autre. On remplit ces tubes de bonne terre et on sème la graine dans chacun d'eux, comme il a été expliqué ci-dessus; à la hauteur de 1 m. 50, on fait une espèce de toiture à plat, qui laisse passer l'eau, mais qui intercepte les rayons du soleil.

Au bout d'un an et demi ou deux ans, le cacaoyer prend 3, i ou 5 branches, qui s'en vont chacune de son côté et laissent l'arbre sans tête principale. Le planteur doit supprimer le plus promptement possible toute branche gourmande qui vient sur le pied de l'arbre ou à la naissance des branches^ afin qu'elle n'absorbe pas la nourriture des autres. On obtiendra ainsi des arbres de 4 à 6 mètres de hauteur, dont les branches et le pied se couvriront de fruits de belle grosseur et de bonne qualité.

11 faut prendre les fruits aussitôt qu'ils sont mûrs, car, si l'on attend, la fermentation se produit dans la cabosse, et les graines, commençant à germer, perdent de leur saveur. Une fois les cabosses récoltées, il faut les ouvrir immédiatement et jeter les graines dans la chambre à fermentation, ou, si l'on n'en a qu'une faible quantité, on les met dans des boîtes que l'on recouvre de feuilles de bananiers. C'est le moment difficile, car il faut avoir une grande habitude pour arrêter la fermentation au moment voulu; la durée de cette délicate opération varie de un jour à huit et même à douze, suivant les besoins de la graine.

Une fois le cacao fermenté à point, on le met au soleil et on essaye de le faire saisir, afin que la partie gluante, qui entoure les graines, sèche le plus vite possible et leur laisse une couleur rouge cannelle; on surveille le

COLONISATION

séchage, a(in que le gi-ain ne prenne |)as de inoisissiiic, aussitôt (|iril est bien sec, ce que l'on reconnaît au son (ju il rend quand on le renriue, il doit être expédié le plus vite possible poui* qu(î les insectes n'aient pas le temps de le pi([uer.

A l'âge de trois ans, le cacaoyer commence à porter quebjues Heurs; les récoltes deviennent assez importantes vers sej^l on liiiit ans; à dix ans, l'arbre entre en plein rapport.

Un hectare peut produii c de l hOO à 2 000 kilogrammes.

Le cacao de Madagascar est [)eu coté, mais cela tient au peu de soin avec lequel la récolte et la préparation y sont laites, et il n'est pas douteux que, quand .on voudra bien y remédier, il n'obtienne un meilleur classement en Europe. La culture du cacao est certainement appelée à fournir d'excellents résultats.

Les rats se montrent très friands des cabosses de cacao ; il n'est pas rare de rencontrer des arbres dont la plu})art des fruits ont été dévorés par ces rongeurs. Comme remède, on pourra planter ça et là quelques touffes de canne à sucre, dont les rats sont encore plus friands que de la cabosse.

Vanille — Les lianes actuelles viennent de la Réunion; elles sont de l'espèce planifolîa.

Le terrain choisi pour la pépinière doit être riche en humus, ombrage, mais parfaitement aéré, et bien préparé. Les boutures sont placées h 50 centimètres les unes des autres, sur une interligne de 2 m. 50; les lianes poussent en liberté sur les tuteurs et, à l'âge de 5 ans, fournissent des bourgeons vigoureux, qui servent aux plantations; on ne doit jamais féconder les fleurs des lianes de la pépinière, afin de ne pas les épuiser par une production liàtive.

Les plantations se font en décembre et janvier. Avant de commencer une plantation et afin d'avoir rapidement Tombrage nécessaire, il faut, en temps utile, planter dans les entre-lignes des bananiers, espacés de 5 mètres, ainsi que des pieds de bois noir, que l'on dispose en quinconce à 5 mètres les uns des autres; les pignons d'Inde, qui doivent servir de tuteurs aux boutures de vanille se placent aux mêmes distances que les boutures ellesmêmes, c'est-à-dire qu on les espace de 1 m. 50.

Une vanillerie doit être l'objet d'un entretien constant. Il faut détruire toute plante, toute liane étrangère auprès des vanilliers. Il est nécessaire de recouvrir de paille, au moment de la sécheresse, le sol voisin du tuteur auquel la bouture est attachée, et des troncs de bananiers, placés en bordure des lignes, constituent, en se décomposant, un excellent engrais. La taille du vanillier se fait lorsqu'il a atteint un certain développement ou que l'agglomération des lianes est trop accentuée ; cette opération consiste à enlever les bourgeons qui sortent assez nombreux sur la partie de la liane précédant les fleurs ; la pratique et la fertilité du sol servent de guide dans les diflerents cas. Tout le monde n'est pas partisan de la taille; il y a des planteurs qui prétendent qu'elle épuise rapidement le vanillier.

La floraison commence en juillet et se continue jusqu'en décembre. Les gousses sont mures du commencement de mai à la lin de septembre. La fé-^

condation se fait artificiellement et il faut une certaine expérience pour la pratiquer avec succès.

La récolte se fait en détachant délicatement les gousses du balai tloral auquel elles adhèrent; vient ensuite la préparation, qui est un travail délicat ; les bons préparateurs sont extrêmement rares.

Un hectare peut fournir jusqu'à 957 kilogrammes de gousses, soit 254 kilogrammes de vanille sèche, préparée pour être livrée au commerce. La récolte de 1896 a été vendue 50 francs le kilogramme.

La mise en culture d'un hectare revient à 500 francs environ, le coût de l'entretien est d'une centaine de francs par an.

Il n'existe aucune maladie dans les vanilleries. Les insectes nuisibles sont la limace et surtout la grosse punaise, qui, par sa piqûre, fait couler beaucoup de gousses de vanille.

Caoutchouc. — Plusieurs colons font des essais en vue de tirer parti du caoutchouc de Céara. Ils obtiennent d'excellents résultats; les arbres sont de belle venue.

Les caoutchouquiers se plantent à une distance de 4 à 7 mètres, suivant le terrain.

Poivriers, arbres à thé, girofliers, muscadiers^ tabac, coton. — On n'a encore fait, jusqu'à présent, que des essais de ces cultures.

Divers. — Les légumes d'Europe viennent bien dans la province.

La ramie pourrait être plantée en maints endroits.

Le cocotier viendrait très bien dans les terres sablonneuses de la côte.

Main-d'œuvre. — Les travailleurs se payent de 60 à 70 centimes par jour, sans compter la nourriture (soit 600 grammes de riz environ). Les engagements se font pour l'année, le semestre, le trimestre ou le mois.

Élevage. — Les animaux dont les indigènes font l'élevage sont le bœuf et le porc; la province compte environ 4000 bunifs et 200 porcs. La qualité de la viande de bœuf est passable; on pourrait améliorer la race par croi sèment et sélection. Il n'y a ni chèvres ni moutons.

Les indigènes tirent quelques ressources des peaux de bœuf qu'on exporte et qui valent, sur place, de 60 à 70 francs les 100 kilogrammes.

Il ne se fait pas d'exportation d'animaux vivants.

Pâturages. — Les pâturages de la province sont très étendus, mais ils sont médiocres, et il serait indispensable de créer des prairies.

Les épizooties ne sévisssent pas sur le bétail de la région.

Les indigènes sont utilisables comme gardiens de troupeaux, mais il est rare d'en trouver de bons. Peut-être serait-il possible d'être mieux servis en leur donnant, par exemple, un tant pour cent sur les produits. Le salaire qui leur est alloué est de 7 fr. 50 à 15 francs par mois, avec la nourriture.

Construction. — On trouve dans la province des matériaux de construction, tels que bois, piene et terre à brique; mais il est très difficile de se procurer des ouvriers, en raison de la paresse innée des indigènes.

Métiers divers. — Il y a place, dans la province, pour un cordonnier, un boulanger, un serrurier-forgeron, un charpentier et un menuisier-ébéniste.

COLONISATION

Le salaire offert est de h à 7 fr. hO par jour, pour iiii hon ouvrier.

Commerce. — Le mouvement conuucrcial du port de Mananjary est assez important. Les exportations portent principalement sui- la cire, le riz, le rafia, les cuirs, le crin Yé<iétal, la gomme copal et la vanille.

Mananjary exporte annuellement une très ««rande ipiaiitité de cire, (jui est généralement traitée à Tsiatosika et à Sahavato, où elle est apportée par l(!s indigènes habitant la fon^t ; celle de Sahavato est très prisée et plus particulièrement demandée. C'est, en effet, la plus pure que l'on puisse se procurer dans le pays; elle contient peu de matières étrangères et donne, j)ar suite, peu de déchet au nettoyage.

Depuis quelques années, le commerce des peaux de bœuf a pris une assez grande extension, et le chiffre des exportations augmente de plus en plus. Ces peaux sont expédiées en Amérique, ainsi que les autres dépouilles du bœuf, cornes, sabots, etc.

Les principaux articles d'importation qui arrivent à >fananjary sont : le sel, les toiles, le rhum de la Réunion, le vin et les liqueurs, le sucre et le pétrole.

Voici, en terminant, un aperçu des prix des diverses marchandises sur les marchés de la province :

Articles tV exportation :

Cire, les 100 kilogr Fr. 200 Crin v.'gétal, les 100 kilogr.

Riz, — 20 Gomme copal, —

Rafia, — 55 Haricots, —

Cuirs, — 55 Vanille, —

Sacs vides, les 100 kilogrammes Fr.

Articles d'importation :

1 assiette faïence creuse. . . Fr.

Tabac français, le paquet . . . Fr.

1 assiette émaillée creuse ....

1 carail (marmite) grande ....

1 grand verre

1 — — petite

1 lamba d'indienne

1 chemise d'indienne

1 cadenas (petit)

Toile de coton (pour pantalon), le m.

1 boîte de lait concentré

1 angadv (bêche)

Clous, diverses qualités, le paquet

1 arrosoir en fer-blanc

Sel gros, les 50 kilogr

1 marmite en fonte, grande . . .

Sel de Marseille, les 60 kilogr. . .

1 — — petite. . . .

Aulx, la livre

Chocolat, la livre

1 plat en fer-blanc

Uuile, le litre

1 petite glace carrée avec cadre doré

Vin de Provence, la bouteille. . .

Boutons de naci-e, pour veston (la

Porter

Vermouth Noillv, le litre

1 collier grosses pierres, moyen . .

Cassis, le litre

Papier à cigarettes, 'es 100 cahiers.

District d'Ambohimanga du Sud.

Ambohimanga du Sud est à 130 kilomètres environ au Nord-Ouest de Mananjary, dans le pays des Tanalas.

C'est une région bien arrosée; elle comprend la vallée de TAnUona, qui forme une plaine immense entre deux collines boisées au sommet, avec quelques mamelons peu élevés et des villages sur les hauteurs, celle de l'Ankerana d'une seule venue, abritée des vents, et celle de la Mandroana, d'une largeur moyenne, dont le sol est très fertile.

Il y a une grande forêt à l'Ouest, où le Sahafamitieny prend sa source.

Il y a 5 périmètres de colonisation, d'une superficie totale de 14 000 becs tares, situés

Le 1" périmètre, à 2 heures à pied d'Ambohimanga. 2* — à 1 jom' de marche, en filanjana, — 5° — à 80 kilomètres —

Le bureau de colonisation est distant de Tananarive, par Ambositra et Antsirabé, de 280 à 290 kilomètres.

Voici la distance aux principales villes voisines :

D'Ambohimanga à Ambodifiakarana I heure.

— à Aml)alaherana • . 2 —

— à Ampahsitsara 2 — 5/4

— à Ambodihara (\tsimo) 5 —

— à Bemarivo 6 — 1/2

— à Maliatsaia 10 —

On accède aux lots de concession par des pistes et sentiers muletiers, qui relient les villages entre eux.

On y cultive : le riz, du tabac, des haricots, du maïs, du manioc, de la canne à sucre, des arbres fruitiers, des bananiers, des goyaviers, et on peut y essayer la culture du café, du coton, du caoutchouc, du cacao, de la vanille, de la vigne.

On y élève des bœufs (dans le haut Sakevo) et des porcs ; les troupeaux de bœufs sont, en somme, peu nombreux.

Un ouvrier se paye 50 centimes par jour, mais le recrutement est difficile en raison de la paresse des habitants.

Une maison d'habitation, en bois et bambou, vaut, couverte en chaume, de 75 à 100 francs.

Il y a de l'eau sur les terrains de colonisation et du bois de construction et de chauffage à petite distance. Il y a une grande foret dans l'Ouest.

PROVINCE DE FARAFANGANA

Les terrains ouverts à la colonisation, dans la province de Farafangana, se trouvent dans les secteurs de Yohipeno et de Vangaindrano.

COL OMSATIOX.

Secteur de Vohipeno.

Ceux reconnus dans le secteur do Vohipeno ont une ('tendue vai iant d(; 100 à 1 000 hectares; ils sont sitwi's en ^landc partie dans la vallée de la Matitanana. Le sol est tantôt ai^^ileux, tantôt sahlonneuv et recouvei t d'une riche végétation. On rencontre dans cette région de nonihieux marais qui sont presque t ous cultiés.

Deux lots particulièrement avantageux, Tun de 200 hectares, l'autre d(i 20 hectares, situés à proximité de Mahamanina, ont été spécialement délimités. Ces lots sont figurés sur un croquis joint à la présente étude.

Le colon qui désirera s'étahlir dans ce pays devra s'y rendre pendant la saison sèche, d'avril à septembre; c'est le meilleur moment pour s'histaller et pour voyager. Il pourra gagner Farafangana en bateau et se faire porter de là à sa concession en suivant la route du littoral. Il trouvera sur le lot de colonisation qui lui sera dévolu des cases en paillote où il pourra Vinstaller confortablement. Une maison de trois pièces coûte de 200 à 500 francs.

Les indigènes cultivent principalement le riz dans les terrains voisins de la Matitanana et dans les nombreux marais de la région.

Il a été fait jadis des plantations de caféiers qui ont bien réussi.

Tout porte à croire que les légumes d'Europe y viendraient.

Il y a de grands troupeaux de bœufs dans la province. Les indigènes n'en prennent aucun soin; ils les laissent errer toute l'année dans les pâturages, où l'herbe est toujours abondante. Un beau bœuf se vend de 50 à 75 francs, un taureau 50 francs, une vache 40 francs, une génisse de 25 à 30 francs. Les peaux sont salées et vendues aux commerçants de la côte. La race pourrait être améliorée par une sélection judicieuse des reproducteurs et par l'introduction d'animaux amenés d'Europe.

Il existe dans la région une tuilerie et une briqueterie installées près de la foret d'Ampasipotsy, qui réussissent très bien.

Le colon pourrait se procurer des bénéfices en exploitant les forêts de la côte par les procédés modernes.

Le gibier est abondant dans la contrée; on y trouve des perdrix, des pintades, des pigeons sauvages et beaucoup de variétés de gibier d'eau. Les sangliers y sont très nombreux.

Secteur de "Vangaindrano.

Tout le territoire du secteur de Vangaindrano peut être ouvert à la colonisation. Les demandes de concession étant rares jusqu'à présent, un grand choix peut être accordé aux colons.

La meilleure époque pour voyager et s'installer est la saison sèche. Le colon trouvera facilement, dans les grands centres de la côte ou à Vangaindrano, des porteurs pour le mener à sa concession; le prix moyen est de 1 franc par bourjane et par jour.

Il est aisé de trouver des cases sur les lots de colonisation; elles sont bâties en falafa (rachis de la feuille du ravinala) et couvertes en herana (joncs)

et elles valent de 500 à 600 francs. Le colon pourra, du reste, se faire construire une maison entièrement en l)ois, couverte en tôle galvanisée.

Les cultures indigènes sont : le riz, les patates, le manioc, le maïs et les haricots.

Les rizières sont remarquablement belles et les tiges de riz atteignent jusqu'à 2 m. 50 de hauteur.

Le riz se sème aux mois de mars, d'avril et de mai; les patates, en janvier; le manioc, en novembre et décembre; le maïs et les haricots, en toute saison. Toutes les semences se font à la volée.

Le riz fleurit un mois après avoir été transplanté ; et, un mois après, il est récolté. Les patates et le maïs peuvent être récoltés au bout de trois mois; les haricots après un mois et demi.

Le riz vaut 1 franc les 20 kilos ; 1 hectare rend en moyenne 25 000 kilogrammes.

Outre ces cultures, les Ho vas avaient fait des plantations de café, qui ont été reprises par les soins du commandant du secteur.

Il y a beaucoup de bœuf S dans la province, où les pâturages sont riches et étendus. Un bœuf vaut de 25 à 35 francs, un veau 10 francs, une vache de 15 à 20 francs. Les bœufs servent à la consommation; le surplus est conduit dans le Nord de Tîle pour y être vendu.

L'industrie minière y est nulle ; il existe du fer en grande quantité dans la région, mais il n'est pas encore exploité.

11 existe de belles forêts dans le pays, mais elles ne sont pas exploitées à cause du manque de débouchés.

Le gibier de toutes sortes est très abondant dans le secteur.

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