‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 31 sur 114 · II · texte numérisé non relu

II

rivière. Il y aurait Jieii d'employer ce procédé d'exploitation, même pour les vallées non cultivées.

Voici l'indication des principaux gisements connus à ce jour dans le Betsileo :

Tsarafidy. — La vallée de Tsarafidy, distante d'Amboasary d'une quinzaine de kilomètres, a une assez grande importance; quoique sa plus grande partie soit couverte de marais, elle a été, en certains endroits, exploitée par les indigènes.

550 kilogrammes environ de gravier aurifère, mêlés de quartz non roulé, en assez gros morceaux, et d'argile, ont donné environ Ogr. 550 d'or; ce qui indiquerait une teneur de 1 gr. 100, d'une valeur de 3 fr. 50 environ. Comme on estime, en général, qu'avec le système de la bâtée, la perte d'or est environ 50 pour 100, la teneur réelle du gisement serait ainsi de 2 gr. 200 à la tonne, valant en nombre rond 7 francs. Un signal y a été planté.

Horaraika. — La vallée de Iloraraika, tributaire du Namorona, se trouve à l'Est de Tsarafidy; elle a environ ()0 mètres de largeur moyenne et est complètement couverte de marais.

Ce gisement a également été travaillé par les indigènes, mais la grande quantité d'eau stagnante les a empêchés de continuer leur exploitation ; il faudrait recourir au drainage. D'ailleurs, l'or s'y présente en grains assez gros et est facilement exploitable.

600 kilogrammes de gravier aurifère ont donné un peu plus d'un gramme, soit un rendement de 2 grammes à 2 grammes 1/4 à la tonne, soit une teneur réelle d'environ 4 grammes valant 12 francs.

Ce gisement est donc d'une richesse très satisfaisante, mais de grands travaux d'assèchement sont nécessaires pour le mettre en exploitation.

La couche aurifère, de 0 m. 50 d'épaisseur, est recouverte de 2 m. 80 de vase, d'herbes en décomposition, d'argile, et de 0 nj. 50 de sable légèrement aurifère; au-dessous de l'alluvion riche, on rencontre encore une légère couche de sable à faible teneur d'or.

Ampanenilra . — Au Sud-Ouest de Tsarafidy, il y a une vaste et belle vallée, moins marécageuse que les précédentes et qui pourrait être facilement asséchée. Elle a été travaillée par les indigènes; 250 kilogrammes ont donné 0 gr. 250 d'or, soit 1 gramme à la tonne, pour le rendement n la bâtée, et 2 grammes ou 6 francs comme teneur réelle. La couche aurifère, d'une épaisseur de 40 à 50 centimètres, se trouve sous 5 mètres de terrain stérile, composé d'argile, de louibe et de sable.

Andraina. — La vallée d'Andraina est située à l'Est du village du même nom; c'est une des plus grandes de la région; elle est presque partout marécageuse. Comme elle n'a pas encore été prospectée, il ne peut être donné qu'une évaluation approximative de la ricliesst^ de son thalweg : 500 kilogrammes environ d'alluvions ont fourni un demi-gramme d"or, soit une teneiu' réelle de 2 grannnes à la tonne. L'ancien lit de la rivière doit être très riche.

SaJiano}wka, Fiadana, Ambohiniicra, Ambohionana, Toniboarivo. — Ces gisements sont situés sur la route d'Ambohimanga.

PRODUITS .MINKIIAUX.

Loiir toncur varie vnivo 1 j^ramnie et 1 gramme I "2 à la toiiiK!, mais rexploitalion en est dil'licile, car la rivière prfîsenle un lit eneomNré de blocs de pierre et un courant rapide. Les indi<^^ènes se mettent dans Teau et recueillent avec des angadys le sahle, que les femmes lavent sur place.

Nous avons vu ([u'il existe é«>alement des gisements aurifères dans la région d'Ambohimanga.

Une concession a été demandée à l'origine de la vallée du Faraony, au pied du mont Ambobipanja, et deux déclarations ont été adressées au service des mines pour des gisements situés à l'Elst de cette concession. Une autre a été demandée à TEst de Mahasoabé, entre Ambobipanja et Vinanitelo.

Région de Vinanitelo. — Vinanitelo est le centre d'une région très travaillée.

La vallée d'Ambatomaro, au pied du Vinanitelo, a été en partie exploitée par le gouvernement malgache. Sa teneur en or est de 4 grammes 1/2 à 5 grammes à la tonne; on obtient 1 gramme par l'2 bâtées.

Àvaratanana. — Cette vallée située au Nord-Ouest du Vinanitelo est presque complètement exploitée; la couche aurifère, qui a 0 m. 40 d'épaisseur, est à 3 mètres de profondeur et présente une teneur de 4 grannues.

Taombelo. — Située au Sud du Vinanitelo,* cette vallée a également été exploitée. La couche aurifère, qui a 0 m. 50 d'épaisseur, est à une profondeur de 2 m. 20 et présente une teneur de 2 grammes 1/2 à la tonne. Enfin, des déclarations ont été faites pour des gisements situés près du mont Tsitondroina, au Sud-Ouest du Vinanitelo.

Région cV Anibohinialaza (au sud d'Ambobimandroso.) — Toutes les vallées avoisinant Ambohimalaza ont été travaillées. Cinq mille hommes y ont, pendant quatre ans, exploité l'or pour le compte du gouvernement malgache.

SaJiavorona. — Cette vallée, située à l'Ouest d' Ambohimalaza, a été presque complètement exploitée par le gouvernement malgache. Il est difficile de trouver 1 mètre carré de terrain qui n'ait été remué. Ce gisement a dû être très riche, à en juger par les travaux qui y ont été faits et par ' la teneur du gravier déjà lavé, qui contient encore environ 2 grammes d'or à la tonne.

Ànibatoaharna. — Cette vallée, située au Sud d' Ambohimalaza, a encore été plus exploitée que la précédente; néanmoins, les sables du ruisseau qui la traverse ont encore une teneur de près de 5 grammes à la tonne.

Vallée de Marorahana. — Cette vallée est située au Sud-Est de Fianarantsoa. La partie supérieure a été exploitée et a donné une teneur de 2 grammes à la tonne. Dans la partie inférieure, la couche aurifère est à 5 m. 50 de profondeur ; mais la venue d'eau et de sable est si forte que l'extraction est iuq^ossible.

Vallée de Manorohara. — Cette vallée, située au Sud de la précédente, a été travaillée dans sa partie supérieure, qui est la plus riche; à la limite des anciennes exploitations, la teneur en or est de 1 gramme 1/2. La couche

aurifère présente une épaisseur moyenne de 0 m. 50 et se trouve à une profondeur de o mètres. Les alluvions sont formées de gra\iers, de granit en décomposition et d'argile.

Au Sud de la région de Yinanitelo, se trouvent les gisements d'Itoalana, d'Anasaha et de Yalokianja, à la limite du Betsileo. Cette dernière région qui a été visitée par de nombreux prospecteurs est, paraît-il, fort riche. Déjà deux Sociétés se sont formées pour l'exploitation de ses ressources minières : 1° une Société anonyme dite « Compagnie des gisements aurifères d'Itoalana », constituée au capital de 2 500 000 francs par 5000 actions de 500 franchi chacune ; 2° au Sud d'Itoalana et dans le prolongement de ce gisement, le Syndicat lyonnais devenu « Société des gisements aurifères d'Anasaha » (capital "200000 francs en actions de 2h francs) a obtenu la concession de ce nom.

Cercle d'Ivohibc. — Aucun gisement n'a encore été signalé dans ce cercle.

Province de Tidléar. — Aucun gisement n'a été signalé jusqu'à ce jour dans cette province.

Province de Farafangana . — On n'y a guère jusqu'ici trouvé que du fer. Il y a cependant de l'or dans les thalwegs, mais son extraction paraît devoir être plus onéreuse que productive. Aucun gisement n'a été signalé jusqu'à ce jour.

Province de Fort-Dauphin. — Les métaux précieux, l'or notamment, paraissent manquer dans toute la partie Sud de Madagascar, aussi bien aux environs inunédiats de Fort-Dauphin que dans la vallée du Mandraré. Les prospections effectuées récemment dans la région par un ingénieur de la Société française de recherches des gisements miniers à Madagascar (M. Rechniewki), n'ont amené la découverte d'aucun gisement aurifère. Mais une déclaration vient d'arriver au service des Mines (19 février 1898), qui signale un gisement aux environs de Fort-Dauphin, à Farafangate (montagne française).

Procédés de traitement. — Les alluvions sont le plus généralement traitées à la bâtée; toutefois quelques industriels ont installé des sluices. La Compagnie Suberbie emploie pour les alluvions le berceau et le sluice.

Bâtée. — La grande majorité des exploitations de gîtes alluvionnaires se fait à la bâtée. La bâtée employée à Madagascar est une sorte de bouclier conique, à section circulaire, obtenu par le creusement d'un bloc de bois. Le bois généralement employé est le voara, bois léger et solide, blanc comme le sapin; le diamètre de la section est de 50 à 00 centimètres et l'angle au sommet du cône est de 150 à 160 degrés.

L'ustensile, on le voit, est rudimentaire, mais il est d'un maniement facile et permet par sa forme de déterminer un mouvement giratoire de l eau, lequel amène la séparation des matières recueillies et en assure la classification.

La bâtée s'emploie de la manière suivante : l indigène la remplit jusqu'aux

PRODUITS MI.NÉR.vrX.

deux tiers environ de j^ravier aurilere, la plonge dans Teaii, et, d'une main, il remue et déhourhe le contenu de la hâtée, jusqu'à ce qu'il soit réduit à l'état de bouillie homogène. Il prend alors la hâtée à deux mains un peu en arrière de son diamètre, la plonge dans la rivière, l'ouverture affleuiant presque à la surface de l'eau, puis l incline en avant, en lui imprimant un très léger mouvement giratoire qui a pour résultat d'envoyer à la rivière les parties légères du contenu.

H continue ainsi jusqu'à ce que l'eau qui s'écoule soit parfaitement claire. A ce moment, il ne reste plus au fond de la hâtée que les pierres, le sahle lourd qui accompagne l'or, et l'or lui-même. Le laveur sort alors la bâtée hors de l'eau et trie à la main les gros morceaux, en les examinant soigneusement avant de les jeter à la rivière. Après ce triage, il ne reste au fond de la bâtée qu'un peu de sable fin et les parcelles d'or.

Le laveur incline alors la bâtée en lui imprimant des mouvements ondulatoires, de façon à amener vers la partie inclinée les matières restantes, tout en évitant de les faire déborder. Puis, au moyen d'immersions graduées, il fait pénétrer dans la bâtée de petites quantités d'eau, qu'il fait ensuite écouler au dehors de manière à entrainer les parties les plus légères.

Après cela, la bâtée étant toujours inclinée, au moyen d'un certain mouvement du poignet, il amène le dernier sable à accomplir avec l'eau un mouven^ent giratoire à la suite duquel l'or finit par rester à la queue de la petite masse de sable.

Il lave ce sable en versant une petite cjuantité d'eau recueillie dans le creux de la main. Le dernier sahle léger est ainsi entraîné, et il ne reste plus qu'une sorte de sable noir et l'or. Ce sable noir est constitué par des pyrites de fer. A ce moment, le laveur crache dans la bâtée, car la salive agglutine le sahle noir, et, le séparant de l'or à l'aide du doigt, il rejette cette agglutination hors de la bâtée, qu'il incline vers l'assiette où l'eau entraîne l'or, et qui sert pendant toute la journée à recueillir l'or résultant des hatages successifs.

A la fin de la journée, le laveur crache de même dans l'assiette pour séparer les dernières pyrites de l'or, qui reste alors seul.

Parfois la salive est avantageusement remplacée par l'aimant. Les Malgaches deviennent promptement d'adroits laveurs d'or à la hâtée ; les Betsileos un peu exercés, par exemple, en lavent une en cinq minutes environ.

Ce procédé de traitement, comme on le voit, est absolument primitif. Il a l'avantage d'être d'un emploi facile et de n'exiger ni installation, ni dépense. Il permet de laver dans une journée de 400 à 500 kilogrammes de sable. Mais à côté de cela il présente de gros inconvénients; il réduit le cube extrait au minimum tout en exigeant la main-d'œuvre maxima; il ouvre la porte toute grande au détournement, vu l'impossibihté d'une surveillance rigoureuse, et c'est là une source de pertes assez sérieuses, puisque, même dans les exploitations industrielles les mieux tenues et les plus surveillées, on est obligé de faire entrer ce déchet en ligne de compte.

AuTransvaal, par exemple, dans les exploitations les mieux dirigées, il ne descend jamais au-dessous de 15 pour 100. En outre, le laveur à la bâtée

laisse environ 40 pour 100 clc sables non traités. Enfin, ce mode laisse échapper une bonne partie de l'or et d'autant plus que l'or est plus lin. A Madagascar en particulier, ce métal étant très lin, le laveur à la bâtée perd en moyenne 50 pour 100 de Tor contenu dans le sable.

Le laveur ne s'inquiète pas de cette perte, jugeant plus profitable de faire plus de bâtées, quitte à les faire un peu sommairement, plutôt que de les faire avec plus de soins, mais en moins grand nombre.

Le lavage à la bâtée entraîne donc un véritable gaspillage de la richesse minière d'un gisement ; ce procédé devrait être réservé comme moyen de première prospection et ne pas être employé comme mode d'exploitation. 11 est des pays du reste, la Californie par exeuq)le, où certains modes de traitement des alluvions sont prohibés par le gouvernement local.

En employant la bâtée comme mode d'exploitation, il y a trois façons de procéder pour la main-d'œuvre : 1° donner aux travailleurs un salaire fixe et se réserver la totalité de l'or produit; 2" leur imposer un minimum de production et leur laisser le surplus comme bénéfice ; 5° leur abandonner en toute propriété la totalité du métal recueilli, à condition qu'ils le vendront au propriétaire de la mine à un prix au-dessous du cours et fixé d'avance.

Le premier système ne peut guère s'employer. En effet, l'indigène travaillera le moins possible, et, partant, il produira très peu d'or; par suite, en admettant même qu'il remette intégralement l'or recueilli, cet or permettra difficilement de couvrir les frais, le salaire et les droits de patente. Ainsi même, dans Tliypothèse de la remise intégrale du métal recueilli, ce système n'est pas rémunérateur et, comme cette hypothèse ne se réalisera jamais, ce système, désastreux pour le propriétaire, est donc à rejeter.

Le deuxième système est celui qui était euq)loyé autrefois par le gouvernement malgache; mais, possible avec la corvée, il ne l'est plus avec des travailleurs libres, qui n'accepteraient jamais un pareil contrat, à moins que les conditions ne leur fussent tellement avantageuses qu'elles seraient, en revanche, désastreuses pour le propriétaire.

Reste le troisième système qui est celui actuellement en faveur auprès des petits exploitants, qui, n'ayant pas les connaissances techniques nécessaires pour exploiter rationnellement les gisements dont ils sont concessionnaires et ne voulant faire aucune dépense de matériel ni d'installation, prétendent néanmoins tirer de leur concession un bénéfice quelconque, en profitant de la faiblesse du droit imposé par l'administration. Avec ce système, le bénéfice est modeste, mais certain, puisque les frais qui consistent dans le seul droit de patente sont vinuellement nuls et que, par conséquent, tout est en « avoir ».

Mais c'est un procédé de « claimer » inapplicable h une exploitation de quelque importance, à cause de la quantité prodigieuse de main-d'œuvre nécessaire pour arriver à un résultat appréciable, car il faut environ 600 ouvriers travaillant à la balée pour donner le même résultat que quinze hommes travaillant au sluice-box. Pour les raisons énumérées plus haut, un gisement ainsi traité est un gisement perdu. De plus, jl est certain que les indigènes ne remettent au propriétaire qu'une très faible partie

PRODriTS MINKT^AIX.

(le Toi' iTCUcilli, ]ir(''féraiit de heaucoup le vendre, au pair, aux nonihreux uiarcliands qui l'ulilisent couiuie « remise » (pie de le lui vendre à 50 ou 40 pour 100 au-dessous du cours.

Tel est le proeédé de la hâtée et Fou conviendra faeileinenl que, dans Tétat actuel de Tindustrie de l'or, le procédé d'exploitation le plus lationnel d un gîte alluvionnaire est celui du sluice à amalgamation ou à bicyanuration. suivant le cas.

Sluice. — Le sluice est employé dans quelques petites exploitations et dans l'exploitation Suberbie,

C'est avec cet appareil fort simple que les placers de la Californie ont été travaillés. 11 est encore en usage dans certains Etats de l'Ohio, dans les Guvanes et dans l'Australie. C'est vraiment l'appareil le plus simple et le plus économique pour les contrées ayant en abondance à leur disposition le bois exigé pour sa construction et l'eau nécessaire à son fonctionnement

Le sluice n est autre chose qu'un conduit formé de trois planches clouées, les planches de côté étant clouées sur le fond. La face supérieure est donc découverte. La largeur du sluice varie de 20 à 40 centimètres, et sa profondeur est de 25 centimètres environ.

L'ensemble du sluice peut atteindre une longueur considérable, plusieurs centaines de mètres par exemple; à cet effet, il est formé de sections d'éléments, s'emboitant les uns dans les autres, appelés « box ». La longueur totale du sluice est d'ordinaire désignée par le nombre d'éléments, chacun d'eux ayant la dimension usuelle des madriers, soit environ 3 m. 60.

Le calfatage des joints, tant entre deux éléments qu'entre les planches d'un même élément, se fait de lui-même, soit par le gonflement du bols sous l'influence de l'humidité, soit par le sable qui s'y dépose.

Le fond du sluice, quoique fait de planches non dégrossies, serait vite poli par le frottement des graviers et par suite ne retiendrait plus les parcelles d'or, s'il n'était doublé d'une claire-voie faite de baguettes ou de battes appelées « rifles » placées longitudinalement et transversalement; le double fond n'est pas cloué, mais fixé de manière à pouvoir être facilement enlevé pour en permettre le curage.

Le rôle du sluice est de débourber les matières terreuses et d'en retenir l'or. A cet effet, le sluice, installé sur des tréteaux ou sur le sol et ayant une inclinaison convenable, reçoit un courant d'eau. Un ouvrier, placé à sa tète, le charge de gravier à la pelle; le courant d'eau désagrège et entraîne les matières terreuses. L'or, en raison de sa densité, roule sur le fond du canal et y est retenu pas les aspérités du bois, par les rifles ou par le mercure dont on a garni le fond. Si l'or est gros, le mercure n'est pas nécessaire, mais, avec de l'or tin, il est indispensable de recourir au mercure sous peine de perdre une grande quantité du métal précieux.

La pente et la quantité d'eau doivent être déterminées d'api'ès la nature du gravier à traiter. Plus la pente est grande, plus vite le gravier est travaillé, mais aussi plus il y a de chance de perdre de l'or.

Un gravier ordinaire est complètement désagrégé dans un parcours

de 60 à 75 mètres; au delà, le sluice sert simplement à retenir For. D'une manière générale, c'est avec une pente faible et une quantité d'eau moyenne qu'on recueille le plus d'or.

De temps en temps, il est nécessaire de procéder au lavage du sluice. Pour cela on arrête le chargement, mais sans interrompre la venue de l'eau. Dès que celle-ci coule entièrement claire, on enlève vers la tète du sluice cinq ou six claires-voies, en laissant leur contenu s'écouler sur les clairesvoies suivantes. Le sable est ainsi emporté par le courant, tandis que l'or amalgamé est arrêté dans les rifles transversaux où on le recueille.

On enlève alors la série suivante des claires-voies; et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité du sluice. L'or amalgamé que l'on a ainsi recueilli est fdtré à travers une peau de daim, une étoiïe de laine ou un sac de toile à voile que l'on presse en le tordant, et le résidu est distillé.

La quantité de gravier que peut traiter journellement un sluice est très variable ; elle dépend non seulement du sluice lui-même, mais encore de la nature du gravier et de la quantité de la main-d'œuvre (déblayeurs, piocheurs, pelleteurs, ouvriers chargés de rejeter les gros cailloux et les boules d'argile). De toutes façons, avec un sluice installé dans de bonnes conditions, la perte d'or est bien plus faible qu'avec la bâtée.

Exploitation Suherbie. — Il a beaucoup été question, pendant et depuis la campagne, de l'exploitation Suberbie.

M. Léon Suberbie a été successivement inspecteur des établissements de la maison Roux, de Frayssinet et C'® à Tamatave, à Mananjary, à Farafangana et à Yohémar, puis représentant de la même maison à Tananarive. Cette situation le mit en rapport avec le premier ministre Rainilaiarivony, avec lequel il ne tarda pas à se trouver assez lié.

Au moment de l'évacuation de Tananarive, lors de la campagne de 1885, il employa tout son crédit pour faciliter à nos compatriotes leur départ de Tananarive. Après la guerre, il revint à Madagascar et, sur le désir de M. de Freycinet, s'y fit nommer consul général.

Grâce à cette situation et à ses anciennes relations avec le premier ministre, il obtint, le 2 décembre d886, un contrat pour l'exploitation de gisements aurifères. Yoici le texte de ce premier contrat :

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