‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 30 sur 114 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Avant rocciipation de Madagascar par la France, toutes les mines appartenaient au gouvernement malgache qui en disposait à sa guise, et avait édicté des peines sévères contre ceux qui se livraient à la recherche et à l'exploitation des produits du sous-sol. L'exploitation clandestine des métaux précieux et des pierres précieuses était même punie de mort. Pour cette raison, les richesses minières de l'île demeurèrent longtemps inconnues.

Le fer a été exploité, paraît-il, dès le xvi^ siècle et l'industrie de sa fabrication fut même portée à un certain degré de perfection par Jean Lahorde dans son installation de Mantasoa. Mais, par la suite, elle périclita à cause de l'incurie et de l'inertie du gouvernement malgache. Depuis la mort de Jean Lahorde, les Ho vas sont à peu près revenus à leurs procédés primitifs et rudiinentaires de fabrication du fer.

Vers 1861, M. Lambert commença une installation pour l'extraction du charbon de terre, dont l existence avait été signalée dans la baie d'Amba-

PROIiriTS MINÉRAUX.

vatohv(près de Nossi-Bé); mais les indigènes (l(''triiisirent ses étahlissements avant qn'il fiit arrivé à nn résultat.

Vers 1886, le gouvernement malgache, pressé par des besoins d'argent, songea à utiliser les richesses aurifères de Tile, et fit des conventions avec un certain noiiihic d'Européens pour l'exploitation des métaux précieux, successivement dans le Bouéni, dans les régions d'Ankavandra et d'Analahé, dans le Detsileo, le pays d'Antsilianaka, le Vakinankaratra et le Mandridrano.

Tout Madagascar se trouva ainsi partagé entre une cinquantaine de concessionnaires. La plus célèbre de ces concessions est celle du 2 décembre 1886 relative à la « concession des mines d'or de la côte Ouest de Madagascar ». ou concession Léon Suberbie, dont il sera parlé un peu plus loin.

En même temps, le gouvernement malgache a fait reconnaître par ses ingénieurs, et exploiter pour son compte, certains gisements dans l'imerina, sur les confins de cette province dans l'Ouest et dans le Xord-Ouest de Tile. 11 a fait également exploiter quelques gisements de cuivre, à cause de la valeur de ce métal, ainsi que le plomb nécessaire à la fabrication de ses munitions de guerre.

Les voyageurs qui ont paicouru Madagascar à cette époque, ont pu difficilement avoir des renseignements exacts et complets sur les produits du sous-sol, par suite de la défense faite aux indigènes de donner des indications aux étrangers, par suite aussi de la méfiance instinctive des Malgaches et en raison de l'impossibilité dans laquelle ils se trouvaient de pouvoir faire exécuter des sondages. Néanmoins, quelques missions purent être constituées et agréées ; leurs travaux, et ceux des prospecteurs qui exploraient les régions concédées, permirent d'avoir quelques indications sur les districts de l'ile, qui renfermaient des gisements aurifères.

Après la campagne de 1895, et dès le début de l'occupation française, des syndicats furent créés, et des ingénieurs furent envoyés pour se rendre compte de la valeur des richesses minières de l'île. L'imerina et ses confins, le Detsileo, le pays desTanalas, la région de Maroantsetra, celle d'Ankavandra ont été visités; ces explorations, faites souvent dans des conditions très difficiles, ont permis de constater Texistence des gisements sur lesquels on avait les renseignements provenant des sources indiquées plus haut ; mais les circonstances n'ont pas toujours permis d'en faire une étude approfondie et méthodique. Enfin, dernièrement les efforts des explorateurs se sont tournés vers la partie Nord du Betsiriry, où quelques-uns d'entre eux avaient déjà, dès 1896, pu pénétrer malgré l'hostilité des Sakalaves.

Nous distinguerons les métaux et métalloïdes, les pierres précieuses, les calcaires, les combustibles minéraux, et les sources minérales.

Métaux.

Les métaux dont l'existence a été reconnue jusqu'à ce jour dans le sol de Madagascar sont les suivants : or, fer, plomb, cuivre, étain, zinc, platine.

mercure, antimoine. Les plus répandus sont le fer et l'or. Il n'a été trouvé ni argent, ni nickel.

Or. — On trouve Tor dans presque toutes les régions de Madagascar, mais généralement en très petite quantité. Il se présente sous deux formes, dans des alluvions aurifères et dans des filons de quartz. La première forme est de beaucoup la plus commune.

Or alluvionnaire. — La presque totalité de Tor recueilli à Madagascar provient des alluvions. Si Ton fouille le sous-sol des thalwegs, on trouve des graviers, débris de gneiss, de granits, de basaltes et de quartz: ce sont ces graviers qui renferment Lor sous forme de poussières, d'écaillés, de grains et même de petites pépites. Il est enchâssé dans ces graviers, maintenu par des matières terreuses qui se désagrègent et se dissolvent au lavage, mettant l'or en liberté; en général, plus ces graviers contiennent de débris de quartz, plus leur teneur est considérable. On le voit, ce ne sont que des fragments, des miettes de filons, détachés du filon lui-même par les agents atmosphériques, par l'érosion, etc., qui sont descendus en traînées dans les fonds et dans les thalwegs.

Ces miettes, charriées par les eaux, se sont étendues dans le lit des rivières en couches relativement planes à leur surface supérieure, mais dont la surface inférieure, épousant la forme des thalwegs, est ondulée et cuvetée. C'est au fond de ces cuvettes de thalweg naturel qu'on trouve le plus d'or. L'épaisseur des couches est variable; daprès M. Bergier, elle est en moyenne d'environ 50 centimètres. Quelquefois, on trouve une ou plusieurs couches superposées, séparées entre elles par des lits d'argile.

La teneur des graviers varie beaucoup. D après M. Suberbie,les alluvions, traitées par sa Société dans la région de Mevatanana, donnent des rendements un peu supérieurs k 1 gramme par mètre cube. D'autre part, les nombreuses prospections de M. Bergier en Imerina, dans le pays betsileo et chez les Tanalas d'Ambohimanga, ont rarement donné une teneur supérieure à 4 grammes par mètre cube, pour des champs un peu étendus.

De son côté, M. le contrôleur des mines Bauer, dans son exploration du Betsileo, a trouvé une teneur moyenne, variant entre 1 et 4 grammes à la tonne.

D'une façon générale, on peut dire que la teneur moyenne réelle* des alluvions de Madagascar paraît osciller entre 2 et 5 grammes au mètre cube. D'après les idées actuelles, cette proportion serait fortement dépassée dans la partie Ouest de l'île, c'est-à-dire dans la région comprise entre le revers du plateau central et la chaîne du Bemaraha; au dire de certains prospecteurs, les alluvions de cette région atteindraient, paraît-il, dans certains cas, jusqu'à 10 grammes.

Filons (le quartz aurifère. — D'après M. Bergier, les filons de quartz aurifère sont très abondants et ouvent très épais. Mais ceux que l'on ren-

1. La teneur pratique est toujours plus ou moins inférieure, car, quel que soit le procédé de traitement, le lavage entraîne une partie de l'or, qui est perdu. On estime que, parle procédé de la bâtée, la perte est d'environ 50 pour 100.

PnOOriTS MI.NKRAL'X

contre sur lo plateau central sont malheureusement d'une trop faible teneur pour être exploitables ; les difîérents essais efïcctués par cet ingénieur n'ont jamais donné une teneur supérieure à 1/2 gramme à la tonne; dans de telles conditions, le fdon est inexj)loitable. Mais dans le Nord-Ouest, dans la concession Suberbie, il existe des filons exploitables dont l'exploitation est prévue dans les statuts de cette Compagnie qui est outillée à cet effet; une grande partie de son matériel actuellement inutilisé n'avait même été installé que dans ce but.

La Compagnie Suberbie a exploité trois filons : ceux de Ranomangatsiaka, de Nandrozia et d'Andriamparany. D'après M. Suberbie, des essais faits sur des quartz en place ont donné des teneurs supérieures à 1 once par tonne. Le fdon de Nandrozia, d'une puissance de 4 mètres, est d'une bonne teneur moyenne (plus de 2 grammes à la tonne) sur une longueur de 8 à 10 kilomètres.

Dans la partie montagneuse au-dessus de la vallée du Nandrozia, on peut préparer des étages sur plus de 100 mètres de hauteur.

Nous allons passer en revue les différentes régions de l'île, en indiquant, du Nord au Sud, les principaux gisements : provinces de Diego-Suarez et de Nossi-Bé, cercle annexe d'Analalava, provinces de Maroantsetra et de Majunga, cercle d'Ambatondrazaka, province des Betsimisarakas, Imerina, territoire sakalave, provinces du Sud-Est, pays des Betsileos.

Province de Diego-Suarez. — Aucune tentative sérieuse d'exploitation n'y a encore été faite, mais des prospections y ont eu lieu.

La plupart des affluents du Sahanambo contiennent des sables aurifères. Ratovelo, l'ancien gouverneur hova de Diego-Suarez, faisait recueillir de l'or dans l'un de ces cours d'eau par ses officiers. Au cours d'un voyage qu'il effectuait dans la région, les guides de M. Faucon, administrateur de la province, attirèrent son attention sur ce ruisseau, lui signalant l'ancienne exploitation de Ratovelo.

Toute la région du Manambato renferme des terrains et des sables aurifères. En juillet 1897, un colon qui accompagnait M. Faucon dans sa tournée a recueilli des grains du métal précieux à tous les battages.

Pendant un voyage de prospection effectué en 1897, M. Bonnemaison, président de la chambre de commerce de Tamatave, a reconnu l'embouchure de la rivière Manambero et a traversé le Manambato et la Manankolana, puis il est arrivé à la rivière Ankaramy, qu'il a remontée pendant un jour et demi. Il s'est ensuite dirigé sur Ambavaratsa, d'où il est revenu par le Lokia, sur Port-Louquez, et enfin, de là, est rentré à Diego-Suarez. Pendant ce voyage, qui n'a pas duré moins d'un mois, M. Bonnemaison a pu se rendre compte que l'or existe non seulement dans les sables des rivières, mais encore dans le quartz qui est très abondant dans la région. Il a reconnu quatre gisements aurifères; mais, quoique, au dire des indigènes, on rencontre de forts beaux échantillons, il est douteux que ces gisements soient assez riches pour pouvoir être exploités utilement.

Au sud de la province, quelques déclarations de signaux ont été faites à Andranovolo, près de la rivière Satrafihitra.

Province de Nossi-Bé. — Jusqu'à ce jour, aucun gisement n'y a été signalé.

Cercle annexe d Analalava . — Les richesses minières du cercle sont à peu près inconnues. Toutefois, on a signalé un gîte aurifère à Andranomena, aux environs d'Antsohihy.

Province de Maroantsetra. — Deux ingénieurs ont prospecté le lit des rivières Antanambalana et Yohimarina (affluent de droite de l'Antanambalana). A la suite de ces prospections, quatre ou cinq déclarations de signaux ont été faites dans cette région.

Province de Majimcja. — Plusieurs Européens ont reconnu de nombreux gisements aurifères dans la région Sud de la province comprise entre Maroadabo, Andranolava, la Mahajamba et Tsaratanana.

Région de Snberbieville. — Les limites approximatives de la région aurifère de Suberbieville sont les suivantes : la limite septentrionale est jalonnée par le mont Manaka, Belambo, Tlkopa jusqu'à Suberbieville, par une droite inclinée à 4o^ sur le parallèle de Suberbieville, entre Suberbieville et la Betsiboka, par la Betsiboka jusqu'à Tainangidina, les soui ces de l'Ampasiry, celles du Betsiketony, le village de Zomarobé et le mont Manaka.

Tia Compagnie Suberbie occupe cette région depuis douze ans; néanmoins, il est diflicile d'en apprécier la ricbesse aurifère. Ti ois filons y ont été exploités, ceux de Ranomangatsiaka, de Nandrozia et d'Andriamparany ; mais elle a surtout tiaité les alhivions et les traite exclusivement en ce moment.

Cercle d'Anibatondrazaka. — La partie Nord du pays des Sibanakas renferme un certain nombre de gisements aurifères. Il en existe notamment à Antsevakely dans les environs d'Anosimboabangy, sur le plateau de Tampoketsa aux environs de Miarinarivo et dans la baute vallée de la Mahajamba. Mais les procédés d'extraction de l'or y sont encore des plus rudimentaires.

De nombreux poteaux de recherches ont été plantés dans la partie Ouest de Tampoketsa, et dans les vallées des affluents de droite de la Mahajamba.

Une Société minière, la Société Smith and Co, représentée par MM. Smith, IJanning et Murchison, a des établissements à Antsevakely et à Marovato; en 1896, elle a exploité quelques-uns des gisements précités et y a réalisé des bénéfices. Contrainte par l'insurrection d'abandonner momentanément son exploitation, elle doit la reprendre incessauuiient ; mais, en attendant, elle se borne à faire le commerce de l'or.

Jerritoire militaire (Ankazobé). — En dehors de la région de Suberbieville, qui, comme nous l'avons vu, englobe le cours supérieur de plusieurs affluents de la Menavavy, on trouve encore quelques gisements

PRODUITS MINÉRAUX

dans le 4"^ territoire; il en existe notamment dans la région d'Ambodiamontana.

Les environs d'Ambohimanjaka ont été parcourus par de nombreux prospecteurs; mais aucun gisement n'y a été signalé. Dans les monts Ambobimena, plusieurs poteaux de reclierches ont été plantés, près de Tsiafaby, de Kinajy, de Mabaridaza, etc.

Dans le territoire dWntsati'ana, les principaux centres aurifères sont : 1" Andriamena (où la Compagnie Suberbie a eu autrefois un poste pour l'extraction de l'or) ; 2" Ambatomborona, exploité avant la guerre par des Anglais ; 5° Manisibato, Ambatomainty (exploités jusqu'ici seulement par les Malgaches).

Un colon français a planté des signaux à Ambatomborona, et à Andriamena et se propose de faire commencer prochainement le travail; l'ancien chef Rabezavana a recruté et dirige des ouvriers sur ces deux points.

Un autre colon a planté un signal à Manisibato, où il est établi et où il se propose de commencer sous peu l'exploitation. Enfin, deux autres colons ont planté un signal de recherches près du village d'Ambalabako.

Tous ces gisements n'ont que de l'or alluvionnaire. Il paraît cependant qu'on y a trouvé des pépites d'une certaine grosseur, surtout à Ambatomborona et à Manisibato. Jusqu'ici, ces gisements n"ont été exploités, que par les moyens du lavage primitif en usage chez les indigènes.

Plus au Sud, dans la région de Manankasina, un colon a planté un poteau de recherches sur le versant de l'Ambohimanoro, mais aucun travail d'exploitation n'est encore commencé. Des battages d'alluvions [prises dans un ravin qui descend d'Ambohimanoro n ont donné que des résultats insignifiants.

Pr^ovince de Fénerive. — Quatre ou cinq gîtes ont été signalés sur la rivière Sahatavy etprès d'Anosifony (itinéraire de Maistre et du prince Henri d'Orléans) ; quelques déclarations ont aussi été faites pour des affluents de gauche du Maningory; mais jusqu'ici il n'existe dans la province ni exploitation, ni installation minières.

Province de Tamatave. — A la date du 10 décembre 1897, il avait été enregistré quinze déclarations de découvertes aurifères sur le territoire de la province, mais sept ont dù être annulées par le service des mines. Les principaux gisements seraient situés dans les endroits suivants : 1° cours supérieur des affluents de gauche de Tlharoka ; deux déclarations ont été faites pour cette région, l'une relative à un gisement situé à la source du Ranofotsy, l'autre pour un gisement situé à 6 kilomètres au Nord du premier; 2" lit des affluents de l'h'angy qui est tributaire du lac Nosy Vé ; 3° affluents de droite de l'ivondrona ; 4° vallée de l lvolina.

Tous ces gisements contiennent l'or à l'état alluvionnaire. Aucune exploitation n'est encore commencée, et il n'existe aucune installation minière.

Province d! Andévorante . — Aucune exploitation d'or n'a eu lieu jusqu'ici dans la province, on assure cependant que Ton rencontre de l'or alluvionnaire

dans la vallée do la Vohitra, particulièrement aux environs de Sahanoro (à 20 kilomètres au Nord-Ouest d'Andévorante). Dans les districts de Beforona, de Vatomandry et de Mahanoro, aucun gisement n'a encore été signalé.

1" Terriroire militaire. — a) Cercle (VAnjozorobé. — On avait cru jusqu'à ces derniers temps qu'il n'existait pas d'or dans ce cercle; mais les indigènes (mt fini par se décider à parler et on a pu reconnaître quelques gîtes alluvionnaires d'une teneur moyenne.

b) Cercle de Moramanga. — Sur plusieurs points de la vallée du Mangoro, principalement dans le secteur de Bcparasy, des alluvions aurifères ont été signalées.

Les principaux gisements qui étaient autrefois exploités par le gouvernement malgache sont ceux d'Antsonjorano à 1 kilomètre au Nord-Est de Bcparasy, d'Amhohibary dans la vallée du Sahanako, de Mandrifafana au Nord de ce village et d'Amhodinivongo à proximité du village de ce nom.

Après la guerre de 1895, le chef rebelle Rainihetsimisaraka a exploité les gisements de Bcparasy, tout en dirigeant l'insurrection dans le Fisakana et dans le Yakinankaratra.

Le rendement de ces dilférents gisements n'a jamais été jusqu'ici d'une grande importance; mais il est probahle que l'emploi d'un outillage plus perfectionné que celui des Malgaches donnerait de meilleurs résultats.

Toute la vallée du Sahanako a été exploi ée dernièrement et quatre ou cinq poteaux de recherches y ont été plantés; toutefois, il n'existe encore aucune exploitation dans ce cercle.

c) Cercle de Tsi(t/ahy. — Il existe dans le cercle de Tsiafahy plusieurs régions aurifères.

Les principales se trouvent dans le Maroandriana (secteur d'Andramasina), dans le secteur de la Yarahina Sud (Imerinarivo) et dans le Voromahery (secteur de Tsinjoarivo) :

1° Maroandriana. La partie Ouest du Maroandriana renferme un certain nombre de gisements aurifères qui étaient autiefois assez riches. Les principaux sont ceux de Hiaranandriana, de Behenjy, de Betraro et des environs d'Ambohimarony ; ce dernier était exploité jadis pour le compte du premier ministre Rainilaiarivony.

Quant au gisement de Hiaranandriana, les alluvions y sont actuellement traitées à la bâtée par un colon français qui y a installé des chantiers de lavage. Quelques sluices y ont été aussi établis. La teneur moyenne du gisement varie de 2 à 5 grammes à la tonne

On trouve encore quelques gîtes alluvionnaires dans le Sud-Est du Maroandriana, mais ils ne paraissent pas assez riches pour être exploités. Néanmoins, un colon français a planté un signal de recherches près du mont Marihana, au Sud de Kelimafana.

2° Dans le Yakinampasina (secteur de la Yaharina Sud, chef-lieu Imerinarivo), la reine faisait autrefois exploiter par 2 000 ouvriers un important gisement situé près d'Ambiaty; on voit encore les restes de cette exploitation dont personne n'a pris la suite. A la vérité, un colon français a bien planté

PHODI ITS MINÉRAIX.

(les poteaux de recherches à Aiiihialy, mais il ii y a prafiqué efr(!ctiveiii(;iit aucune recherche depuis le 11 août 1897. Outre ce gisement d'Amhialy, il en existe plusieurs autres peu connus, mais qui paraissent importants, à VKsl du hlockhaus lîeinhard et au Sud du mont Amhohimasina, dans Ut lit de la Sampandrano, près d'Andankandolitra, enfin près d'Antanamanjaka. Le gisement du mont Andankandolitra, où la Sampandrano prend sa source, serait, paraît-il, très riche et donnerait en ahondance de l'or peu roulé, ce qui sendjlerait prouver que le hlon n'est pas éloigné des sahles exploités.

Dans la foret. For se trouve un peu partout, mais l'on ne saurait dire encore en quelle quantité.

Tous ces gisements ne sont que des gîtes alluvionnaires. Il est intéressant de rapprocher les indications ci-dessus de ce qui a été dit du secteur de Beparasy et de ce qui sera dit un peu plus loin du secteur de Tsinjoarivo et de la région d'Ambohimanga. Quoique incomplètes, les constatations faites à riieure actuelle tendraient à établir la présence d'une région aurifère s'étendant en forêt d'Ankei'amadinika à Ambohimanga.

d) Voromahenj (secteur de Tsinjoarivo.) — Les alluvions aurifères du Voromaliery sont très connues et il ne se passe pas de mois sans que les prospecteurs n'envoient chercher des échantillons.

Toutes les vallées tributaires de TOnivé contiennent de l'or. Les alluvions, les plus riches relativement, sont celles d'Analamasina et d'Ambatomiranty au Nord de l'Onivé, de Sarobaratra, de la Sahanamalona et de la Sahatoarendrikaau Sud de TOnivé, mais ces gisements ont été prospectés et des signaux de recherches ont été plantés; ils n'offrent plus d'aliment à l'activité du nouvel arrivant. 11 en existe quelques autres dans la grande forêt, mais les recherches y sont difficiles.

Les lavages auxquels il a été procédé pour les gisements précités font évaluer leur teneur de 1 à 5 grammes par tonne. La main-d'œuvre, qu'il est presque impossible de se procurer dans la région pour les entreprises agricoles, industrielles ou commerciales, se trouve quand il s'agit de la recherche de l'or, à condition toutefois d'acheter l'or aux indigènes à un prix à débattre, prix qui varie généralement entre 2 fr. 40 et 5 francs le gramme. 11 v a lieu de se garder contre la tendance des indigènes à vendre l'or recueilli par eux, non pas aux concessionnaires, mais à des acheteurs patentés qui, n'avant pas de droit d'exploitation à payer, peuvent leur donner une prime. Aucun gisement n'est actuellement exploité dans le Yoromaherv.

En ce qui concerne la région de Manjakandriana (secteur de la Yarahina Nord), on n'y a pas trouvé d'or jusqu'ici. Cependant, d'après les dires des indigènes, il en existerait dans l'Ikopa et dans la Hiadiana; le fait n'a pas encore été vérifié et il est probable que, si leurs alluvions contiennent de l'or, c'est en minime quantité.

Territoire militaire. Cercle (T Ankavandra. — Une concession a été accordée à l'Est d'Ankavandra; l'exploitation va en être incessamment commencée. En outre, de nombreuses déclarations ont été faites pour des

gisements situés dans la yallée du Manambolo et dans la partie Nord du cercle.

Cercle de Detafo et région de V Ankaratra. — On ne trouve à l'Est de 1 Ankaratra que quelques gisements assez pauvres, du côté d'Ambatomandry. Sur le versant Ouest, les alluvions du Kitsamby et de quelques autres rivières, du Valabctoknna et du Sabaomby, par exemple, renferment une certaine quantité d'or. Trois concessions ont été accordées dans la vallée du Kitsamby (sous-gouvernement de Manalalondo), à environ 50 kilomètres au Sud-Ouest d'Arivonimamo, mais les concessionnaires ne dirigent pas effectivement l'exploitation et ne se préoccupent nullement de la perfectionner; ils se bornent à acheter l'or aux indigènes que ceux-ci recueillent par les procédés malgaches. Ils ont cependant essayé l'emploi des sluices pour recueillir sans amalgamation l'or très fin des alluvions; mais ils n'ont pas eu jusqu'ici les résultats qu'ils en attendaient, peut-être à cause de la faible longueur des sluices due au manque de bois, et ils ont abandonné ces appareils.

La teneur du gisement est d'environ 1 gramme par mètre cube; deux de ces exploitations réunies ne dépassent pas la production de 1 kilogramme d'or par mois.

En outre de ces concessions, une mission, dirigée par M. l'ingénieur Chauvet, étudie actuellement les alluvions aurifères du Kitsamby. D'après de récents renseignements, on aurait trouvé, paraît-il, un filon de quartz. Quoi qu'il en soit, la vallée du Kitsamby présente une certaine richesse minière et a été l'objet de plusieurs déclarations de recherches.

Cercle annexe du Betsiriry. — La partie occidentale de l'ile, comprise entre le revers du massif central et la chaîne du Bemaraha et limitée au Sud par la Mania, au Nord ])ar le Mahajilo, c'est-à-dire le Betsiriry, paraît être la contrée la plus riche de Madagascar, spécialement dans la région située au nord de l'itinéraire qu'a suivi le Révérend Mac-Mahon en 1892. C'est cette région dont les alluvions présentent la teneur la plus élevée et naturellement celle qui a été le plus fouillée par les prospecteurs. Cette zone présente cet avantage qu'une exploitation trouvera toujours en abondance sur place l'eau et le bois.

Il y a lieu surtout de signaler les deux vallées du Kiranomena et du Dabolava, affluents de gauche du Mahajilo, dans la partie comprise entre les terrains sédimentaires de la cuvette du Betsiriry et la crête du Bongolava. Les affluents de ces deux cours d'eau roulent également une certaine quantité d'or, et c'est sur l'un deux qu'est établie la seule exploitation actuellement en activité, celle d'Ankarongana (à 4 kilomètres du poste d'Analaidirano), exploitation qui occupe 200 ouvriers environ, 175 Hovas et 25 Sakalaves.

3'' Territoire militaire. — Voromahery et Arivonirnano. — Un certain nombre de déclarations de recherches ont été faites, pour des gisements situés dans le territoire militaire. Les gisements ainsi signalés sont les suivants : à i 200 mètres au Nord d'Ambohidrabiby ; entre llafy et Ambatomanoina; au Nord-Est d'Ambohibeloma (à l'Ouest du territoire); à 12 kilomètres à l'Ouest d'Arivonimamo; dans la haute vallée de l'Onibé, au Nord de

PRODUITS MINKIIAIX.

1 Ankaiatra; à Test d Antanamalaza; sur la rive droite du Katsaoka au pied ouest du Uîont Fandravazana.

Province de Mmuuijary. — La région occidentale de la piovince de Mananjary, et particulièrement le district d'Ambohimanga, est connue comme Tune des plus riches de File en or. D'après M. Bergier, le bassin de la rivière Manandriana (laquelle passe à Aniboliimanga et se jette dans le Mananjary) renferme environ 800 hectares d'alluvions exploitables, d'une; richesse de 1 gramme 1/2 à '2 grammes d or par mètre cube. La couche des graviers fertiles aurait une épaisseur moyenne de 30 centimètres.

Sept déclarations de recherches ont été faites jusqu'ici, pour la piovince. Deux prospecteurs ont obtenu des permis d'exploitation sur la Voanana, et sur son affluent, le Sahanonoka; la teneur de ces gisements est d'environ 1 gramme à 1 gramme 1/2 par tonne.

Territoire sakalave. — Jusqu'ici on n"a signalé d'alluvions aurifères, qu'au Betsiriry, dont nous avons déjà parlé plus haut: mais il pourrait bien en exister aussi au Madilaka.

Betsileo. — On a déjà découvert, dans l Est et dans le Sud du Betsilco, de très nombreux gisements aurifères, dont beaucoup ont été exploités par le gouvernement malgache, mais il est probable qu'il en existe encore beaucoup qui sont inconnus, partant complètement vierges.

11 s'agit, comme toujours, d'alluvions; leur teneur est très satisfaisante; par contre, l'épaisseur de la couche aurifère est généralement faible, variant entre 20 et 50 centimètres d'épaisseur. On rencontre, de plus, d énormes difficultés, soit à cause de l'épaisseur de la couche stérile, soit à cause des travaux d'assèchement à faire, soit, enfin, à cause des indemnités à payer aux propriétaires des rizières dont le sous-sol renferme le métal précieux.

C'est pourquoi, dans bien des cas où la prospection aura donné une teneur rémunératrice, les difficultés et les frais d'exploitation seront tels qu'il sera préférable d'abandonner le gisement.

Il se présente aussi une grande inégalité dans la répartition de l'or; ainsi, dans trois vallées à peu près parallèles partant de la même montagne, il arrive souvent que deux seulement sont aurifères et que celle du milieu est stérile, ou que, dans la même vallée, une partie est aurifère, tandis que l'autre l'est à peine.

Les gisements où l'or se trouve en gros grains offrent, au point de vue de l'exploitation, un grand avantage, parce qu'il est facilement exploitable et presque sans alliage, ne contenant que quelques millièmes d'argent.

Dans la partie Sud du Betsileo, il existe des tellures d'or qu'un Malgache a, dit-on, exploités.

Les vallées dont le sous-sol renferme des alluvions aurifères sont presque partout cultivées en rizières, et elles forment, par conséquent, le principal revenu et moyen d'existence des indigènes; aussi les exploitants devraient-ils remettre les terres en place, au lieu de les envoyer à la

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