Locamus : Madagascar et ses Richesses
INDISTRIES DIVERSES.
Deux industriels consciencieux, et travaillant eux-mêmes, pourraient entr(;tenir chacun un atelier de 20 à 25 ouvriers menuisiers indigènes, dont la journée se paye de 1 franc à 1 fr. 50. Le travail produit ne représente, il est vrai, que la moitié du travail d'un Européen; mais, par un sage emploi du forfait à la tâche, le prix de revient des objets fabriqués se trouve considérablement diminué, et on pourrait facilement arriver à gagner 50 ou 40 pour 100 de la production. Mais la première condition, pour réussir, est de constituer des approvisionnements qui, pour le moment, font complètement défaut; il faudrait, pour cela, installer une scierie mécanique, hydraulique ou à bras, la route d'étapes permettant dès maintenant le transport par charrois.
Voici quel serait approximativement le budget d'un atelier pour vingt ouvriers.
Installation de l'atelier :
Construction .... * Fr. 4 000
20 établis — 1 000
Outillage (200 francs par ouvrier) — i 000
Approvisionnement de bois — 4 000
ToTu 14000
Paye, par mois Fr. 900
Matériaux, par mois — 450
Produit brut, par mois — 2 000
Un atelier de quelques ouvriers pourrait également être installé à Tamatave et à Fianarantsoa.
Forge, fonderie. — Dans les chapitres des « Produits minéraux et des Industries actuelles » (chapitres III et IV de la 5*" partie), nous nous sommes étendu assez longuement sur la situation actuelle de la métallurgie du fer à Madagascar ; il nous reste à examiner si cette industrie présente actuellement des débouchés pour des Européens qui s'y livreraient dans notre colonie.
Le travail de la forge en lui-même, pris isolément, ne saurait être rémunérateur à Tananarive ou dans toute autre ville malgache ; un forgeron européen, travaillant en petit pour son compte, ne pourra réaliser de ce chef que des bénéfices insignifiants, tant que les travaux d'art, la serrurerie de bâtiment entre autres, n'auront pas pris plus d'extension. Or, on ne commencera à bâtir sérieusement que du jour où la question des transports aura reçu une solution. Il n'y a donc aucun intérêt à faire venir actuellement à Tananarive des Européens exclusivement forgerons, dont la seule ressource serait d'être employés dans les ateliers de l'administration, et le nombre de ces employés est très limité.
II n'en serait pas de même de l'installation en grand d'une forge et fonderie, qui, dès maintenant, aurait un revenu assuré, soit dans la confection rapide et à bon marché des outils de culture, soit dans celle des ustensiles