CliifFre donné par le Service des douanes
PRODUITS VÉGÉTAUX
petits sujets, qui ont été épargnés par suite de leur non-valeur, et il est a craindre que ces quelques sujets soient impuissants, même avec le temps et les seules forces naturelles, à reprendre une place marquée dans la brousse.
On a détruit en (piel([ues années les réserves de siècles entiers; il faudra des siècles pour les leformer. Le défaut de réglementation, outre qu'il amène la disparition des végétaux producteurs, a encore pour effet de fournir au commerce un produit inférieur dont la mauvaise qualité provient du manque général de soins apportés à la récolte et souvent même de la fraude dont il a été parlé plus haut.
Bien qu'il soit assez facile de reconnaître les houles de honne qualité, même sans les sectionner (en les projetant avec force sur une surface plane résistante, elles rebondissent d'autant plus haut qu'elles contiennent moins de matières étrangères), la concurrence entre les nombreux négociants delà région a fait accepter des caoutchoucs impurs, qui en ont déprécié la valeur sur les marchés européens, en même temps que les prix payés aux indigènes ont augmenté dans de très fortes proportions par l'effet de cette même concurrence.
La situation est donc telle maintenant que les bénéfices des traitants sont très restreints et qu'il y a de la part des naturels une tendance de plus en phis grande à détruire les ressources naturelles de la colonie. L'indigène seul y trouve son compte.
Le Jardin d'essai de Nampoa, près de Fort-Dauphin, possède quelques pieds d'intisy. Cette espèce d'euphorbiacée est, comme nous l'avons dit, très répandue dans toute la brousse de l'Ouest et du Nord-Ouest de Fort- Dauphin. Ce n'est qu'avec beaucoup de difficultés que le propriétaire a réussi à se faire apporter ces quelques plants par les indigènes. Ils sont au nombre de trois à quatre, d'aspect chétif, et mesurent à peine 1 mètre de hauteur.
Les graines sont assez rares sur les lieux de production, les indigènes ne se souciant pas de les récolter, et il est à peu près impossible de s'en procurer à moins d'aller soi-même les recueillir en temps opportun.
Le Jardin de Nampoa renferme un deuxième végétal à caoutchouc, originaire du Brésil. Ce végétal qui est désigné improprement sous le nom de « caoutchouc du Para » porte dans le commerce le nom de « ceara serap » et en botanique celui de Maniliot Glazovii. Un pied, qui a été planté en 1890, mesure 0 m. 80 de circonférence sur 8 mètres de hauteur; il a donné naissance à tous les autres sujets, notamment à ceux qui ont été transplantés sur une assez grande échelle en avril 1895. Les graines récoltées en octobre 1894 furent immédiatement semées en pépinière et, trois mois après la levée, les plants mesurant 50 centimètres furent mis définitivement en place. Les plus beaux avaient, le 11 décembre 1896, 20 à 25 centimètres de circonférence au pied, sur 4 mètres de hauteur totale, avec 1 m. 50 à 2 mètres de fût et une cime bien garnie ; d'autres moins gros étaient plus élancés, mais leur développement foliacé était restreint. Les sujets sont espacés de 3 m. 50 en tous sens.
Les arbres fructifient dès l'àge de trois ans et les graines abandonnées à elles-mêmes, tombant sur le sol, germent abondamment. C'est ainsi que (à
la date précitée) il y avait sous le couvert du plus vieux sujet un pied de 70 centimètres de hauteur provenant de semis naturels et levé en mars 1896. La végétation s'arrête pendant les mois de juin et de juillet pour reprendre en août et septendjre. Bien que certains de ces arbres soient de taille à supporter des incisions, aucune saignée n'a encore été pratiquée sur les sujets existants ; il n'est donc pas possible d'être fixé sur leur rendement en caoutchouc.
M. Marchai a actuellement près de '2 000 pieds de cette variété. M. Bocard, colon français, a également fait une plantation à Manantantely, et, dans le Betsileo, près de Fianarantsoa, M. de Chazal en a fait une qui donne d'assez belles espérances.
Région Sud-Est ( Vangaindrano-Farafangana). — A'angaindrano a toujours été le principal marché de caoutchouc de la province. Depuis quelques années, les luttes entre les diverses tribus et la répercussion des événements militaires de la conquête ont momentanément arrêté cette exploitation, qui paraît devoir rcpi'cndre bientôt son ancienne importance.
Autrefois, les trois secteurs de la province exportaient environ 100 tonnes de caoutchouc par an; actuellement, ils peuvent encore en fournir la même quantité. 11 est à remarquer que Yangaindrano n'expédie pas directement le caoutchouc, qui, comme tous les autres produits, passe en transit par Farafangana, qui concentre tout le coumicrce de cette région. Les principaux végétaux à caoutchouc exploités dans le .Sud-Est sont I hazondrano, l'aviavindrano et un certain nombre de lianes.
L hazondrano atteint 1 jnèlre de tour et 10 à l'2 mètres de hauteur. Le procédé de récolte pour cet arbre est le suivant : l'indigène pratique le long du fut, au moyen d'une petite hachette, de nombreux blanchis ou miroirs plus ou moins circulaires de 5 à 6 centimètres de diamètre. Le latex sécrété par la partie active de Técorce afflue sur les bords de la cicatrice et s'y coagule au bout d'une douzaine d'heures sous la forme d'un petit bourrelet; les tonnelets ou lamelles, de couleur blanche ou nacrée, sont recueillis et réunis en boules de 8 centimètres de diamètre en moyenne, donnant un caoutchouc pur, sec et semblable connne aspect à celui de l intisy.
L'arbre, laissé sur pied, ne meurt pas etl on peut recommencer l'opération tous les trois ans en moyenne.
Chaque sujet ne donne guère qu'une boule par récolte et, du reste, l'essence est rare. De plus, la main-d'œuvre nécessitée par la récolte étant considérable, l'hazondrano, qui est un médiocre producteur de gomme, a peu de chance d'être propagé.
L'aviavindrano (Ficus trichopoda, Baker) est cité également comme végétal à caoutchouc ; ce figuier ne paraît guère avoir été exploité qu'à titre d'essai, et aucun renseignement précis n'a [)u être recueilli sur les motifs des nombreuses cicatrices remarquées sur plusieurs sujets. Quoi qu'il en soit, si tant est qu'il y ait eu exploitation au point de vue commercial, elle a été faite par entailles multipliées, coupant l'écorce sans l'enlever, quitte à iTcueilIir le latex provenant de chaque incision pour le coaguler ensuite au moyen d'un réactif.
l>RODi;iTS VÉliÉTAUX.
Le procédé de récolte employé pour les lianes est tout à l'ait radical. L'indigène grimpe aux arbres, détache la liane de ses supports, la coupe, puis la partage en tronçons de 50 à 40 centimètres qu'il met égoutter dans un récipient; souvent même il déterre les racines afin d'augmenter sa récolte. Le latex est ensuite coagulé, d'ordinaire avec du jus de cition. et donne un caoutchouc, plus ou moins rosé en vieillissant, très humide et renfermant certaines impuretés qui proviennent du peu de soins de la préparation, tels que débris d'écorce, pépins de citron, etc.
Il serait évidemment préférable d'effectuer la coagulation au moyen de l'acide sulfurique, mais il faut compter avec la routine des indigènes, auxquels les traitants ont fourni, gratuitement même, cet acide, sans parvenir à en généraliser l'emploi.
Région de Mananjary-Mahanoro . — Mananjary et Mahanoro ne font qu'un faible commerce de caoutchouc.
Dans la province de Mananjary, cependant, on trouve d'immenses plantations d'arbres à caoutchouc qui s'étendent le long des rives du fleuve de ce nom jusqu'à Tsiatosika et qui ont fort bien réussi. Quoique originaire du Brésil, le caoutchouc exploité dans la contrée n est pas le para ; c'est la variété que nous avons déjà trouvée dans le Jardin d'essai de Nampoa, près de Fort-Dauphin, et qu'on appelle dans le commerce « ceara ou ceria serap », et dont le nom scientifique est Manifiot Glazovii. Les graines proviennent de Maurice et d'Australie ; plus petites que celles du para, elles possèdent une enveloppe très dure, qu'il faut limer soigneusement avant de les mettre en terre.
Les semis se font dans des nœuds de bambou, et la plante lève en trois ou quatre jours. A l'âge de six mois, elle atteint 2 mètres de hauteur, à neuf mois 4 mètres et 15 mètres au maximum de sa croissance, vers Fàge de sept ans. La première saignée, qui se fait à cinq ans, donne environ 500 grammes de lait; on en pratique d'ordinaire troie par an. Ce développement rapide prouve que la nature du terrain et le climat sont exceptionnellement favorables à la culture de cet arbre à caoutchouc dans cette région. Sur plusieurs milliers qui ont été plantés, il y a deux ans (en avril 1895), on n'a encore constaté aucun insuccès.
Le prix moyen du caoutchouc à Mananjary est de 450 francs les cent kilogrammes.
Les forêts du district de Mahanoro contiennent un certain nombre de lianes et d'arbres à] caoutchouc. Les indigènes n'exploitent actuellement que les arbres, et cette exploitation est une véritable destruction, car ils abattent les arbres pour en extraire le suc. La coagulation se fait au moyen du sel marin; peu d'entre eux savent utiliser l'acide. Les boules qu'ils obtiennent par trituration sont d'environ '250 grammes. Le caoutchouc ainsi obtenu est de qualité inférieure à celui que produit la liane.
Son cours actuel (à la fin de 1897) est d'environ 250 francs les cent kilogrammes. L'exportation annuelle ne dépasse pas 1 000 kilogrammes.
Province de Tamatave. — Le caoutchouc expédié de Yatomandry ou de
Tamatave provient de la grande forêt qui s'étend parallèlement à la côte sur le versant oriental en boi'dure du plateau central. Les lianes sont seules exploitées dans cette région et ce sont surtout les Bezanozanos qui se livrent à ce travail ; elles sont assez abondantes et poussent sans culture. Les plus connues sont : le valiy, le vahindompotra et le valiihena. Le vahy, qui dépasse parfois 40 mètres de longueur, s'attache à un arbre et s'enroule autour du tronc. Le procédé d'extraction consiste à couper la liane à partir du sommet en tronçons de 50 à 60 centimètres que les Malgaches réunissent en faisceaux d'un diamètre d'environ 15 centimètres; ces faisceaux sont posés presque verticalement au-dessus d'un conduit en écorce d'arbre qui reçoit leur suc et forme canal jusqu'au goulet de la courge qui sert de récipient ; il faut environ dix lianes et un jour entier pour recueillir un peu plus d'un litre de caoutchouc. Ce procédé rudimentaire ne peut donner que des produits inférieurs ; un mode d'extraction plus perfectionné fournirait certainement des produits sinon purs, du moins débarrassés des liquides étrangers nuisibles à la manipulation ultérieure.
Les indigènes récoltent le caoutchouc à toute époque de Tannée. Le vahy est la véritable liane à caoutchouc ; mais le vahindompotra (Vahea giimmifcra), plante à suc laiteux, en fournit aussi ; c'est une liane d'un diamètre de 5 à G centimètres, tandis que le vahy atteint à peine 2 centimètres. Les indigènes en tirent un caoutchouc de qualité inférieure qu'ils mélangent à celui du vahy.
Le valiihena se trouve aussi en abondance dans la forêt de Moraman^a. Il existe dans la forêt, près de Tsimatahobolana, d'autres lianes, telles que le vahinonoka, le vahindity, le vahhiao; mais ce sont plutôt des lianes à suc résineux.
Région Nord-Est. — A Foulpointe et à Fénerive, l'exportation du caoutchouc a beaucoup diminué pendant ces derniers temps, par suite surtout des événements politiques, mais la forêt renferme un très grand nombre de lianes à caoutchouc. On en rencontre beaucoup sur le chemin d'Ambatondrazaka à la côte par Ambohimanjato et Vohimarina (itinéraire Trousselle).
Plus au Nord, entre Yohémar et la baie d'Antongil, on rencontre en abondance un arbre que les indigènes désignent sous le nom de « barabanja » et qui produit un latex abondant, de bonne qualité. Le barabanja croit spontanément jusqu'à 400 et 500 mètres d'altitude : c'est un arbre qui recherche la lumière et se développe par conséquent dans les clairières et à la lisière des forêts. Il peut atteindre 15 mètres de hauteur sur 1 m. 50 de circonférence; mais les sujets de cette taille sont rares, car vers l'âge de huit à douze ans, les indigènes non seulement pratiquent des incisions abusives, mais abattent l'arbre lui-même pour en récolter tout le latex.
Les souches donnent des rejets vigoureux. C'est à cet arbre précieux qu'on doit en partie du moins les peuplements actuels ; il en existe d'assez étendus dans de nombreux endroits ; les plus remarquables se rencontrent aux environs d'Antalaha, de Sahambavany et de Soavinandriana. On en trouve deux
PRonriTS vÉGKT.vrx.
variétés dans la région, l'une, la plus importante, à grandes feuilles, l'autre à petites feuilles.
Le garde général chargé de la direction du service des forêts a classé le barabanja dans la famille des Apocynacées, tribu des Alstoniécs.
Les Alstonia sont dicotylédones, monopétalos hypogines, à corolle régulière portant des étamines alternes en nombre égal. La fleur est hermaphrodite : le calice est gamosépale, la corolle gamopétale, à cinq lobes. Le fruit est formé de deux follicules étroits, allongés, soudés entre eux à la base et formant un angle, d'abord aigu et obtus à la maturité. Les graines, petites, allongées, aplaties, en forme de fuseau, sont pourvues d'une aigrette brillante qui en permet la dissémination à grande distance. Les feuilles, entières, sont opposées et alternent deux à deux. Les organes foliacés de la variété à grandes feuilles sont violacés à la partie antérieure.
Tout paraît indiquer que ce végétal, très commun dans cette région et qui produit un latex abondant et de bonne qualité, est appelé à jouer un rôle important à Madagascar, surtout si des tentatives sont faites pour le « domestiquer ».
En résumé, les arbres et lianes à caoutchouc se trouvent en très grand nombre à Madagascar; on y compte plus de 90 espèces de ces végétaux. D'autre part, les terrains susceptibles d'être consacrés à leur culture sont très étendus, notamment dans la région côtière et moyenne de l'île. On peut donc dire que le caoutchouc est et sera longtemps encore une des principales ressources de Madagascar.
D'ailleurs, l'arrêté 762, portant réglementation du droit d'exploitation des produits des forêts, vient de mettre un terme (5 juillet 1897) à la destruction de ces précieux végétaux. En outre, des mesures ont été prises pour en interdire la saignée, tant qu'ils n'auront pas acquis certaines dimensions déterminées pour chaque espèce.
La pratique de plusieurs années et une connaissance approfondie des diverses plantes qui fournissent ce produit permettront seules d'établir quelle doit être l'exploitation normale du caoutchouc.
Parmi les divers procédés de récolte qui pourraient être employés, il y a lieu de signaler les trois suivants qui ont donné à l'étranger de bons résultats.
1° Dans certaines contrées de l'Amérique du Sud, on entoure obliquement l'arbre d'une corde bien serrée, le nœud étant à la partie supérieure. L'écorce de l'arbre est ensuite entaillée légèrement sur un certain nombre de points au-dessus de la ligature. Le latex s'écoule par ces petites plaies et se réunit à la partie inférieure de la corde où l'on place un gobelet destiné à le recueillir. Il est indispensable après cette opération d'enlever la ligature pour que l'arbre ne souffre pas.
2° Dans plusieurs régions du Brésil, on emploie une hachette dont le tranchant ne permet pas de faire de plaies préjudiciables à l'existence de l'arbre (5 centimètres de largeur au maximum). Les incisions sont généralement faites en forme de V et sont espacées de 10 à [2 centimètres environ. Audessous de chacunes d'elles, on fixe un petit pot de terre ou de métal dans
lequel s'écoule le latex qu'on vient recueillir quelque temps après. Au Brésil, on répète la saignée jusqu'à vingt fois par saison, soit environ une saignée par semaine (il ne faut pas oublier que dans cette contrée la végétation est extrêmement vigoureuse).
5° Un troisième procédé, dit procédé de la Casamance, peut être employé pour les lianes. Il consiste à entailler celles-ci très légèrement sur une longueur de 7 à 10 centimètres et sur une largeur proportionnelle à la grosseur des branches traitées; les entailles sont faites à environ 10 centimètres les unes des autres. Le latex apparaît immédiatement. On asperge alors les plaies avec de l'eau salée, et le récolteur s'empare des petites masses coagulées qu'il roule vivement entre ses doigts et qui restent reliées aux incisions par un ou deux fdaments de gomme qu'on enroule autour du noyau central. Ces filaments sont formés par le caoutchouc qui sort de la liane incisée. 11 est nécessaire de jeter de temps à autre un peu d'eau salée sur les plaies afin de continuer la coagulation. Ce procédé d'extraction usité sur la côte occidentale d'Afrique fournit d'excellents produits.
Quant au rendement, en le calculant d'après le produit du grand ficus, qui, au bout de cinq ans, donne environ 5 kilogrammes par an, et en estimant à 5 francs le kilogramme de caoutchouc pur et bien coagulé à l'acide sulfurique, on voit qu'une plantation de 10 000 pieds couvrant une superficie d'environ 200 hectares rapporterait par an, au bout de cinq années, 250 000 francs (d'après M. Bergier).
Gopal. — Le copal ou la gomme copal est le produit résineux d'un arbre appartenant à la famille des Légumineuses, de taille moyenne, dont le nom scientifique est Hymenœa verrucosa et qui est appelé par les iMalgaches « tandroroho ». Les copaliers, ordinairement réunis en groupes, poussent surtout sur les côtes, assez près de la mer, souvent entre celle-ci et les lagunes. On remarque, au Nord de Mahanoro, près d'un village appelé Tandroroho (du nom même du copal ier) un de ces groupes dont les arbres ont 8 à 10 mètres de hauteur et forment un bois étroit s'étendant parallèlement à la côte sur une longueur de 1 kilomètre. L'extraction de la gomme est la principale occupation de toute la population de ce village. Il existe, paraît-il, beaucoup de copaliers sur la côte Ouest (?) ; mais, en tout cas, ils n'ont pas été exploités jusqu'ici. Le copal suinte naturellement de presque toutes les parties de l'arbre; les indigènes font, en outre, des incisions au tronc; on en trouve aussi de fortes quantités entre les racines de l'arbre. La gomme copal sert habituellement à la préparation des vernis; elle est lisse, polie à la surface, transparente, d'un jaune foncé uniforme et tellement dure que la pointe d'un couteau l'entame avec peine ; elle présente une cassure tout à fait vitreuse, elle se ramollit au feu et y devient un peu élastique, mais sans pouvoir s'étirer en fds; elle ne se fond qu'à une température très élevée, exhalant alors une odeur aromatique analogue à celle de l'aloès. Les morceaux sont triés d'après leur dureté et leur transparence ; la valeur de la gomme dépend de ces deux qualités.
L exportation du copal a beaucoup diminué à Madagascar, non pas que le
PRODUITS VÉGÉTAUX
copalior ait disparu des forêts de la côte, mais parce que la fïomme livrée par les indigènes présentait souvent des impuretés. En 1(S90, il en a été exporté à peine 5 000 kilogrammes par Vohémar et Mananjary. Ce produit pourrait donner lieu à des transactions plus importantes, si on prenait soin lie le débarrasser des impuretés qu'y laissent les Malgaches, car les copaliers sont nombreux sur les côtes de l ile.
La gomme copal vaut actuellement (fin 1897), à Tamatave, 150 francs les cent kilogrammes.
Les indigènes emploient encore un grand nombre d'autres résines pour faire des vernis diversement colorés; il est probable qu elles trouveraient une application industrielle en Europe. Beaucoup de ces gommes sont très belles.
Résine et encens. — Un grand nombre d'arbres de Madagascar produisent des gommes et des résines. Citons seulement le dintinina qui, très commun sur les deux versants, fournit une oomme abondante, le fanazava [Elœodendron olkjanthum) qu'on trouve dans les forets de TEst, en particulier dans la région de Tsinjoarivo, et qui produit une sorte de glu servant à calfater les pirogues ou à prendre les oiseaux, le kimba dont l'emploi est le même.
Le ramy, qui dans la haute région n'atteint pas de grandes dimensions, produit une gomme du même nom (encens blanc d'Afrique), qui se vendait pour Tusage des sorciers (60 centimes une boule de la grosseur du poing).