‹ Guide de l'immigrant aÌ€ MadagascarChapitre 82 sur 114 · PRIX · texte numérisé non relu

PRIX

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CAnDIENNACE.

3" Tt'i'ri lot /€ yntltlmre.

Tananarive.

Un bœul'. 100 à 200 f'r. ; un veau. 25 à ô5 fr. Une vache du pays, 150 à 250 Ir. ; une vache croisée sans bosse. 500 fr. Un mouton. 7 fr. 50 à 12 Ir. Un porc, 55 à 1.50 fr. [Voir le tableau détaillé du marché de Tananarive pendant le ["'^ semestre de 1898, au chapitre commun, 5^ partie, chap. 5, p. 257.)

Cercle annexe d'Arivonimamo.

Un bœuf, de 70 à 225 fr. : vache, de 25 à 50 fr. ; veau, de lia 25 fr. Mouton, de 6 fr. 25 à 11 fr. 20. Porc, de 50 à 90 fr., suivant les marchés et les bêtes.

55 à 40 c. par jour.

Maintirano (Région de).

Très beau bœuf, 20 à 25 fr. [Peau, 5 à 6 fr.)

Cercle d'Ankavandra.

Un bœuf moyen, de 40 à 50 fr.

Cercle de Miarinarivo.

Un bœuf gros, 150 fr. : un bœuf moyen. 90 fr. ; une vache et son veau, 95 fr. Un porc gras. 60 fr. ; moyen, 55 fr. Un mouton gros, 10 fr. ; mouton petit, 5 fr.

Nourriture et vêtement, plus quelques sous par mois.

Territoire, niilit

j Cercle de Betafo.

Un bœuf gras grand, 100 fr. : un bœuf gras moven. H2 fr. 75: un bœuf maigre grand. 51 fr. : bœuf maigre moyen. 40 fr. : une vache et un veau, 80 fr. : une génisse. 40 fr. ; un petit taureau. 50 fr. Un bélier. 15 fr. ; une brebis. 5 fr. : un mouton grand. 16 fr. Une chèvre, 8 fr. 65. Un porc gras. 100 fr. ; une truie et 4 petits, 50 fr.

Antsirabé.

\ Cercle annexe du Betsiriry.

Un bœuf gras, 120 fr. ; taureau, 80 fr. ; une vache, de 40 à 50 fr. : un veau de six mois, de 15 à 20 fr. Un porc. 75 fr. Un mouton, 6 fr.

Un gros bœuf, 200 fr. ; ui> gros veau, 100 fr.

Province de Tamatave.

Un bœuf, 55 à 70 fr. ; une vache, 50 à 60 fr. ; un veau. 40 fr. ; une génisse petite, 25 fr. Un mouton, 20 fr. Une chèvre. 18 Ir. Un porc. bO tr.

Province d'Andévorante.

Ligne d'étapes : un bœuf ordinaire. 40 fr. ; un bœuf de boucherie, 70 fr. ; une vache et son veau, 70 fr. — Autres régions : un bœuf ordinaire, 25 fr ; un bœuf de boucherie, 50 fr. — Un porc gras, de 50 à 60 Ir. Un porc maigre. 25 à 55 fr.

10 fr. par mois et la nourriture.

Province de Mananjary.

Un bœuf gras, 75 à 100 fr. : un taureau, 50 à 75 fr. : une vache, 50 à 60 fr. Un porc gras, 50 à 80 fr

Ambohimanga du Sud.

Un bœuf. 90 fr.

Province de Fianarantsoa.

Bœuf prêt pour la boucherie. 1 80 à 200 fr.; bœuf ordinaire, 60 à 120 fr. (suivant embonpoint) ; une vache et son veau, 100 fr. Mouton, 10 fr.

Région d'Ihosy.

Bœuf adulte, 5 à 4 piastres échange.

Province de Farafangana.

Bœuf. 25 à 75 fr. ; vache. 15 à 40 fr. ; laureau, 50 à 50 fr. ; veau, 5 à 20 fr.

Province de Tulléar.

Bœuf, 50 à 75 fr. ; vache, 50 à 50 fr. ; veau, 10 à 15 fr. Porc, 15 à 25 fr. Mouton, 6 à 10 fr. Cabri. 4 à 7 fr. 50.

D'une façon générale on peut dire que le prix du bétail a plus que doublé depuis l'expédition de 1895.

Ce bétail se compose en très grande majorité, comme nous l'avons vu, de bœufs à bosse, qui dépassent rarement 500 kilogr. et ne donnent qu'un rendement de 120 à 150 kilogrammes. Les vaches ne donnent guère que de 1 à 5 litres de lait par jour.

Après avoir esquissé à grands traits la situation actuelle des bestiaux et de l'élevage à Madagascar, nous allons étudier dans quelles conditions le colon devra entreprendre cet élevage, comment devra se faire l'amélioration des races indigènes, quelles sont les régions les plus favorables au développement de cette industrie, ainsi que les capitaux qu'elle nécessite.

L'élevage des bœufs peut être le but principal et direct d'une exploitation, en vue, par exemple, de l'exportation ou de la préparation de conserves de viande. Il peut n'être qu'un but secondaire et indirect comme dans le cas où on l'adjoint à une grande exploitation agricole pour la production du fumier, ou bien si l'on se propose principalement de faire du laitage.

Élevage en grand en vue de Vexportation. — C'est, à notre avis, l'application la plus avantageuse de cette industrie. Madagascar peut et doit devenir, d'ici quelques années, le fournisseur de bœufs presque exclusif de la Réunion de Maurice, des Comores, du Transvaal et de la région du Zambèse, et il pourra aussi faire d'importants envois au Cap. Déjà, aujourd'hui, Madagascar expédie aux îles Maurice et de la Réunion une bonne partie de leur viande de boucherie et les envois sur le Transvaal atteignent un chiffre élevé; ce commerce ne peut que se développer, car toute l'Afrique du Sud est fréquemment visitée par de terribles épizooties. La « rinder-pest », pour ne parler que de celle-là, a pris à la fm de 1897 des proportions considérables, s'étendant du cap de Bonne-Espérance au Mozambique, ce qui a obligé la Grande île à prendre des mesures de précaution très sévères*. Au mois de septembre, le Conseil exécutif de la République sud-africaine a supprimé le droit d'entrée sur le bétail au Transvaal, et, d'autre part, le gouvernement général de Madagascar a réduit de moitié le droit de sortie de la colonie (7 fr. 50 au lieu de 15 fr.). Ces mesures, ainsi que l'épizootie de l'Afrique du Sud, ont eu pour résultat de donner une impulsion très vive aux exportations qui avaient été très réduites par suite de la guerre et de l'insurrection. Le seul port de Diego-Suarez prévoit pour cette année (1898) que le chiffre de ses exportations au Transvaal atteindra 20 000 têtes de bétail, et un négociant de Tamatave prépare l'envoi de 6 000 bœufs à Durban; un autre de Tananarive se met en mesure d'en diriger de 8 à 10000 sur la côte Est d'Afrique.

On voit donc que non seulement les débouchés ne manquent pas, mais encore que le commerce ne peut qu'augmenter.

1. Déjà depuis plusieurs mois (août 1897), le gouvernement égyptien avait interdit pour un temps indéterminé l'importation en Egypte du bétail syrien, importation qui s'élevait annuellement à 60000 têtes.

ÉLEVAGE

Los principaux ports d'oxportation sont :

Pour le Transvaal : Diego-Suarez, et l'embouchure de la Loza ; Pour la Réunion : Vohéniar et Tarnatave ; Pour Maurice : Vohémar et Tarnatave; Pour Mozambique : Majunga.

Comme nous l'avons vu plus haut, le droit perçu sur chaque tète de bétail sortant de Madagascar est de 7 fr. 50. L'exportation, ainsi que Tabatage des vaches, veaux, génisses et velles est interdite (Arrêté du 22 janvier 1897, 527).

Nous verrons un peu plus loin quelles sont les régions qui paraissent le mieux se prêter à l'élevage en grand des bestiaux, quels sont les frais de gardiennage ou autres qu'il entraîne.

Quant à l'amélioration par croisement ou par sélection des races existantes, son importance est moins immédiate pour l'exportation que pour la préparation de conserves ; la première condition, en effet, à exiger du bétail d'exportation, c'est qu'il soit apte à supporter les fatigues du transport et qu'il ne soit pas trop éprouvé par l'encombrement à bord, ni par les longs parcours à effectuer; or, le zébu de Madagascar, vrai bœuf rustique et de constitution solide, avec des membres relativement grêles et des pattes fines comme celles des animaux créés pour parcourir de grands espaces, est très résistant et remplit à merveille ces différentes conditions.

Elevage en grand pour la préparation de conserves de viande. — Nous verrons, un peu plus loin, à l'article spécialement consacré à la fabrication des conserves, quel avenir paraît réservé à cette industrie et nous examinerons les conditions d'établissement de nouvelles usines. Dans la préparation des conserves, la qualité de la viande et le rendement par tête priment toutes les autres considérations: or, si la qualité du bétail de Madagascar est bonne, excellente même, le rendement des zébus, par tête, est faible. Examinons, par exemple, au point de vue qui nous occupe, la quantité de viande de conserve que pourra donner un bœuf malgache, et prenons une bête très forte, du poids de 550 kilogrammes, qui est un maximum; comme, à l'abatage, elle perd 50 pour 100, il restera 175 kilogrammes répartis dans les quatre quartiers, dont il faut retrancher 25 pour 100 d'os; on a donc 150 kilogrammes de viande désossée qui se réduiront à 124 après le ressuage (5 pour 100) et perdront encore par le blanchiment 50 kilogrammes (40 pour 100). Il restera, en fin de compte, comme viande prête à être mise en boîte, 74 kilogrammes*. Ainsi le bœuf de Madagascar donne, au maximum, 74 kilogrammes de viande de conserve, et il s'agit là d'un bœuf de poids bien supérieur à la moyenne, laquelle, nous l'avons dit, ne dépasse guère 500 kilogrammes. L'industriel, qui fera l'élevage en vue de la préparation des conserves de viande, devra donc s'efforcer d'améliorer la race actuelle. Pour cela, il devra sélectionner soigneusement ses reproducteurs, c'est-à-dire les choisir grands et longs, avec des membres fins, la tête et l'encolure de petites dimensions, la région lombaire et les cuisses bien développées, et la

1. Ces chiffres sont empruntés à l'ouvrage de M. Locaraus. déjà cité.

peau fine et souple. 11 aura même intérêt, dans certains cas, à mtroduire quelques taureaux européens, en ayant soin de ne pas choisi/, toutefois, pour commencer, des bêtes très améliorées, qui pourraient av )ir à souffrir de l'acclimatation ou d'une alimentation moins riche qu'en Earope. L'éleveur ne devra pas négliger non plus de choisir pour la repioduction les meilleures vaches laitières qui donnent toujours naissance à de plus beaux produits, lesquels, bien nourris par leurs mères, se développent mieux et plus vite que les autres.

Les peaux des bovidés sans bosse, fournissant moins de déchets que celles des zébus, il y aurait avantage à augmenter, dans un troupeau, le nombre des bovidés taurins reproducteurs ; ce résultat peut être atteint en faisant prédominer, autant que possible, dans les troupeaux, les sujets sans bosse, déjà acclimatés et très rustiques, qu'on trouve dans la colonie.

Élevage pour la production du fumier. — La pauvreté d'une grande partie des terres malgaches ne permet pas d'installer avec profit dans notre nouvelle colonie, surtout en Imerina, des cultures ou des plantations sans incorporer au sol une forte quantité d'engrais; ce n'est qu'au moyen d'amendements raisonnés et, il faut le dire, assez coûteux, qu'on pourra rendre ces terrains propres à la culture.

D'autre part, les difficultés actuelles que présentent les moyens de communication entre l'imerina et la côte ne permettent guère de songer à l'importation, en quantité suffisante, d'engrais chimiques appropriés à la nature du sol; le fumier seul, qui contient, d'ailleurs, les éléments chimiques nécessaires, reste à la portée du colon, et il y a donc lieu de chercher à en augmenter, par tous les moyens, la production \

On trouve, dans tous les villages, des fosses ou parcs à bœuf, où l'on peut recueillir quelques mètres cubes de fumier, mais ces quantités sont absolument insuffisantes, si on les compare aux besoins d'une culture de plusieurs centaines d'hectares.

La conclusion à tirer de ce qui précède est que tout colon doit commencer par chercher, dans l'élevage pratiqué en grand, les moyens qui lui manquent pour amender les terres et les préparer aux cultures qu'il se propose d'entreprendre.

Ainsi, l'élevage est, à Madagascar, le complément inévitable de toute exploitation agricole bien organisée.

En principe, la race à laquelle on doit avoir recours importe peu dans ce cas ; le mieux, pour commencer, est de s'adresser aux animaux les plus rustiques et les moins exigeants, bien habitués au pays; toutefois, les colons ne doivent pas perdre de vue qu'ils auront toujours intérêt, dans la suite, à améliorer leurs troupeaux pour essayer de joindre à leur exploitation agricole proprement dite une véritable entreprise d'élevage, dont les bénéfices ne seront certainement pas négligeables, si elle est bien conduite, et dont le fumier ne sera plus qu'un précieux résidu, ne coûtant rien au planteur.

\. De nombreuses observations permettent de compter sur 3 kilogrammes de fumier par tète de bétail passant la nuit à l'étable.

ÉLEVACK.

On doit recueillir le fumier avec soin et s'efforcer d'en perdre aussi peu que possible. Ce but peut èire atteint par l'installation d'étables, de hangars ou d'enclos, dans les(juels on fait rentrer les animaux toutes les nuits et où on peut même maintenir le bétail pendant mie partie de la journée.

Une exploitation agricole, au centre de Madagascar ou dans toute région pauvre de l'île, doit donc comprendre, à côté des meilleures terres destinées aux cultures et plantations, de vastes terrains de parcours sur lesquels les animaux puissent paître en liberté pendant une grande partie de la journée.

Les hangars et enclos installés sur différents points de la propriété, dans le voisinage des cultures, doivent être entretenus proprement ; il est néces s aire de couvrir le sol, au moins en partie, d'une litière absorbante quelconque, tourbe mousseuse, feuilles, pailles, joncs ou heranas, etc., qu'on nettoiera tous les deux ou trois jours. Les portions de litière salies seront mises dans des fosses ou bien réunies en énormes tas, où on les laissera se transformer en fumier consommé.

Dans toutes les régions où la saison sèche provoque, chaque année, de véritables disettes de fourrages, les réserves fourragères ensilées ou fanées et l'installation de cultures de cactus inerme s'imposent au colon soucieux de ne pas perdre d'animaux.

L'élevage compris de cette façon permettra d'accumuler, sur les petites parties du domaine réservées aux cultures rémunératrices, les matières fertilisantes ramenées à la surface du sol par les végétaux spontanés sur toute l'étendue de la propriété et recueillies par les animaux qui en abandonnent une partie au tas de fumier.

Les terrains de parcours, fumés quotidiennement par le séjour des troupeaux, s'entretiendront en bon état et pourront, en tous cas, être améliorés à un moment donné, en les couvrant de végétation ligneuse pendant un certain temps.

Élevage pour la production du laitage. — Le lait et les produits qui en dérivent n'ont pas encore, jusqu'à ce jour, même dans le voisinage des grands centres comme Tananarive, Fianarantsoa, de débouchés assez importants pour permettre d'élever, avec gros bénéfices, beaucoup de vaches laitières ; mais cette industrie pourra peut-être prendre, plus tard, une extension assez considérable en Imerina, lorsqu'une voie ferrée réunira la capitale à la côte Est.

La première préoccupation d'un éleveur de vaches laitières devra être d'acquérir des pâturages aussi bons que possible ; comme ceux des environs de Tananarive sont d'une qualité plus que médiocre, il sera nécessaire, pour un établissement de ce genre, de commencer par installer des cultures fourragères de manioc, de maïs, de téosinte, d'ambrevade, etc.; il est, en effet, indispensable, pour passer la saison sèche, de faire des réserves de racines de manioc, de feuilles et tiges diverses ensilées ou fanées, etc. ; mais il est également important de donner, pendant la plus grande partie de l'année, du fourrage frais aux vaches laitières ; c'est pourquoi toute exploitation de ce genre devra comprendre une certaine étendue de rizières ou de terre irrigable, permettant d'établir des cultures de maïs ou de téosinte pendant la saison sèche. Ce qui a été dit de l opuntia inerme suffit pour faire comprendre

combien il y aura avantage à installer, dès le début, des plantations de ce nopal sans épines.

Les vaches sans bosse, auxquelles il est indispensable d'avoir recours pour la production du laitage, peuvent se trouver aux environs de Tananarive, au marché de Talatakely par exemple, mais elles sont malheureusement assez coûteuses. Une bonne vache, accompagnée de son veau, c'est-à-dire une bête capable de donner, au maximum, six à sept litres de lait par jour, coûte, à présent, 550 à 400 francs ; certains sujets particulièrement beaux, descendants presque purs des bovidés taurins introduits par Jean Laborde, se vendent entre 500 et 600 francs; enfin, le prix des génisses de quinze à dixhuit mois est rarement inférieur à 150 ou 200 francs.

Une alimentation riche, abondante et suffisamment aqueuse, ainsi qu'une sélection attentive des animaux permettront certainement d'augmenter le rendement et la qualité du lait; de même, on pourra, tout en améliorant la race, augmenter l'aptitude laitière par des croisements avec des animaux de race bretonne, durham, bernoise ou schwytz. Il est vrai que, pour importer des reproducteurs des deux dernières races, il faudrait prévoir une dépense considérable, et cette tentative, quoique séduisante en raison de la qualité des produits, présente, d'autre part, certains aléas, dont le principal est qu'on ne peut répondre que les animaux supporteront facilement le changement de climat; au contraire, les deux premières races ont été importées en grand à Tile Maurice, et les résultats obtenus ont été, de tous points, satisfaisants. On trouve, du reste, à Manankasina quelques vaches durham (achetées par le commandant du secteur) qui s'accommodent très bien du climat de l'Imerina et même de son fourrage et qui fournissent d'excellent laitage. La dépense à faire de ce chef ne serait pas considérable.

Dans cet ordre d'idées, on devra se garder de faire venir des animaux trop fins ou trop perfectionnés, qui souffrent toujours beaucoup de Uacclimatement et du chanjîement de régime.

Dans toute exploitation laitière, le fumier devra être soigneusement recueilli et utilisé pour la production des fourrages verts; l'excédent pourra servir à l'installation d'un jardin potager, dont les produits viendront s'ajouter à ceux de la vacherie.

Les Malgaches savent préparer le beurre et même le fromage (tout au moins à Tananarive), mais l'un et Tautre de ces produits laissent beaucoup à désirer, quoique le lait soit d'un goût agréable.

L'industrie laitière, d un débouché forcément limité, n'a de chances de réussite que pour un petit nombre de colons. Aucune exploitation de ce genre n'a encore été installée aux environs de Tananarive.

Les prix du laitage, à Tananarive, sont les suivants :

Lait 1 litre 30 centimes.

Beurre la galette 50 —

Fromage l'un 25 —

Régions les plus favorables à V élevage. — Les régions, qui semblent les plus favorables à l'élevage et où il existe déjà de vastes pâturages, sont la

ÉLEVAGE

région du Nord et les plaines de TOiiest et du Sud-Onest. Nous allons, d ailleurs, indiquer, pour les dilVérentes parties diî Tile, les zones (jui ont été sijjjnalées comme se prêtant le mieux à celte industrie :

Province de Diego-Suarez. — Le plateau du cap Diego et les vallées qui s'étendent entre les nombreux contrel'orts de la montagne conviennent très bien pour l'élevage des bestiaux. Le sol, presque partout couvert de graminées, présente de bons pâturages; aussi le bétail abonde-t-il dans la circonscription. Malgré sa faible étendue, on y compte environ 20 000 tètes de bêtes à cornes, dont 16 000 appartiennent à la population indigène (12 500 dans le district de l'Ouest, 5 500 dans le district de l'Est) et 4 000 aux marchands de bœufs d Antsirane, dont ils constituent le fonds de commerce.

Le bétail est gardé en plaine, du mois de décembre au mois de juin : pendant le reste de Tannée, les pâturages de la plaine étant desséchés, on envoie les troupeaux sur les hauteurs ou dans les vallées du massif d'Auibre.

Province de Vohéniar. — La partie Nord de la province est éminemment propre à Télevage, qui est, d'ailleurs, la seule industrie du pays. De même, le district d'Antalahaau Sud et les hauts-plateaux de la frontière Ouest se prêtent à cette industrie.

Province dWndévorante. — Cette province contient des pâturages très étendus qui sont bons, même pendant la saison relativement sèche du 15 août au 1" octobre. Les animaux y trouvent en abondance une eau de bonne qualité. On estime que 100 hectares de terrains suffisent à la nourriture de 40 à 50 bœufs. Avant l'occupation, on évaluait à 8 000 le nombre des bœufs de la province ; mais ce chiffre a été réduit au moins de moitié à la suite des razzias faites par les fahavalos, vers la fin de 1895, et aussi d'une épidémie de « tsipoapoaka » ou « tsiboboka » qui, au commencement de 1897, en a fait périr un millier.

Côte Est. — On peut dire, en somme, que si, d'une façon générale, le versant Est semble moins favorable à l'élevage que le versant Ouest, on trouve néanmoins sur la côte orientale un grand nombre de points qui présentent d'excellents pâturages.

Province de Fort-Dauphin. — Les renseignements recueillis jusqu'à ce jour tendraient à prouver que c'est chez les Manambia et dans la vallée du haut Mandraré que se trouvent les plus beaux troupeaux de Tîle, bœufs et moutons.

Du reste, de Fianarantsoa à Fort-Dauphin, l'élevage des bœufs se fait partout. Chez les Antandroys et dans toute la basse vallée du Mandraré, le commerce des bœufs est à peu près le seul.

Menahé. — Le Menabé et le Mailaka renferment de nombreux troupeaux; le Menabé du Nord surtout possède de vastes pâturages.

Cercle annexe du Betsiriry. — Toute la région du Betsiriry se prête à l'élevage du bétail, principalement la partie comprise entre Inanatonana et Analaidirano ; on y rencontre une grande quantité de bœufs de belle apparence.

Cercle annexe d'Analalava. — On y trouve, en toute saison, une herbe abondante, formant d'excellents pâturages, qui nourrissent de nombreux trou-

peaux; il existe, en particulier, entre Bealanana et Maranjaka, une belle plaine très fertile de 50 kilomètres de longueur sur 20 kilomètres de largeur moyenne. Les bœufs sont un des principaux produits du pays; les indigènes en faisaient un commerce très actif avec le Transvaal. Les principaux centres d'exportation étaient : Antsohihy etMevarano (cette dernière agglomération comprend les villages deBefotaka, d'Ambodimadiro et de Maromandia); mais là, comme partout ailleurs, le nombre des bétes a beaucoup diminué pendant l'insurrection, soit par suite des actes de pillage qui ont été commis, soit à cause du manque d'entretien des troupeaux. L'embarquement des bœufs, pour les différentes destinations, se fait dans un petit port naturel, de dimensions assez restreintes, à quelques centaines de mètres de l'embouchure de la Loza.

Province de Nossi-Bé. — Dans la province de Nossi-Bé, la plaine de Sambirano nourrit de nombreux troupeaux de bœufs' à bosse. L'île de Nossi-Bé convient très bien à l'élevage du bétail, qui s'y trouve en grande quantité. Les provinces de Vohémar et de Diégo, qui font l'exportation directe, achètent, dans cette île, un grand nombre d'animaux.

Cercle cV Ambatondrazakct. — Les secteurs d'Ambatondrazaka, d'Imerimandroso et d'Anosimboahangy sont des régions d'élevage; il sera inutile d'y créer des prairies artificielles, les bœufs y trouvant à manger en toute saison. Toutefois, pour éviter les périodes de crise, l'éleveur pourra semer des luzernes ou des trèfles et faire du sainfoin dans quelques fonds de vallées ; on pourra même essayer d'améliorer riierbe des plateaux en y semant des graines d'Europe, comme on l'a fait dans la République argentine. Cette région renfermait autrefois beaucoup de troupeaux ; mais il en a disparu un très grand nombre pendant les dernières hostilités. Sur les oOOOO bœufs qui se trouvaient sur la rive gauche du lac Alaotra, il n'en reste guère plus de 10000 actuellement.

4" territoire militaire {cercle d'Ankazobé). — La vallée boisée de l'isandrano contient de bons pâturages, et l'on peut, sans trop s'avancer, prévoir que l'élevage y réussira. Dans le même territoire, le secteur de Yohilena se prête tout particulièrement à cette industrie qui y reprendra bientôt, sans aucun doute, l'importance qu'elle avait avant la guerre. De 4 000 têtes de bétail, dont se composent actuellement les troupeaux de secteur, on pourra, certainement, passer, dans cinq ans, au chiffre de 20 à 25 000. Le commerce y consiste surtout dans l'échange des produits de l'élevage contre les produits manufacturés.

Cercle d' Anj ozorobé . — Ce cercle est un pays d'avenir pour les colons qui, avec des capitaux suffisants, viendront s'y livrer â l'élevage. Il s'y fait avec la région d'Ambatondrazaka un commerce de bœufs important, qu'on expédie, dans le Sud, en grand nombre; il en est passé dans le cercle d'Anjozorobé, 2975 pendant le mois de septembre 1897, 2 400 pendant le mois de novembre de la même année.

Cercle annexe de Moramanga. Vallée du Mangoro. — Les alluvions de la vallée du Mangoro semblent devoir se prêter à merveille à la création de prairies artificielles ou naturelles pour l'élevage des bestiaux. D'ailleurs, les prairies naturelles y couvrent déjà d'immenses espaces, et cette vallée était

ÉLEVAGE

autrefois réputée pour les proportions qu'y avait prises l'élevage. Tout son avenir réside dans cette industrie et dans l'industrie forestière. La rive gauche du lleuve est, sans contredit, la plus fertile, c'est le pays d'élevage par excellence, comportant de vastes espaces s'étendant à perte de vue. Aussi, un très beau lot de colonisation y a-t-il été préparé; ce lot, dont l'étendue dépasse 50 000 hectares, s'étend entre la forêt, à l'Kst, le Mangoro. à l'Ouest, le cours de ce fleuve, au Nord du gué de Marohanana, et la route d'étapes, au Sud.

Sur la rive droite, les parties de la vallée qui attirent le plus l'attention, au point de vue de l'élevage, sont les plaines de l'Avatrandraka, de Mangabé, d'Ambilona et de Mandialaza.

Secteur d'Anosibé. — Tout ce secteur convient pour l'élevage des bœufs. Cercle de Tsiafahy. — La région à l'Est et au Sud d'Ambatolampy (Ankaratra) se prête très bien à la création de grands centres d'élevage. Un certain nombre d'indigènes y font, avec Tananarive, Fianarantsoa et Antsirabé, le commerce des bœufs. C'est sur le versant Est de l'Ankaratra, au Sud d'Ambatolampy, que se trouve la concession accordée à MM. Richard et Rousson, en vue de l'élevage des moutons. Dans le cercle de Tsinjoarivo, plusieurs lots de colonisation ont été préparés pour l'élevage qui y donnera, suivant toute probabilité, d'excellents résultats.

Cercle de Miarinarivo. — La partie Ouest du cercle présente de vastes pâturages qui nourrissent de nombreux troupeaux de bœufs, dont l'élevage constitue une source assez abondante de revenus pour les habitants.

La région de Mahatsinjo est couverte de pâturages salés qui conviennent parfaitement au bétail et dont les indigènes tiraient autrefois un parti très avantageux. Aussi, l'industrie de l'élevage, qui a à peu près disparu aujourd'hui dans la région à cause des fréquentes incursions des Sakalaves, est-elle appelée à prendre de nouveau un développement sérieux.

Betsileo. — Le Betsileo, avec ses 5 millions d'hectares, dont près de 2 millions constituent d'assez bons pâturages, ne nourrit pas plus de 100000 bœufs environ et 20 à 25 000 moutons. L'élevage pourra donner de bons résultats dans cette province, surtout le jour où la pratique de l'ensilage des fourrages verts permettra de constituer des approvisionnements pour la saison sèche. Actuellement, par suite de l'insouciance, de l'imprévoyance, de la paresse des indigènes, la grande majorité des fourrages est perdue pour le bétail. Celui-ci trouve pourtant une nourriture surabondante pendant la saison des pluies; puis les herbes se dessèchent et perdent leurs sucs et leurs qualités nutritives, ce qui entraîne l'amaigrissement du bétail. Plus de 2 millions d'hectares de terrains herbeux ou «terrains de parcours » suffisent à peine aujourd'hui à la prospérité de 100 000 têtes de bétail, ce qui représente 20 hectares par tête. Autrefois, les chefs du pays, « tompomenakely » et « andevohova », s'attribuaient la possession des terrains herbeux de leurs fiefs ou districts et en prohibaient le parcours aux troupeaux des simples particuliers; aujourd'hui, tous ces terrains ont été déclarés biens domaniaux, et la jouissance en est assurée, soit aux colons, soit aux indigènes éleveurs de bétail. La prohibition et les tracasseries des anciens seigneurs betsileos s'opposaient, autrefois, au développement de l'élevage dans le pays; par suite de

la suppression de ces droits abusifs, cette industrie paraît appelée à y prendre un certain essor.

Les Betsileos, quoique pasteurs, sont essentiellement sédentaires; ils élèvent leurs troupeaux à proximité de leurs fermes ou « vala », y trouvant toujours des pâturages assez abondants sans avoir besoin de se transporter au loin.

Pays des Bavas. — Dans la région d lhosy, un plateau couvert de graminées, qui s'étend de la rive gauche de Tlhosy jusqu'auprès du massif d'Isalo, contient d'excellents pâturages. Le bétail s'y trouve en grande quantité et est, en général, de forte taille ; il donne lieu à de nombreuses transactions; un bœuf adulte s'échange généralement contre des toiles blanches ou de couleur voyante, d'une valeur de 5 à 4 piastres (15 ou 20 francs).

De même, le pays des Baras Imamonos nourrit des bœufs superbes et mérite d'attirer tout particulièrement l'attention des colons qui voudront se livrer à l'élevage.

Frais d'achat et de gardiennage. — Nous avons indiqué précédemment le prix des bestiaux dans les différentes régions. Ces données permettront à l'éleveur de calculer les capitaux qui lui seront nécessaires, suivant la région où il voudra s'établir et l'extension qu'il se proposera de donnera son entreprise. Outre les frais d'achat, il y a lieu de prévoir les frais de gardiennage, qui, du reste, sont généralement peu élevés. Autrefois, dans certaines régions, notamment dans le Nord, les esclaves gardiens de bœufs étaient nourris, vêtus, et recevaient 5 ou 4 piastres par an ou 5 ou 4 bœufs; parfois, on leur donnait 2 fr. 50 par an et autant par tète de bœuf coupée. Aujourd'hui, le salaire des bouviers varie généralement de 10 à 20 francs par mois; il est de 15 francs dans le cercle d'Ambatondrazaka, de 10 à 15 francs dans le 4* territoire militaire (cercle d'Ankazobé) et moins, si l'on fournit aux gardiens la nourriture et le vêtement, de 10 francs par mois, plus la nourriture, dans la province d'Andévorante, de 40 à 60 centimes par jour, dans le Yoromahery (Tsinjoarivo), de 50 à 60 centimes par jour dans les environs d'Imerinarivo (cercle de Tsiafahy). On compte qu'il faut environ un gardien pour cent bêtes.

Dans une entreprise d'élevage, comme, du reste, dans toute espèce d'exploitation, le colon aura intérêt à cultiver quelques rizières pour la nourriture de son personnel indigène ; il y trouvera une sérieuse économie.

Composition d'un troupeau. Croît. — La composition des troupeaux, on le conçoit, est essentiellement variable; mais il est certaines proportions entre le nombre de vaches fécondes, le nombre de vaches stériles, etc., qui se retrouvent fréquemment. Sur un troupeau de 100 têtes, par exemple, appartenant à un éleveur indigène, on rencontre généralement 80 vaches propres à la reproduction, 10 taureaux et 10 vaches stériles ou animaux castrats.

Cette proportion de 1 taureau pour 8 vaches est excessive. Mais, comme nous l'avons vu, les taureaux sont confondus avec les vaches et les indigènes ne prêtent aucune attention à la saillie qui, dans ces conditions, est faite tantôt par des taureaux trop jeunes, tantôt par des bêtes épuisées. Si la monte était surveillée et convenablement ordonnée, 1 taureau jeune devrait suffire à 25 ou 50 vaches, ou même à 40 ou 50, s'il est adulte.

ÉLEVAGE

Quant au croît annuel, dans le cas du troupeau de 100 têtes dont nous venons de parler, il atteignait, avant la guerre, dans la province de Diégo- Suarez, le chifïre de 65 veaux; pendant la guerre, il s'est élevé à peine à 10. Cette proportion est, d'ailleurs, très variable suivant les régions; dans le cercle de Miarinarivo, elle a été, pendant Tannée 1897, de 81 pour 100, tandis que dans le cercle de Tsiafahy elle n"a pas dépassé iO pour 100 et qu'elle a atteint à peine 58 pour 100 dans la région d'Arivonimamo. Il n'est pas douteux que des éleveurs sérieux arriveront à des chiffres très satisfaisants comme reproduction, en réglant judicieusement les conditions de la monte et en assurant aux troupeaux, non seulement la slabulation ou la demi-stabulation, mais surtout une alimentation substantielle en toute saison. Ceci nous amène à parler des fourrages.

Fourrages. — Nous avons récapitulé précédemment les principales plantes qui croissent spontanément dans l'île et qui font actuellement tout le fond de Talimentation du bétail indigène. Certaines régions de Madagascar, qui sont arrosées presque toute Tannée par des pluies régulières, offrent, en toute saison, des fourrages verts naturels, qui permettent de subvenir, sans difficulté, à l'entretien de nombreux troupeaux, mais, dans l'intérieur, en Imerina en particulier, la saison sèche, qui s'étend d'avril en novembre, arrête entièrement la végétation; tout se dessèche; il en résulte que, l'indigène n'ayant pas, par paresse et par imprévoyance, constitué de réserves fourragères, ses troupeaux, réduits à se nourrir de brindilles desséchées, arrivent souvent à un état de maigreur extrême. L'éleveur devra donc recourir aux fourrages artificiels, consommés àTétat frais ou sous forme de fourrage ensilé ou fané.

On n'est pas encore bien fixé, àTheure actuelle, sur les plantes fourragères à employer en Imerina; néanmoins, il est permis d'espérer qu'on arrivera à constituer, dans peu de temps, des réserves alimentaires importantes avec les plantes suivantes, qui sont actuellement à Tessai à la station agronomique de Tananarive : le cactus inerme, le pois mascate, Tambrevade, le manioc, le maïs fourrage, le téosinte.

Dans les régions côtières (sur la côte Nord-Ouest et la côte Est), les herbes de Guinée et de Para constitueront en toute saison un excellent fourrage; il n'est pas douteux que ces végétaux y réussiront parfaitement. Il est même probable qu'ils viendraient en Imerina dans certains terrains, pendant la saison des pluies. L'herbe de Para, importée dans la province de Vohémar, s'y est très bien acclimatée.

1° Le cactus inerme, — Le cactus ou nopal inerine, plante très voisine du figuier de Barbarie dont il ne diffère guère que par l'absence d'épines, pourra rendre d'importants services comme plante fourragère en Imerina et dans toutes les régions sèches de Madagascar.

Ce nopal, véritable fourrage des contrées désertiques, pousse dans les sols les plus ingrats et dans les pays les plus secs ; sa réussite est assurée partout où on voit se développer vigoureusement T « opuntia ficus indica ».

Ses raquettes ne sont point très riches en matières azotées ; leur puissance nutritive n'est donc pas très considérable, mais leur teneur en eau les rend d un emploi précieux pendant les mois secs de Tannée.

GUIDE DE L'IMMIGRAi^T A MADAGASCAR.

Le cactus inerme, dont on pourra prochainement trouver des boutures à la station agronomique de Tananarive, est cultivé, depuis un certain temps, en Algérie et principalement en Tunisie, où il donne d'excellents résultats. Il se développe bien dans presque tous les sols et ne redoute que les terres très humides et très argileuses.

Le terrain destiné à cette culture n'a pas besoin d'être complètement défriché et labouré ; on se contente de faire des trous de 50 centimètres de profondeur et de largeur, situés à 4 ou 5 mètres les uns des autres. On les remplit de terre ramassée à la surface et mélangée d'une petite quantité de fumier et on plante dans chacun d'eux une bouture composée de deux ou trois raquettes un peu flétries pour faciliter la reprise. Les soins d'entretien d'une plantation de cactus sont à peu près insignifiants, ils se bornent à quelques nettoyages et à un buttage exécuté dans le courant de la deuxième année; à partir de ce moment, la plante se développe avec assez de vigueur pour se défendre seule.

Les pieds de nopal ou d'opuntia étant situés à 4 ou 5 mètres les uns des autres, il est avantageux, quand le sol est d'assez bonne qualité, de faire des cultures intercalaires pour couvrir, au moins en partie, les frais de culture.

Une plantation de nopals inermes entre en plein rapport à cinq ans et donne une production régulière jusqu'à quarante ou cinquante ans; à partir de quatre ans, le planteur n'a plus qu'à supporter les frais de cueillette, qui, dans le nord de l'Afrique, se renouvellent tous les deux ans. Un hectare en pleine production peut donner environ de 25,000 à 55,000 kilos de raquettes vertes.

2" Le pois mascale. — Le pois mascate est une légumineuse grimpante très employée à Bourbon, comme plante améliorante; il est d'une réussite certaine sur la côte Est, mais on ne saurait être aussi affirmatif pour la partie centrale de Madagascar.

Trois variétés (la verte, la noire et la mouchetée) ont été essayées dernièrement à Nahanisana sur des parcelles très peu fumées; jusqu'à présent, ces plantes se développent vigoureusement et montrent, en tous cas, qu'il sera possible, en les semant au début de l'hivernage, de les utiliser pour l'amélioration desterres.il n'est pas encore possible de dire si ce pois formera ici les énormes gousses qu'il donne à Bourbon et qui renferment de grosses graines, qui, cuites, sont excellentes pour les bovidés et pour les porcs.

Les parcelles d'essai ont reçu trois labours et un hersage; le semis a été fait à la volée, à raison de 180 kilos par hectare. On peut facilement se procurer des semences de pois mascate à l'ile de la Béunion.

5° Uambrevade ou Amharivairij (Cajanus indiens), — L'ambrevade, très cultivée à la Réunion comme plante améliorante, est une légumineuse commune à Madagascar, que les Malgaches cultivent pour son grain qu ils mangent nouilli comme les haricots. Dans le Sud de Madagascar, et principalement dans le Betsileo, les feuilles de cette plante servent aussi à nourrir les chenilles d'un bombyx (le landibé), dont les indigènes tirent une soie brunâtre et très soUde, connue sous le nom de « soie betsileo ».

L'ambrevade pousse vigoureusement, même dans les sols médiocres de

ÉLEVAGK.

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riniorina ; son grain peut avantageusement être employé dans ralimentation des équidés, et sa feuille et ses tiges sont eonsoumiées avec avidité par les 0 vidés.

Nous ne pensons pas qu'on en ait fait, jusqu'à ce jour, des essais de culture importants ; mais des expériences commencéesdei nièrement à la station agronomique de Xalianisana permettront d'être fixé prochainement sur la valeur de ce fourrage.

L'ambre vade peut se semer pendant l'hivernage, soit à la ligne, soit à la volée, après un bon labour, suivi d'un hersage vigoureux.

4° Le manioc ou mangahazo (Manihot utilissuna). — Le manioc, dont nous avons déjà décrit précédemment les procédés de culture, peut rendre de grands services dans l'alimentation des animaux. Ses énormes racines tuberculeuses, gorgées de matières amylacées, sont appréciées du bétail, et les feuilles constituent un fourrage vert de bonne qualité, car, quoique le manioc ne soit guère cultivé jusqu'à présent que pour ses racines, on pourrait aussi l'exploiter pour son feuillage.

11 y aurait intérêt, dans ce cas, à employer de très grosses boutures, car il résulte d'expériences faites à Nahanisana que le développement foliacé est d'autant plus grand et plus rapide que les boutures sont plus volumineuses. Les procédés de plantation seraient, du reste, exactement les mêmes; mais il n'est guère possible de donner, dès maintenant, des renseignements précis sur son rendement en fourrage vert par hectare, ni sur les meilleurs procédés de récolte (fauchage ou cueillette). Des essais sur la culture du maniocfourrage seront faits, dès l'année prochaine, à la station agronomique de Tananarive.

5^ Le maïs-fourrage [Zea maïs). — Le maïs-fourrage, qu'on doit couper au commencement de la formation des épis mâles, n'occupe le sol que pendant deux mois et demi ou trois mois. On peut le semer, aux environs de Tananarive, depuis le commencement de décembre jusqu'à la On de janvier.

Le maïs est une plante exigeante ; sa culture n'est donc à conseiller que dans les sols de très bonne qualité. 11 sera possible de le cultiver en rizières, dans le courant de la saison sèche et d'en faire des réserves fourragères ensilées.

La production du maïs-fourrage, dont le semis peut se faire, soit en ligne, soit à la volée, à raison de 150 à 200 litres à l'hectare, exige un sol bien ameubli et bien fumé.

En petite culture, on peut, pour les semailles en lignes, commencer par tracer sur le champ, à 50 centimètres les uns des autres, des sillons peu profonds, dans lesquels on dépose les graines à 15 ou ^20 centimètres les unes des autres; l'enfouissement se fait avec le dos d'un râteau.

En grande culture, il faut avoir recours aux semoirs, ou faire le semis à la volée, et enfouir la graine au moyen d'un hersage énergique.

Le maïs cultivé dans de telles conditions donne des tiges relativement fines, excellentes pour le bétail, et le rendement peut monter jusqu'à 100.000 kilos par hectare dans les cultures très soignées.

6° Le téosînte (Reana luxurians) . — Le téosinte, dont les tiges tendres

et légèrement sucrées sont appréciées des animaux, est une grande graminée fourragère ressemblant au maïs. Il en a été question pour la première fois, en Europe, vers 1869, et il a été introduit en Imerina, dans le courant de 1897, par les soins du Service de l'agriculture.

Cette plante forme de grosses touffes, composées de tiges nombreuses qui atteignent ici plus de 2 mètres de hauteur et portent de très nombreux épis.

La cullure du téosinte sera, croyons-nous, possible dans toutes les parties de Madagascar où la saison des pluies dure au moins trois mois.

Dans le voisinage de Tananarive, il faudra le semer dès le début de la saison des pluies (à la fin de novembre ou au commencement de décembre), sur des terres bien ameublies et convenablement fumées.

La germination est assez longue, la plante est lente à se développer, surtout pendant le premier mois de végétation, mais, dès que l'enracinement est terminé, les tiges se mettent à pousser avec vigueur et rapidité.

Le téosinte, n'atteignant pas ici de très grandes dimensions, doit être semé en poquets, situés à 1 mètre les uns des autres, poquets dans chacun desquels on dépose trois ou quatre graines qu'on recouvre d'un peu de terre bien pulvérisée. Un sarclage est indispensable lorsque les plants ont atteint quelques centimètres de hauteur, et il convient d'éclaircir et de ne laisser qu'un pied bien vigoureux par trou. La coupe, comme pour presque toutes les plantes fourragères d'ailleurs, doit avoir lieu au commencement de la floraison.

Dans le centre de Madagascar, où le fourrage fait complètement défaut à la fin de la saison sèche, le téosinte constituera une ressource fourragère d'une valeur inestimable, si l'on peut arriver à en faire des coupes pendant les mois de septembre, d'octobre et de novembre. Comme pour le maïs, il sera possible d'atteindre ce but, en le semant, dans le courant de la saison sèche, en rizières convenablement drainées ou irriguées, suivant le cas; c'est ce qu'on va essayer de faire, en 1898, à la station agronomique de Tananarive.

H sera possible, en tout cas, défaire avec le téosinte d'importantes réserves ensilées.

De r ensilage. — La formation de réserves fourragères paraît être, pour le momoit, le meilleur moyen à la portée des éleveurs pour suppléer au manque de pâturages dans les régions intérieures de l'île pendant la saison sèche.

Par quel moyen devront être constituées ces réserves fourragères?

Certains fourrages peuvent se conserver sous forme de foin, mais le fanage a l'inconvénient de nécessiter un temps sec qui se présente rarement en Imerina, au moment où il est possible de faucher les prairies avec profit, et qui exige la confection de meules ou l'installation de vastes locaux, coûteux à construire, pour l'emmagasiner et le conserver. Le fanage, qui, dans un grand nombre de cas, peut rendre de réels services dans les exploitations rurales, ne serait donc pas toujours d'un emploi facile à Madagascar, mais on peut, heureusement, avoir recours à l'ensilage pour remédier à cet inconvénient.

L'ensilage consiste k conserver les fourrages avec toute l'eau qu'ils con-

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