PARTIE SUPÉRIEURE DE LA « PALA d'ORO
Cette partie, toute en vermeil et avec ses înscr.s exclusivement en grec, comprend un carré central et six tableaux latéraux, chacun sous une arcade byzantine soutenue par deux colonnettes cannelées. Son fond est parsemé et décoré de médaillons et de pierres fines.
Dans le carré central il y a un grand médaillon à huit côtés (quatre angles droits saillants et quatre demi-cercles): on y a représenté l'archange Michel entre deux séraphins hexaptères; au-dessus on lit: OAPMHA: il est debout, porte sur son front la colombe, symbole de l' immortalité et tient dans sa g. le labarum avec le mot AriOC trois fois répété. Les vêtements de l'archange sont d'une grande richesse et gemmés. Tout autour il
y a seize médaillons, dont quatre, un peu moins petits que les autres, touchent de près la périphérie du grand médaillon. En haut on voit à g. et à dr. l'image de N. S. avec ses mon. 5 ; et dans la dernière on lit : 6 àvTL^pcovTjTYiç (le garant, le médiateur): les deux autres médaillons contiennent les bustes des évèques Grégoire, le Thaumaturge, et Cyrille, tous deux portant Tomophore. Les douze médaillons ont les images du Précurseur, de six Apôtres (Pierre, Paul, André, Philippe, Barthélémy et Mathieu) de deux Docteurs (Jean Chrysostome et Basile) et des martyrs Pantaléon, Théodore et Tryphon.
En parlant des six tableaux, je commencerai à g. Le premier représente l'entrée triomphale de Jésus en Jérusalem : on y voit ie Messie monté sur une ânesse blanche devant la porte de la ville ; des enfants, dont \m est grimpé sur un arbre, jettent sur son passage des rameaux et des vêtements; inscr.: H' Baïocpdpoç (la fête des Palmes). Le médaillon au-dessous offre S.^ Mardarius.
Dans le deuxième tableau il y a la Résurrection, ou pour mieux dire, la Descente mix Limbes, dont N. S. délivre Adam, Eve et trois Patriarches ; on y lit : H' 'AvàaTaGiç. Au-dessous on voit dans un médaillon le buste de- S.^ Léonidas.
Le troisième tableau, qui devrait chronologiquement occuper la place du précédent, représente la Crucifixion (H' CTaupwcrtç). Sur la croix il y a une tablette avec les mon.« •JG XG, et latéralement deux anges. Le Christ,
blessé au côté, appuie sur un petit escabeau (sous lequel on voit un crâne) ses pieds séparément cloués. S.^ Hermolaûs est représenté dans le médaillon inférieur.
Avant de parler sur les trois tableaux de l'autre côté, je note, que latéralement au premier (la fête des Palmes) il y a quatre petits médaillons du haut en bas avec le buste des saints Jean le théologien (Evangéliste) Jean . . ., Barthélémy et Théodore; et qu'en haut on voit disposés horizontalement deux médaillons entre deux petites niches ; les premier» offrent les martyrs George, le rpoTra^wTo; c'està-dire le vexillaire, et Mardarius; dans les niches il y a les images de la Mère de Dieu et du Précurseur.
À présent on va décrire les trois tableaux à dr. En haut du premier dans un ovale il y a le Christ porté au ciel par deux anges et qui bénit à la latine : en bas sous un arbre à deux longues branches on voit la Vierge entre deux anges, et les douze Apôtres; inscr.: H' 'A>jcl1\j^iç (l'Ascension). Dans le médaillon au-dessous il y a S.^ Damien.
'H n£VTri/-0(7T7î est le titre du tableau suivant qui offre les douze Apôtres assis sur des chaises disposées en forme semi-ellipsoïdale autour d'un bel arc surhaussé qui s'élève sur deux colonnes. Tous les Apôtres, hormis les deux sur le devant, sont réunis ou à l'arc ou aux colonnes par une bandelette. En haut il y a un petit demi-disque étoilé, duquel descendent douze rayons très-courts et dont chacun a une flamme. Sous l'arcade deux per-
sonnages, run blanc et l'autre nègre, parlent ensemble, et ils représentent le monde entier que les Apôtres allaient bientôt évangéliser: alors on ne connaissait sous le rapport des couleurs que la race blanche et la noire. L'image de S.^ Pantaléon est effigiée dans le médaillon au-dessous.
Enfin le dernier tableau représente la mort de la^S.^,^ Vierge; en voici le titre : 'H Koi[j.riGiç TTiÇ 0k8 (Osotoz-ou) c'est-à-dire la Dormition (Mort) de la Mère de Dieu. En haut un demidisque étoilé représente le ciel, et il y a deux anges qui en descendent vers la terre ; latéralement s'élèvent deux édifices et en bas sur une estrade on voit le corps de la Vierge à demi-couchée.Par derrière il y a une femme habillée en vert; elle doit être agenouillée et soutenir la tète de Marie : tout près d'elle N. S. debout tient dans ses bras une petite enfant emmaillottée. Selon les usages de l'iconographie des orientaux cette Enfant est l'àme de la Vierge défunte. (V. p. 127.).
Il y a aussi quatorze personnages, sept à la tête et sept aux pieds de l'estrade : des deux antérieurs celui à g. tient un encensoir, et r autre est incliné sur le corps de Marie dont il paraît vouloir baiser les pieds. Cyr est le Saint émaillé dans le médaillon audessous.
Ces trois tableaux (comme les autres à g.) offrent latéralement quatre petits médaillons portant les images de la Vierge et des saints Pierre, Marc et Démétrius, et au-dessus deux autres médaillons avec les martyrs
Eugène et Auxence, placés entre deux niches oh Ton a représenté les archanges Michel et Gabriel.
Le partie supérieure de la Pala est bordée tout autour par deux cadres en vermeil: l'extérieur (plus mince que l'autre et parallèle au plan de la Pala) est joliment orné de rinceaux et de fleurs ; par rapport à l'intérieur, qui est incliné au plan de la Pala de 45.^ environ, il offre quatorze petits carrés et quatre médaillons, tous en émail et figurés ; on y voit les images de l'archange Michel, de l'évangéliste Matliieu, et des martyrs suivants : Acyndinos, Auxence, Bacchus, Elpidéphore, Eugène, Eustrace, George, Oreste, Pigase, Procope, Prochorus, Serge etc.
Outre ces émaux ce cadre offre dix-huit images ciselées en vermeil, savoir, aux angles les emblèmes apocalyptiques des Evangélistes, et sur le contour quatorze Saints anépigraphes et alternés avec les émaux.