‹ Guide de la jeune fille [microforme]Chapitre 235 sur 254 · DEVOIRS D'ÉTAT, ORDRE, PROPRETÉ, ÉCONOMIE · texte numérisé non relu

DEVOIRS D'ÉTAT, ORDRE, PROPRETÉ, ÉCONOMIE

Mon enfant, chacun a sa destinée en ce monde, vous avez la vôtre, le point important est de bien la remplir. Mais à cette destinée s’attachent des devoirs dont il faut s'acquitter. Pour aller au ciel il n’est pas nécessaire de faire des miracles, il suffit de faire la volonté de Dieu’et cette volonté est que vous vous acquittiez de tous les devoirs de votre état. Vous connaissez ces devoirs, à vous de les remplir. Mais permettez-moi de vous donner quelques conseils sur l’ordre, la propreté .et-l'économie que vous devez apporter dans votre famille.

Il faut de l’ordre partout, car c'est:l’ordre qui soutient et conserve tout, Là où l’ordre manque, vous ne remarquerez que trouble et confusion. Une maison sans ordre ne peut prospérer, elle est une image vivante du chaos.

Quelque soit donc votre rang et votre âge, accoutumez-vous à mettre de l’ordre dans tout.ce que vous faites, et, selon votre position, dans le travail des personnes qui dépendent de vous, Lorsque vous aurez ainsi réglé votre conduite et les soins de votre maison, et que vous aurez imprimé à toutes vos actions un esprit d’ordre et de régularité, vous n'éprouverez aucune gêne, aucune entrave dans l’accomplissement des devoirs de votre état.

Dès le matin, sachez donc prévoir toutes les occupations de votre journée, afin de ne rien laisser à la négligence et à la mollesse et de vous prémunir contre l'inconstance et la légèreté. Vous veillerez à tous ces devoirs, vous vous assurerez de leur par-

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Devoirs d'Elat, Ordre, Propreté, Economie. 508:

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ne négligerez ni Jes bienséances du monde, ni les assujétissements de votre état, et avec cet esprit d'ordre vous gagnerez du temps, vous savez combien il est précieux.

Sans ordre, il n'y a point de propreté possible.

Ê Mais il ne vous suffit pas, mon enfant, d’être propre Sur votre personne et dans vos vétéments, il faut

l'être encore dans tout ce que vous faites ; il faut l'être dans tout ce qui regarde les objets de la maison. Que tout soit à sa place, Il‘ y a en effet dans la maison mille petites choses dont l’arrangement et la propreté font plaisié à voir, qui rendent la maison agréable aux étrangers et qui leur prouvent qu’il y a de l’ordre. Ne négligez donc aucun de ces détails, quelque minutieux qu’ils paraissent; ils rentrent tous dans les devoirs de votre état, É N'êtes-vous jamais entrée dans une demeure où ne règne ni l’ordre ni Ja propreté ? Quelle impression fâcheuse n’avez-vous pas ressentie ? Voyez:ces immondices qui couvrent le sol, ces toiles d'arai: gnées qui tapissent le plafond et les murs ; tout y est couvert de poussière, tout y est pêle-mêle. Quel plaisir peut-on avoir à rester dans une pareille: habitation. a:

L'économie procède de l'ordre. La prudence, mon enfant, veut que vous proportionniez vos dépenses à votre fortune. Elle vous défend Ja prodigalité ; elle vous ordonne de calculer la valeur de loutès choses, elle ne vous permet d'acheter que ce qui peut vous être utile, afin d'éviter toute dépense superflue et la gène dans la famille, qui découle de

| 5 Gépenses inutiles. Votre maison ne pourra que

prospérer alors, et vous pourrez encore soulager: le malade et l’indigent. GTR NEC PEER Une sœur de saint Vincent-dé:Paul se présente

dans une maison de Lyon pour quêter en faveur de ses pauvres; à ce moment ie maître de la maison criait bien fort et grondait son valet de chambre pour avoir gâté mal à propos une allumette. La pauvre sœur croit à un avare et se dit : Tes pauvres u’auront rien. Pardon, ma sœur, je suis à vous, dit le maitre de la maison, et il entre dans un apparte. ment voisin, d’où il sort bientôt en remettant à ja sœur un sac de trois cents francs. La pauvre sœur ébahie se confond en excuses sur le jugement témé. raire qu’elle vient de faire sur son compte à l’occasion de la scène faite au valet de chambre. Et le maitre en sourient: Ma sœur, dit-il, mon principe est de ne jamais rien gâter mal à propos, et si je n'avais pas été fidèle à ce principe d'économie, je n'aurais point aujourd’hui la fortune que je possède; je n'aurais pas pu vous faire la petite aumône que j viens de déposer entre vos mains et je ne pourrais pas vous dire : ma sœur, veriez toujours quand ves pauvres en auront besoin.

Oui, mon enfant, ordre, propreté, économie, mais Sans avarice, Car il n’y a pas de vice plus détestable que celui de l’avarice. Soyez économe, et vous pourrez toujours être généreuse,

Troisiène Partie.

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