II
de ménage, poêles, fourneaux, marmites, etc., tous objets dont la cherté des transports rend l'importation difficile.
La région qui semble le plus apte à l'installation de cette industrie serait la zone de TEst, principalement aux environs de Nosy-Bé, sur l'Ikopa, où le minerai est riche et abondant. Une Société montée au capital de 200 000 francs aurait toutes chances de succès ; elle trouverait sur place une main-d'œuvre déjà au courant de cette industrie et qui se prêterait, par suite, aux transformations; des chutes d'eau existent à proximité, et la forêt est à une heure de marche; enfin, tous les éléments de succès semblent réunis. Mais elle ne pourra réussir qu'à la condition d'être pourvue d'une installation suffisante et alimentée par des capitaux sérieux ; ce n'est pas le fait d'un petit industriel isolé qui mangerait rapidement sans résultats le capital dont il disposerait.
Nous terminerons cet article en faisant le relevé des recettes et dépenses probables d'un atelier de dix ouvriers, calculé d'après le fonctionnement de celui de l'Ecole professionnelle de Tananarive.
Devis d'une forge de 10 ouvriers :
Construction Fr. 2 000
Outillage, 400 francs pnr ouvrier — 4 000
Matériaux, par mois — 4'20
Paye, par mois — 450
Produit brut, par mois — I 100
Briqueterie, tuilerie. — Nous avons vu que les Ho vas connaissent depuis longtemps la fabrication des briques et des tuiles, mais que cette fabrication ne comporte ordinairement que des briques et des tuiles crues.
Dans ces derniers temps, un certain nombre de briqueteries avec fours ont été établies dans un grand nombre de postes par nos soldats, ainsi que dans la plupart des villes par des industriels ; la briqueterie de Beforona, par exemple, ne donne pas moins de 5000 briques, plus 700 tuiles et carreaux par fournée. Il en existe dans tous les chefs-lieux du cercle. A Tamatave, il en a été établi une, dernièrement, qui fournit de très bons produits ; de même à Majunga, près de Katsepé, pour la construction du phare. A Tananarive, MM. Rieu et Brusque viennent de terminer d'intéressantes expériences de cuisson de briques, tuiles et carreaux en terre, qu'ils avaient commencées depuis quelque temps et qui aboutiront très prochainement à la création, à Tananarive, d'une industrie des plus utiles aux divers services.
Ces industriels ont récemment fait venir de France des presses qui leur ont permis d'imiter la fabrication européenne. Outre une solidité bien supérieure, leurs produits ont des formes régulières qui faciliteront l'appareillage dans les constructions et permettront d'augmenter très sensiblement la rapidité d'exécution des travaux. Des expériences faites à ce sujet par le génie ont donné les résultats les plus concluants.
A Ambohidratrimo (16 kilomètres au Nord de Tananarive), l'ancienne corporation des poudriers d'Analakely vient de s'installer pour y fabriquer des
INDUSTRIES DIVERSES
tuiles ot faîtières, sous la direction de Rainizafiinanga, secondé par Rainiketaka et Uainibetafika. L'argile d'Anibohidialrinio, beaucoup plus fine et plus homogène que celle des environs immédiats de Tananarive, donne de très bons résultats. Plusieurs milliers de tuiles, plus longues de pureau que les anciennes, ont été déjà livrées au service des bâtiments civils, et l'industrie est aujourd'hui en plein fonctionnement.
La rareté du coml)ustible, en raison de Téloignement de la forêt, fait que dans beaucoup de localités, à Tananarive et à Fianarantsoa notamment, le prix des briques cuites est très élevé, environ 27 francs le mille dans ces deux villes. Dans la région dWrivonimamo, les fours sont chauffés à la tourbe, qui, couune nous l'avons vu, se trouve en grande quantité sur beaucoup de points du plateau central. 11 est certain que, lorsque Tamélioration des voies de communication routières et fluviales en permettra le transport, le chauffage des fours se fera dans des conditions beaucoup plus économique, et, par suite, les briques cuites se vendront à un prix très modique et reuqjlaceront partout les briques crues.
On trouve dans la région centrale une matière première excellente : c'est une terre grise qui se rencontre surtout dans les fonds, dans les rizières, etc.
La région côtière renferme également de nombreux gisements de bonne terre à brique. Dans la province de Tamatave, par exemple, où la question a été particulièrement étudiée par le service du génie, on rencontre deux sortes d'argile se prêtant très bien à cette fabrication : une argile jaune ou louge et une argile blanche ou grisâtre, qui se trouvent un peu partout, mais surtout dans les vallées du Ranomainty, de l'Ivolina et de ITvondrona.
Plusieurs entrepreneurs ont fait des essais avec ces diverses sortes d'argile, soit à l'état naturel, soit à Tétat de mélange. Pour la fabrication des briques ordinaires, les meilleurs résultats ont été obtenus avec les argiles jaunes, dont la composition est la suivante :
Eau i'2 parties pour 100.
Alumine 55 —
Silice 49 —
Oxvde de fer 5,78 —
Chaux 0,20 —
Matières étrangères, mica, poudre d'or .... 0,02 —
Les briques obtenues avec ces argiles sont, après cuisson, d'une couleur rouge brun ; lorsqu'on les suspend par un fd, elles donnent au choc un son clair et métallique; la cassure tache à peine les doigts; leur densité est de 1, ilO ; la charge d'écrasement a varié entre 70 et 90 kilogrammes par centimètre cube.
Diverses expériences ont donné une moyenne de ^O pour 100 d'absorption d'eau.
Les premiers essais de fabrication qui ont été tentés sont des plus satisfaisants; toutefois, un entrepreneur ne pourra arriver à fournir des produits marchands et réellement rémunérateurs qu'à la condition de s'installer d une façon complète et de faire, à cet effet, les dépenses nécessaires pour l'outillage
et le matériel. Nous donnerons un peu plus loin une évaluation approximative de ces dépenses.
Les argiles rouges présentent l'inconvénient d'être trop chargées en silice et en oxyde de fer.
L'argile blanche ou grisâtre est presque du kaolin (silicate d'alumine) pur; elle ne contient qu'une très faible quantité de silice et un peu d'oxyde de fer, qui lui donne à la cuisson une légère teinte rosée. Son emploi sera précieux pour la fabrication de la poterie et des briques réfractaires. Son retrait, jusqu'à complète cuisson, est de 50 pour 100.
La plupart des constructions qui s'élèvent actuellement sont faites en briques et il est probable que l'emploi des briques se généralisera de plus en plus. Cette industrie paraît donc appelée à un certain avenir à Madagascar. On peut dire que, malgré les fabriques riidimentaires existant déjà, il y a, dans presque toutes les villes importantes, place pour une briqueterie, notamment à Tananarive, à Tamatave, à Andévorante, etc. En ce qui concerne cette dernière localité, le meilleur emplacement ne serait pas dans la ville même, ni dans ses abords immédiats, mais plutôt à Mabatsara, sur l'iharoka, ou mieux encore à Sahanoro, sur la Yohitra; de ce point, une embarcation peut descendre à Andévorante en quatre heures.
En Imerina, un certain nombre d'emplacements sont signalés comme se prêtant à l'établissement de briqueteries. C'est ainsi que, dans le cercle de Tsiafahy, les régions de iMaliatsara et de Nosy-Bé paraissent convenir à cet objet.
Quant au capital nécessaire pour entreprendre cette industrie, il devra être de 2d 000 francs environ pour une fabrique comportant deux fours de 5 000 briques chacun.
Les dépenses pour la création et Texploitation d'une tuilerie sont sensiblement les mêmes.
Dans les deux cas, il sera avantageux d'amener du personnel de France.
Poterie, faïence, fabrique de porcelaine. — Dans le chapitre « Industries actuelles », nous exprimions la crainte que la mauvaise qualité de la matière première ne mit obstacle au développement et au progrès de la poterie à Madagascar. Les recherches et les essais, faits depuis peu à l'Ecole professionnelle de Tananarive, ont complètement dissipé ces appréhensions. On trouve dans la région centrale et dans le Bouéni une matière première excellente; c'est une terre d'un gris noirâtre, qui se rencontre principalement dans les rizières. A l'Ecole professionnelle, les moulages au tour avec cuisson au four ont donné, avec cette terre, de très bons résultats. Quant au vernis, le meilleur à appliquer semble devoir être le vernis à base feldspathique ; on trouve, en eft'et, en Imerina, un feldspath blanc et quartz se prêtant très bien à ce vernissage.
L'installation d'un atelier de poterie à l'Ecole professionnelle de Tananarive ne date que de la fin de l'année dernière (1897). Le contremaître, arrivé seulement au mois d'août, avait tout à organiser. Son atelier n'a commencé ù fonctionner que dans les premiers jours d'octobre; il comprend aujourd'hui
INDUSTRIES DIVERSES
quatre tours, des bassins pour la préparation de la terre et un four avec chambre supérieure de rechange. Avec cette installation rudimentaire, mais, à la vérité, sans la plupart des frais inhérents à toute exploitation, l'atelier de Tananarive est aujourd'hui susceptible de donner à chaque cuisson un bénéfice de 100 pour 100.
Les expériences sont concluantes et l'on peut dire qu'avec une installation convenable et une bonne main-d'œuvre, on obtiendra en Imerina d'excellents produits et on pourra confectionner toute espèce de poteries.
Dès maintenant, une fabrique peut s établir à Tananarive et une autre à Fianarantsoa ; elles sont assurées de trouver dans le pays même l'écoulement de leurs produits. Les frais d'installation et d'exploitation de ces fabriques peuvent être évalués de la manière suivante :
Devis d'un atelier pour 5 apprentis :
Installation :
Construction Fr. I 500
Tours — 150
Bassins (10) — 1200
Four — 1500
Outillage — 600
Matériaux, par mois — .575
Paye, par mois — 225
Avec un atelier ainsi établi, on peut compter sur un produit brut par mois de 1 800 francs.
Toutefois, les ouvriers indigènes étant encore peu exercés, il serait préférable d'amener de France trois ouvriers (non des contremaîtres, mais de simples ouvriers) et on obtiendrait des produits de qualité bien supérieure.
La journée de l'ouvrier indigène se paye 1 fr. 50 à Tananarive.
On ne peut encore se prononcer sur la fabrication de la faïence et de la porcelaine, les essais n'étant pas encore terminés. Nous avons vu que les gisements de kaolin sont nombreux et que la qualité en est as^z belle; il est permis d'espérer que l'on arrivera à fabriquer une bonne faïence blanche, et on peut être assuré qu'elle sera accueillie avec empressement par la population.
Verrerie. — Il n'existe aucune verrerie à Madagascar. Jean Laborde avait, paraît-il, appris aux Ho vas à fabriquer le verre, mais il n^en est resté aucune trace et les élèves ont entièrement désappris les enseignements du maître. Un industriel avait eu l'intention d'en établir une à Antsirabé, mais cette idée a été abandonnée. Il semble qu'on pourrait en créer une à Fianarantsoa ou, mieux encore, à Ampasimpotsy, dans le cercle-annexe de Moramanga, sur la ligne d'étapes, où l'on trouse, en effet, en grande quantité les matières principales qui composent le verre à bouteille, sable et argile ocreuse, et où la proximité de In forêt fournirait à l'usine tout le combustible nécessaire.
Toutefois, dans l'état actuel de la colonie, on ne saurait conseiller à un industriel une création de cette nature, car l'installation et l'exploitation
d'une verrerie nécessiteraient des capitaux considérables, 500 000 francs environ, et cette entreprise ne serait pas certaine d'écouler ses produits.
Tannerie, corroirie. — Nous avons vu que la dissolution des corporations à la suite de l'expédition de 1895 et de l'insurrection avait entraîné la disparition de ces industries, autrefois assez florissantes. Seule jusqu'ici, l'École professionnelle de Tananarive a, comme nous l'avons indiqué précédemment, entrepris de les faire revivre. Cependant, la tannerie, la corroirie, comme, du reste, toutes les industries tirant du bœuf leur matière première, ont à Madagascar, pays d'élevage par excellence, de grandes chances de prospérer.
La peau de bœuf du pays est de bonne qualité, quoique plus mince que celle de France. Le mouton indigène a une peau très supérieure à celle du mouton français; elle vaut presque celle de notre chèvre.
En outre, la température ambiante exerce une influence très heureuse sur la préparation des peaux, qui se fait ici beaucoup plus rapidement qu'en France et dans d'excellentes conditions : dans les dernières expériences de l'École professionnelle, les cuirs, après six mois de cuve seulement, en une seule cuve, ont été reconnus d'aussi bonne qualité que les cuirs obtenus en Europe après un an et même deux ans de cuve.
Enfin, on trouve dans le pays de nombreuses essences riches en tanin, dont les plus connues sont le lalona, le rotra, le harongana, le jamrosa, le hotra, le manguier et surtout le pêcher. Le rotra et le harongana ont été employés avec succès à l'École professionnelle, mais ils contiennent un principe colorant très actif qui fonce les cuirs et les rend rouges. Le harongana et le lalona (chêne du pays) existent en grande quantité dans la forêt de l'Est.
Le pécher donne un excellent tanin et, comme nous le verrons plus loin, en contient beaucoup plus que le chêne. La grande facilité avec laquelle il croît en Imerina (en trois ans il atteint 5 ou 4 mètres) fait présumer qu'il y aurait avantage et intérêt à en multiplier la plantation comme celle du mûrier pour la soie. On a, d'ailleurs, déjà commencé; à xVmbohimalaza, par exemple, le commandant de poste a fait semer 80 000 pêchers.
Cet arbre pousse dans tous les terrains; il sera d'un excellent rapport, puisqu'il assurera au propriétaire la récolte des fruits. L'élagas^e suffira à produire l'écorce ; car c'est un fait reconnu que les jeunes branches sont plus riches en tanin que les grosses. On pourra, du reste, jusqu'au moment où la culture du pêcher aura pris assez d'extension, mélanger l'écorce de cet arbre avec celles des essences indigènes citées plus haut pour supprimer le principe colorant de ces dernières.
Afin d'être fixé sur la valeur des écorces tanifères employées, l'École professionnelle de Tananarive a fait analyser les écorces au laboratoire du Service de santé, au mois de décembre 1897. Le tanin a été titré dans les écorces séchées à l'air libre. Les résultats obtenus ont été les suivants :
Pêcher 10,2 pour 100 de tanin.
Rotra 6,64 —
Lalona (chêne du pays) 6,6 ^
INDUSTRIES DIVERSES
Chêne d'Europe Jamrosa . . .
Hotra
Harongana. . .
Ces chiffi-es sont de Ijeaiicoup dépassés par la canai^re qui, d'après M. rinspecteurchef du Service de l'agriculture, contient de 25 à ÔO pour 100 de tanin. La canaigre croît au Mexique et dans un certain nombre d'autres régions de TAmérique du Nord; il est très probable qu'elle réussira en Imerina. Les essais qui en ont été faits au jardin de Nabanisana sont jusqu'ici très satisfaisants. On conçoit de quelle importance sera pour l'industrie qui nous occupe l'acclimatement de cette plante à Madagascar.
D'après ce qui précède, la tannerie et la corroiiie peuvent et doivent prendre dans notice nouvelle colonie un grand développement. Il y aura donc prochainement place dans l'industrie locale pour un ou deux tanneurs à Tananarive. De même, Majunga ou Diego-Suarez pourront en recevoir un ; dans ces dernières villes, il sera préférable d'employer comme matière tannante l'écorce du palétuvier, arbre commun surtout à Majunga.
Quant aux capitaux nécessaires, ils sont comme toujours subordonnés à l'importance de l'exploitation. L'installation et l'exploitation à Tananarive d'un établissement muni d'un outillage complet, avec toutes les cuves, bassins et hangars nécessaires et un personnel amené de France, exigeraient un capital d'une centaine de mille francs environ. Toutefois, une vingtaine de mille francs suffiraient pour l'établissement d'une tannerie ordinaire, n'employant que la main-d'œuvre indigène. Dans ce cas, le devis d'un atelier de <lix ouvriers serait le suivant :
Installation Fr. 15 000
Outillage et achat de matériaux — 5 000
Paye, par mois — 450
Matériaux — 550
Produit brut — 1 600
L'industriel qui entreprendra cet établissement sera certain de réaliser un gain sérieux avec le seul débouché local.
Il est, d'ailleurs, permis d'espérer que l'amélioration des transports assurera d'ici peu une exportation rémunératrice de ces produits.
Amidon. — Nous avons vu au chapitre des a Produits végétaux » avec quelle facilité le manioc croît à Madagascar et quelle place importante tient cette plante dans l'alimentation des indigènes. Le manioc est cultivé à peu près partout et dans certaines régions, comme dans le Betsileo, ses tubercules atteignent des dimensions considérables : en outre, les espèces que l'on trouve à Madagascar ne contiennent pas ou presque pas de sucs vénéneux. En somme, c'est iine des cultures les plus faciles, qui réclament le moins de soins et qui fournissent le rendement le plus élevé, rendement pouvant aller jusqu'à 40 tonnes à l'hectare.
Or, indépendamment de ses propriétés alimentaires immédiates (pour la
5,4 pour 100 de tanin.
7>,ri —
nourriture des hommes, des chevaux, des animaux de trait et des porcs) et du fourrage qu'il peut fournir, son tubercule se prête à deux applications industrielles bien connues et que nous ne saurions passer sous silence : l'extraction de l'amidon et la fabrication du tapioca.
Parlons d'abord de l'extraction de Tamidon. Cette industrie est, croyonsnous, de celles qui ont le plus de chances de succès dans notre nouvelle possession. Nous avons déjà l'exemple de la Réunion ^ ; mais cette colonie, dont ni la surface, ni les ressources ne sont comparables à celles de la Grande île, ne produit annuellement que 10 à 12 000 quintnux d'amidon qui sont vendus au Havre, dès le débarquement, au prix de 23 à 25 francs les 100 kilos, payables au comptant. Madagascar est en mesure de livrer des quantités beaucoup plus considérables; d'autre part, le placement de cette denrée est assuré. Il sera facile de placer annuellement en France 100 ou 150 000 quintaux d'amidon; en effet, une seule maison s'engage à en acheter de 50 à 40 000 quintaux par an.
Cette industrie paraît donc assurée de dél)Ouchés rémunérateurs. Une ou deux usines pourraient dès maintenant s'établir soit sur la côte Est, soit sur la côte Nord-Ouest. Il serait difficile de préciser exactement le point le plus avantageux. Ces régions semblent s'y prêter également. 11 est, en effet, nécessaire avant tout, pour le moment du moins, de faire choix d'un point du littoral, en raison de la cherté des transports à l'intérieur. La proximité d'un bon port paraît, en outre, devoir entrer en ligne de compte. Tamatave, Mananjary ou Majunga conviendraient sans doute.
Toutes les indications nécessaires pour la culture du manioc, procédés, choix du terrain, etc., ont été données au chapitre « Cultures à entreprendre ou à développer». Nous ajouterons que l'industriel qui entreprendra une exploitation de cette nature aura avantage à échelonner (dans la limite des saisons indiquées précédemment) ses plantations de mois en mois ou de quinzaine en quinzaine, pour rendre régulier et constant le travail de l'amidonnerie. On ne peut guère fixer le capital qu'exigera une entreprise de cette nature, mais, en somme, le matériel nécessaire à l'extraction de l'amidon de manioc est très simple.
Toute la manipulation consiste, en effet, à laver les racines, à les broyer, à délayer dans l'eau la farine ainsi formée, à séparer les particules amylacées au moyen de plusieurs tamisages, puis à purifier et à faire sécher, soit au soleil, soit à l'étuve, l'amidon ainsi extrait.
Les racines, dès leur arrivée à l'usine sont lavées, soit mécaniquement (dans des laveurs à vis hélicoïdale qui agitent les racines dans de grands troncs de cône métalliques, légèrement inclinés et pleins d'eau), soit à la main dans de grands baquets dont l'eau est constamment renouvelée. On procède ensuite à l'enlèvement des écorces jaunes au moyen de couteaux bien aiguisés, puis à un deuxième lavage, si cette opération a souillé les racines qui sont alors soumises à l'action d'une râpe qui les transforme en farine grossière. Cette râpe se compose généralement d'un cylindre de 25 à 50 centimètres
1. Il existe, en eiïet, dans cette colonie deux importantes amidonneries.
INDUSTRIES DIVERSES
(le diamètre, muni de lames dentées en scie et faisant 500 ou fJOO tours à la minute.
Après cela, la farine est délayée dans l'eau, puis conduiteaux tamis. Ceuxci aflectent la forme de cylindres en toile métallique très fine, qui ont de 1 mètre à 1 m. 20 de longueur et font de 2 à 50 tours à la minute. On les dispose les uns à la suite des autres, de telle façon que la farine délayée passe successivement dans chacun d'eux. L'eau entraînant les grains d'amidon passe à travers les mailles du treillis et se rend dans de grands bacs où on l'y fait séjourner un certain temps pour que les globules amylacés se déposent. L'auiidon est ensuite purifié; dans ce biit, on délaye la masse dans de grands baquets pleins d'eau très propre, et l'on agite vigoureusement le tout au moyen de palettes, puis on laisse le dépôt se former de nouveau. Le sable se dépose le premier, puis l'amidon, et entîn les matières cellulosiques. Cette opération a reçu le nom de délayage. Les matières cellulosiques sont enlevées à la pelle ; on sépare de même Tamidou. Un deuxième délayage est parfois nécessaire; mais, si l'on juge l amidon suffisamment purifié, il n'y a plus qu'à le dessécher. On commence par enlever une grande partie de l'eau en soumettant la masse à l'action d'une turbine et la dessiccation est terminée, snit au soleil, soit à l'étuve (en ayant suin dans ce dernier cas de ne pas dépasser la température de 80 degrés centigrades).
Le manioc renferme environ 20 pour 100 d'amidon; à la Réunion, on parvient à extraire jusqu'à 18 pour 100 de matière amylacée.
Le sable et les matières cellulosiques peuvent être employés comme engrais, après avoir été soumis à un second délayage.
Tapioca. — A côté de l'extraction de Famidon, nous devons placer la fabrication du tapioca, qui dérive du même produit. Il semble que cette dernière industrie ne présente pas mo ns de chances de succès dans notre nouvelle colonie; les débouchés sont tout aussi certains et l'on ne peut douter qu'une fabrique parvienne à écouler son tapioca sur les marchés européens dans des conditions très rémunératrices.
Ce qui a été dit au sujet des régions favorables à l'établissement d'une amidonnerie s'applique évidemment à une fabrique de tapioca. Cette industrie exige un certain outillage, qui, toutefois, ne demande pas un capital bien élevé.
Féculerie. — Nous avons vu (chapitre II, 5^ partie) que certaines régions de l'intérieur, comme l'Ankaratra par exemple, se prêtent tout particulièrement à la culture de la pomme de terre. La culture en grand de ce légume pourrait marcher de pair avec Tinstallation d'une ou de deux féculeries; mais, comme les usines doivent être établies à proximité du lieu de production, elles se trouveraient alors situées dans l'intérieur, ce qui, dans les conditions actuelles des transports, grèverait assez lourdement leurs produits. L'entreprise de féculeries de pommes de terre ne paraît donc pas pour le moment devoir être conseillée.
Il n en serait pas de même pour une usine qui extrairait la fécule du manioc, puisque la culture de cette plante n'est pas localisée dans l'inté-
rieur de Tîle. Or, cette fécule est excellente; extraite par des procédés rudimentaires, elle laisse un résidu qui, desséché, convient très bien à la nourriture de l'homme et des animaux. Aux Antilles, où il est très connu sous le nom de « cassane », ce résidu est très en usage chez les créoles, qui l'apprécient autant que le riz. Une usine pourvue d'un outillage convenable serait, croyons-nous, assurée du placement de ses produits.
Mais, l'arrow-root, qui s'extrait des rbizomes du Maranta ariinâinacca, ainsi que de quelques Canna, est bien supérieur à la fécule de manioc; c'est un aliment léger, très employé et très recherché sur les marchés européens. Nous en avons déjà parlé dans le chapitre des « Végétaux » (5^ partie, chapitre 11) et dans le chapitre F'' Cultures à entreprendre ou à développer ».
Le tavolo des Malgaches fournit un arrow-root excellent. Cette plante, comme nous l'avons vu, vient très bien dans certaines régions de Madagascar, notamment dans les environs d'Andévorante où, malgré le sol sablonneux, elle donne des rendements considérables. Aussi est-il permis d'espérer qu'une usine qui s'établirait à proximité de cette localité réaliserait d'importants bénéfices.
Il est assez difficile d'indiquer le capital que nécessiterait une semblable exploitation ; mais il y a lieu de remarquer que cette fabrication demande certains soins particuliers et que la propreté la plus minutieuse doit être observée dans la préparation de la fécule. Le travail à l'usine commence par un lavage à grande eau pour éliminer toutes les particules terreuses; on épluche ensuite soigneusement les rhizomes au couteau, puis on les transforme par râpage et broyage en une pulpe qu'on mélange à de l'eau très claire et qui est soumise à divers tamisages, pour séparer les matières fibreuses de la fécule. Les eaux de lavage sont ensuite réunies dans de grands récipients où la matière amylacée se dépose et il ne reste plus qu'à la faire sécher au soleil et à l'emballer pour la livrer au commerce.
L'arrow-root s'imprègne facilement de toutes les mauvaises odeurs ; il importe donc de l'emballer dans des boîtes métalliques, hermétiquement closes, pour l'expédier en Europe.
On obtient assez facilement de 800 à 1200 kilogrammes de fécule par hectare. L'Angleterre en importe pour plus de 1 250000 francs par an.
Sucrerie. — La mévente des sucres coloniaux, qui date déjà de bien des années, nous interdit absolument de conseiller la culture en grand de la canne à sucre et, par suite, la fabrication de cette denrée en vue de l'exportation. L'exemple de la Réunion est trop près de nous pour que nous ne nous en inspirions pas. Mais, par contre, il nous semble inadmissible que Madagascar continue à être tributaire des îles voisines pour le sucre et le rhum qui lui sont nécessaires. Nous croyons donc que, dans l'état actuel de cette industrie à Madagascar et, en tenant compte des quelques sucreries et rhumeries qui, ainsi que nous l'avons vu, existent déjà tant à Nosy-Bé qu'à Tamatave, une usine, convenablement outillée et disposant dès le début d'un certain capital, aurait de grandes chances de succès. 11 nous est difficile d'évaluer a jprioyn le capital nécessaire et d'indiquer le point le plus favorable
INDUSTRIES DIVERSES
L\ cet établissement; on peut dite néanmoins (ju'une exploitation de cette nature devia autant que possible être située à proxinulé de la Fulurc voie ferrée.
Savon. — Une fabi ique de savon aurait également, croyons-nous, chance de succès en Imeiina. En efîet, le savo?i indigène, (pii est cependant d'assez mauvaise (jualité, se vend relativement clier et se débite en assez grande quantité. Comme pour la bougie, les Européens sont obligés de faire venir cet article d'Europe à grands frais. Il y a, d'ailleurs, tout lieu de croire qu'une usine ferait aisément accepter ses produits par les indigènes, qui ne tarderaient pas à en apprécier la supériorité. Dans ces conditions, cette industrie, installée dans la région centrale, trouverait facilement l'écoulement de ses produits.
Bougies. — Les Ilovas emploient beaucoup la bougie. Nous avons vu qu'il s'en fabrique, chaque jour, à Tananarive une quantité considérable. Cette industrie est actuellement, comme la précédente, entièrement aux mains des indigènes qui, avec un outillage et des procédés défectueux, fabriquent des produits de qualité inférieure, vulgaires chandelles qui ne sont guère utilisées que par les Malgaches. Les Européens qui, en raison de la cherté du pétrole, se servent surtout de bougies, sont obligés de les faire venir d'Europe (bougies Fournier de Marseille) ; le paquet de cette marque, du poids de 500 grammes, se vend 1 fr. 50.
Dans ces conditions, il semble qu'un industriel qui établirait une fabrique, en Imerina,à proximité de Tananarive par exemple, serait assuré d'un débouché assez important.
Il est difficile d'indiquer le capital que nécessiteraient l'installation et l'exploitation de cette usine. Nous avons, du reste, donné ailleurs le prix du suif dans plusieurs des régions de l'île.
Allumettes. — Il n'existe dans l'île aucune fabrique d'allumettes; toutes celles qui y sont vendues, et dont il y a une infinité de variétés, sont d'origine étrangère; la majeure partie, quoique portant la marque Suède, vient d'xlllemagne ; il en vient également, mais en petite quantité, du Japon. Cet article donne lieu h un chiffre d'importation assez élevé.
Le paquet de 12 boîtes d'allumettes (marque Red Tulip) se vend actuellement à Tananarive 80 centimes.
La fabrication des allumettes ne demande qu'un outillage des plus simples. Il semble donc qu'un industriel qui entreprendrait cette fabrication serait certain de réaliser d'importants bénéfices avec la seule consommation locale ; il pourrait s'établir en Imerina, à la lisière de la forêt d'Ankeramadinika.
Horlogerie, bijouterie. — Quoique à l'état embryonnaire, cette industrie existe déjà à Madagascar. Nous avons vu, en effet, que les Malgaches, les Hovas surtout, fabriquent quelques bijoux ; toutefois, à part un petit nombre d'exceptions (tels que la couronne royale, la décoration offerte au général
Voyron), ces bijoux sont généralement grossiers et surtout de mauvais goût. Ces défauts proviennent principalement du manque d'outillage et du mauvais choix des modèles, car les Malgaches ont un goût assez prononcé pour le travail des métaux. D'ailleurs, les bijoutiers indigènes sont nombreux à Tananariveet la matière première, l'or tout au moins, se trouve dans la plupart des régions de l'île. Ceux donc de nos compatriotes qui, maintenant ou plus tard, viendront s'établir dans les principales villes pour v entreprendre les réparations d'horlogerie ou la fabrication de la bijouterie, trouveront dans le pays les ouvriers nécessaires, et ils n'auront guère qu'à corriger leurs procédés défectueux et à leur mettre sous les yeux des modèles convenables achetés chez de bons fabricants de Paris. L'École professionnelle de Tananarive est déjà entrée dans cette voie et son atelier d'horlogerie-bijouterie prépare des ouvriers capables de rendre des services aux Européens qui tenteront cette industrie, industrie qui ne peut manquer de se développer avec les besoins des habitants et des colons. D'ailleurs, si, dai.'S la plupart des centres de la côte, la population européenne, encore peu nombreuse, et l'élément indigène, dont les goûts sont encore très primitifs et les besoins de luxe très restreints, ne peuvent offrir pour le moment un important débouché à ces articles, il n'en est pas de même à Tananarive, dont la population dépasse 45 000 habitants, comprenant plus de 700 Européens et, en outre, centre commercial de l'imerina qu'habite près d'un million d'habitants. Un bon bijoutier-horloger pourrait dès maintenant s'y créer un certain courant d'affaires, malgré l'établissement d'une maison de commerce suisse qui tient quelques bijoux et d'un petit atelier d'horloger indigène. La vente des montres chez l indigène augmente de jour en jour, et, par suite, les réparations deviennent de plus en plus nombreuses.
Quant aux bijoux, le goût s'en développe de plus en plus chez les Malgaches à notre contact, particulièrement chez les llovas; mais il importe de remarquer que l'indigène tient avant tout à ne faire acquisition que d'objets d'un prix minime et se laisse séduire surtout par l'aspect extérieur ; le clinquant lui suffit.
Un bijoutier écoulerait aisément des articles, tels que bagues en or ou en argent, boucles d'oreilles en corail sur monture en doublé, réveille-matin en métal blanc, montres en nickel ou en argent ; les épingles de cravate de fantaisie, les chaînes de montre en argent ou en doublé, les bracelets de tous genres seraient aussi de vente facile.
Quant à l industriel qui se proposera de fabriquer sur place, il pourra, soit remplacer les modèles étrangers en cours par nos modèles de France, soit combiner les produits français avec les modèles originaux du pays. 11 devra, à cet effet, se munir des matériaux et de l'outillage nécessaires.
Les chiffres suivants donneront une idée approximative de la dépense que nécessiteraient actuellement l'installation et le fonctionnement d un atelier.
INDLSTRIES DIVERSES.
Devis d'un atelier pour 5 ouvriers :
Première mise de matériaux Vr. 4 000
construction — 000
Installation comprenant , .,, ./.a/.
' ( outillage — 1 000
Paye, par mois — 180
Matériaux, par mois (en jlehors des métauv précieux) ... — 50
Produit brut — 600
Parfumerie. — Nous avons vu que la rose réussit très bien dans la région centrale de l'ile (à Ambositra, à Fianarantsoa, à Tananarive, etc.), et qu'elle y est très parfiunéc.
La culture en grand du géranium odorant, essayée depuis quelques années sur la côte Est, a donné de bons résultats; l'essence de géranium a, il est vrai, moins de valeur que celle de rose, mais la plante est d'une culture facile et a l avantage de rapporter immédiatement. Un hectare peut contenir jusqu'à 40 000 pieds, qui donnent 50 000 kilogrammes de feuilles, fournissant seulement de 60 à 75 kilogrammes d essence. C'est une industrie qui n'exige pas un gros capital ; la fabrication se fait sur place, sans appareils bien coûteux, et l'écoulement du produit paraît assuré. 11 y a tout avantage à mener une telle exploitation de front avec d'autres cultures ou industries ; la culture du géranium peut, en effet, être accompagnée de celle de l'héliotrope, de la verveine, du patchouli, etc
Ces produits seraient surtout destinés à l'exportation; mais il faut remarquer qu'ils trouveraient dans le pays même quelque débouché, car les femmes malgaches, principalement les Hovas de Tananarive, ont un goût très prononcé pour les parfums; jusqu'ici, elles les achètent chez les Indiens ou aux marchés ; mais un fabricant ou négociant qui leur livrerait cet article à bas prix (car c'est toujours là la question avec les indigènes) serait assuré d'une certaine clientèle.
Huilerie. — Il n'existe encore aucune huilerie à Madagascar. Nous avons vu cependant au chapitre des « Produits végétaux » que les plantes oléagineuses sont nombreuses dans l'ile, arachides, cocotiers, ricin, etc., auxquelles il faut ajouter le seva, arbuste très commun en ïmerina, dont les indigènes utilisent le fruit pour la fabrication d'une huile d'éclairage qu'ils emploient beaucoup, et le badamier (hatafana) qui est fort commun sur le littoral.
H y a tout lieu de croire que, soit dans l'intérieur pour la consommation locale, soit sur le littoral pour la consommation locale et l'exportation, cette industrie aurait de grandes chances de succès.
Plumes. — Nous avons passé en revue la plupart des oiseaux intéressants de Madagascar; quelques-uns présentent un plumage assez riche, d'une certaine valeur marchande. L'aigrette, pour ne parler que de celui-là, très commune dans quelques régions, notamment dans le sud de Betsileo, pourrait, semble-t-il, donner lieu à un certain trafic ; ses plumes fines sont, en effet, très appréciées. On pourrait peut-être, en outre, essayer d'acclimater à Madagascar certains oiseaux de la Nouvelle-Guinée, tels que les oiseaux du
Paradis, les gôuras et les pigeons INicobar. L'absence de grands carnassiers, de singes et autres animaux friands d'oiseaux et de leurs œufs favoriserait cette acclimatation, et l'industrie plumassière serait assurée d'une ressource qui lui manquera probablement bientôt en raison du massacre continu qui se pratique en NouYcUe-Guinée (Caustier).
Chaux. — Le mètre cube de chaux se vend actuellement à Tananarive (en mai 1898) 60 francs. 11 existe, cependant, quelques gisements de calcaire, et l'industriel, qui non seulement en entreprendrait en Imerina la fabrication, mais encore se chargerait du transport à Tananarive, serait certain de réaliser de beaux bénéfices. Il n'aurait guère qu'un concurrent, M. Dœrrer, récemment déclaré adjudicataire des carrières de Mahatsinjo.
Sur la côte, le prix de cette matière est bien moins élevé; elle peut, en effet, être fabriquée un peu partout, en raison de la présence de nombreux bancs de coraux.
Papier. — On peut présumer que certains végétaux de notre nouvelle colonie, comme le ratia, par exemple, fourniraient une bonne pâte à papier; cependant, croyons-nous, aucun essai n'a encore été fait dans ce sens. H semble pourtant, surtout en raison de la cherté actuelle des transports, qu'une fabrique de papier aurait en Imerina un débouché avantageux. Il n'existe pas moins de trois ou quatre imprimeries à Tananarive (Imprimerie officielle, Imprimerie des Pères et Imprimerie de la London Missionary Society).
Indigoterie. — Xous avons vu que l'indigo vient très bien à l'état sauvage sur beaucoup de points de Madagascar. Une indigoterie établie sur le littoral, à proximité d'un bon port, à Majunga, par exemple, aurait quelque chance de réussite.
Décortiqueuse. — Enfin, l'emploi de décortiqueuses soit pour les plantes textiles, soit pour le paddy, rendrait incontestablement les plus grands services.
Pour ce qui concerne le paddy, on ne peut qu'être surpris qu'un industriel n'ait pas encore songé à substituer l'action mécanique au travail si fatigant du pilon manœuvré à la main. Comme moteur, indépendamment de l'eau qui se rencontre partout, on pourrait très avantageusement employer le vent qui souffle presque constamment et régulièrement; des moulins construits pour cet usage seraient très utiles à proximité des grands centres, notamment de Tananarive. Nous n'hésitons pas à croire que les indigènes s'empresseraient d'y recourir.