II
On a trouvé de incme dans les alluvions de l'Onivé des fragments do rubis, de topazes et d'émeraudes.
Secteur de Tsinjoarivo. — On a signalé du rubis au Botrara.
District crAmbositra. — On trouve dans le district quelques pierres précieuses : grenats, rubis, saphirs, topazes, tourmalines. Mais les échantillons recueillis jusqu'à ce jour ont peu de valeur.
Secteur tV hnerinarivo (cercle de Tsiafahy). — Le secteur renferme de nombreux cristaux d'alumine, de la cornaline et des pierres ressemblant à Témeraude, mais qui, enchâssées dans une gaine de mica noir, sont très petites. Tous les échantillons recueillis jusqu'ici sont de dimensions beaucoup trop faibles pour avoir quelque valeur. 11 semble toutefois qu'il y a lieu de faire des recherches sérieuses.
Province d'Andévorante. — Dans les environs de Fahitromby (à 40 kilomètres au Nord-Ouest d'Andévorantc), on a reconnu la présence de très beaux fragments de quartz, rappelant le rubis, rémeraude et le saphir.
Le Bouéni, la région de Betafo, le pays des Baras, ainsi que les environs du mont Vohiposa, sont signalés comme renfermant des pierres précieuses : pierres de lune, quartz, améthystes, zircons, agates, topazes d'Espagne, grenats, saphirs, rubis, aigues-marines, amazonites, coinalines.
Dans les environs d'Antsirabé, les Norvégiens font rechercher des tourmalines qu'ils vendent sur les marchés européens.
La province de Farafangana, particulièrement les régions de Mahamasina et de Vangaindrano, sont explorées par des prospecteurs qui espèrent y trouver des topazes et des rubis, dont ils ont vu des échantillons entre les mains des indigènes.
Enfin, les Malgaches apportent à Fort-Dauphin des échantillons de pierres précieuses qui semblent provenir du pays des Mahafalys et des Antanosys.
Le service des Mines n'a reçu jusqu'ici que quatre déclarations de pose de signaux relatifs à des gisements de pierres précieuses.
Diamant. — On n'a pas encore trouvé de diamants à Madagascar. Il est à remarquer cependant que les lois malgaches, ainsi que nous l avons vu plus haut pour le Code de 1881, qui prévoient des pénalités pour tous ceux qui rechercheraient des pierres précieuses, mentionnent le diamant.
A viai dire, comme nous l'avons remarqué à propos de la houille, Madagascar renferme bien peu de terrains carbonifères. Toutefois, nous pensons, et c'est aussi l'avis de M. l'ingénieur Bergier, qu'il y aurait peut-être intérêt à faire des recherches dans ce sens.
Perles. — On trouve sur les côtes de Madagascar différentes espèces d'huitres perlières. Ces perles donnaient lieu autrefois à un certain commerce. Aujourd'hui, la province de Farafangana est à peu près la seule qui en trafique et, d'après les renseignements fournis, ce connnerce a une tendance marquée à disparaître.
PKODUITS MI.\KH.\r\.
Sources minérales. — On a drjà (Ircouvcrt à Madafiascar un jiiand iioinhn; (le sources minciali's, mais il est pi'obahle (ju il en existe heaueonp d antres. Deux ou trois à j)eine ont été analysées. Le peu Ton en coiuiaît [x-ruiet de suj)posei' (pie, ui àee à leuis proi)riétés théra|)euti(jues. elles conslitucMont |)lus tard, sinon un élément do, rieliesse pour la colonie, tout au moins un élément de santé et de hien-étre pour les Européens (pii s'y seront fixés. Toutes ou presipie toutes sont thermales. Les indigènes les désignent toutes sous le nom généricpu^ de « ranomafana » « eaux chaudes ». Donc partout, où sur les caries est portée cette indication « ranomafana », il existe une source thermale.
Nous allons passer en revue les plus connues, en donnant pour chacune d'elles les renseignements recueillis jusqu'à ce jour.
Les pi incipales sources minérales actuellement connues à Madagascar sont : celles d'Antsiral)é, de Betafo, de Baniainandro, de Mahatsinjo (cercle de Miarinarivo), d'Amhalanirano (cercle de Miarinarivo), de Mahavohana (cercle de Miarinarivo), dWntsirakely (cercle de Miarinarivo), de Masondrary (cercle de Tsiafahy), de Ranomafana (province de Mananjary), de Vohidravina et d'ikirano (Betsileo), d'Ambodiavola et de Ranomafana (district de Yatomandry), de Ranomafana (province d'Andévorante), de Besakay et de Ranomafana (toutes deux dans la province de Tamatave), de TAntanambalana et de Tîle Marosy(dans la province de Maroantsetra), de Betavilo et d'Androranga (dans la province de Yohémar), de Soavimanjaka et du massif d'Ankadivato (qui, ainsi qu'une troisième située à l'Est de la seconde, se trouvent dans le 4" territoire) ; enfin, la source Maintindrano, la plus importante d'un groupe situé dans la province d'Analalava.
Sources d'A}}fsirabë\ — Le mot « Antsirabé » veut dire en malgache « où il y a beaucoup de sel {any, où il va; tsira, sel; bé, beaucoup) ». Nous avons vu, en effet, à Earticle « Sel », que presque toutes les plantes qui croissent dans le ravin d'Antsirabé ou ravin « des eaux thermales » sont salifères et qu'il y a de sérieuses probabilités pour que là, connue à Mahatsinjo, il existe une mine souterraine de sel gemme.
Antsirabé est depuis longtemps connu dans tout Madagascar pour ses sources thermales et minérales, qui sont nombreuses, mais presque toutes d'un débit très faible. Ce sont des points d'ébullition plutôt que des jets. Des travaux de creusage mettraient sans doute au jour de véritables sources jaillissantes. Dans l'état actuel, des constructions légères, assez médiocres d'adleurs, ont été élevées sur les emplacements des points d'ébullition. Il y a ainsi vingt et une maisons de bains, renfermant chacune un ou plusieurs points de jaillissement et, en outre, une maison où l'on recueille l'eau minérale destinée à la consommation ; le débit des sources est si faible que dans les maisonnettes de bains, quand une baignoire a été vidée, il faut plusieurs heures pour la remplir de nouveau. Toutefois, le débit de l'ancienne Source de la Reine est assez considérable.
1. Elles se rouvent à la sortie de la ville sur la route de Betafo. On en compte au moins une trentaine, divisée en deux groupes : eaux du >'ord, très chaudes ; eaux du Sud, relativement froides.
Toutes ces petites sources ont à peu près la même température, variant entre 56 et 42 degrés centigrades.
L'analyse de l'une de ces sources, faite à Christiania, a permis de constater dans sa composition la présence de 6 gr. 0018 de substances solides pour un litre de liquide.
Ces substances sont les suivantes :
Bicarbonate de soude grammes 4,6008
Chlorure de potassium — 0,5165
Sulfate de chaux — 0,2945
Chlorure de magnésium — 0,2827
Chlorure de sodium — 0,2269
Silice — 0,1504
Carbonate de chaux — 0,0514
Carbonate de fer — 0,0028
Ces eaux, dit le professeur Vaage, sont étonnanmient riches en princip alcalins; de fait, elles sont parmi les plus riches du monde. La silice dont l'analyse a révélé la présence peut provenir en partie de la dissolution du verre des bouteilles employées pour le transport. Quoi qu'il en soit, l'analyse ci-dessus montre la richesse de la source en bicarbonate de soude. L'eau ainsi analysée est, dit le docteur Ebbell, presque semblable à l eau de Vichy, dont la source dite « Grande Grille » contient i gr. 885 de bicarbonate de soude par litre. Cette similitude de composition minérale est connue de})uis longtemps et a fait donner à cette eau le nom de « rano Yisy » (eau de Vichy).
Une autre de ces sources a été analysée par les soins de l'Académie de médecine de Paris. Cette analyse a donné pour un litre les résultats suivants :
Silice grammes 0,216
Carbonate de chaux — 0,240
Carbonate de magnésie — 0,055
Carbonate alcalin — 1,756
Sidfate de soude — 0,255
Chlorure 1
Bromure > de sodium — 1,500
lodine j
Acide carbonique — 1,244
En outre, l'eau soumise à cette dernière analyse contemiit des hyposuHites.
On le voit, cette source rap])ellerait par sa composition celles dcBourbonl'Archambault. Telles sont les données que l'on possède actuellement sur la composition chimique des sources d'Antsirabé ; quant i\ leur valeur thérapeutique, le docteur Ebbell l'aj^précie comme il suit :
« Les propriétés thermales et minérales de l'eau dAntsirabé la rendent très efficace dans le traitement curatif d une foule de maladies. Employée comme bain, elle est spécialement utile pour les rhumatismes, l'arthrite, la goutte, les exsudats pelviens, plusieurs affections nerveuses, les névralgies.
l'IlODI ITS MINKIIAI X.
rhv|)('roslhésie, les sjiasincs, la plilhisic doisalc, la paralysie et dillV' rentes maladies de peau, s[)éeialenient i eezénia ehroni(jiie.
« Mais la vertu de l'eau d'Antsirabé se manifeste surtout dans son emploi eomuie boisson. Klle est alors d un effet très actif contie la dyspepsie, l'ulcère gastrique, la «gastrite cluonique, l'entérite chionicjue, la laryngite et la bronchite chronique, la cystite, beaucoup de maladies du foie, la gravelle, la goutte, le diabète, ete
« 11 faut, en outre, mentionnei' qu'Antsirabé est une station des plus salubres et certainement l'un des endroits les plus sains de l'île de Madagascar. Son climat est bon, frais, ni trop chaud, ni troj) froid, et il est surtout absolument exempt de toute fièvre paludéenne ou malaria. Antsirabé a toujours échappé à l'influence de la « malaria épidémique » connue par les indigènes sous le nom de « aretin' olona », qui en i(S95-9G a fait de terribles ravages à Madagascar dans les régions situées à l'Ouest d'Antsirabé, autour d'inanatonana et de Betafo, ainsi que dans la partie Sud du Betsileo, autour de Fianarantsoa.
« La remarquable salubrité d'Antsirabé rend cette localité très favorable aux cures d'air à l'usage des Européens éprouvés par le climat plus ou moins malsain des autres régions de Madagascar, et pour lesquels il est très important de trouver cette ressource curative : on peut affirmer qu'un séjour à Antsirabé est souvent d'un aussi bon effet qu'un voyage en Europe. Le climat y est particulièrement convenable pour rétablir les convalescents et aussi dans les cas de débilité, de nervosité et de neurasthénie; il est éiïalement bon contre la phthisie pulmonaire, mais son action est surtout efdcace contre la fièvre et l'anémie qui en résulte.
« Bien qu'il n'y ait pas fort longtemps que les sources minérales d'Antsi rabé sont utilisées, elles jouissent d'une grande réputation chez les indigènes pour leurs propriétés curatives et on y vient prendre des bains de tous les points de Madagascar.
« L'existence des sources chaudes et la salubrité du climat à Antsirabé ont déterminé la Mission luthérienne norvégienne à y construire un sanatorium pour ses missionnaires qui apprécient fort sa grande valeur curative, hygiéni(jueet reconstituante. Un hôpital y a été édifié à l'usage des indigènes.
« Il y a lieu d'espérer que ces eaux minérales et l'excellent climat d'Antsirabé seront de plus en plus utilisés dans l'avenir et que des mesures seront prises pour mettre les bains en état de servir à l'usage des Européens éprouvés par leur séjour dans les autres parties de Madagascar. 11 est à souhaiter qu'on crée à Antsirabé un établissement sanitaire à l'usage des personnes aisées qui auront besoin de recourir à un bon climat et aux eaux minérales chaudes. »
On sait que toute la région centrale, Thnerina et le Betsileo, joue le rôle de sanatorium et que l'Européen, débilité par un long séjour dans les provinces côtières, s'y rétablit rapidement à la faveur d'un climat tempéré. On voit par la note précédente du docteur Ebbell qu'Antsirabé joint à tous ces avantages ceux d'une station balnéaire dont les eaux sont particulièrement efficaces contre l'affaiblissement et les désordres organiques qu'entraîne l'existence dans les pays tropicaux. Antsirabé paraît donc appelé h devenir pour tous
GUIDE DE L'niMIGRA>T A MADAGASCAR.
les Européens résidant à Madagascar le sanatorium idéal, dispensant absolument des retours périodiques au pays natal.
C'est là un avantage inestimable, particulièrement précieux en raison de la distance qui sépare Madagascar de la France. L'Européen pourra donc se fixer définitivement dans notre nouvelle colonie et il le pourra sans crainte de compromettre irrémédiablement sa santé ; Madagascar présente à ce point de vue une supériorité marquée sur la plupart de nos autres colonies, Cochinchine, Sénégal, Dahomey, Gabon, Congo, Guyane, etc.
Ajoutons qu'une Société française est en instance pour obtenir la concession des eaux d'Antsirabé et y créer un établissement thermal présentant toutes les conditions nécessaires de bien-être et de confortable.
Il est curieux de remarquer que les tremblements de terre du mois de novembre dernier (1897) ont amené certaines perturbations dans le débit normal des sources d'Antsirabé.
Ces tremblements ont commencé, le 2 novembre, par une très faible secousse qui s'est produite entre une heure et deux heures de l'après-midi, et, ce mémejour,ona constaté que le niveau des sources avait baissé d'une façon très appréciable. Cette baisse atteignait [h à *2() centimètres dans les baignoires établies sur les points de jaillissement et alimentées par le fond. Do nouvelles secousses, plus ou moins fortes, se produisii ent encore dans la nuit du 2 au 3, le 5, dans la nuit du ô au 4, dans la nuit du 5 au G et le 0. Depuis cette époque, les sources semblent continuer à subir l'influence d'un travail souterrain; quelques-unes ont tari et, à la source qui fournit l'eau de table, on a constaté le phénomène suivant : pour empêcher l'eau de se troubler, on avait capté la source dans un réservoir en maçonnerie: or, depuis les tremblements de terre, le niveau s'est sensiblement abaissé dans ce réservoir. Le D' Ebbell suppose que la source est engorgée près de son point de jaillissement, car le bouillonnement du fond et du sous-sol se perçoit très nettement.
En tout cas l'eau n'est pas tarie et, suivant toute probabilité, quelques tra\aux de sondage suffiront pour en déterminer de nouveau l'écoulement régulier. D'ailleurs, un grand nombre d'autres sources situées dans la partie sud du jardin fournissent également la « ranoVisy ».
Source de Belafo. — A une petite distance de Betafo, se trouve une source thermale dont la température atteint 52° centigrades. Voici la composition chimique de Teau de cette source d'après l'analyse faite à l'Académie de médecine do Paris :
Pour un litre :
Silice grammes 0,026
Carbonate de chaux — 0,058
Carbonate de magnésie — 0,005
Sulfate de soude — 0,189
Chlorure de sodium -- 0,050
Acide carbonique — 0,060
Cette eau contenait aussi des hyposulfites et devait être sulfureuse.
PHOnriTS MIM-MAIX.
Sources de Ramatnandro. — l ue souico uiinrialc froide, d'un tirs faihio débit, existe auprès de Raniainandro (à vingt luiiuites environ). C'est une eau ferrugineuse alcaline gazeuse qui tient le milieu entre Teau de Vichy et l'eau de Saint-Galmier et dont le goût rappelle absolument la source Radoit. Elle est fort agréable à boire, niais, parait-il, elle supporte diflicileuient le transport et se décompose rapidement. Les médecins qui l'ont plus ou moins analysée ne sont pas parfaitement d'accord sur ses propriétés thérapeuticpics.
D'après l'analyse faite à l'Académie de médecine de Paris, cette eau contiendrait pour un litre :
Silice grammes 0,160
Carbonate de chaux — 0,184
Carbonate de magnésie — 0,075
Carbonate de fer traces
Alcali grammes 0,504
Sullate de soude — 0,277
Chlorure de sodium — 1,500
Acide sulfhvdrique — 0,007
Acide carbonique - — 0,187
Cette eau présenterait une gi\inde analogie avec celles d'Aix-la-Chapelle. Une autre source de qualité inférieure, mais d'un débit plus considérable, coule dans le Sud-Est, à environ une heure et demie de Ramainandro.
Sources de Mahatsinjo (cercle de Miarinarivo). — On trouve dans le Mandridrano de nombreuses sources thermales, dont les plus conmies sont celles d'Andranomafana, d'Ambalanirano sur la route de Bezezika, au Sud de Mahatsinjo; d'Andranomafana, d'Anosiambo. sur les bords et à l'Est du Kitsamby; d'Andranomafana vers Mahatona, au Nord du Kitsamby. Enfin, il existerait une quatrième source dans le Yalalabetokana.
Aucune de ces sources n'a encore été analysée.
La première, qui est la plus connue, est très appréciée des indigènes qui lui attribuent des propriétés curatives merveilleuses. Elle semble à la vérité présenter de réelles qualités thérapeutiques, qui pourront rendre des services dans le traitement de certaines affections lorsqu'on connaiti^a d'une façon complète sa composition chimique.
Voici les renseignements que l'on possède actuellement tant sur la source elle-même que sur la nature du sol d'où elle jaillit.
Xaiiire du sol. — Mahatsinjo est un village pauvre et presque abandonné, perché sur une colline qui domine de 150 mètres la vallée du Mazy, au milieu d'une région très mouvementée et de nature volcanique, où les collines revêtent tantôt la forme de dômes avec de grosses coulées de lave sur les pentes, restes évidents de volcans éteints, tantôt la forme de pics représentant à leur sommet des soulèvements de roches noirâtres et poreuses.
Les débris de ces roches et les cendres, entraînés par les eaux dans le fond des vallées, ont modifié la constitution primitive du terrain et l'ont rendu
impropre à la ciiltiire. Aussi toute cette contrée que traverse le Mazy a un aspect triste et désolé; les villages y sont clairsemés et la population, peu dense, n'y peut trouver sa nourriture dans les produits du sol.
Emplacement de la source. — La source est située au pied de la montagne de Mahatsinjo, presque dans le thalweg de la vallée et à 1 mètre audessus du niveau du Mazy.
Semblable au flot d'un puits artésien, elle sourd en bouillonnant et jaillit avec force à 30 centimètres au moins au-dessus du sol; autour de la source et dans un rayon de 1 mètre, se trouvent de petites cavités par lesquelles n'échappent des bulles d'acide carbonique.
Propriétés pïujsiques de Peau. — Au moment oîi elle sort, l'eau a une limpidité parfaite, mais, au bout de quelques heures, elle prend une teinte rouge et laisse déposer un précipité constitué par des sels de fer et par d'autres composés chimiques dissous h la faveur de Tacide carbonique. Sa saveur est légèrement acide et son odeur piquante décèle la présence de l'acide carbonique qui est dissous dans l'eau sous pression et s'exhale rapidement à l'air libre. Si Ton agite Feau dans une bouteille bien bouchée, on la voit mousser et Tacide carbonique comprimé à la partie supérieure de la bouteille fait explosion.
Composition chimique. — L'analyse de cette source n'a pas encore été faite, faute de réactifs; on a pu seulement indiquer, d'une manière très sommaire, les sels qu'elle renferme, en se basant sur les concrétions et les dépôts sédimentaires recueillis autour de la source.
Ces concrétions et sédiments, accumulés depuis de nombreuses années, forment une croûte assez épaisse dont la composition paraît être la suivante :
r De l'oxyde de fer provenant de la décomposition à l'air libre des carbonates tenus en dissolution;
2° Des sulfates et des carbonates alcalins ou alcalino-terreux, qui se précipitent, lorsque l'eau ne contient plus d'acide carbonique;
o'' Du bicarbonate de soude.
Mélangée avec du vin, cette eau fait effervescence et le trouble, par suite de la formation de taimate de soude et du dégagement consécutif d'acide carbonique.
Il est probable que cette eau doit contenir encore d'autres sels minéi aux utiles au point de vue thérapeutique, par exemple de l'arsenic, dont la présence pourra être décélée par une analyse régulière.
Sources de Masondrary (cercle de Tsiafahy). — Ces sources se trouvent au lieu dit « Ranomafiuia », à quatre heures environ au Nord du poste de Masondrary (Fisakana) ; leur débit est d'environ 200 litres à la minute. L'eau aune température de o9^5 et est légèrement sulfureuse, sans être, pour cela, désagréable au goût.
Ces sources qui sourdent à la fois sur les deux rives d'un ruisseau sont bien connues des indigènes de la région qui les fréquentent en assez grand nondjre.
l'Iidfll ITS MI.NKIIAI X.
Sourccfi (Je Itanomafaiid ( pioviii'c de .M;M);injnr\ ). — Sur iii loutc de Mannujarv à FiaiiaiiuitsoM, au village do llaiiouiaCaiia, à la liuutcdc la piovincr de Mananjary, nxistoiit des eaux thermales sulfureuses dont la t<'iMp(''ratui(' alf<Miit 4*)". C-es souices sont au noinhic de trois et donnent und(''l)il ap|M()\iniatil'de jOO lilics à l'heure. Deux soui'dent de cliafpie eôté de la poi te située à l'entrée Est du villa^^e: celle de gauche est la plus ahondante, elle est tivs riche en soufre, beaucoup plus que les autres: la troisième se tiouve à la sortie Sud-Ouest du village, à gauche de la route.
Ces eaux paraissent être très efficaces poui' le traitement d'un grand noud)re de maladies. Les indigènes les emploient en particulier contre les maladies de la peau et les afîections de la gorge.
Source de Vohidravina (Betsileo). — Cette source sourd sur la rive droite de la rivière Matsiatra, dans laquelle ses eaux vont se jeter 15 mètres plus loin.
Les indigènes y avaient construit un canal en pierres sèches, à ciel ouvert, qui leur servait de baignoire et lavaient recouvert d'une case; cet établissement ludimentaire a été abandonné depuis.
Il y a quelques années, l'eau était, paraît-il, fort chaude et c'est alors qu'on se rendait à Vohidravina pour prendre des bains et boire de l'eau, dans le but de soigner rhumatismes, maladies de peau, gale, plaies, affections de poitrine. Actuellement, la source qui semble débiter de cinq à huit litres par minute n'a qu'une température de 50° centigrades, supérieure seulement de 10° centigrades aux eaux avoisinantes : comme celle de la Matsiatra. Elle est fort claire, ne semble pas gazeuse, et il est au moins difficile à la dégustation de dire si elle est minéralisée.
On ne remarque rien de particulier dans les terrains environnants, qui semblent formés uniquement d'argile rouge et de gneiss.
Source d'Ikirano (Betsileo). — On trouve une source thermale à Ikirano, non loin du village de Fanjakana: mais nous ne possédons jusqu'ici aucun renseiiïnement sur cette deuxième source.
Ce sont les deux seules sources minérales ou thermales actuellement connues dans le Betsileo.
Source d'Ambodiavola (district de Vatomandry). — Sur la route de Tananarive par Irihitra, k Ambodiavola, il existe une source dont l'eau paraît être sulfureuse.
Source de Ranomafana (district de Vatomandry ). — On tj'ouve à proximité du plateau de Banomafana (sur la rive droite de la Mofia, affluent de Sakanila) une source d'eau thermale à odeur cuivrée, ce qui pourrait faire supposer qu'il existe du cuivre dans le sous-sol.
Sources de Ranomafana (province d'Andévorante). — Une source ferrugineuse existe sur la rive droite de l'Iharoka, dans la région de Mahatsara. De même, aux environs de Banomafana, on a découvert de nondireuses sources sulfureuses, dont une h la sortie du villa^a^. Enfin, à Sahantiavo
(à '25 kilomètres au Nord-Xord-Ouest d'Andévorante), on a signalé l'existence d une source thermale dont la température est très élevée.
Sources (le Besakaij et de Ranomafana (province de Tamatave). — On a découvert à Besakay une source sulfureuse, dont les propriétés n'ont pas encore été étudiées. Une source thermale a aussi été reconnue à Ranomafana, près dWmhodirofia, sur le Ranofotsy.
Source de V Antanambalana (province de Maroantsetra). — 11 existe dans le haut de la vallée de FAntanamhalana une source thermale qui jouit d'une certaine réputation parmi les indigènes. Ceux-ci lui attrihuent, en effet, de nomhreuses propriétés thérapeutiques, entre autres celle de guérir rapidement les rhumatismes.
Sources de file Marosy (province de Maroantsetra). — Nous avons déjà parlé de l'ile Marosy en décrivant les côtes. Cette petite île renferme de nombreuses sources, dont quelques-unes paraissent présenter de précieuses propriétés curatives, mais l'on ne possède encore aucun renseignement précis sur leur valeur, ni sur leur débit.
Sources de Befavilo et d'Androranga (province de Yohémar). — Une source thermale a été signalée à deux heures de marche de Betavilo sur la rivière d'Antalaha. Une deuxième source thermale, dont l'administrateur de Yohémar a constaté lui-même la présence, sourd de terre à une heure et demie environ à l'Est d'Androranga : elle débite à peu près 1 hectolitre par minute et ses eaux, (pii ont une température de 60*^, dégagent une légère odeur sulfureuse.
Sources de Soaviinmijaha et dWnhadivato (4^ territoire militaire). — Trois sources minérales ont été reconnues dans le 4'' territoire militaire. La première est située à une heure environ à l'Est de Soavimanjaka. La deuxième se trouve près du Jabo, au Sud du massif d'Ankadivato. La troisième, nettement sulfureuse, est à l'Est de la seconde.
Sources de Maint iudrano (province d'Analalava). — Plusieurs sources thermales sulfureuses ont été signalées dans la province; la principale d'entre elles est à Maintindrano. A la bonne saison, une sorte de village temporaire se forme en cet endroit et les malades viennent des différents points du pays y prendre les eaux en bains et en boisson.
On peut juger, par les quelques sources connues que nous venons de passer en revue, de la richesse de Madagascar en eaux minérales. L'action de ces eaux, jointe à la douceur du climat de l'intérieur de l'ile, paraît devoir assurer le rétablissement des santés éprouvées par un séjour siu^ les points insalubi'es des cotes. Il est d'ailleurs permis d'espérer qu'avant peu la création d'un établissement confortal)le à Antsiral)é et la construction de voies ferrées faciliteront singulièrement les conditions de ce changement d'air et de climat.