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SACRISTIE

a sacristie se trouve au ii. e. du presbytère, et elle est formée de trois pièces, savoir, de la sacristie proprement dite, de Tantisacristie capitulaire et de Tancien Santo-Uffizio^ aujourd'hui sacristie réservée au chapitre canonical.

Quant à la première, je crois pouvoir affirmer, sans crainte d'être démenti, que c'est la plus belle sacristie du monde. C'est dommage, que l'entrée par la chapeliers.* Pierre soit l3ien loin d'y correspondre. À côté de cette entrée il j en a une autre vers le presbytère, fermée par la magnifique porte en bronze dont on a déjà parlé.

Sur le pilastre entre les deux entrées un petit bénitier en bronze est surmonté par une belle statuette du même métal, qui y fut placée il n'est pas encore vingt ans et qui se trouvait dans le bureau de la Présidence des neuf Congrégations du clergé vénitien. Or, comme on devait raser cette maison et (ce qui a été bien plus fâcheux) le clocher contigu, baroque tant que Ton veut, mais Tunique dans la chrétienté de forme pentagonale, pour agrandir une place, la Présidence en fit généreusement cadeau à la Basilique.

C'est un S.^ Jacques, don d'un curé et archiprêtre de la Congrégation de S.^ Sylvestre selon l'inscr. : Pleh : S. lac : de Liip : (Luprio, un des anciens quartiers de Venise) Archipresh. Côgreg, S, Silv.

Le donateur est probablement Jean-Marie da Ponte, curé de la paroisse S.^ Jacques et qui fut le chef de la Congrégation de S.^ Sylvestre dès 1567 jusqu'à 1606.

La sacristie de S.^ Marc est un grand rectangle, qui à deux tiers environ de sa longueur est divisé en deux parties par une basse balustrade en noyer, coupée à dr. et à g. pour laisser libre la communication.

Le pavé de la sacristie n'est pas en mos., mais en dalles carrées de brocatelle rouge et de marbre blanc, alternées, et cela de la porte jusqu'à la susdite balustrade ; après il est tout en mélèze et élevé d'une marche. Quant aux fenêtres il y en a sept, quatre latérales carrées, dont la forme est en plein désaccord avec tout le reste, et trois au fond.

Les mos.s de cette sacristie jouissent avec raison d'une très-grande renommée et par la finesse du dessin et par la parfaite exécution ; il serait en effet bien difficile de trouver quelque chose de plus élégant et de plus beau. Quelques-uns des cartons ont été faits par le Titien, d'autres par Pordenone.

Au milieu du plafond on admire une grande croix latine, au centre de laquelle il y a dans un médaillon N. S. étendant sa dr. pour bénir et tenant un livre dans sa g., et dans les quatre branches les Evangélistes avec leurs emblèmes apocalyptiques. Sur le livre tenu ouvert par S.^ Jean on lit : In p7^i7icipio er. . , . Outre ces cinq médaillons il y en a trois autres, un dans la branche supérieure de la croix et deux dans l'inférieure, tous magnifiquement ornés.

Près du bord de cette croix au n. sur un fond blanc on lit ces quatre initiales S I O V : ce n'est pas facile de les interpréter, cependant je me hasarde à les lire ainsi : ZIO. V. (Venetus). Un des M.^ qui travailla en 1524 à orner le plafond de la sacristie était le prêtre Albert Zio. Par rapport au Z remplacé par un S il faut noter, que dans le dialecte vénitien il n'y a aucune différence de prononciation entre ces deux consonnes.

Tout autour de la grande croix on voit seize médaillons, chacun avec le buste d'un prophète. En commençant à la porte d'entrée et se tournant à g., on trouve : l."' David; le contour du médaillon porte le 2.® verset du Ps. 119 : Domine libéra animam meam a

lahiis iniquis. 2."^ Ezéchiel ; on y voit le nom du M : Franciscus Zicch, F. 3."^ Nahum. 4."* Michée. 5."^ Osée. 6."^ Daniel. 7."^ Joël. 8."» Isaïe ; il montre le texte suivant : Gloria vesira in brachio forti. Autour de ce médaillon il y a trois petits quadrilatères à fond blanc; celui en haut et l'autre de côté offrent des notes de plain-chant ; dans l'inférieur on lit : . . . Sapie7icie timor Loinini (Ps. 110. V. 9.) 9."^ Jérémie. 10."^ Amos : entre ces deux derniers prophètes il y a un petit carré avec : Do7ni7ius dédit. 11.™ Jonas. 12.°* Abdias. 13."* Zacharie ; en bas on lit: Prèshyter Albertus F, C'est le prêtre M. Zio, de façon que, si j'avais déviné juste rapport aux initiales SIOV, les deux petites inscr.^ se compléteraient entr' elles : {Preshyter Albertus Zio Venetus Fecit), 14."* Salomon ; tout autour on y lit: Vita carniiim sanitas cordis^ ^utredo ossium invidia (Prov. XIV. 30.).

Tous ces prophètes sont nimbés et tiennent de leurs mains une bande blanche qui, se déroulant en haut, leur sert presque d'auréole et qui offre leur nom et leur titre.

11 y a des demi-lunes ou, en parlant plus exactement, des triangles mixtilignes au nombre de dix-sept sous autant d'arcades ogivales ; trois sur la muraille occ, sept au n. et sept au s., chacune avec l'image d'un Saint debout. Dans le triangle sur les portes d'entrée on voit la S.*^ Vierge avec l'Enfant et majestueusement assise sur un trône dont la marche inférieure a cette inscr. : Marcus Lucianus Riccius V. F. MDXXX.

Dans le triangle à dr. de la Vierge il y a S.* Théodore avec le nom du M. {Franciseus Zuccatiis) et dans Topposé S.^ George, exécuté par le même artiste, mais qui se limita à y écrire ses initiales (F. Z.). Sous les images de ces deux martyrs ou voit deux cadres dont chacun renferme S.* Jérôme en mos. ; celui au n. fut travaillé par Barth. Bozza, et Tautre par Dom. Bianchini surnommé le Rossetto.

Dans la demi-calotte sur les deux ^ portes les Zuccato ont représenté le Père Eternel entouré d'anges (mos. restaurée en 1621 par Jacques Pasterini), et dans les demi-lunes sur les deux grandes murailles il y a debout les treize Apôtres et S.^ Marc: ils sont tous anépigraphes, mais on reconnaît aisément tout près des fenêtres S.* Pierre (n.) et S/ Paul (s.) ; ce dernier a été tout-à-fait renouvelé par \q m. Moro, il y a une trentaine d'années.

A dr. de qui entre dans la sacristie une porte masquée introduit dans une petite cour sur laquelle donne l'abside heptagone de la nef centrale de l'ancienne église basilicale. Plus avant, tout près de la balustrade en bois, il faut donner un coup d'oeil au beau lavabo de marbre blanc, sculpture des premières années du XVII.® siècle.

Il reste à parler des travaux en bois et des marqueteries ; à cet effet on doit distinguer la sacristie en deux parties : la première (de la porte à la balustrade) a ses murailles du sol jusqu'aux fenêtres recouvertes par des bancs et des revêtements en noyer :1e dessin

correct et élégant est de Sansovino ; Texéciiteur fut Maître Santo de Antonio marangoiv (menuisier) en 1554.

Dans la seconde partie trois grands bancs sont adossés aux murailles pour y garder les ornements et les autres objets sacrés qui servent presque tous les jours au culte : sur les petits volets qui les ferment on les voit joliment dessinés en marqueterie. Ces bancs furent travaillés à la moitié du XV.® siècle par Laurent Canozzi, né à Lendinara (petite ville du Polésine) et mort le 20 mars

Tout au-dessus les murailles sont revêtues de belles marqueteries ; V or. sous les fenêtres présente dans sept panneaux des édifices et des perspectives ; on les croit un des meilleurs travaux d'un frère olivétan du couvent S.^^ Hélène (îlot des lagunes) nommé Sébastien ; il était natif de Rovigno, villa de ristrie, et connu sous le sobriquet de Frate Schiaon ; il mourut en 1505. Il est probable qu'il eût à collaborateur maître Bernardin Ferrando, bergamasque.

Les quatorze panneaux sur les murailles latérales (beau travail en marqueterie de la fin du XV.e siècle et du commencement du XVI.®) représentent plusieurs faits de la vie du saint patron de Venise, entr'autres la guérison du savetier Anien. Sous le 2.® et 3.® à g. on lit : Antonhis et Paulus de Mantua fratrès ingenio et lahore confecerimt ; et sous le 5.® à dr. : Opus Antonii et Paidi fratrum de Mantua. Probablement ils avaient dans

leurs travaux pour compagnons un véronais, élève du Fraie Schiaon^ (le frère Vincent dalle Vacclie) et un frère Damien.

Ces marqueteries ont été restaurées à plusieurs reprises, et dans une des dernières restaurations on aura détruit un tétrastique latin qu'on y lisait, selon l'assertion de l'auteur de La Basilica Ducale etc., et dont il résulterait, qu'en 1496 un certain Thomas Astori, florentin, y avait travaillé : voici ces distiques :

Milltbus exactis centum et guater Astorus annis Nonagintaque sex circuit ista Thomas.

Hoc opus exegit, genuit Florentia quem jam, Composuit Thomas, hic fuit Astorius.

Vis-à-vis du lavabo par une porte masquée on entre dans l'antisacristie capitulaire, qui contient les archives paroissiales et qui n'offre rien de remarquable ; il n'y a qu'un autel : par un escalier étroit on descend au canal de canonica et à la cour homonyme.

Quant à la sacristie canonicale, elle contient une quarantaine de tableaux dont un seul est de bon auteur ; c'est la sainte Famille par J. B. Tiepolo, jadis appartenant à l'église S.^ Julien; ensuite trente-et-un portraits de primiciers ducaux, et l'on vient d'y placer une toile avec les portraits des trentesept patriarches qui ont occupé le siège de Venise. C'est un présent de M.^ J. Dell'Andrea au chapitre en souvenir de feu son frère chanoine à S.^ Marc.

Cette sacristie manque d'autel, mais il y a un rétable en mos. qui autrefois se trou-

vait à Tancienne église de S.^« Maria Nova ; on y a représenté S.^ Pierre Acotanto distribuant des aumônes aux pauvres ; sous le rapport artistique il n'offre rien de remarquable.

J'espère qu'on remplacera cette mos. par une autre qui a les mêmes dimensions et qui appartenait autrefois à la sus^dite église, et qu'actuellement on restaure dans la chapelle du Baptistère : c'est un très-beau travail des frères Zuccato sur les cartons de Bonifacio. Ils y ont représenté S.* Victor, vénéré par quatre prêtres dont un porte l'étole au cou (sans doute le clergé de la petite paroisse de S^'^ Maria Nova) et par deux vieillards, homme et femme, qui ne sont visibles qu'en partie. On y lit en bas : Quod arte et coloribus pictor^ hoc Zuchati fratres ingenio et saxis, M.D,LVIIIL

À propos de cette belle mos. on lit dans Fl. Corner : Ad D. Victorii aram ejus effigies texellato opère conspicitur a fratribus ZuQcatis laudabiliter efformata.

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