AMOUR DE LA PARURE
Mon enfant, rien de si déplorable aujourd’hui que l'amour de la parure répandu dans la société; le luxe en adoptant tout ce qu’il y a de plus bizarre ot de plus étrange, semble avoir franchi les der-
nières limites du ridicule. La mode, cette grande |
souveraine de la société, étend partout son empire; le monde prosterné à ses pieds l’écoute en silence, et à sa moindre parole, il s’agite pour lui obéir. Mais on dit que, parmi cette foule d’adorateurs, les jeunes filles sont les plus nombreuses, et sont ses enfants les plus dévouées. Je crois que c’est un peu
vrai. Pauvres jeunes filles ! Ce n’est pourtant pas]
tout-à-fait votre faute, c’est bien aussi celle de cette pauvre mère dont vous êtes l’idole et l’orgueil.
Pour elle le printemps a passé avec sa fraicheur et ses roses; les rides plissent son front et elle comprend que le luxe et la vanité ne sont plus de
saison pour elle. Élle ne veut pourtant point mourir &
encore et elle cherche à revivre dans cette jeune fille qui grandit à ses côtés. Aussi elle embellit sa jeunesse de tout l'éclat qu'elle peut lui procurer.
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Amour de la Parure,
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pas vu bien des fois !...
Le monde aime les belles choses ; les rubans et les fleurs embelliront ma fille ; oui les rubans et les fleurs embelliront votre fille, mais les fleurs et les rubans ne se cueillent point sur la haie des chemins. Tout cela est oncore cher surtout à cette époque de misère, Le monde regardera et le monde dira : 11 vaudrait bien mieux payer ses dettes.
0 folie ! que la vanité! Mais cette folie, mon enfant, n’est pas seulement la folie de votre bonne mère, je crois bien que c’est aussi un peu la vôtre, tar Vous secondez admirablement ce faible du tœur maternel ; vous savez demander, exiger même d'elle, au besoin, ce que dans sa prudence elle croit
| parfois devoir vous refuser. Et c’est en flatiant son
amour-propre, c’est en vous montrant plus prévenante ot plus aimable, que Vous savez la gagner et arriver à vos fins. O malice du cœur humain, escave de la vanité! -
Maïs avez-vous bien considéré, mon enfant, le néant de la NE ét de la vanité? Que sont ces }
égants ou précieux, ces ornements
ux, ou le travail d’un
ÉD ns te Longs
480 Troisième Parlie.
ver, ou le produit de l’herbe des champs; c’est la réunion de quelques grains d’une poussière un peu plus brillante qu’une autre. Et c’est là ce que vous aimez, ce que vous désirez et le jour et la nuit, et c’est là le sujet de vos conversations. O vanité des vanités |! Est-il possible, Ô mon Dieu, qu’une âme, destinée à vous posséder éternellement, vous,
source et principe de toutes les richesses et de |
toutes les beautés de la création, s'attache à des choses si futiles et si vaines ! Et pourtant ce n’est que trop vrai!
Mais, mon enfant, que parez-vous avec tant de soin ! Ün misérable cadavre, un amas de pourriture, un tombeau qui ne renferme que corruption. Vous aurez beau l’embellir, ce corps qui n’est que poussière, la mort ne le respectera pas, elle saura bien le réduire en cendre quand l’heure sonnera. Ah! ne vaudrait-il pas mieux orner votre âme et embellir votre cœur des fleurs de la vertu! Vous ne travailleriez point inutilement ; tandis qu’en faisant € votre corps une idole, vous ne travaillez que pc... la vanité, pour le péché et pour une tombe.
Oui, vous travaillez pour le péché, car l'amour de la parure est une source funeste de péchés. Sans parler ici de la perte du temps souvent bien consi-
dérasle et dont vous rendrez au jour de votre juge- |
ment un compte bien rigoureux ; sans parler de ces mille dépenses inutiles qui imposent mille privations à vos parents trop faiblos pour vous et trop faciles, ou qui privent au moins les malheureux d’aumônes qui adouciraient leur misère et. tariraient la source de bien des larmes, combien d’abord de pensées de vanité et d'amour-propre! Combien de temps perdu, en extase devant ce miroir qui reflète votre image. Vous regardez et puis vous regardez
encore, vous vous tournez et puis vous vous tournez E
encore pour voir si tout est en ordre sur votre per.
Lsonne. Et dernier re, les yeux d ront votre votre comr s'empare d quelques p nez-vous !
Mais cet avec lui le lume souve 2 le cœur de l'admiratiot Dieu maud k flamme à qui S'avanc tonsume tot elle que des 0 folie qu et de la par:
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