‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 24 sur 114 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Produits végétaux.

Plantes alimentaires : riz; culture du riz île plaine; culture du riz de montagne ; culture et rendement du manioc; patates; topinambour; maïs; pommes de terre; haricots ; pois du Cap; sonjo ou gouet comestible ; l'arrow-root.

Céréales : blé, orge, seigle, avoine.

Plantes fourragères.

Plantes textiles : cotonnier, rafia, lombiro, chanvre, ramie. Pailles et joncs, crin végétal.

Plantes tinctoriales : indigo, orseille, tamotamo, liozo, nato. voamboana. lierana, manguier.

Plantes oléagineuses : l'arachide, le ricin, le cocotier, le pignon d'Inde, le raliaraha, le pavot, le lin.

Autres plantes commerciales : le vanillier. Plantations de vanilliers dans les districts d Andévorante. de Vatomandr\ , de Malianoro et de Mananjary. — Le cacaoyer. — Le caféier : principales variétés cultivées; traitement de Vhemilria vastatrix par la bouillie Perret au saccharate de cuivre; rendement, frais de culture et d'entretien; rendement du liberia dans les districts d'Andévoranle. de Vatomandry. de Malianoro et de Mananjary. — Le théier. — La canne à sucre : culture et rendement. — Le poivrier. — Le tabac. — Le giroflier. — Le gingembre. — Le géranium. — Les roses. — Le vétiver. — La badiane. — Les orchidées.

Arbres fruitiers. Fiuits de la zone littorale : bananier, manguier, tamarinier, citronnier, cocotier, latanier, oranger, papayer, letchi, arbre à i)ain. acajou, arbre de Cytbère. jamrosa, voanakoholaliy, adabo. — P'ruits de la 2* zone ou zone moyenne. — Fruits de la 5* zone ou zone élevée — Différentes espèces de bananes.

Vigne : ceps français, ceps américains.

Champignons : variétés comestibles. Truiïes. Produits divers : miel et cire.

Caoutchouc : région du >'ord-Ouest; région de l'Ouest.

Lianes : caractères généraux, caractères distinclifs; rcbea ou voahehy, bokabé, lombiro, vahimainty. gidroa. Région du Sud-Ouest, région du Sud, région du Sud-Est. Région de Mananjary- Mahanoro. Province de Tamalave. Région Nord-Est.

Copal, résine, encens.

Nous diviserons ces produits en plantes alimentaires, céréales, plantes fourragères, plantes textiles, plantes tinctoriales, plantes oléagineuses, autres plantes, fruits, produits divers. Les forêts font l objet d'un chapitre spécial.

Plantes alimentaires.

Les principales plantes alimentaires que I on trouve à Madagascar sont les suivantes : riz, manioc, patates, topinambour, maïs, songes ou ignames, pommes de terre, haricots, petits pois, pois du Cap, fèves et la plupart, des légumes de France (choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles, carottes, navets, tomates, aubergines, salsifis, lentilles, oseille, épinards, melons,

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citrouilles, artichauts, asperges, salades de toute espèce, laitues, scaroles, romaines, et ail, oignon, persil, etc.').

On peut dire, en efîet, que tous les légumes de France réussissent à Madagascar; mais beaucoup d'entre eux ne sont pas plantés par les indigènes parce qu'ils ne savent pas les cultiver, ou parce qu'ils n'en font aucun cas, ou encore, pour certains d'entre eux, parce qu'ils demandent trop de soins. Mais à Tananarive, par exemple, les Européens obtiennent tous les légumes de France sans exception. 11 faut ajouter que, si la plupart de ces légumes réussissent mieux en Imerina, ils viennent aussi dans la zone moyenne et dans la zone littorale de l'île.

Le riz, les patates et le manioc forment la base de l'alimentation des indigènes. Un indigène adulte consomme en Imerina, chaque année, une moyenne de :

578 kilogrammes de riz;

180 — manioc;

72 — patates ;

28 — songes ;

18 — haricots;

11 — maïs ;

18 — légumes.

La viande n'entre que pour une part minime dans son alimentation, à raison de trois repas par semaine environ, ce qui représente une consommation annuelle d'à peu près 45 kilogrammes.

Riz (vanj). — Le riz est le principal, souvent Tunique aliment des indigènes; aussi le cultivent-ils partout où le sol et Tabondance de Teau le permettent. Il ne vient pas au-dessus d'une altitude de 1700 mètres.

Il existe à Madagascar un grand nombre de variétés de riz, différant parla coloration, la forme, les dimensions du grain, le goût, ou par certaines particularités de la tige et des feuilles; on n'en compte pas moins de vingtdeux. La qualité la plus estimée est le somotsandriana; mais, dans le langage courant, on distingue surtout deux espèces : le riz blanc, qui est le plus estimé, et le riz rouge. Le prix du riz blanc est de deux fois et demie celui du riz rouge. Avant la guerre et dans les années de récolte moyenne, le prix ordinaire

d'un litre de riz était de :

Imerina : riz blanc. ... ^> iO centimes.

— riz rouge » 5 1/2 —

Fianarantsoa : riz blanc » 4 1/2 —

— riz rouge » 5 —

Tamatave : riz blanc » 12 —

— riz rouge » 6 —

Majunga : riz blanc » 10 —

— riz rouge » 5 1/2 —

1. La betterave est peu cultivée; mais il semble à peu près certain qu'elle viendrait dans presque toutes les parties de l'île. Les fèves et les lentilles viennent assez difficilement en Imerina.

La guerre de 1895 et l'insurreetion qui l'a suivie (1896-1897) ont amené une hausse énorme dans la plupart des régions de Tîle, les trois quarts des rizières étant demeurées incultes.

A Tananarive, la vata de riz blanc a atteint, vers la fin de 1897, le prix de 12 francs; mais, dès le milieu de 1897, la culture des rizières a été partout reprise; aussi une baisse sensible a-t-elle commencé à se produire aussitôt après la première récolte de 1898. A ce moment la vata de riz blanc est descendue à Tananarive à 7 fr. 50.

Suivant toute probabilité, après la deuxième récolte (avril-mai), elle ne vaudra plus que 3 fr. 75.

La vata est une sorte de corbeille en jonc, sobika, dont la capacité varie avec les provinces.

La vata contient en nombres ronds, à Tananarive et dans les environs, 18 litres (exactement 17 1., 93), à Arivonimamo et dans tout l'Ambodirano presque exactement 24 litres, et dans le Betsileo, environ 30 litres.

Un litre de riz pèse 892 grammes environ.

Un litre de paddy pèse 600 grammes environ.

La vata de riz (dans l'Imerina) pèse donc 16 kilogrammes et celle de paddy 11 kilogrammes.

Il est difficile d'évaluer la production annuelle totale de l'île en riz; elle est considérable et dépasse les besoins de la consommation locale.

Le Betsileo en produit, à lui seul, 2 500 000 hectolitres.

La plaine de Betsimitatatra qui entoure Tananarive au Nord, à l'Ouest et au Sud, renferme les plus belles rizières de l'île. Cette plaine, qui était autrefois un immense marécage, a été transformée en rizières par les premiers chefs des Hovas; Andrianjaka et Andriamasinavalona ont contribué à la construction des digues de ITkopa qui ont permis le dessèchement des marécages.

La culture du riz diffère, suivant qu'il s'agit du riz de plaine ou du riz de montagne.

Culture du riz de plaine.

Généralement le riz est semé en pépinières dans un terrain à part, puis repiqué dans les rizières.

1° Pépinières. — On commence par dessécher le terrain au moyen de canaux de drainage. L'époque de cette opération est variable, elle se fait généralement en juin et juillet.

Dès que le terrain ne conserve plus que l'humidité nécessaire pour se laisser entamer par l'angady, on le laboure avec cet outil, c'est-à-dire qu'on découpe ce terrain en prismes rectangulaires réguliers qu'on empile en longues rangées sous forme de petits murs, afin d'assurer l'aération et la dessiccation du sol et la mort des racines des mauvaises herbes. Ce résultat obtenu, on replace les prismes, qu'on ameublit aussi complètement que possible, on étale une couche de fumier, de scories et de cendres, et on achève

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de régaler les terres. On ensemence en août et au commencement de septembre, puis on recouvre les champs d'une légère nap|)e d'eau qu on maintient soigneusement au même niveau. La germination demande environ Imit jours. Deux mois après l'ensemencement, on fait le rcpi([uagc dans les rizières ; les plantes ont alors 20 centimètres environ de hauteur.

2° Rizières. — Le terrain est labouré à Tangady à la même époque et dans les mêmes conditions que celui des pépinières. On dispose aussi les mottes en rangées pour assurer l'aération et la dessiccation du sol; parfois, cependant, l'on se contente de les retourner sur place. Puis, l'on écrase à l'angady ces mottes un peu amollies par les premières pluies d'octobre et par Tirrigation, et l'on fume. Aux pluies de novembre, on amollit à l'angady, on régale et l'on nivelle. On amollit une deuxième fois, on fait piétiner le terrain par les bœufs et on le nivelle. Dans certaines régions, à Marovoay par exemple, les indigènes ne travaillent pas le terrain à l'angady : ce sont les bœufs qui font tous les frais de la culture.

A partir de sa transplantation, le riz ne reçoit plus de soins. Les rizières sont maintenues presque sans interruption sous une couche de 5 à 10 centimètres d'eau jusqu'au moment de la récolte où on les assèche complètement.

Récolte. — 11 y a deux récoltes qui sont fournies par des rizières différentes. Le riz de la première récolte ou « varialoha » est de qualité inférieure. Semé en avril, repiqué en août et récolté au moment des fortes pluies (janvier), il est moins beau et son grain se brise à la décortication au pilon; son prix est inférieur à celui de la deuxième récolte. Ce dernier appelé « vary vakiambiaty » se récolte en avril.

Dès que le riz est coupé et mis en bottes, on le transporte près d'une aire où est dressée une sorte de table formée par une pierre plane d'assez grandes dimensions, reposant horizontalement à 50 centimètres environ de hauteur au-dessus du sol sur trois autres pierres debout. On frappe le bottillon sur cette table jusqu'à chûte complète du grain. Après cette opération, le riz ou plutôt le paddy, c'est-à-dire le riz non décortiqué, est placé dans des sobika (corbeilles en jonc), puis étendu chaque jour au soleil sur des nattes jusqu'à complète dessiccation. Une fois sec, il est enfermé dans des magasins revêtus intérieurement de nattes ou dans des silos, à l'abri de l'humidité et des rongeurs, et il n'en est tiré que pour la consommation et la vente. Le riz n'est jamais décortiqué à l'avance, car, à l'état de paddy, il se conserve beaucoup mieux. Dans les magasins, on doit veiller à ce (|u'il repose toujours à sec sur des planches ou des nattes.

Décortication. — Le paddy n'est décortiqué qu'au fur et à mesure des besoins. La décortication se hit au pilon. Ce pilon est en bois. Sur la côte, le mortier est également en bois, avec une cavité peu profonde et à peine plus étroite en bas qu'en haut. En Imerina, le mortier est souvent en pierre et sa cavité est de forme conique ; avec cette forme les grains se brisent moins sous l'action du pilon.

Une usine pour la décortication du riz d'exportation existait autrefois à

Mahanoro, mais elle n'a pas réussi et, détruite pendant la guerre de 1885, elle n'a pas été reconstruite.

Rendement. — Pour ensemencer un hectare, il faut en moyenne 14 vatas, soit 154 kilogrammes, de paddy.

Un hectare donne à la récolte dans les hons terrains 252 vatas de paddy, soit environ 28 quintaux.

Une vata de semence donne donc 18 vatas de récolte dans les hons terrains.

Enfin, 100 kilos de paddy donnent habituellement 56 kilogrammes de riz.

Culture du riz de montagne.

La culture du riz de montagne, pratiquée par les indigènes de la côte Est dans la province de Vohémar, chez les Tanalas, les Betsimisarakas, etc., est moins perfectionnée. Le terrain choisi, les indigènes le fument en hrûlant les arhres et les herbes qui le recouvrent, puis, avec un bâton épointé, ils y font des trous dans lesquels ils jettent des graines qu'ils recouvrent ensuite de terre. Pas d'irrigation ni d'inondation; la pluie seule apporte l'eau. Quoique primitif, ce procédé de culture donne de bons résultats. Aussi les indigènes de la province de Vohémar préfèrent le riz de montagne et prétendent qu'il se conserve mieux.

Manioc. — Le manioc entre dans l'alimentation des indigènes pour une très forte proportion. Il est cultivé partout à Madagascar. On en distingue en Imerina trois variétés principales : le manioc bourbonnais, le manioc malgache, le manioc mozaudjique. Le premier est le plus estimé, le dernier l'est le moins. Ces maniocs sont des maniocs doux qui ne contiennent presque pas de sucs vénéneux à éliminer avant la cuisson, soit par la fermentation, soit par la compression. Les tubercules du manioc malgache sont cependant parfois légèrement amers et vénéneux (à cause de l'acide cyanhydrique qu'ils contiennent). Les Malgaches prétendent que le fumier de mouton provoque la formation de cet acide.

Culture. — La culture se fait par boutures. Les indigènes ne se donnent pas la peine de fumer le terrain; celui-ci ayant été simplement ameubli, ils plantent obliquement les boutures qui ont de 15 à 25 centimètres de longueur au maximum et dont ils laissent 5 à 8 centimètres hors de terre. Pour tout entretien, quelques binages et sarclages. En Imerina, on peut planter le manioc du 15 août au mois de mai de l'année suivante. La récolte se fait environ vingt mois après.

Rendement. — Le rendement est considérable : il atteint quelquefois quarante tonnes par hectare. Le pays betsileo produit des tubercules énormes: dans cette région, en terrain très ordinaire et peu humide, un hectare planté en manioc, sans fumure et sans autre soin qu'un simple labour à l'angady, rapporte, au bout de dix-huit mois ou deux ans, de 20 à 40 000 kilogrammes de racines, selon la nature du sol. La récolte s'y fait en toute saison.

PRODUITS VÉGÉTAUX

Prix moyen du manioc en hnerina. — Le manioc vaut dans l'iincrina de 5 à 4 centimes le kilogramme. Dans cette province, un hectaie rend hahituellcment 160 vatas, soit 20 tonnes. La vata pèse, en eflet, 15 kilogrammes et coûte de 40 à 50 centimes.

En delioi's de l alimcntation des indigènes, le manioc foiuuiit le tapioca et l'amidon. On sait que le tapioca n'est autre chose (pie de la fécule de manioc séchée sur des plaques chaudes. Le manioc renferme environ 20 pour 100 d amidon ; cet amidon s'extrait de la farine au moyen de tamisages successifs.

Patates. — Les indigènes consomment aussi une grande quantité de patates. On en cultive plusieurs espèces à Madagascar ; toutes ont la feuille petite et donnent un tuhercule très gros. Le tubercule de certaines espèces a la chair rosée ; la qualité est inférieure à celle de la patate d'Algérie et du Mexique. La patate s'obtient par boutures qui sont mises en terre en janvier, février et mars. La récolte se fait en juin et juillet (après cinq à six mois).

Rendement. — Environ 60 vatas à l'hectare; la vata pèse 11 kg. 500.

PiHx en Imerina : 20 à 50 centimes la vata, soit 1.7 à 2.6 centimes le kilogramme.

Topinambour. — Cette plante n'est guère cultivée qu'à Nossi-Bé et sur la côte Nord-Ouest, où elle vient très bien.

Maïs. — Le maïs est cultivé dans la plupart des régions de l'île, mais en petite quantité; il sert soit à l'alimentation des indigènes, soit, dans l lmerina, à engraisser pendant deux ou trois mois les animaux destinés à la boucherie. Les indigènes le mangent grillé ou plutôt bouilli comme le riz ; la paille ne sert guère que comme combustible. Le mais se sème en novembre ou décembre ; il se récolte en mars.

Pommes de terre. — La pomme de terre vient avec quelques soins sur la côte Est; elle réussit très bien sur les plateaux, Imerina et Betsileo. Dans la région de LAnkaralra, où le sol est léger et sablonneux, elle forme, en l'absence d'autres denrées, presque l'unique nourriture des indigènes. Elle y pousse sans culture et sans soins. Les marchés de Tananarive en sont abondamment pourvus.

Prix à Tananarive ; 1 fr. 80 la sobika.

Haricots. — Cette culture est assez répandue et réussit très bien.

Les haricots sont semés en novembre ou décembre. On peut manger des haricots verts dès le commencement de janvier. La semence est cueillie en février et mars.

Prix à Tananarive, 1 fr. 50 la petite sobika.

Pois du Cap. — On désigne sous ce nom une sorte de gros haricot peu allongé (P/i«seo/i/s lunatus), qu'on récolte surtout dans le Sud et le Sud-Ouest,

Si

où il a été importé du Cap de Bonne-Espérance par M. de Rontaunay. C'est le seul légume qu'on exporte en quantité. Les exportations se font principalement sur Maurice et la Réunion. Les trois ports de Mananjary, Farafangana, Tulléar en ont exporté, en 189G, 681 000 kilogrammes. Ce produit coûte à Tulléar de 15 à 18 francs les 100 kilogrammes et se revend 50 francs : il est donc assez rémunérateur.

Les autres plantes alimentaires ou légumes que nous avons énumérés n'entrent pas dans l alimentation des indigènes, et ils ne sont cultivés qu'à proximité des villes et pour être vendus aux Européens. On peut affirmer qu'ils réussissent dans la plupart des régions de l'île.

Sonjo ou gouet comestible. — L'igname, dont il y a plusieurs espèces, réussit très bien dans plusieurs régions, notamment en Imerina, dans le pays betsileo, dans la province d'ikongo et sur certains points de la côte Sud-Est, à Ambatomena, à Ampatrana, etc.

Le sonjo se plante de deux manières :

1° En mettant en terre les tubercules qui, au moment de la récolte, ont été reconnus impropres à l'alimentation.

2" En plantant une partie de la plante qu'on réserve au moment de la récolte; à cet effet, on a eu soin, en enlevant la tige lors de la récolte, de laisser à son extrémité 3 ou 4 centimètres du sonjo; c'est cette partie que l'on met en terre. Le sonjo se plante de juin à août. L'espacement des pieds doit être de 50 centimèties environ. L'entretien de la plantation se borne à des sarclages. La récolte se fait en mai. On fouille la terre jusqu'à complète extraction de la racine. Un hectare produit environ 100 000 kilogrannnes de racines. Le kilogramme se vend sur place 5 centimes et sur les marchés (à Manjakandriana, cercle de Tsiafahy par exemple) 6 centimes. Le prix de revient d une plantation d'un hectare est d'environ 500 francs.

11 semble qu il y aurait lieu, en vue de l'élevage, d introduire dans le pays le gouet géant qui croît dans les marais et qui est très commun dans quelques îles de l'Extrême-Orient où les indigènes le désignent communément sous le nom de via. Ce tubercule atteint 1 mètre à 1 m. 50 de long sur 25 à oO centimètres de diamètre et, après cuisson, est employé pour la nourriture des porcs qui en sont très friands.

L'arrow-root. — Vient très bien sur plusieurs points de l'île ; notamment dans les environs d'Andévorante (dans un sol sablonneux). La culture est très facile, peu coûteuse et d'un rendement considérable. La fécule d'arrow-root a une valeur commerciale supérieure à celle du manioc, et, comme elle est très recherchée sur les marchés européens, sa culture semble devoir être encouragée à Madagascar.

Céréales.

Blé. — Le blé a été introduit à Madagascar par Jean Laborde et par les missionnaires; mais il n'est pas cultivé dans l'île. On s'est borné à quelques

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essais pou nombreux, faits dans de nianvaisos conditions et sur une trop petite échelle. On peut diie a priori que cette céréale n a de chance de réussir (pie dans la région des plateaux (dans l'Imerina et le Hetsileo, etc.), et, comme les terres y sont généralement pauvres en acide j)hosphorique et en chaux, il semble, jusqu'à plus anq)le informé, que la culture en grand du blé à Madagascar ne peut pas se faire dans des conditions aussi avantageuses qu'en Europe. Cette présomption est basée uniquement sur la composition chimique du sol ; dans les essais tant anciens que récents qui ont été tentés, le blé est venu, mais avec un grain de qualité inférieure et un rendement très faible.

L époque des semailles a une importance prépondérante; dans les derniers essais faits à Antsirabé, la fleur a gelé, et, dans d'autres, l'épi, arrivé au terme de sa croissance en pleine saison des pluies, n'a pas mûri. 11 semble que la meilleure époque soit la première quinzaine de janvier. Il faut, en etYet, à Madagascar, cent jours environ pour que l'épi atteigne son complet développement; en semant à cette époque, le froment a environ quatre-vingt-cinq jours de saison humide, période d'humidité nécessaire et suffisante pour sa germination et son développement et quinze jours de saison sèche pour assurer la maturité des épis.

Ce n'est qu'après des essais faits en grand et en temps opportun qu'il sera possible de se prononcer sur l'avenir de cette culture à Madagascar.

On procède à des essais en ce moment même (décembre 1897) sur divers points de la haute région.

Orge, seigle, avoine. — Les mêmes réserves doivent être faites pour ces céréales dont la culture n'a pas encore été suffisamment expérimentée dans l'ile.

Plantes fourragères.

On ne cultive actuellement à Madagascar ni foin, ni sainfoin, ni luzerne, etc.; les chevaux et mulets, qui se trouvent, du reste, en très petite quantité dans l'île, sont nourris avec du paddy, du manioc, de la paille et du riz.

La ration pour les chevaux et mulets du corps d'occupation est la suivante : paddy, 5 kilogrammes; paille de riz, 4 kilogrammes. C'est la ration normale ; mais actuellement (décembre 1897), en raison de la disette de riz, elle se compose de : paddy, 5 kilogrammes; manioc, 2 kilogrammes; chiendent, 4 kilogrammes.

Les bestiaux sont nourris avec de l'herbe, du paddy et surtout avec certaines graminées comme le vero, qui est très répandu dans la haute région ; cette graminée rappelle l'alfa, mais la tige est plate et moins haute. Pendant la saison sèche, lorsqu'elle est desséchée ou trop dure, les indigènes l'incendient sur de vastes étendues (c'est ce qui explique les immenses feux que l'on aperçoit constamment dans l'intérieur de l'île à cette saison); l'amendement du sol du à la cendre est si efficace que de nouvelles pousses vertes et tendres sortent rapidement. ^

Plantes textiles.

Cotonnier. — Le cotonnier a été autrefois cultivé à Madagascar. Les indigènes produisaient eux-mêmes auparavant les toiles de coton avec lesquelles sont confectionnés tous leurs vêtements. Mais depuis que des cotonnades étrangères d'un prix très bas sont importées à Madagascar, ils ont abandonné cette culture, et il n'y a plus aujourd'hui que très peu de plantations de cotonniers. Mais cet arbuste pousse naturellement dans beaucoup de régions de l'ile, notamment dans le massif d'Ambre, sur la côte Nord-Ouest, et d'une façon générale sur toute la zone littorale, à Yatomandry, à Mahanoro, par exemple.

Rafia. — Le rafia est une espèce de palmier dont la tige ne dépasse pas 5 à 4 mètres de hauteur ; mais dont les feuilles s'évasent et forment un bouquet gigantesque. Il vient sans culture dans les terrains humides; mais on ne le trouve que dans une certaine zone bien déterminée, parallèle au littoral, commençant à 15 kilomètres environ de la mer et ne dépassant pas l'altitude de JOO mètres. La véritable zone du rafia s'étend de 25 à 50 mètres d'altitude. A une altitude supérieure, il est rabougri. On emploie la tige et les grosses côtes des feuilles pour la construction des cases indigènes; mais ce sont les fibres tirées des palmes qui forment une matière textile et qui servent à confectionner les tissus, tantôt très grossiers, tantôt très fins, connus sous le nom de rabanes.

Pour isoler la partie fibreuse, les indigènes partagent la feuille en minces lanières et en détachent avec un couteau Tépiderme qui recouvre la face inférieure et qui est solide et résiste longtemps à l'humidité, aussi l'emploie-t-on en horticulture pour attacher les plantes à leurs tuteurs et pour lier les ceps et les sarments. Les métiers employés pour le tissage des rabanes sont tout à fait rudimentaires et ne peuvent confectionner que des pièces de petites dimensions. Le rafia vaut à Tamatave '25 francs les 50 kilogrammes, et à Mananjary, '20 francs.

Les rabanes fines sont utilisées comme rideaux, nappes, etc.; les indigènes s'en servent aussi pour confectionner leurs vêtements de fatigue. Le vêtement de route des bourjanes comprend généralement une sorte de chemise en rabane descendant jusqu'au genou avec des demi-manches et une poche dans le dos. Cette fabrication est la principale industrie des Betsimisarakas. juant aux rabanes grossières, elles servent à confectionner des sacs pour le sucre, le café et autres marchandises et des enveloppes pour emballage.

Les différentes colorations données aux fils de rafia s'obtiennent d'une façon très simple ; pour obtenir des fils noirs, les indigènes les laissent séjourner pendant un certain temps dans la boue; ils obtiennent des fils jaunes en les faisant bouillir avec du tamotamo (Curcuma), bleus ou verts par l'ébullition avec de menues branches de l'engitra, ébullition qui, plus ou moins prolongée, donne différentes teintes.

PRODriTS VÉGÉTAUX.

Lombiro. — Le lomhiro est une liane à enontrhoiie iPijra) qui pousse à l'état sauvage et en très grande quantité dans tout le Bouéni et dans l Ouest. Mais le latex qu'elle contient est trop peu abondant pour qu'on puisse songer à l'exploiter. En revancbe, elle fournit une fdire textile de toute beauté et de toute solidité, bien supérieure à celle du ratia; elle pourrait, très avantageusement, être employée dans la fabrication des cordes.

Chanvre. — On en trouve dans l'intérieur à l'état sauvage, en très petite quantité. A Amboatany, notamment dans la région d'Ambohimanga, on en a rencontré poussant très bien sans culture dans les anciennes fosses à bœufs. Les indigènes ne l'utilisent guère actuellement que pour la fabrication d'une boisson enivrante dont ils sont très amateurs. Antérieurement, le chanvre était cultivé, sur une petite échelle, il est vrai, dans certaines parties deLlmerina; il ne reste guère de cultures que dans quelques régions du Manalalondo et de l'Ankisatra, dans les districts de Manjambohitra, d'Andramasina, d'Ambohimarijaka (cercle-annexe d'Arivonimamo).

Le chanvre peut être semé en toute saison ; cependant les indigènes le sèment d'ordinaire au commencement de la saison des pluies, c'est-à-dire à la fin d'octobre et au commencement de novembre. Il est récolté au bout de trois mois, après quoi on le prépare pour pouvoir l'utiliser. Les indigènes ne recourent pas au rouissage ; après avoir débarrassé les tiges de leurs feuilles, ils les mettent en petits paquets qu'ils font bouillir dans l'eau pour les rendre molles et flexibles et dissoudre la matière résineuse: après, ils séparent facilement la chènevotte de la filasse et la font sécher au soleil.

Cette première opération terminée, le chanvre est encore soumis à Tébullition dans de l'eau contenant de la cendre de paille, puis on le met à tremper dans de l'eau claire jusqu'à ce qu'il soit devenu blanc.

Le chanvre, ainsi préparé et nettoyé, était autrefois tissé dans la région : aujourd liui il se vend presque exclusivement dans le Vakinankaratra où on l'utilise encore pour la fabrication de lambas assez épais, qui sont du reste fort peu estimés des indigènes. Un lamba de chanvre ne coûte guère que 1 fr. 50 ou 2 francs. Il faut reconnaître que jusqu'ici la filasse de chanvre malgache est de qualité médiocre à cause du peu de longueur des fibres, mais il sera sans doute possible d'améliorer ce produit par le choix des semences et de meilleurs procédés de culture.

Ramie. — Les essais de culture de ramie qui ont été faits sur différents points de l'ile ont réussi ; à Yatomandry notamment, il y en avait, en 1880, plusieurs plantations, mais la question de décortication, qui n'est pas encore résolue, a fait abandonner cette culture.

Autres plantes textiles. — La feuille du \aiCOSi (Pandanusiitîîis), plante très répandue dans le voisinage des lagunes de la côte Est, fournit une fibre souple et résistante. Le fano est employé dans le pays pour la confection des cordes. L'aloès ou plutôt agave, qu'on trouve dans beaucoup de régions, fournit des fibres qui peuvent être utilisées aussi pour la fabrication de

fîcellos, mèches, cordes, cordages et pour la sparterie. Le chanvre de Manille, introduit récemment avec succès à Madagascar, pourrait rendre les mêmes services. Les fihres du kirijy et du jute trouvent aussi leur emploi dans l'industrie textile. Enfin, les pétioles du hananier fournissent des filaments très fins, susceptihles d'être employés dans la composition des pâtes à papier.

Pailles et joncs. — Les Malgaches tressent fort hahilement heaucoup d'objets. Les matières végétales qu'ils emploient à cet effet sont : la paille de riz, les joncs qui sont partout très abondants, et notamment le zozoro, les fibres du vacoa et du rafia. La paille de riz sert à la fabrication de menus objets, boîtes, étuis, porte-cigares, etc.; ceux de ces objets qui sont confectionnés à Sainte-Marie de Madagascar sont particulièrement soignés.

Avec les joncs, les indigènes fabriquent des nattes, unies chez les Hovas, décorées de dessins chez les Betsimisarakas; des corbeilles, des paniers ou soubiques, etc. Avec les fibres du vacoa, du rafia et du zozoro, ils confectionnent des sacs, des tentures, etc.

Le herana et le zozoro sont aussi employés pour clôture et haies, comme pour la couverture des cases, etc. Enfin, tous les matelas du pays sont faits en zozoro.

Certains végétaux analogues à l'osier servent à la confection des engins de pèche, nattes, paniers, etc.

Crin végétal. — Le crin végétal est fourni par la feuille d'un palmier de petite taille.

On déchire cette feuille, dans le sens de la longueur, en lanières très fines, avec une sorte de peigne. On fait sécher ces fibres, puis on les tresse en cordes que l'on soumet à un tordage de plusieurs semaines. Au bout de ce temps, on détord la corde. On a alors des fibres frisées qui constituent le crin végétal. L'industrie du crin végétal a été introduite depuis quelques années seulement à Madagascar par les Européens. C'est une exportation qui commence à prendre de l'importance. Tamatave en a exporté, en 1890, pour 27 112 fr. 10, et, en 1(S0(), oSOOôkil. 500. Le crin végétal vaut actuellement à Tamatave de 50 à 00 francs les 100 kilogrammes. Ce palmier se trouve notamment dans la province de Fort-Dauphin, vers Sandravinany ; cette province a exporté 46 tonnes de crin en 1890, et ce commerce parait appelé à y prendre sous peu une extension considérable, dès que le Sud de l'île sera complètement organisé.

Plantes tinctoriales.

Les principales plantes tinctoriales que Ton trouve à Madagascar sont : l'indigo, l'orseille, le tamotamo (safran ou plutôt curcuma), le voamboana, le herana, le manguier, le nato, le hozo.

Indigo — L'indigotier [Aika] n'est cultivé nulle part; il pousse à l'état sauvage dans la plupart des régions de l'île. On en trouve beaucoup dans la

l>MOnriTS VKGKTACX.

province do Diogo-Siiai'oz et dans la région de Vatoinandry, Mahanoio, Andévorante. On en rencontre anssi en Inierina et dans le Jk;lsileo. Celt(! plante est utilisée pour la teinture en bleu. La matière colorante existe pour ainsi dire à Tétat latent dans la plante, car son suc est blanc et ne prend de coloration (ju'au contact de l'air; elle s'obtient en faisant fermenter la plante avec de l'eau dans une grande cuve jusqu'à ce qu'il paraisse une écume irisée à la surface du liquide, qu'on soutire alors dans un autre récipient et qu'on agite avec des perclies. Lorsque la liqueur devient bleue, on y ajoute une certaine quantité d'eau de chaux afin de faciliter le précipité de la matière colorante et d'empêcher la putréfaction de la liqueur. Puis on laisse reposer, on décante et on dessèche le produit. L'indigo ainsi obtenu est généralement d'une couleur bleu foncé; la teinte varie cependant du bleu au violet. Le plus estimé est celui qui, au frottement de l'ongle, prend un éclat cuivré.

Orseille. — L'orseille (i^occ^//fl fuciformis) est un lichen fournissant une couleur rouge, violette ou bleue. Ce lichen vit sur les arbres, surtout dans le Sud-Ouest et dans le Sud de l'île, à Tulléar, sur la côte mahafaly, à Ampalazy, au cap Sainte-Marie et à Fort-Dauphin. La préparation de l'orseille se fait de la manière suivante : on réduit les lichens en pâte qu'on mélange à de l'urine et qu'on laisse se putréfier au contact de l'air. Au bout de quelque temps, on y ajoute de la chaux, qui met en liberté l'ammoniaque produite, et une nouvelle quantité d'urine, si c'est nécessaire. La pâte ainsi obtenue donne à l'eau une coloration rouge foncé et colore les tissus de teintes très vives, mais peu durables.

La récolte de l'orseille a été délaissée dans ces dernières années depuis l'emploi des couleurs d'aniline et aussi depuis que les traitants pillés à Itomampy (faux Cap) et chez Tsifaniby (cap Sainte-Marie) ont abandonné les pays mahafaly et androy où ce commerce était autrefois très florissant.

En 1896, on n'en a exporté qu'une faible quantité.

Le tamotamo (safran ou plutôt curcuma) se trouve dans la foret Est de l'imerina, dans le Sud de l'île, notamment dans la province de Farafangana. Les indigènes le font bouillir, écorce, feuilles et racines, pour en extraire une teinture jaune.

Le hozo et le nato se trouvent dans la même région et donnent par le même traitement une teinture rouge ; celle fournie par le nato surtout est d'un rouge vif d'un assez bel effet.

LesHovas pilent l'écorce de cet arbre dans un mortier, puis la font bouillir ; ils trempent ensuite trois ou quatre fois dans le liquide l'étoffe à teindre, en ayant soin de la laisser sécher au soleil après chaque bain.

Le voamboana, le herana et le manguier sont des arbres qui fournissent la teinture noire. Pour le voamboana, il suffit de faire bouillir l'écorce ; pour le herana et le manguier, on fait bouillir, avec l'écorce, la feuille et les racines ou le fruit. On trouve encore dans la région de Befo-

rona le laloto et le nonoka, qui donnent une teinture blanche, et l'haronga qui fournit une couleur rouge.

Plantes oléagineuses.

Les principales plantes oléagineuses que l'on trouve à Madagascar sont : l'arachide, le^ ricin, le pignon dinde, le cocotier, le raharaha et un autre arbre.

I/arachide, aussi appelée pistache, est cultivée en petite quantité dans presque toutes les régions de l'île, côtes et plateaux, mais surtout dans l'intérieur. Cette culture se fait de la manière suivante : les semailles ont lieu en novembre et décembre, graine par graine dans de petits trous espacés de 10 centimètres, avec ou sans fumier. A l'époque de la floraison, on entasse la terre autour du pied. Les arachides sont mûres lorsque la plupart des feuilles deviennent jaunes. On les récolte en fouillant la terre autour du pied. Un hectare demande 150 kilogrammes de semence et rend 6 000 kilogrammes, soit un rendement de quarante fois la semence. La culture d'un hectare coûte 200 francs environ.

Dans la région de Manjakandriana, Tarachide se vend sur place 2 francs les 10 kilogrammes, et sur le marché '2 fr. 25.

Seuls, les indigènes utilisent actuellement l'arachide ; ils n'en font pas d'huile, mais la mangent légèrement grillée.

Le ricin. — On en trouve une certaine quantité, principalement dans la zone supérieure; il pousse aussi très bien dans la région de Vatomandry et d'Andévorante, où il existe à Létat sauvage. Il atteint en très peu de temps, dans les terrains les moins riches, un développement considérable et il produit beaucoup; c'est presque un arbre. Il n'est pas de plante industrielle qui vienne plus rapidement et à moins de frais. Mais cette culture n'est pas faite en grand. Les indigènes en font de l'huile. Ils vendent 5 centimes une dose d'huile pour purger un adulte (région de Tsinjoarivo). Le procédé de fabrication est tout à fait rudimentaire. Les indigènes font sécher les graines, les pilent, puis les font bouillir dans l'eau ; ils recueillent l'huile qui surnage à la surface et la mettent en bouteilles, dont le prix moyen est de 5 francs la bouteille.

Dans la région de Fort-Dauphin, une caste était encore récemment tenue de fournir, chaque année, à Texportation 150voatavo d huile, soit 7 500 bouteilles (le voatavo vaut environ 50 bouteilles). C'est en Imerina et dans la région de Fort-Dauphin que la fabrication de l'huile de ricin a pris le plus de développement.

Le cocotier. — Le cocotier réussit très bien à proximité des côtes, dans les sols sablonneux : les terrains argileux ne lui conviennent pas du tout. On le trouve en abondance dans la zone littorale, notamment dans les provinces de

PRODUITS VÉGÉTAUX

Majun^^a, d'Iharana et d'Ankarana, dans la partie Sud do la province de Vohéniar, etc., où, à une étape du petit port d Angontsy, près du villa<^e aujourd'hui abandonné de Masoala, existait une plantation de cocotiers, qui se sont multipliés à un tel point rpfils forment aujourd'hui une véritable foret. D'après Uadministrateur de Vohémar, sur certains points de cette province, les cocotiers seraient sujets à une maladie qui s'attaque aux palmes, détermine leur chute et entraîne la mort de l'arbre. A Anorontsangana, cercleannexe d Analalava, plusieurs plantations existaient avant les troubles; elles ne tarderont probablement pas à être remises en valeur.

Le procédé de culture employé par les indigènes est le suivant : ils disposent dans une fosse une certaine quantité de cocos suffisamment mûrs qu'ils arrosent matin et soir jusqu'à complète germination. Ace moment, ils les repiquent dans un terrain spécialement préparé, en les plantant en quinconce îi 10 mètres environ les uns des autres. A partir de la septième année jusqu'cà la vingtième environ, le cocotier est en plein rapport; il donne alors en moyenne 50 cocos par an, ce qui, à 20 centimes pièce (prix actuel dans les provinces d'Iharana et d'Ankarana), représente un revenu de 6 francs ; dans cette période, les dépenses de plantation et d'entretien ne dépassent pas 80 centimes.

Quant à l'huile que les indigènes extraient du coco, elle se vend dans les provinces précitées 1 fr. '25 le litre (voir pour plus de détails le chapitre : Des cultures à entreprendre).

Le pignon d'Inde {Jatroplia curcas) (salabo, en betsimisaraka) pousse à l'état sauvage et est très répandu sur la côte Est : il atteint une hauteur de 2 m. 50 à 0 mètres. On l'utilise beaucoup comme tuteur du vanillier, mais il fournit aussi une graine oléagineuse fortement purgative d'où l'on tire l'huile de croton tiglium. Les Antaimoros en fabriquent une huile dont ils s'enduisent les cheveux et le corps. Cet arbuste n'a été jusqu'à ce jour l'objet d'aucune culture régulière. Il croît rapidement et se reproduit très facilement soit par graines, soit par boutures.

Le raharaha est un grand arbre que l'on trouve particulièrement dans la région d'Andévorante : il pousse à l'état sauvage sur le bord de l'eau et produit une graine oléagineuse, de la grosseur d'un œuf, que les indigènes utilisent pour la fabrication d'une pommade dont ils se servent pour les cheveux et aussi comme médicament pour les boutons.

On trouve encore dans la même région, sur la propriété Louisier qui est située sur les rives du Sahabisy, affluent du Rianila, quelques pieds d'un arbre haut d'environ 4 mètres, qui produit un fruit semblable à l'olive, mais un peu plus gros. Ces arbres, importés par Louisier en 1878, sont splendides et couverts de fruits; quelques indigènes extrayent une huile de leurs fruits, mais leurs procédés de fabrication par trop primitifs ne permettent guère d'en apprécier les qualités.

Le pavot. — Le pavot pousse très bien dans plusieurs régions et en par-

ticulier dans le Bctsileo, où des graines provenant de l'île de la Réunion ont donné des plants très vigoureux. Toutefois, le pavot ne donnerait pas de résultats satisfaisants en culture de plein champ dans des endroits trop secs comme à Fianarantsoa ; mais, en le plantant à proximité des forets, on serait à peu près sûr de réussir. L'administration hova en avait interdit la culture parce que les Malgaches se livraient à la fahrication de l'opium.

Le lin. — il y a lieu de signaler enfin un essai de culture de lin fait à Mahatsara avec un véritable succès. Quelques grammes de graines de lin achetées chez un pharmacien à Tamatave et semées en planches ont produit près de 2 kilogrammes de graines. La plante a atteint une hauteur de 60 à 75 centiuiètres.

Autres plantes commerciales.

Parmi les autres plantes commerciales que produit Madagascar, il y a lieu de citer : le vanillier, le cacaoyer, le caféier, le théier, la canne à sucre, le poivrier, le tabac, le giroflier, le gingembre, le géranium, la rose, le vétiver, la badiane.

Le vanillier. — Le vanillier ( Vanilla plaïufolia, Andrews) a été importé récemment à Madagascar, peu avant la guerre de 1885. C'est une plante sarmentouse et grimpante qui croît dans les régions équatoriales et produit un fruit en forme de capsule, charnue, longue, uniloculaire, à deux valves renfermant d'innombrables graines, noires, globuleuses, entourées d'un suc brun, épais, balsamique. On récolte le fruit avant sa maturité pour l'empêcher de s'ouvrir et de laisser ainsi écouler le suc qu'il contient. Le vanillier ne croît pas spontanément à Madagascar. On le cultive presque exclusivement sur la côte Est, à Sainte-Marie, à Nossi-Bé et dans la plaine de Sambirano (province de la côte Nord-Ouest), qui, très fertile, est jusqu'à présent la seule partie de la côte Ouest où l'on fasse cette culture, qui y a remplacé, avec celle du café, celle de la canne à sucre dont il y avait autrefois de superbes plantations, aujourd'hui abandonnées à cause de la crise sucrièi'e.

Les plantations les plus importantes se trouvent dans les régions de Sahambava et d'Antalaha (dans le sud de la province de Vohémar) où plus de 80 000 pieds ont déjà été plantés, donnant une vanille de très bonne qualité, et où les plantations s'accroissent à un tel point que l'on espère d'ici quelques années atteindre une production de 20 à 25 tonnes, à Nossi- Bé, dans la plaine de Sambirano, à Mahela. à Mahanoro, à Yatomandry.

A Ambohimanarivo, province d'Andévorante, une belle vanillerie appartenant à M. Broudon a rapporté cette année (1897) 500 livres.

Dans la province de Fénérive, un Seychellois, M. Alfred Jean, a créé, il y a environ un an, à Marofarihy, une vanillerie de 1000 pieds.

La culture de la vanille est très peu répandue dans la circonscription de Tamatave. — Le vanillier étant une orchidée grimpante, il faut mettre à sa disposition des tuteurs de 2 à 5 mètres de hauteur afin qu'il puisse s'y attacher. Le tuteur que l'on préfère généralement à Madagascar est le pignon

PRODl ITS VÉGÉTAUX.

(l'Inde, qui croît très rapidement et peut, au hout de trois à quatre ans, servir à la l'ois d'ombrage et de tuteur. La vanille se plante par boutures en toute saison, mais de préférence au commencement de la saison des pluies : les boulures comprenant de 5 à G nonids (de 1 mètre de longueur environ) sont uiises en terre au pied des tuteui s. A cet effet, on creuse près de cbacpie arbre une petite rigole de 6 centimètres de profondeur environ dans laquelle on couche la partie inférieure de la bouture, dépourvue de ses feuilles [)our faciliter la reprise; puis on attache la portion supérieure le long du tuteur, au moyen d'un lien végétal, plat autant que possible pour ne pas blesser la liane ; on remplit ensuite la petite fosse de bonne terre et de détritus végétaux. Afin d'entretenir une humidité favorable à la surface du sol, on peut avec avantage le couvrir de feuilles ou même de quelques pierres plates qui diminuent l'é vaporation .

Les boutures doivent être plantées à 1 mètre Tune de l'autre sur des rangs distants de 2 mètres, ce qui donne 5 000 pieds environ à l'hectare»

L'entretien de la vanillerie consiste à arroser s'il ne pleut pas régulièrement, à remplacer les plants morts ou simplement dépérissants et à conduire la liane sur des tuteurs horizontaux placés entre les pignons d'Inde à 1 m. 25 ou 1 m. 50 du sol, afin de faciliter le travail de la fertilisation des fleurs.

Le vanillier commence à fleurir au bout de deux ans et demi à trois ans. Ses fleurs sont hermaphrodites et complètes, mais, par suite de la disposition des organes de la reproduclion, il est très difficile, sinon impossible, que la fécondation se fasse naturellement. Dans les pays d'où le vanillier est originaire et où il pousse spontanément (Mexique, Pérou, Guyane), cette fécondation se fait par l'intermédiaire d'un insecte. Mais, à Madagascar, il faut produire artificiellement cette fécondation et assurer à la main le dépôt du pollen sur l'extrémité stigmatique du pistil. Avec un peu d"hal)itude, cette opération s'effectue très rapidement; des ouvriers exercés fécondent aisément par ce procédé 800 à 900 fleurs dans l'espace d'une matinée; cette fécondation réussit, en effet, particulièrement bien dans la matinée. Afin d'obtenir des gousses de bonne qualité, on féconde par pied 4 ou 5 fleurs au plus, choisies parmi les plus belles. La fécondation se fait du mois d'août au mois d'octobre. Après cela, la gousse croît rapidement, mais n'arrive à maturité parfaite qu'au bout du sixième mois. La cueillette se fait du mois d'avril au mois de juillet.

Les fruits parfaitement murs, c'est-à-dire ceux dont l'extrémité inférieure commence à jaunir et qui font entendre un léger craquement sous la pression des doigts, sont détachés de la liane avec les plus grandes précautions. Ils subissent ensuite pour la vente une préparation qui a pour objet de concentrer le parfum à l'intérieur de la gousse ^

Trois procédés sont employés à Madagascar : l'eau chaude, la vapeur et l'étuve sèche. Le premier, le plus ancien et le plus répandu, consiste h réunir

I. Tous les planteurs do Nossi-Bé. sauf M. Mersanne et }[. Giraud, vendent leurs gousses vertes au représentant de la Société allemande Deulsc/i O-sf-Afrihanisfi Gesellschaft, qui les fait ensuite préparer par un employé très habile. La qualité ainsi obtenue est excellente.

(iUlDE DE L'IMiMlGRANT A MADAGASCAR.

les gousses en paquets, qu'on trempe pendant un temps très court dans de l'eau sur le point de bouillir; on les expose ensuite pendant une journée à l'air libre au soleil, puis on les fait sécher lentement en les enduisant quelquefois légèrement d'huile d'acajou; enfin, elles sont réunies de nouveau en paquets pour l'expédition.

Les gousses provenant de bonnes espèces et bien préparées se couvrent au bout d'un certain temps de petits cristaux de vanilline |(C'^ITO^) constituant le principe actif qui se trouve dans la proportion de 2 pour 100. La vanille est dite alors « givrée » et a plus de valeur. Certains préparateurs donnent à la vanille ce givre artificiellement au moyen d'acide benzoïque. Cet acide est d'ailleurs inoffensif.

Le vanillier meurt après avoir donné trois ou quatre récoltes. Cette orchidée serait, paraît-il, quelquefois sujette à une maladie qui flétrit la feuille. On prétend du moins, sans que cela soit parfaitement sur, que le fait se serait produit à Mahanoro.

Nous compléterons ces renseignements par quelques indications sur les plantations des districts d'Andévorante, de Yatoman(hy, de Mahanoro et de Mananjary, sur leur nombre, leur rendement, leurs frais d'entretien, etc.

District cV Andévoranle :

Nombre de pieds à l'hectare : 5625 à 5675. Montant des frais pour 1 hectare :

Plantation, mise en valeur du terrain. . . 575 francs. Entretien par an 100 —

Rendement en kilogrammes par hectare :

En vanille verte 800 kilogrammes.

— sèche 500 —

Le planteur le plus important a fait, à la dernière récolte, 600 kilogrammes de vanille sèche.

Exportation de toute la province d'Andévorante :

En 1896 2 675 kilogrammes

En 1897 1 500 — (mauvaise récolte).

Mode de préparation : la vapeur.

District de Vatomandry :

On compte dans le district six plantations de vanille dont une seule est importante.

Nombre de pieds à l'hectare : 3 600.

Montant des frais pour 1 hectare (pendant trois ans avant de récolter).

Plantation, mise en valeur du terrain. . . 1 120 francs (?) Entretien par an 80 —

PRODUITS VÉGÉTAUX. 95 Rendement en kilogrammes par hectare :

1 pied donnant l'25 gr. de vanille sèche, ôOOOxl'io gr. = i50 kilogrammes.

Le planteur le plus important a fait, à la dernière récolte, 600 kilogrammes de vanille sèche.

Exportation en 1896 : 1 200 kilogrammes environ.

— en 1897 : la récolte n'est pas encore préparée.

Mode de préparation : eau chaude à 60 degrés ; la préparation revient à 4 francs le kilogramme.

District de Mahanoro :

On compte dans le district 51 planteurs; les plus importants ont leurs

plantations en plusieurs lots.

Nomhre de pieds à Thectare : 3 750.

Montant des frais pour 1 hectare :

Plantation, mise en valeur du terrain. . . 400 francs. Entretien par an 100 —

Rendement en kilogrammes par hectare :

En vanille sèche prête à livrer 192 kilogrammes.

Le planteur le plus important prévoit pour cette récolte 80 kilogrammes seulement. L année (1897) a été, en effet, exceptionnellement mauvaise. 11 y a eu une coulure énorme par suite des pluies qui ont été continuelles. Le rendement en temps ordinaire est trois fois plus élevé.

Exportation en 1896 1464 kilogrammes.

(Le chiffre relevé par la douane est de 752 kilogrammes, et l'on suppose qu'il en est sorti autant par terre).

La vente de la dernière récolte (1897) n'est pas commencée. On prévoit une diminution des deux tiers sur l'année précédente, ce qui ferait à peu près 488 kilogrammes.

Mode de préparation : la vapeur.

District de Mananjary :

Il n'existe que deux plantations dans le district. Nombre de pieds à l'hectare : 2 500 à 5 000. Montant des frais pour 1 hectare :

Plantation, mise en valeur du terrain * . . 500 francs. Entretien par an 100 —

1. Ce prix ne comprend que la main-d'œuvre. Il y a lieu d'y ajouter l'achat des boutures. Un mètre de liane de vanille vaut à la Réunion de 0 fr. 50 à 0 fr. 60 suivant le cours.

96 GUIDE DE L'IMMIGRAx^'T A MADAGASCAR.

Rendement en kilogrammes par hectare :

En vanille sèche 250 à 460 kilogrammes.

Le planteur le plus important a fait, à la dernière récolte :

En vanille sèche 75 kilogrammes.

Exportation en 1896 75 —

— en 1897 75 —

Mode de préparation : au bain-marie.

Comme on le voit, ces renseignements qui proviennent des planteurs eu.v-mémcs dilTèrent assez peu, sauf pour le prix de la mise en valeur de l'hectare dans le district de Vatomandry, 1 120 francs, chifl're qui doit être erroné sans doute par suite d'une erreur de copie.

Ces chiffres permettront aux colons qui désireraient se livrer à cette culture de se faire une idée des dépenses qu'elle nécessite, ainsi que des bénéfices qu'elle peut rapporter. Le kilogramme de vanille préparé s'est vendu 42 francs, en 1895-96, à Vatomandry. En France, elle se vend de 60 à 70 francs le kilogramme, cours du 9 avril 1898.

Le cacaoyer. — Le cacaoyer a été importé à Madagascar au moyen de semences provenant de Maurice et de la Réunion. On le cultive surtout sur la côte Est ; les pieds abandonnés à la suite de Lavant-dernière guerre (1885), et qu'on a retrouvés en excellent état, ont prouvé que cet arbre peut se développer sans aucun soin. Les principales cacaoyères se trouvent dans la région d'Antalaha (province de Vohémar) et dans celle de Mahanoro où il existe une plantation de cacaoyers datant d'une vingtaine d'années. Les essais faits récemment à Sahambava ont donné d'excellents résultats.

Le cacaoyer n'est jamais semé directement sur le terrain où il doit se développer. On fait d'abord des pépinières, et les méthodes d'installation de ces pépinières et de transplantation et d'entretien des jeunes plants sont analogues à celles qui seront indiquées plus loin au chapitre : Cultures à entreprendre pour le caféier; mais, à la différence de ce dernier arbuste, le cacaoyer peut être planté dans les terres basses et doit être ombragé jusqu'à l'âge de cinq ans, généralement à l'aide du bananier.

A l'âge de trois ans le cacaoyer counncnce à porter quelques fleurs qui ne nouent pas. Les fleurs croissent sur le tronc et sur les branches âgées. Les récoltes deviennent assez importantes vers sept ou huit ans, et, à dix ans, l'arbre est en plein rapport. La floraison est presque continue; néanmoins, les fleurs semblent plus particulièrement abondantes en octobre et en novembre. La maturation complète des cabosses * a lieu au bout de six mois environ, c'està-dire dans le courant du mois de mai. A ce moment les entrecôtes du fruit perdent leur coloration rouge brun et prennent une belle teinte jaune. La cueillette se fait à la main. On débarrasse alors grossièrement les graines de la pulpe qui les entoure et on les met dans des tonneaux où on les

t. La cabosse est le fruit du cacaoyer; elle renferme des graines qui donnent le cacao.

PRODUITS VÉGÉTAUX

laisse fermenter pendant quelques jours. Ces graines sont ensuite lavées rapidement, sécliées au soleil et expédiées au port d'embarquement. Ainsi préparé, le eacao se vendait à peu près 2 fr. 50 le kilogramme au mois de mars 1896. Un caeaoyer en plein rapport fournit environ 1 kilogramme de graines sèches par an. 11 y a largement 600 cacaoyers par hectare; un hectare rapporte donc annuellement 600 kilogrammes de graines desséchées, soit 1 500 francs. Les frais d'entretien et de récolte étant estimés en moyenne à 550 francs par hectare, on a à partir de huit ans un bénélice net de 1 150 francs par hectare.

Le caféier. — Le caféier pousse très bien à l'état sauvage sur plusieurs points de l'île, notamment dans le massif d'Ambre et dans la région d'Andévorante, où il est très répandu et où les indigènes en font une boisson qu'ils sucrent au moyen d'un sirop extrait de la canne ; il est cultivé à Madagascar depuis longtemps. Cette culture se retrouve dans presque toutes les régions, côtes et plateaux. Les principales variétés cultivées sont les suivantes : café Malgache, café Bourbon, café Arabica ou à petites feuilles, café Libéria ou à grandes feuilles.

Le choix de l'espèce qu'il convient de planter sur la côte a été l'objet d'une vive discussion. Le café Libéria, qualité dite « à gros grains », parait en ce moment le plus en faveur, et presque partout, dans la zone littorale, on tend à le substituer au bourbon et à l'arabica.

Ces derniers cependant possèdent un arôme beaucoup plus fui que celui du libéria et jouissent sur les marchés européens d'une cote l)ien supérieure. Mais les plantations de bourbon et d'arabica qui existaient sur la côte Est ont périclité beaucoup durant ces derniers temps. Les planteurs ont attribué ce dépérissement uniquement aux atteintes de ïliemileia vastatrix, sorte de champignon parasite qui fait tomber les feuilles, et se sont rabattus sur le libéria qui, doué d'une plus grande vitalité, n'a pas jusqu'ici présenté ce dépérissement.

11 semble cependant que ce fâcheux état de choses ne doit pas être imputé uniquement à Vliemileia vastatrix, puisque déjà avant son apparition, certaines plantations, les plus anciennes surtout, ne donnaient presque plus de récolte. En réalité plusieurs causes paraissent intervenir, dont les plus importantes sont probablement, comme l'a fait remarquer M. Grandidier, l'absence d'éléments alcalins dans les terrains et l'épuisement rapide du sol. Pour bien réussir, le café ne doit pas être exposé à des températures inférieures à 10 degrés, ni trop supérieures à 50 degrés, et, sur beaucoup de points du littoral, les plantations, trop rapprochées de la mer, se trouvent en terrain humide et soumises à de trop fortes chaleurs. En outre, le terrain auquel aucun amendement n'est fourni s'épuise vite. On conçoit alors que, placés dans ces conditions de morbidité, les arbres offrent moins de résistance à Vliemileia ; ce parasite paraît n'être qu'un des facteurs de ce dépérissement.

11 convient de remarquer d'ailleurs que, si le libéria a mieux résisté jusqu'ici à Vhemileia et présente, pendant ses premières années, une vitalité

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