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e vestibule date sans doute des premières années de la seconde moitié du XI.^ siècle, c'est-à-dire de Tépoque où l'église S.* Marc prit la forme de croix grecque. Il est plus que probable, que d'abord il embrassait l'église intérieure de tous les trois côtés, mais bientôt on en sépara la partie mér. pour en faire la chapelle du Baptistère. Ce fut bien plus tard (au commencement du XVI.® siècle) qu'on en retran- €îia une autre partie pour y placer le mausolée du cardinal Zen. Actuellement le vestibule, qui s'élève sur son pavé de m. 7. 5, et qui est large m. 6.2, atteint en longueur m. 64.
Avant d'examiner en détail ce magnifique vestibule, je crois utile d'y remarquer :
1. "^) Que son pavé est plus bas que celui de réglise environ d'un mètre ; dans les hautes-marées extraordinaires de ce siècle (je me souviens de celles de 1842 et 1867) des gondoles ont pu y entrer.
2. "^) Que toutes ses colonnes (et l'on y en compte, entre grandes et petites, soixantehuit) hormis huit qui ornent deux mausolées, sont adossées aux murailles de l'église ; elles servent en partie de soutien aux arcades, qui traversent le vestibule, et qui du côté opposé s'appuient aux murailles extérieures.
3. "^) Que ses mos.^ offrent presque exclusivement des faits relatifs à l'ancien Testament, depuis la Création jusqu'à Moïse, et que les inscr.,^ tirées en grande partie de la Génèse et de l'Exode, présentent plusieurs abréviations, et ne suivent pas à la lettre le texte sacré.
On peut partager le vestibule en sept sections : commençons par l'extrémité mér., afin de suivre chronologiquement l'histoire du peuple d'Israël.
SECTION I.e
On voit au sommet de la coupole un beau disque qui contient trois zones, dont la supérieure est divisée en cinq compartiments qui représentent la création du ciel et de la terre, l'Esprit de Dieu sur les eaux, la lumière et les ténèbres, et le firmament séparé
des eaux ; inscr.^ : ^ In principio creavit Deics celum et terram : Spiritiis Dominî ferebatitr super aquas : lucem diem et tenehras noctem: fiât firmamentitm in medio aquaritm»
Huit compartiments forment la zone moyenne qui offre les faits suivants : la création du soleil, de la lune, des poissons, des volatiles, des quadrupèdes, des reptiles et de l'homme ; Dieu qui bénit le septième jour et qui^ inspire l'âme à l'homme qu'il place dans l'Eden, où il y a l'arbre de la science du bien ; inscr.^ : Fiant litminaria in firmamento celi • Lixit eciam Bomimts : Prodiicant aque reptile anime viventis et volatile super terram \ jume7ita et omnia reptilia in génère suo i Faciamus hominejn ad imaginejn et similitudinem nostram : et henedixit diei septimo \ et inspiravit in faciem ejus spiraculum vite \ eciam posuit in medio paradisi ligntc?nque siencie boni. Les douze compartiments de la zone inférieure offrent la continuation de l'histoire du premier homme; on y voit Adam qui à chaque^ animal donne un nom; la formation d' Eve que Dieu ^ présente à Adam ; la tentation du serpent ; Eve qui donne le fruit défendu à son mari; les deux coupables qui couvrent de feuilles leur nudité ; Dieu^ réprimande Adam qui rejette sa faute sur Eve^ Dieu maudit le serpent, et sentencie Eve et son époux; ensuite il les couvre d'un vêtement, en les chassant du Paradis terrestre, et ils commencent à labourer; inscr.^: Appel-
ïavitque Adan nominihus suis cuncta animancia, Cumque ohdormisety tulit unam de costis ejus et replevit carnem^ et aduxit ad Ada7n, Hic serpens loquitur Eve et decipit eam. Hic Eva accipit pomum et dat viro siio. Hic Ada^n et EvOy cooperiunt se foliis. Hic Do7ninus vocat Adam et Evam latentes post arbores. Hic Dominus increpat Adam, hic mostrat uxorem fuisse causam. Hic JDominus maledicit serpenti cum Adam et Eva ante se existentihus. Hic Dominus vestit Adam et Evam, Hic expellit eos de paradiso. Hic incipiunt lahorare.
Chacun des pendentifs offre un chérubin exaptère; tout autour on lit Tinscr. suivante: Semper eterni solis radiata nitore, Mystica stant Cheymhin alas mostrancia senas, Que Dominum laudant, voces promendo serenas : Hinc ardent Chérubin Christi fiamata calore.
Les trois demi-lunes, dont les arcs sont magnifiquement ornés, représentent l'histoire du premier fratricide ; dans For. il y a deux rangs de mos.^ dont le supérieur offre la naissance des deux fils d'Adam, avec cette inscr.: Cresite et multiplicamini et repleti (sic) terram. Hic peperit ; et l'inférieur leurs sacrifices à Dieu; inscr.: Christus Abel cér^ nit, Kayn et sua mimera spernit. Cette seconde mos. est reproduite dans l'intérieur de l'église. (V. Chap. S.' Clément.)
Dans la demi-lune mér. on voit l'exécution du crime, et la menace de la punition que symbolise une main qui sort d'en haut à dr. L'inscr., gauchement altérée dans la
'clernière restauration , devrait être la suivante : Iratusque est Chayn vehementer, Liœitqite J)o7ninus : Qitare iratus es, et cur concidit faciès tua ? Après on lit : Egrediamur foras : citmqice esent in agro cousurexit Cayn adversus fratrem suum et interfecit eum •>
La demi-lune occ. représente ce qui arriva après le crime ; on y voit en haut la même main menaçante. Il y a deux inscr.^ : la première sur le rebord de l'arc de la fenêtre est la suivante : Dixitque Dominus ad Kain : Qitid fecisti ? Ecce vox sanguinis fratris tut clamât ad me de terra; voilà la seconde : Dixitque Kayn ad Domimcm : Maior est iniquitas 7nea quam ut veniam merear.
Quant aux trois portes, il n'y a rien à dire sur celle de la façade ; l'autre, qui donne accès à la chapelle Zen, s'ouvre entre deux niches vides ; la troisième, à laquelle on monte par dix marches de brocatelle véronais, a le nom de S.^ Clément, parce qu'on entre par elle dans la nef mér. qui aboutit directement à la chapelle dédiée à ce Pontife. Dans la petite demi-lune qui la surmonte il y a en mos. le buste de ce Saint avec l'inscr. : Valerius Zucliat. F. MDXXXII.
Il existe une tradition, selon laquelle les deux vantaux en plaques de bronze, qui ferment la dernière porte, auraient appartenu à S.^^ Sophie de Constantinople ; elle n'est pas dénuée de tout fondement. En effet ils offrent tous les caractères de l'art byzantin, et toutes leurs inscr.s sont en grec. À présent leur état
est déplorable, car presque toutes les images qu'on y voit ciselées ne gardent plus leurs têtes, leurs mains et leurs pieds en argent, et les noms des Saints sont en grande partie effacés. Chaque vantail est divisé en sept rangs, dont chacun offre deux rectangles. Je vais citer les saintes images qu'on y a représentées, en commençant d'en haut. Dans celui à dr. il y a une croix à double traverse et S.* Simon, après la S.^^ Vierge et S.^ George, les saints Philippe et Théodore, S.^ André et S.^ Grégoire de Nazianze (S-soT^dyoç), S.^ Pierre et S.^ Mennas, enfin les Apôtres Jean et Jacques; les deux rectangles inférieurs ne contiennent que des ornements. Dans l'autre vantail on voit une croix à double traverse et S.t Barthélémy, N. S. et S.^ Basile, S.^ Paul et S.^ Nicolas, les saints Démétrius et Jean Chrysostome, les évangélistes Mathieu et Luc, et en bas S.^ Marc et S.^ Thomas ; il n'y a que des ornements dans les rectangles inférieurs.
Tout près de la porte S.^ Clément se dressent quatre belles colonnes, deux de chaque côté, mais qui ne servent à rien ; leurs chapiteaux sont fort remarquables.
Sous l'arcade, qui borne au n. cette première section du vestibule, six tableaux en mos. représentent l'histoire du Déluge. En commençant à l'o. dans le supérieur (on y voit en haut à g. une main) Dieu ordonne à Noé la costruction de l'arche; inscr. : Dixitque Domimts ad Noe: Fac tibi arcam de lignis levigatîs ; trecentomm mhitoritm erit lon-^
gititdo arcae; quinquaginta cuhîtorum erit latitudo; triginta erit altitudo illhcs. Au-dessous les animaux entrent dans V arche ; inscr. : Tulit ergo Noe de animantihus et de vohicribus entendis et immimdis et ex omni qui moventicr super terrain duo et duo^ masculum et foeminam ; et ingressus est {ingressi sunt) ad eum in arcam sicitt praeceperat ei Dominus. Plus bas Noé avec sa famille se recouvre dans Tarche ; inscr. : In articido diei ingressus est Noe, Sem, Chaîiz et lapliet filii ejics^ uxores flliorum ejus cicm eis in arcam.
Du côté opposé le tableau supérieur représente Tarche qui flotte sur les eaux, et la colombe que Noé délivre; inscr. : Facttcmque est diluvium quadraginta diebus super terra.m, et quindecim cuhitis alcior fuit aqua super omnes montes; cumque consumpta esset oranis caro super terram^ emisit Noe columbam. Dans le tableau moyen on voit Toiseau de retour avec une branche d'olivier dans son bec, et Tarc-en-ciel^ inscr. : At illa venit ad eum portans ramum olive in ore, et intellexit Noe, quod cessas-sent aquae diluvii, Ponam arcum in nubibus et erit signum foederis, ut non sint ultra aquae diluvii. Le tableau inférieur offre Noé sacrificant à Dieu ; inscr. : Noe obtulit holocausticm Lomino post diluvium.
Cette arcade s'appuie du côté de l'église sur quatre colonnes en cipolin, et vis-à-vis sur une niche où il y a le mausolée du doge Vital Falier. La partie extérieure de
ce monument, carrée de forme, est divisée en six rectangles, dont les quatre latéraux ont des ornements en bas-relief; des deux autres le supérieur a une grille en fer, et snv l'inférieur on lit gravée Tinscr. suivante :
Moribus insignis, titulis celeberrime dignis^ Cultor honestatis, Dux omnimodae probitatis,
In comune bonuSy bona semper ad omnia pronus^ Publica conservans, meliora bonis coacervans ;
Dum veterum gestas rénovas, plus reddis hotiestas. Cunctaque jucunde faciens, das semper habunde,
Ut fieret pleniis quicumqiie veniret egenus, Plus quoque longinquos refovens quant carne propinquos.
Vita fuit cujus patriae, tremor hostibus hujus, Reddens tranquiîlos, hos lingua, viribus illos.
Cujus erat scire populos pro pace subir e. • In quocumque fores expendia sive labores
Decretis legum mentes suspendere regum, Ut fieres horum rex et coretor eorum,
Fama super cedros cujus dédit ire Faledros. Christi natalis peragis dum festa, Vitalis,
Duceris ad funus, factus dolor omnibus unus, Ob. V. Kalend. de Do m. Venetiae et Dux. Ann, Dn. M,...VI IndicL IllL
Quant à V intérieur de la niche, sa calotte est actuellement en simple mos. d'or, mais jadis il y avait au milieu N. S. et deux inscr.^ dont l'une était une prière du Doge défunt, et l'autre la réponse du Sauveur; voici la première : Quem tu fecisti, quo jpicer ipse fidsti, Emmanel vere, fac 7nè te semper habere ; et la seconde : Mecicm gatcdebis.
77ie tecitm semper habehis: Quos ego plasmavi^ taies fore semper amavi.
On y lisait : P, Spagna R. Pinsit. E. F.
Sur le demi-cylindre de la niche il y a à g. la Vierge avec son nom (SG. MR.) et le prophète Isaïe {Esayas) qui tient un écriteau avec ces mots: -f" Ecce Virgo concipiet in utero et pariet Filium, et vocahiticr Entamiel, (VIL 14.) M. Dominique Santi a. 1566. Jadis il y avait en mos. deux archanges, exécutés par les frères Zuccati ; on y lisait : In tuba et voce arcangeli résurgent 07nnes, et erimt nova cuncta,