‹ Guide de la Basilique St. Marc à VeniseChapitre 4 sur 46 · PARTIE Ii · texte numérisé non relu

PARTIE Ii

omme on a déjà noté, Télévation de la Basilique S.^ Marc n'est pas considérable, si on la compare à S.* Pierre de Rome et aux trois géantes ogivales, les cathédrales de Cologne, de Strasbourg et de tienne en Autriche (m. 140, 137, 133, de hauteur) ; cependant elle offre un magnifique coup d'oeil à la fois agréable et imposant.

Il faut remarquer ici, que les quatre flancs de la place S.^ Marc ne forment pas un rectangle régulier ; ainsi, en prolongeant une perpendiculaire tirée du plan de la façade de l'église, elle, au lieu d'atteindre l'aile opposée du Palais royal, aboutirait à n. e. aux Procitratie vecchie, et précisément dans le café degli Specchi.

Les trois façades principales de la Basilique donnent sur la piazza^ sur la piazzetta et sur la petite place dei leoni. Quant au reste de la périmétrie de l'édifice, comme les deux palais ducal et patriarchal y sont adossés, ainsi il n'y en a à découvert que quelques parties; je me réserve d'en parler ailleurs. (V. Chapelle S.^ Pierre et Sacristie).

Ces trois façades (occ. sept, et mér.) sont à deux plans ; le supérieur est la continuation de bas en haut du périmètre de l'église proprement dite ; l'inférieur embrasse tout le vestibule, sur lequel s'étend de trois côtés une galerie ou terrasse, bornée par une balustrade de colonnettes à hauteur d'appui, et qui est de la même largeur que le vestibule; au-dessous et tout autour de nombreuses gouttières en marbre, qui se suivent de près et qui sont dénuées de tout ornement, servent à faire écouler les eaux pluviales. Quant aux colonnes, les trois façades en ont un nombre fort considérable, et toutes en trèsbeaux marbres orientaux; sous la terrasse, elles sont séparées en deux rangs par un stylobate, qui n'est interrompu que par les niches où s'ouvrent des portes ou des fenêtres.

Il y a à noter, que les colonnes à qui le stylobate sert de base sont plus nombreuses que les inférieures, dans la proportion tantôt de deux à une, tantôt de trois à deux etc.

Ces façades présentent supérieurement douze arcades en plein-cintre : on les avait d'abord bâties en style byzantin, mais après elles furent toutes couronnées en style ogival avec

de grandes feuilles rampantes, et entr'elles on éleva treize clochetons. Voilà une preuve de la réaction antibyzantine qui se développa à S.^ Marc après la conquête de Constantinople. A ce propos que l'on regarde au s. vers le palais des Doges les deux anciennes arcades byzantines qui font suite aux autres ; Ton a cru inutile d'en altérer la forme, puisqu'elles étaient là presque cachées par le Palais.

En commençant à parler en détail des façades de S.^ Marc, et en premier lieu de la partie supérieure de l'occ, je noterai, que sur son pignon se dresse la statue du Saint patron, bénissant à la latine et tenant un livre dans sa g., et que plus bas, à dr. et à g., parmi de grandes feuilles rampantes on voit six anges en marbre aux ailes métalliques dorées, qui à genoux vénèrent 1' Evangéliste.

Dans le triangle curviligne au-dessous il y a en cuivre doré un grand lion sur fond azur parsemé de petites étoiles en or ; l'animal symbolique tient le livre sur lequel on lit: Pax tihi Marce Evangelista meus. L'ancien lion avait été détruit en 1797 par les démocrates, mais le 13 juillet 1826 il fut remplacé par l'actuel : dans cette occasion on y plaça un parchemin, renfermé dans un cylindre en verre, avec l'inscr. suivante : Francisco I.^ Austr, Imp. et rege D. N, Clementissimo. Ladislao Pyrkerio Venetia7\ Patriarcha, Ad memoriae peremiitatem - Simulacricm Veneti leonis ex aere ficso ever-

Mtm cum repuhlica anno MLCCXCVII aere caelato anno MDCCCXXVI mense iidio ad archetypiim Caietani Ferrari sculptoris, Antonio de Girardis caelatore, Antoniits Diedo, lacohus Ghirlanday Francisais Lazzari, Angélus Minio, prœpositi fahricae aedis Marcianae, restitue^idum curarunt, Prœsidentibus operi per/îciundo bonarum a7Hium professoribus Aloysio Zandomeneghi, losepho Borsato, Bartholomaeo Ferrari,

L'archivolte, qui contourne la grande fenêtre, est d'une ornementation en bas-relief d'une exquise élégance et finesse; on le croit sculpté par maestro Bartolomeo, ou du moins par quelqu'un de ses meilleurs élèves ; on y a représenté les anciens patriarches Noé, Abraam, Ysach, et Yachob,

Voilà les quatre célèbres chevaux, un des chefs-d'oeuvre de l'art ancien, qui ont fort bien résisté aux siècles. Ils sont en cuivre doré, €t chacun pèse 835 chilogrammes.

Les limites restreintes, auxquelles on doit borner un Guide, ne me permettraient pas de traiter à fond la question de leur provenance, même si je ne connaissais pas le peu que je vaux; d'ailleurs je sais, que cette tâche est réservée pour le San Marco au professeur Dall'Acqua Giusti ; il n'y a pas de doute, qu'il ne s'en tire fort bien et en vaillant archéologue et historien des Beaux-Arts.

Je me bornerai donc à citer les opinions de quelques savants. Selon Stella et d'autres, l'auteur de ces chevaux serait Lysippe, et ils auraient été donnés à Néron par Tiridate,

roi de rArménie : Mustoxidi et Ducange les tenaient aussi pour un travail grec, et on les aurait portés de Chio à Byzance pendant le IV. ^ siècle. Cicognara au contraire soutenait, qu'on les avait exécutés à Rome et que de là, par ordre de Constantin, ils avaient passé à Constantinople pour en orner l'Hippodrome.

Quoi qu'il en soit, il est certain, qu'après la conquête de cette métropole le podestat Zen les envoya à Venise, oîi après quelques années ils furent placés sur le pronaon de la Chapelle ducale: en 1797 ils passèrent à Paris sur l'arc du Carrousel, mais la victoire les ramena à S.^ Marc en 1815 (13 déc).

Sur le rebord de l'arc en brocatelle vérenais, qui est au-dessous, il y a en lettres de bronze doré la suivante inscr. faite par le marquis de Ghisilieri, et en suite modifiée par Emm. Cicogna : Quatuor, eqitoritm. signa, a. Venetis, Bysantio. capta, a, MCCIV, pri" micm, ad, navale, deinde, ad, L, Marc, posita, qicae. hostilis, citpiditas, a, MDCCXCVII, ahstitlerat. Franc, I, i7np, pacis, orbi, datae, trophaewn, a, MDCCCXV. victor, reditxit.

Qu'il me soit permis de citer à ce propos deux autres inscr.^ inédites. La première devait être gravée au lieu de celle qu'on vient de lire, et elle méritait d'être préférée par sa belle concision; mais son auteur n'était probablement pas marquis: la voici: Trophaeum. Venetuin, an, MCCIV - Spolium, Gallicum. an. MDCCXCVIL - Mimics, Aiisiriacum.

an, MBCCCXV.

La seconde est le cri douloureux d'un patriote vénitien, l'abbé Domini, qui tâcha de soulager son chagrin, en composant avant 1815 l'épigraphe suivante : Qitos, olini. Byzantio. inter, opi7na. spolia, Veneiias. avectos. mirahatur, Italia. justissimae. nohilissimaeque. victoriae. monio^nentitm. praeclarissimum. hos. equos. deinceps. hicc, abactos, veluti. infandi, latrocinii, teterrimaeque. perfidiae, testimonium, foedissiaiicm. aeley^mcm, Gallia. moerehit.

Les quatre arcades latérales, du même style byzantin - ogival, mais un peu moins hautes que la centrale, portent sur leur pignon un Saint en costume militaire ; ce sont probablement les martyrs Théodore, George, Démétrius et Procope ; plus bas au milieu de feuilles rampantes sortent des bustes de prophètes (quatre à chaque arcade) chacun tenant un écriteau.

Les clochetons latéraux aux arcades, s'élevant sur des colonnes de cipolin, ont leur aiguille recouverte de plomb et sont dominés d'une petite croix dorée et d'une girouette ; ils servent de tabernacle à six statues, qui représentent les Evangélistes, et aux angles la Vierge (s. o.) et Gabriel (n. o.) ; il sont tous deux à genoux, l'un tourné vers l'autre. Il est clair, que ces deux derniers offrent le mystère de l'Annonciation.

A ce propos je note, que les artistes, qui ont traité ce sujet sacré, en ont effigié tantôt debout et tantôt à genoux les deux personnages ; quelquefois le seul archange est âge-

nouille aux pieds de la Mère divine qui, elle aussi, est souvent à genoux, même lorsque Gabriel est debout: cependant il faut observer, que Marie ne plie jamais ses genoux devant le Messager divin ; c'est lui, qui la trouve agenouillée sur un prie-Dieu dans sa cham- brette. Sur la tête de l'Ange on voit une petite cloche correspondant à une horloge qui se trouve dans l'église ; un marteau y frappe les heures.

Au milieu des quatre triangles curvilignes sur les arcades il y a un médaillon avec un bas-relief représentant le buste d'un Saint. Quant aux statues, qui ornent cette partie de la façade, il y a dans les Archives des Procurateurs de supra un acte daté 2 Juillet 1599, dont il résulte, qu'on aurait payé aux sculpteurs Jér. Campagna, Titien Aspetti, Vigile Rubino, André Aquila et Jér. Paliari huit-cents ducats pour vingt statues à raison de quarante ducats la pièce; et cela selon la relation de m.^ Alex. Victoria sculpteur.

Les demi-lunes offrent en mos. quatre faits relatifs à N, S. après sa mort. (M. L. Gaëtano, cart. M.^" Verona).

En commençant à g. on trouve la Descente de la croix, inscr. : De critce descendo^ sepeliri cum nece tendo, quae mea sit vita, jam surgam morte relicta : on trouvera cette inscr. répétée dans l'intérieur de l'église. La mos. suivante représente la ^ Descente aux enfers ; on y voit Adam et Eve avec leur ceinture de feuilles auprès d'une grande croix:

inscr. partagée en deux; sur le rebord de l'arcade on lit : Visitât infernum regnitm pro dando sicpermcm Patribits antiqicis^ dimissis Christiùs iniquis ; et sur la bande diamétrale: Quis fractis partis spoliât me campio foi^tis ? L'inscr. de la troisième demi-lune avec la Résurrection suit le même ordre; la voici: a) Crimina qici purgo^ triduo de morte resurgo, et mecitm mitlti dudum rediere sepidti; b) En verus fortis qui fregit vi7icicla mortis. On y lit: Caietanus F. MDCXVIL Enfin la dernière mos. offre l'Ascension; inscr. : Sum Victor mortis, regno super aethera fortis plausibles angelicis, laudibuset melicis.

Sous les quatre clochetons centraux il y a autant de statues en haut-relief, chacune soutenant une gouttière en plomb sous la forme d' un grand vase renversé, et sous chaque demi-lune il y a un rectangle : trois sont des fenêtres qui éclairent des pièces intérieures, ateliers des M.^ et d'autres artistes de la Basilique ; le quatrième est plein, et il offre en mos. l'image de S.^ Nicolas avec l'inscr. : Ettor Lochatellus Fecit,

Le plan inférieur des deux clochetons angulaires était jadis orné du côté de la Place de deux mos.^ représentant les Saints Pierre (à g.) et Jean-Baptiste (à dr.), ce dernier avec un écriteau portant les ^ mots : Ecce Agnus Dei (cart. M.^" Verona). À présent S.^ Pierre est disparu, et S.* Liboire a remplacé le Précurseur.

La balustrade à son angle s. o. offre une tête en porphyre ; on prétend, qu'elle y fût

placée en 1432 en souvenir de la décapitation de Fr. Bussone, comte de Carmagnola.

Aux deux angles de cette balustrade s'élèvent deux hampes en bois rouge , où dans certains jours l'on arbore un drapeau : actuellement c'est tantôt le tricolore, et tantôt celui de la Sérénissime, c'est-à-dire, un grand rectangle, en tissu de soie cramoisi, offrant dans un cadre très-orné en or un lion ailé de profil, également doré avec le livre : le drapeau, à deux tiers environ de sa longueur, se partage en six bandes ou queues quadrilatères.

En passant à parler de la partie inférieure de la façade occ, ce qu'il faut y remarquer d'abord c'est le beau portail à deux vantaux en bronze; dix petites têtes de lion portent des anneaux qui servent à les faire tourner sur leur gonds : c'est un travail vénitien.

La demi-calotte au-dessus avait anciennement l'image du Sauveur entre deux anges^ et ensuite le Jugement Dernier (v. le tableau de J. Bellini à l'Académie des Beaux-Arts). Au XVII.e siècle la mos. a été refaite par P. Spagna, en en conservant toutefois le sujet, sur le cart. d'Ant. Zanchi; actuellement elle représente encore le Jugement final, mais pauvrement exécuté en 1836 par Liboire Salandri sur le cart. de Lactance Querena.

Dans la niche du portail il y a huit précieuses colonnes en porphyre, mais ce qu'elle offre de plus remarquable ce sont les trois archivoltes, dont un, le supérieur, embrasse l'arc en brocatelle portant l'inscr. relative

aux quatre Chevaux, et les deux autres sous la demi-calotte couronnent la porte.

Il faut noter, que dans chacun des trois archivoltes les bandes sculptées en bas-relief sont deux, savoir le devant et le dessous.

Le premier archivolte olFre antérieurement les figures de huit prophètes parmi des festons, des bosses et de beaux feuillages, et sous son arcade inférieure treize artisans qui travaillent et vaquent à leurs différents métiers; ce sont (en commençant en bas et à g.) le constructeur de barques, l'hôtelier, le boulanger, le boucher, le fromager, le maçon, le cordonnier, le barbier, le tonnelier, le tailleur de pierres, le charpentier, le forgeron et le pêcheur ; au milieu il y a l'Agneau mystique entre deux anges: ces bas-reliefs rappellent la manière de Maestro Bartolomeo.

On voit à g. et en bas sculpté un homme, perclus de ses jambes et qui s'appuie sur des béquilles, à propos duquel il y a une tradition. On dit, que c'est l'architecte de l'église, et qu'il s'était vanté d'être capable de construire un temple qui n'aurait pas d'égal au monde. Sous cette condition on lui avait accordé d'y ériger sa statue: cependant un jour il lui était échappé de dire, que quelques défauts s'étaient glissés dans la construction. Cet aveu parvint à l'oreille du Doge qui lui refusa l'honneur du simulacre. C'est pourquoi il se fit sculpter en bas-relief, et se mordant les doigts en marque de repentir et de dépit pour sa loquacité imprudente.

L'archivolte moyen, sculpté vers la fin du

XIII.^ v^iècle, représente sur son bord antérieur seize figures, qui symbolisent les huit Béatitudes, la Religion et sept Vertus, savoir les trois théologales et les quatre cardinales ; et dans son arcade inférieure les douze mois.

Il y a un autre archivolte entre le précédent et Tinférieur; il est le plus ancien des trois et tout sculpté de beaux feuillages, de médaillons, de figures, d'animaux luttant entr'eux, etc.

À propos du plan inférieur de la façade occ. il reste à dire de ses parties latérales: ce sont quatre grandes niches, dans trois desquelles s'ouvre une porte en bronze, percée à jour, et qui met au vestibule, pendant que la quatrième (la dernière à dr.) n'a qu'une fenêtre : chaque niche est dominée par une arcade sous laquelle trois offrent une demilune avec sa voûte, ornées de mos.^ historiées, et la dernière (à g.) est une demi-calotte également ornée.

En haut dans les trigones mixtilignes on voit six bas-reliefs de forme rectangulaire , dont les quatre centraux représentent, tout près de la porte, deux Saints dégainant; ensuite la S.'^ Vierge (à g.) et un ange (à dr.); enfin les deux autres offrent deux des travaux d'Hercule. Ces bas-reliefs sont de trèsanciennes sculptures italiennes, et presque tous remontent au VI.® siècle.

Sur cette façade on voit aussi deux statuines sur consoles, tenant sur leurs épaules une amphore renversée.

Je vais parler à présent des quatre mos.^

qui couronnent les portes latérales. Commençons par la première à dr. On y a représenté dans la demi-voùte au s. l'enlèvement du corps de S.^ Marc ^de son église à Alexandrie ; le cadavre de l'Evangéliste est enveloppé dans un linceul ; vis-à-vis on le cache dans une grande corbeille ; et dans la demi-lune on voit les douaniers mahométans qui reculent à la vue de la chair de porc, dont on avait recouvert le corps sacré. Cette mos. est actuellement anépigraphe, mais anciennement elle était illustrée par l'inscr. suivante : Toilitur ex archa fiirtim Marcus patriarcha, Quem sport a ponitnt ; cajviesy caidesqite rep ornent : Canzir dicentes, Marcum vitaiit referentes : In barcam corpus miitimt ex rupe deorsum.

Dans la mos. qui vient après on lisait jadis: De scapha sportam tollunt velisqice reponimt : Presbyter^ has turhas verens, non vadit ad nrnas. Clam monachus Marcitm sequititr qiiem thicre recondimt, Tellits adest, nantae die : Vélum ponite caute. Ce dernier vers fait partie aussi d' une inscr. dans la chapelle S.^ Clément. Il s'agissait, comme il est clair , du voyage de la sainte Relique ; or cette inscr. a disparu , et (ce qui est encore pis) on en a tout-à-fait changé le sujet, car à présent sous la voûte on voit à dr. l'arrivée du navire, et à g. le débarquement du corps de S.^ Marc ; dans la demilune on a représenté la réception solennelk de la Relique par le clergé : ces deux mos.^ ont été travaillées sur les cartons de P. Vecchia.

Il faut remarquer ici, que le sujet même est répété, ou à peu près, dans la troisième mos., beau travail de Léop. dal Pozzo sur le carton de Séb. Rizzi: en effet le tableau sur la demi-lune et sous la voûte offre le corps de S.^ Marc placé sur une estrade recouverte d'un beau drap azur, et vénéré par le Doge, la noblesse et le peuple de la ville; on y lit sous la voûte au s. : Covpore suseto (suscepto) gaitdent modlamine {modulaminé) veto {recto), et au n. : Currentes latimi venerantur honore locatiim.

Nous voilà à la dernière mos. de la façade occ. : dans cette demi-calotte on voit Téglise de S.^ Marc telle qu'elle était au commencement du XlII.e siècle (toutefois après 1205). Ses coupoles et ses cinq arcades supérieures sont tout-à-fait byzantines, sa grande fenêtre est formée de trois rangs de petites arcades; enfin la mos.. sur le portail représente N. S. avec ses mon.^ grecs.

Sur le rebord de Tare on lit ce distique : + Collocat hune dignis plebs laudibus et colit hymnis^ Ut Venetos servet terraque marîque gubernet. Il est à noter, qu'actuellement on lit le second vers bien différemment, et, pis encore, qu'il est absolument intraduisible ; le voici: Ut Venetos servet sepite ah hoste suos,

A propos de cette mos. qui depuis six siècles et demi, tout exposée qu'elle est aux intempéries, conserve sa beauté primitive, qu'il me soit permis de citer une des maximes de la Sérénissime regardant les emplo-

yés, les artistes, etc. de V État ; la voici en dialecte vénitien : Peseli, pagheli, picheli (pesezles, payez-les, pendez-les). Alors il n'y avait pas de Commissions, de Comitats, de Juris, d'Instituts, etc. ; alors on ne confiait pas les travaux à Tenchère à ceux qui les auraient exécutés à meilleur marché ; alors le malheureux système des travaux à forfait, fléau des arts et en dernier ressort de Tadministration financière aussi, était tout-à-fait inconnu.

Mais on choisissait les artistes après avoir eu de solides preuves de leur habileté ; on les payait bien et sans lésiner ; manquaientils à leurs devoirs ? On les punissait inexorablement, et je n'ose affirmer, que le picheli ait toujours été une figure réthorique.

Dieu merci ! Depuis plusieurs années, « le « malheureux système des travaux à forfait » est tout-à-fait cessé à S.^ Marc. On a confié les mos.s au nouveau Studio di musaico in S, Marco qui, très-habilement dirigé, a déjà donné de fort bons résultats, pai^ticulièrement dans la restauration des chapelles S.^ Isidore et Zen, et du Vestibule.

Par rapport aux deux portes latérales au portail auxquelles on monte par une marche, il faut noter qu'elles se ressemblent. Sous une arcade à plein-cintre, surmontée d'une statuette de Saint, il y a trois fenêtres ogivales unies ensemble et ayant entr'elles supérieurement deux oeils quadrilobés. Toutes deux offrent aux angles mixtilignes sur l'arcade de saintes images; cependant il existe une petite diversité ; à la porte à g. ce sont

deux Saints anonymes, et à Tautre les archanges Michel et Gabriel ; sur le vantail à g. de la première on a gravée dans la traverse moyenne Tinscr. suivante: -f- MCCC : Magister Bertuchcs Aurifex Venetus me fecit.

Il reste à parler des deux dernières niches: celle à g. offre une arcade ogivale, dominée par un petit buste en bas-relief et ayant supérieurement à ses côtés deux images de Saints, chacun avec un écriteau anépigraphe. Cette arcade renferme quatre rangs d'ornements très-variés; en haut on voit trois médaillons, dans le central desquels un homme est monté sur un lion ; le deuxième rang offre dans ^quatre autres médaillons les emblèmes des Evangélistes ; au-dessous cinq petites fenêtres sont remarquables par l'élégance de leur travail; enfin le rang inférieur offre dans toute la largeur de la niche un bas-relief divisé en onze compartiments, ancien travail vénitien ; les deux extrêmes contiennent un diacre avec l'encensoir; trois représentent des faits de la vie de J. C, entr'autres l'Adoration des bergers ; et dix ont des niches, chacune avec une ou plusieurs statuettes de Saints.

La dernière des cinq niches de la façade occ. au lieu d'une porte a une fenêtre grillée en bronze et ayant au-dessus un petit médaillon avec le Père Eternel : sur l'ogive s'élève une statuette, et aux côtés il y a deux médaillons, chacun avec un ange. Sous l'arcade on voit une petite fenêtre feinte

entre deux ronds très-ornés, et plus bas trois autres petites fenêtres également feintes.

Toute cette façade vient d'être admirablement restaurée sous la direction du chev. P. Saccardo ; je dis admirablement^ car elle a été en effet restaurée^ mais on ne s'en aperçoit pas : le contraire serait arrivé, si on l'avait renouvelée. L'ingénieur Saccardo est un artiste véritable selon cette sentence de Diderot : « Le plus grand art est de ca- « cher l'art. »

Passons maintenant à dire de la façade sept.: à l'angle n. o. sous la terrasse une tête d' animal en marbre fait saillie , et sous l'arc on voit vers la place un petit bas-relief avec quatre oiseaux, et de l'autre côté trois ronds (dont le supérieur est un oeil), et audessous autant de petites arcades. Au sommet de la voûte on a représenté en mos. le lion de S.^ Marc, vu de face, ou, selon la phrase vénitienne, in moleca.

La façade sept, à deux tiers environ de sa longueur, là où elle trouve le bras de la croix, fait coude ; elle suit le même ordre de Focc. En effet elle offre cinq voûtes, dont quatre en ligne droite à laquelle est perpendiculaire le plan de la cinquième; les statues sur les pignons représentent les trois vertus théologales et deux des cardinales, la Prudence et la Tempérance; et celles sous les clochetons les saints docteurs Grégoire, Jérôme, Ambroise et Augustin , et l'archange Michel: les cinq triangles mixtilignes n'offrent qu' autant de médaillons ornés.

À la base du clocheton angulaire il y avait autrefois en mos. Teffigie de S.^ Paul, ^t sous chacune des quatre premières voûtes s'ouvre une double fenêtre.

Or, en passant à parler de la partie inférieure de cette façade, il faut noter d'abord que la quatrième arcade, celle sur la porte, est un peu plus large que les autres. Dans les trois triangles mixtilignes il y a autant de bas-reliefs ; ce sont, en commençant à dr., un ange debout, ensuite une ancienne sculpture païenne en bas-relief très-plat ; on est d'avis qu'on y ait effigié Cybèle sur un char tiré par des dragons, et tenant deux flambeaux; enfin le sacrifice d'Abraham. Sous chaque arcade il y a un pentagone entre deux petits trous ronds, qui servent à aéréer l'intérieur <le la Basilique.

Quant aux niches inférieures, la première à dr. offre une fenêtre quadrangulaire entre deux bas-reliefs carrés, et supérieurement un intéressant bas-relief byzantin parmi d'autres plus petits; sa forme est rectangulaire: au centre il y a un trône surmonté d'un médaillon avec l'Agneau ; les douze apôtres, symbolisés par autant d'agneaux, sont moitié d'un côté, et moitié de l'autre; enfin latéralement se dressent deux arbres; inscr. : 01 AriOI-{- OAM NIOC AnoCTOAOI (Les saints, - L'Agneau - Apôtres) : la niche du milieu est percée en bas par une fenêtre octogone, au - dessus de laquelle on voit un rectangle de marbre élégamment orné en mos. et environné de plusieurs petits bas- reliefs, etc.: enfin la niche

à côté de la porte n'a qu'une fenêtre ogivale semblable aux autres de la façade occidentale.

Dans la quatrième niche, la plus large des quatre, s'ouvre la porte dite dei fiori (aux fleurs) dont les vantaux sont de bronze comme les autres de la façade occ. : elle tire son appellatif de ce que s'y postaient ordinairement des femmes qui vendaient des fleurs. Les fidèles, entrant dans l'église, en achetaient pour en orner la chapelle de la Madonna, Sur la traverse du chambranle il y a deux bas reliefs quadrangulaires; à g. S.^ Jean, et a dr. un autre Saint, probablement évangeliste, anépigraphe; tous deux sont debout. Supérieurement, sous deux doubles arcades ogivales l'une inscrite dans l'autre, on voit un ancien bas -relief très-remarquable, représentant la Nativité de J. C. où, par un de ces caprices d'artiste qui ne sont pas rares, le Christ dans la crèche, autour de laquelle se trouvent Marie, Joseph et deux animaux, n'est pas un enfant, mais un homme fait et barbu: aux angles supérieurs il y a deux anges, et en haut une étoile qui rayonne sur la crèche.

Plus haut, entre les deux arcades à plein cintre, un grand bas^- relief rectangulaire montre l'image de l'Evangéliste S.^ Jean.

Passons à la petite façade occ. du transsept sept.; il reste à parler de sa partie inférieure.

Sous la terrasse il y a trois rectangles en bas-relief: le central offre J. C. assis et avec ses mon.s grecs, et les latéraux les évangélistes Mathieu et Jean qui écrivent ; plus bas dans une petite niche, surmontée d'un arc à plein-

cintre, on voit un bas - relief symbolique avec un loup qui attaque un agneau. Ce bas - relief fut découvert le 1.^^ août 1843 sous le premier pilastre de la façade mér. et placé où il se trouve actuellement; plus bas encore sur la fenêtre quadrang'ulaire un autre bas-relief repré^ sente la Vierge debout, de face et les bras étendus entre deux bas-reliefs carrés, chacun avec un ange. Enfin sous la fenêtre il y a trois autres bas-reliefs, deux anges latéralement et au milieu un rectangle avec S.^ Léonard; c'était probablement le rétable de Tautel de la Basilique, anciennement dédié à ce Saint. (V.)

La façade fait ici un coude, mais dans sa partie supérieure elle continue, sa direction jusqu'au patriarchat, sans rien offrir de remarquable, ni pour la matière, ni pour la forme ; elle est dominée par un grand fronton : mais sous la terrasse on voit en haut une croix en bas - relief, et sous une arcade un autre bas - relief ; inférieurement s'ouvrent deux petites fenêtres rondes (dont une est feinte) sous lesquelles il y a une bande transversale avec cinq très - petits carrés, dont les trois moyens ont des figurines et les deux autres des ornements, tous cinq en bas - relief. Enfin il y a au-dessous un bas-relief rectangulaire : on y voit une belle femme couronnée et debout, qui dans sa g. tient une palme et de sa dr. élève un gros cercle, probablement une couronne; à g. se dresse un petit arbre: je suis d'avis que ce soit une sculpture chrétienne et italienne. Ce rectangle offre supérieurement une frise très - ornée.

Avant de reprendre sa direction vers Te., la façade inférieure forme encore un petit coude, n'offrant qu'un rectangle en bas - relief représentant S.^ Christophe qui porte l'enfant Jésus.

Au - dessous de la terrasse il y a une grande niche couronnée d'une arcade en plein - cintre et avec quelques ornements et bas - reliefs, parmi lesquels deux anges debout sur les pilastres. En bas un grand sarcophage en porphyre du Tyrol garde les cadavres de Daniel Manin, de sa femme et de sa fille, qu'y furent placés le 24 Mars 1875.

Sur le bord du stylobate qui sert de base au rang supérieur des colonnes, on voit tout le long de cette façade des carrés ornés de bas -reliefs, qui olfrent tantôt des croix à huit pointes, tantôt de petits bustes de Saints, etc.

La façade sept, a été tout-à-fait renouvelée à la moitié du siècle actuel.

Passons à décrire la façade mér., dont la dernière restauration date de 1875. On doit cependant noter, que dix ans après cette façade fut de nouveau remaniée dans la partie postérieure à la chapelle Zen. Elle présente d'abord plusieurs différences d'avec la sept.: en premier lieu l'angle, qui a une ouverture plus grande que celui à n. o., ne s'aligne pas avec la susdite façade, mais fait saillie ; en outre dans sa partie supérieure sous l'arcade il est vide, tandis que l'autre est plein. De plus cette façade ne présente que deux arcades, pendant que la sept, en a quatre; et la forme en est différente. Je ne me ferai

certainement pas à détailler les causes de ces anomalies qui sont sans doute complexes ; ce furent probablement la construction du Palais des Doges et ensuite de la Salle du Trésor, la conversion de la partie mér. du vestibule en deux chapelles, et peut-être aussi le besoin de donner dans l'angle saillant un plus solide point d' appui à cette partie de la muraille, qui dès sa primitive construction péchait un peu sous le rapport de la solidité : c'est aux staticiens de se prononcer làdessus.

Quant à cet angle, pour se convaincre qu'on l'a agrandi à une époque postérieure, il suffit de voir, que par derrière il coupe actuellement à moitié une niche qu'on n'aurait pas autrement pratiquée dans la façade.

Sur le côté or. de cet angle un l3as-relief rectangulaire montre un ange avec le nartex et un globe marqué de la croix. Je note, que jadis on effigiait les Anges tantôt avec le nartex^ et tantôt avec le labarum. Le premier était une verge, emblème d'autorité et de force ; tout le monde sait ce que c'est que le labarum, dont le signe distinctif est d'avoir à son sommet un petit drapeau carré ou quadrangulaire avec quelques mots.

Il arrive quelquefois, que dans les anciens bas-reliefs, etc. il n'est pas facile de distinguer le nartex du labarum.

Sous la petite^ voûte une mos. représente l'emblème de l'Evangéliste Jean, un aigle avec un livre ouvert: tout autour il y a de très-beaux ornements.

En bas, près de la saillie de l'angle, se dresse sur le sol un gros tronc de colonne en porphyre ; on l'appelle la Piera del Bando (Pierre du ban), car de là on publiait jadis les lois: on la prit à S.^ Jean d'Acre.

Parlons d'abord de la partie supérieure de cette façade \ les deux clochetons ont sur leur pignon les statues de la Force et de la Justice, cette dernière avec son emblème, les Balances ; ce sont les deux autres Vertus cardinales (V. Faç. sept.) ; les Saints dans l'intérieur sont les hermites Paul et Antoine. Dans les deux triangles curvilignes il y a en bas-relief les demi-figures de deux Saints.

Sous le clocheton angulaire, sur les cart.^ de P. Vecchia, on a représenté en mos. S.^ Christophe, anépigraphe, et sous celui vers le palais Ducal S.^ Nicolas. Quant au moyen, on voit en haut un Suaire avec une belle tête du Christ en mos. ; deux petits anges le soutiennent; plus bas il y a, également en mos., une image de la Vierge avec ses mon.^ et les mains étendues ; elle tient sur son sein l'Enfant. En son honneur on y allume deux cierges au son de l'Angélus du soir, et deux lampes y brûlent pendant toute la nuit.

On ignore tout-à-fait l'origine de cette •coutume pieuse, et par conséquent on a débité là-dessus plusieurs contes. Ce qu'il y a de sûr, c 'est que les condamnés à mort (qu'au temps de la République on pendait entre les deux colonnes du Molo) avant de

monter sur l'échafaud, se mettaient à genoux le visage tourné vers cette image, afin d'obtenir de Dieu par l'intercession de la Vierge une bonne mort. Sous l'image s'ouvre une petite porte.

La grande arcade près de l'angle saillant présente une ornementation très-élégante en trois rangs ; plus bas il y a cinq hautes fenêtres en plein-cintre qui servent à éclairer les ateliers des artistes de l'église.

La petite arcade (vers le Palais) ressemble à la précédente ; cependant, à cause do sa moindre largeur, elle n'a que quatre fenêtres au lieu de cinq. Vers le Palais deux arcades percées de fenêtres se rencontrent à angle droit ; elles sont simples et sans aucun ornement.

En passant à parler de la partie inférieure de la façade mér., je commencerai par la première niche à g. Sa partie supérieure est occupée par une grande fenêtre, dont l'arc de voûte (au sommet duquel on voit un aigle) est très-élégamment travaillé; au-dessous il y a la partie supérieure d'un autel dans le style du XVI.^ siècle ; quatre colonnes lombardesques soutiennent un fronton, et de chaque côté se dressent deux autres colonnes en vert antique et accouplées : sur chaque couple est accroupi un griffon ; celui à g. déchire un veau, et celui à dr. étouffe un homme.

Il est fort probable, qu'avant le XVI.^ siècle il y eût ici une des portes du vestibule. Dans le second compartiment de la façade

on voit sous la terrasse deux niches, chacune avec une image de Saint en mos. ; dans celle à dr. il y a S.* Vie, et dans l'autre un Saint anonyme qui est S.^ Marc; sous la première, outre Ses Vittcs, il y avait le nom du M. Antonius F., et sous Fautre Ses Mareus, Petrus F. 1482.

Dans la demi-lune au-dessous deux médaillons joliment ornés sont incrustés dans la muraille supérieurement aux côtés d'une triple fenêtre ogivale ; et en bas une porte (devant laquelle s'élèvent deux colonnes quadrangulaires) donne accès à la chapelle du Baptistère.

Quant à ces colonnes ou piliers, ce fut l'amiral Laurent Tiepolo, ensuite doge, qui en 1256 les transporta à Venise de S.^ Jean. d'Acre, comme trophée de la victoire qu'il avait remportée sur la flotte des Génois.. Selon les uns elles appartenaient à l'église S.^ Sabbas, et selon d'autres à une forteresse appelée Mongioja. Quoi qu'il en soit, comme elles offrent sur leurs quatre côtés des bas-reliefs, elles devaient soutenir antérieurement le jprothyrum d'une des portes du^ temple ou du fort. Elles présentent à mihauteur deux mon.s ]y[ r Weber a tenté de déchiffrer : selon ce savant l'un correspondrait à : JDeo optimo eœauditori, Léo supre^ mo maximo; et l'autre à: Léo altissimO' Salvatori : ce sont des travaux en sculpturè^ antérieurs au VII.^ siècle ; les deux grandes croix au-dessous paraissent d'une époque fort postérieure.

Il y a un semblable mon. sur le chapiteau d'une ancienne colonne placée à Tangle du jardin Papadopoli. Cette colonne appartenait probablement au monastère de la S.^^ Croix,, dont le jardin susdit occupe remplacement.

Comme au n., le bord du stylobate sur lequel se dressent les colonnes du rang supérieur, présente des carrés en bas -relief avec de petites croix joliment ornées ou de petits bustes de Saints.

Après la porte du Baptistère la façade fait un coude, tout près duquel s'ouvre une double fenêtre ogivale.

Le reste de la façade mér. de la Basilique renferme la salle du Trésor de deux côtés ; ses murailles sont revêtues de marbres orientaux (en grande partie de cipolin), et sont couronnées par la continuation de la, balustrade à colonnettes qui borde la terrasse : en bas tout autour il y a une banquette en marbre ; probablement elle servait à ce que pussent s'y asseoir tout ceux qui attendaient pour entrer au Palais.

Deux groupes en porphyre sont incrustés au bas de l'angle ; chacun offre en haut-relief deux statues (m. 1,32 de hauteur) : les archéologues (comme presque toujours) sont en plein désaccord par rapport aux originaux ; d'abord quelques-uns prétendent, qu'un groupe est la répétition de l'autre, et que par conséquent il ne s'agit que de deux personnes, pendant que quelques autres en y voient quatre. Ce sont donc, selon les premiers, ou Dioclétien et Maximien Hercule, ou Harmo*

dius et Aristogiton (qui au commencement du VI.® siècle se soulevèrent contre Hippias et Hipparque, tyrans d'Athènes) ou les frères Anémurias qui attentèrent à la vie d'Alexis Comnène ; ou, selon les seconds, les quatre empereurs romains Constance l.®'' Clore, Galère Maximien, Maximin et Sévère, ou enfin quatre autres princes, savoir Romain IV. (Diogène), Michel VII. (Parapinace) et ses fils Andronic et Constantin XI. qui en 1068 occupèrent ensemble le trône de Byzance. Enfin une tradition prétend, que ce sont les simulacres de quatre sarrasins, qui avaient tenté de piller le Trésor de S.^ Marc. Il y a bien de quoi choisir !

La partie occ. de cette façade n'ofî're rien de remarquable : une grande gouttière sert d'écoulement aux eaux pluviales, et une fenêtre quadrangulaire éclaire la salle du Trésor : quant à la mér. il n'y a à noter que huit bas-reliefs incrustés dans sa partie inférieure; cinq ont de simples ornements, et les trois autres sont figurés ; l'un contient les emblèmes des évangélistes, et deux ont au milieu un vase avec des branches feuillues ; dans un il y a deux grifî'ons, et deux oiseaux dans l'autre.

Enfin sur le devant de la banquette il y a six bas-reliefs ; les cinq vers la porte du Palais des Doges contiennent des animaux, et le dernier à g. ofi're deux petits enfants, dont deux dragons ailés serrent dans leur gueule une jambe, et qui tiennent un écriteau sur lequel on lit: L'om po far e die

in pensar. Elega quelo che li po inchontrar : c'est de rancien dialecte de Venise.

Cette maxime équivaut en italien : L' uomo pub fare e deve pensarci : Elegga ciô che gli pito approdare. (L'homme peut faire, mais il doit réfléchir ; qu'il choisisse ce qui lui peut convenir.)

Qu'il me soit permis de noter, que la phrase peyisar in est un des nombreux espagnolismes qui se rencontrent dans le dialecte vénitien, fait qui est incontestable, mais dont il n'est pas facile d'assigner la cause.

-OCOCNSO-

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