LE COTON
On signale au Congo plusieurs espèces de cotonniers :
Le Gossypium arborescens^ cultivé sur beaucoup de points de la région tropicale.
Le Gossypium barbadense, ou cotonnier des Barbades.
Ces deux premiers mentionnés par Durand.
Le Gossypium herbaceum, dont parlent Laurent et De Wèvre; le coton des Indes est fourni par cette variété.
Le Gossypium anomal um, qui existerait, paraît-il (De Wèvre), à l'état cultivé chez les Bavumbo, peuplade du Kassaï (nous pensons plutôt que c'est dans la Lukenye).
Le coton est fourni par l'allongement considérable des cellules externes du tégument des graines du cotonnier; celles-ci sont con-
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tenues dans un fruit sec qui, à la maturité, s'ouvre en un certain nombre de valves.
Presque tous les pays chauds cultivent le cotonnier, particulièrement l'Amérique, les Indes et TÉgypte. Au Congo, il est propagé sans beaucoup de soins par les indigènes qui savent le filer à l'aide de la quenouille de nos grand'mères; à l'est du Tanganika, l'on voit déjà le rouet. Le fil de coton est crocheté pour fabriquer des bonnets dans le Bas-Congo et dans le Kassaï ; dans la région des Cataractes et la région maritime, on s'en sert pour confectionner des sacs de porteurs, des hamacs, etc. Les Soudanais excellent à tisser le coton et leurs cotonnades sont un peu plus fortes, mais au moins aussi bien soignées que celles sortant de nos usines. Des échantillons de ces étofiFes provenant du Mbomu sont exposés ; à côté d'eux figurent des tissus faits avec du coton du Congo par la S. A. Ferd. Lousberg de Gand et envoyés par M. J. de Hemptinne.
Ces cotons du Congo pèchent le plus souvent par le manque dé longueur de leur fibre, mais ils sont fort doux et soyeux et conviennent déjà parfaitement pour en tirer de l'ouate, comme le montre une partie mise en œuvre par M. Delacre.
Par une culture bien entendue et l'introduction de variétés de gossypium avantageuses, le Congo pourrait produire des cotons convenant à notre industrie. L'on sait combien les filatures sont nombreuses et importantes dans les Flandres; elles consomment annuellement pour près de 3o millions de francs de coton brut; aussi ce serait pour la Belgique un bienfait immense.
Et nous pouvons répéter ici ce que nous disions à propos du caoutchouc et du copal : nous ne serions plus sous la dépendance des spéculateurs étrangers intéressés à voir notre industrie péricliter, faute de pouvoir acheter sa matière première à un prix suffisamment bas pour soutenir la concurrence ; le jour où ce problème sera résolu, la colonie nous enverra ses cotons bruts que nous lui retournerons en partie sous forme de cotonnade, faisant ainsi produire deux fois le même capital au profit de nos nationaux.
Le cotonnier demande des terres meubles et profondes, assez fraîches sans être humides ; le sol légèrement salé lui conviendrait. (Héraud.) On recueille le coton lorsque les capsules s'ouvrent et que les flocons débordent de toutes parts ; les graines s'enlèvent à la main ou à la machine.
Ainsi que nous l'avons dit, des semences on retire une huile, succédané de l'huile d'olive, pouvant servir à l'éclairage et à la fabrication du savon et dont on extrait une matière colorante bleue; l'Amérique exporte une grande quantité d'huile de coton. Dans rinde, les racines, les feuilles et les fleurs sont utilisées comme émoUient. Les semences en infusion passent pour fébrifuge.
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