‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 21 sur 46 · Venit in terram Genesanorum\ Lemones mittit in poï^cos · texte numérisé non relu

Venit in terram Genesanorum\ Lemones mittit in poï^cos

6. ® Yairus princeps orat pro filia infirma': Et sanata est'.

7. e Qui sequitur me tollat cricceml Tan-git fimbriam \ Mittit discipulo s \

8. ® IC XC'i Trahunt retel lesus cum Simone] Stagnum Genezarethl

9. ® Christus, Maria et Martha • Eœit demon de adultéra] Leprosus curatur]

La dernière colonne (au s. o.) offre les inscr.s suivantes :

1. ® Turba obviât lesu cum ramis palmarum\ Cena Domini': lesus lavât pedes 'i

2. ® Apostoli dormiunt': Christus orat] ludas praecio recepto prodit lesum osculo •

3. ® Apmputat {amputât) aurem] .Ducunt lesum captum l Scindit vestem • Ancilla ad Petrum •

4. ® Reddit ludas precium ! Gallus canit l Flet Petrus'i Interrogat lesum Pilatusl

5. ® Laqueiis lade \ Lavât Pilatiis manus • ^raditur lesiis militihus fiagellatits \

6. ® Christits ditcitur ad crucifigendum \ Agnus cruciflgititr cicm miquisl Custoditur sepulchrum •

Au lieu du Christ on voit dans un disque, placé à l'intersection des deux branches de la croix, un agneau : il est à noter, que le canon 82.® du Concile Quinisexte abolissait en 707 cet usage très-ancien. Le sculpteur de cette colonne ne savait certes rien de cette abolition, et probablement il ignorait même, qu'il y eut eu un Concile Quinisexte.

7. ® Surgimt corpora Sanctoritm \ Eœpoliatio inferii Apparitio Domini ad discipulosi

8. ® + Ascensio Christi ad coelosl apostolis mm miratione aspicientibus \

9. ® -\' IHS sedet in gloria celesti adstantihus ordinibus Angelorum.

L'autel est tout-à-fait moderne, car il date de 1835, an dans lequel on y plaça le corps de S.^ Marc. Malheureusement il est en plein désaccord avec tout le reste de la Basilique. Parmi d'autres défauts il manque des balustrades qui bordent latéralement presque tous les autels en S.^ Marc. Et cependant on avait assez d'espace, puisque cet autel a en longueur m.^ 3.23 et 1.56 en largeur. Fr. Lazzari en donna le dessin.

On a cru bonnement suppléer au mauvais style par la richesse et les ornements.

La table, un monolithe de brocatelle véronais, antérieurement et postérieurement fait saillie en s'appuyant sur huit colonnettes de

cipolin aux chapiteaux et aux bases de bronze ; sur les côtés il y a deux grandes et belles plaques quadrilatères de porphyre oriental.

La partie antérieure de l'autel est recouverte à son milieu de vert antique, et de côté entre les petites colonnes il y a deux basreliefs en bronze, anépigraphes et représentant les saints Marc et Théodore ; ce sont des ouvrages de Barth. Ferrari. La partie postérieure, revêtue latéralemente de vert antique, est dans sa partie centrale en cipolin ; on y lit en grandes lettres dorées : Corpus Livi Marci Evangelistae,

Quant au pavé du presbytère il n'y a à noter qu'une seule particularité. un mètre environ de l'autel du côté de l'Evangile on y voit un grand coeur qui contient un corne ducal blanc sur une espèce de bonnet : on prétend, qu'on y ait enterré dessous le coeur d'un doge.

Avant de décrire en détail la Pala d'orOy chef- d'oeuvre d'orfèvrerie et de joaillerie, je trouve convenable d'en parler sous le rapport historique.

La première chronique, qui fasse quelque mention de cette Pala^ est celle communément attribuée à Sagornino. On y est dit,, que le doge Pierre Orseolo (976-978) commanda à Constantinople une table {tahitlam) d'or et d'argent, et qu'il voulait, que le travail en fût d'une grande beauté {miro opère) : elle devait orner l'autel de l'église S.^ Marc.

Or, ce texte de la plus ancienne parmi les chroniques vénitiennes (XL® siècle) pourrait

donner lieu à trois questions: l.« Cette table a-t-elle été réellement exécutée et envoyée à Venise? 2.® Dans le cas affirmatif, la pala byzantine est-elle l'entière Pala actuelle, ou seulement une de ses parties, et laquelle ? 3.® S'agissait-il d'un devant-autel, ou d'un rétable ?

Quant à la première, il n'est pas à présumer, qu'un artiste de Constantinople négligeât à se prêter à une commande du Doge vénitien : je suis donc d'avis, qu'on travailla dans la métropole de l'Orient la table d'or et qu'ensuite on l'envoya à Venise. Quelquesuns soutiennent le contraire, en s'appuyant à ce qu'aucune chronique postérieure ne fait mention de cet envoi ; mais ce n'est qu'un argument négatif qui dans le cas présent ne prouve rien.

Par rapport à la deuxième question, il est plus que probable, que la seule partie supérieure de la Pala actuelle soit la table exécutée à Constantinople par commission du Doge P. Orseolo. Celle-ci offre dans toutes ses parties les caractères les plus prononcés de l'art byzantin, et toutes ses inscr.^ sont en grec, pendant que l'autre est un mélange de travail or. et occ, et que la plupart de ses inscr.^ sont en latin. En outre la partie supérieure est exclusivement en vermeil, tandis que dans l' inférieure toutes les plaques émaillées sont en or.

Je penche à croire, que le Doge avait commandé un rétable, et non pas un devantautel, puisque la hauteur de cet objet ne dépasse pas soixante-quinze centimètres, et il

n'aurait pas servi à couvrir la partie antérieure de Tautel de S.^ Mare, tout bas qu'il fût lors de sa première construction.

Il paraît, que cette partie de la Pala d* oro n'a subi aucune modification importante dans les siècles suivantes ; mais ce n'est pas ainsi de l'inférieure, qui (comme on verra dans la suite) a deux épigraphes latines, où sont enregistrées ses différentes époques.

Sans en torturer le sens, je crois qu'il en résulte :

1."^ Qu'en 1105 sous le dogat d'Ordélaphe Falier on travailla la partie inférieure de la Pala d'ovo^ en l'enrichissant de pierreries.

2.1^ Qu'en 1209 cette partie fut renouvelée par ordre du doge Pierre Ziani au temps du procurateur Ange Falier.

3.^» Qu'en 1345 elle eut une autre restauration : il y avait alors deux procurateurs, et André Dandolo était doge. À propos de cette restauration on a découvert au temps de la dernière (1836-1847) le nom de deux artistes, savoir de l'orfèvre et joaillier, et du menuisier ; voici les deux inscr.^ : MCCCXLII, Ipas Bonesegna (Jean Paul Bonensegna) me fecit, Orate'pro me. - MCCCXLV, Ade 9 Ago. Maistro Perin me fodare de legname. (Ce 9. Août maître Perin, Pierre, a fait ma charpente en bois.)

11 serait impossible de dire en détail en quoi aient consisté les deux restaurations précédentes ; sans doute on fit plusieurs additions à la Pala qui fut beaucoup remaniée dans presque toutes ses parties.

Pendant cinq siècles la Pala d'oro n'eut plus de restaurations importantes ; c'est pourquoi elle était dans un état pitoyable à la fin du dernier. À cela cependant on doit, si nous admirons encore sur l'autel S.^ Marc ce précieux monument de Fart italo-byzantin, car il échappa en 1797 au creuset des démocrates. Ils ne savaient pas, que la Pala était exclusivement d'or et d'argent, et ils craignaient que le prix du charbon ne surpassât le revenu de la fonte.

Enfin dans ce siècle la Pala fut complètement et très-bien restaurée par les orfèvres vénitiens Laurent et Pierre Fayro surnommés Buri (père et fils) ; ils y travaillèrent dès 1836 jusqu'à 1847. Ce fut le 13 mai de cette année, fête de l'Ascension, que l'on inaugura la restauration de la Pala ; le patriarche Cardinal J. Monico lut une homélie relative à la double solennité.

Je dois noter, que le vocable Pala (actuellement en usage dans toute l'Italie, mais qui n'a pas encore été accepté par l'Académie de la Crusca) correspond à rétable ou tableaic d'autel

Jusqu'à la fin du dernier siècle la Pala était soutenue par deux colonnes situées derrière et tout près du maître autel. Elle était un diptyque, dont la partie supérieure se pliait de haut en bas sur l'inférieure au moyen d'un moulinet, en en couvrant la moitié. Antérieurement il y avait un tableau peint sur bois qu'on appelait Pala feriale, et postérieurement la Pala était couverte d'un autre

tableau aussi sur bois ; je parlerai bientôt de l'un et de Tautre.

Derrière s'élevaient deux grandes colonnes de vert antique ; sur celle du côté de l'épître était debout la Vierge, et sur l'autre à genoux l'archange Gabriel : le grand autel était anciennement dédié à l'Annonciation.

Passons à décrire la Pala^ qui est sans contredit la plus précieuse et la plus belle parmi celles qui ont pu échapper aux ravages des siècles et à l'avidité des hommes. Je partagerai cette description en deux sections, en disant d'abord de la partie supérieure, et après de l'inférieure de la même Pala,

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